ILS SONT EN TRAIN DE TUER FABRICE BOROMÉE / CONFÉRENCE DE PRESSE JEUDI 6 JUILLET 2017, PARIS 12eme

JEUDI 6 JUILLET / 11HEURES

Café Chez Sylvia, 27 boulevard Poniatowsky, 75012 PARIS
(métro : Porte de Charenton)

organisée par
L’Envolée
-journal et émission de radio sur FPP tous les vendredi 19h-20h30 –
L’association Ban Public
Maître Benoit David

Cette conférence de presse reviendra sur la situation du prisonnier Fabrice Boromée actuellement incarcéré à la prison de St-Maur. L’administration pénitentiaire veut l’éliminer alors qu’il ne fait que demander un transfert en Guadeloupe pour être rapproché des siens.

Comme plus de 500 prisonniers originaires des DOM-TOM, Fabrice Boromée purge une peine en métropole, loin de ses proches. Il réclame son transfert en Guadeloupe depuis 2011. L’administration pénitentiaire (AP) fait la sourde oreille, et le juge d’application des peines l’empêche même de se rendre à l’enterrement de son père en septembre 2012. Il tente alors de se faire entendre en « prenant en otage » un maton de Condé-sur-Sarthe avec Rachide Boubala. En 2013, Il écope d’une peine de huit ans pour cette tentative de prise de parole. En septembre 2015, alors qu’il fait le tour des quartiers d’isolement (QI) des prisons françaises depuis trois ans et demi, le directeur de Vendin-le-Vieil lui fait miroiter sa sortie de l’isolement, mais il change d’avis à son retour de vacances et envoie son sous-directeur lui annoncer qu’il va y être maintenu: Fabrice le retient pendant deux heures. La justice répond systématiquement à toutes ses tentatives pour se faire entendre par des peines supplémentaires. Entré en prison pour une peine de huit ans, il en a maintenant plus de trente à faire. L’AP lui fait payer sa détermination en refusant de lui faire rejoindre la détention dite normale. Maintenu à l’isolement, sans cesse transféré (Fleury-Mérogis, Clairvaux, Lannemezan pour la seule année 2016, et maintenant St-Maur), entravé dans tous ses déplacements en prison (y compris lors de la distribution des repas), il fait l’objet d’insultes racistes et de passages à tabac de la part des matons.

Fabrice Boromée vient d’être transféré à la centrale de Saint-Maur, il est toujours à l’isolement, sauf que là l’administration pénitentiaire a transformé sa cellule en mitard en ajoutant une grille devant la porte. Il n’a pas de parloirs, les matons ont dissuadé l’aumônier de venir le voir en lui faisant croire qu’il était dangereux et qu’il s’en prendrait à lui en lui jetant de l’urine à travers la grille. La psychologue refuse d’intervenir au prétexte de conditions indignes et incompatibles avec l’exercice de ses fonctions. Le docteur, obligé de passer vérifier s’il est toujours vivant, se contente d’un « ça va » et repart. Il est privé de toute activité- depuis peu il peut refaire du sport mais sans que l’entraineur n’entre dans la cellule avec lui. Il est interdit de promenade le week-end sous prétexte que le chef de détention n’est pas là. Il est menotté et entravé, encadré par plusieurs surveillants armés de boucliers pour les rares mouvements qu’il fait en dehors de sa cellule, comme pour aller à la douche ; douche qui lui est aussi refusée le week-end. Les matons lui jettent sa gamelle à travers la grille comme à un chien.

Pour protester contre ces mesures, le 21 mai Fabrice a refusé de se laisser menotter et de remonter en cellule. Il a bloqué la douche de 9 heures à 15 heures pour demander son transfert immédiat en Ile-de-France. Sa situation n’ayant pas changé, il a bloqué de nouveau la douche le vendredi 16 juin. Cette fois-ci, la directrice a utilisé les gros moyens pour le dégager : les Eris, avec casques, boucliers et autres armes de toutes sortes, sont arrivés et ont lancé une grenade assourdissante dans la douche ! Fabrice est au mitard pour 30 jours supplémentaires. Il n’entend plus d’une oreille, il est très inquiet. Il est écrasé de chaleur toute la journée avec des maux de tête violents et permanents. Le médecin refuse de l’examiner, passant juste la tête à travers les barreaux du mitard.

L’administration pénitentiaire l’a averti : rien ne changera d’ici son probable transfert pour Réau en novembre. Associations, contrôleur des lieux de privation de liberté, etc., tous sont informés, mais aucune réponse de leur part à ce jour.

L’administration pénitentiaire de Saint-Maur cherche méthodiquement à éliminer Fabrice Boromée, dont elle ne sait que faire : cette torture a pour but de le pousser à bout jusqu’à ce qu’advienne l’irréparable.

Face a cette situation, nous demandons:
Que Fabrice Boromée sorte immédiatement de l’isolement et que cesse l’acharnement de l’administration pénitentiaire contre lui.
Qu’il soit transféré en Guadeloupe près de sa famille et ses proches ;
Qu’il soit, d’ici là, immédiatement transféré en région parisienne, de manière à ce qu’il puisse avoir un parloir régulier avec son ami en métropole.

Contact presse :

L’Envolée :

contact@lenvolee.net/twitter : @anticarcéral/ 0612443960
Maitre Benoit David : 06 63 08 17 39
Fabrice Boromée, Maison centrale Bel Air, 36 255 Saint-Maur cedex

Et dans Politis l’article de Selim Derkaoui à lire ici.

Conférence de presse

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« Je veux bien mettre un genou à terre, mais pas les deux! » Romain L. Retour sur le procès en appel du 14 juin 2017 à propos de la mutinerie au QMC de Valence. Interview de l’Envolée et vidéo de Bernard Ripert

En mars dernier s’est tenu le procès de deux prisonniers, Romain Leroy et José T., accusés d’avoir organisé une mutinerie le 27 novembre 2016, au sein du Quartier Maison Centrale du nouveau centre pénitencier de Valence. En l’espace de deux mois, fin 2016,  deux mutineries éclataient et révélaient les conditions de détention drastiques et inacceptables, que subissent les prisonniers longues peines stockés par l’AP dans ces nouveaux QMC.
Lors du premier procès, interdit d’accès au public et aux soutiens, et sur la base d’un dossier parfaitement vide, le procureur réclame 8 ans contre les deux accusés. Ils prennent 5 ans, une peine énorme qui vise à faire un exemple comme l’avoue alors le tribunal. Romain, soutenu par sa compagne, décide de faire appel de cette condamnation pour continuer à porter le plus largement possible le message de cette mutinerie : la justice donne des peines infaisables à des prisonniers tenus de vivre ensuite dans des conditions toujours plus suffocantes et sécuritaires. Romain revendique cette révolte au nom des prisonniers longue peines de France que l’on condamne à vivre dans ces nouveaux QMC, qui cumulent les désagréments et les horreurs des anciens QHS (Quartiers de haute sécurité) et des nouvelles maison d’arrêt (pour courte peine).
Le 14 juin dernier avec plus d’une quarantaine de personnes, nous avons pu cette fois-ci entrer dans la salle du tribunal de Grenoble pour le procès en appel de Romain. Nous vous proposons ici une petite analyse de ce procès ainsi qu’un entretien filmé avec l’avocat Bernard Ripert qui faisait son retour devant les juges de Grenoble -ceux -là même qui avaient obtenu sa suspension il y a plus de 18 mois.

 

Transcription de l’émission de l’Envolée du 16 juin 2017 que vous pouvez écouter ici.

O : Le 27 novembre 2016, il y a eu un mouvement au QMC de la nouvelle prison de Valence ; un deuxième, puisqu’il y avait déjà eu quelques semaines auparavant un mouvement durant lequel trois prisonniers avaient pris un maton en otage pour demander leur transfert. Jugés un tout petit peu avant les inculpés de la seconde mutinerie, ils avaient pris trois ans de prison. Le deuxième mouvement s’est fait sans prise d’otage ; il y a eu destruction de matériel – collective : les cellules de tout le quartier ont été ouvertes par des prisonniers qui avaient réussi à prendre les clés aux matons et il y a eu des cellules détruites, quelques caméras cassées – enfin rien de bien terrible. L’AP, évidemment, en fait toujours un truc énorme – tout comme elle oublie toujours de dire pourquoi les prisonniers en sont venus là.

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« Depuis 2016, j’ai ressassé les problèmes par lettre, à l’OIP, au Contrôleur des lieux de privation de liberté, mais rien. Il y a eu des sit-in pacifiques pour voir la directrice. Des pétitions, mais faut savoir que c’est interdit les pétitions. Des demandes des familles. Et à la télé  on voit des gens qui cassent tout : à la fin il n’y a que ça pour se faire entendre. Même les gens qui travaillent sont obligés de prendre leur entreprise en otage. Nous on a des murs de 20 mètres donc personne ne sait rien et pour les longues peines de France rien ne bouge (…) Pour moi quand on a pris les clefs et ouvert les cellules, c’était pas un vol, mais le seul moyen de faire entendre la parole de nous, les longues peines de France.  Le seul moyen d’avoir une tribune »
Romain L. -lors de son procès en appel

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En tout cas, les inculpés de ce deuxième mouvement ont été jugés une première fois au tribunal de Valence. À Valence, justice, police, presse… tout marche main dans la main ; et quand je dis justice, c’est avocats compris. Ils avaient donc pu se permettre de faire un procès quasiment à huis clos en interdisant manu militari l’accès de la salle à tous les gens venus en soutien à José et Romain, les deux prisonniers qui passaient en jugement. Le procès a duré un bon moment, six ou sept heures. Au bout de ce temps-là, le procureur a requis huit ans ferme contre eux et le verdict a été rendu immédiatement : cinq ans pour chacun. Cinq ans, c’est une peine « abusive », comme l’a dit Romain pour expliquer son pourvoi en appel. C’est vraiment une peine pour l’exemple : ils ont mis plus d’années de prison à des gens qui ont détruit collectivement des cellules pour dénoncer leurs conditions de détention qu’aux trois prisonniers qui avaient pris des matons en otage. Parce que c’est plus dur de prendre des gens en otage ! Tout le monde n’est pas capable de le faire, tout le monde ne choisit pas de le faire. Tandis que la destruction collective, c’est quelque chose de plus sympathique, dans le vrai sens du terme : quand y en a marre, c’est finalement plus logique de se rassembler, de se réunir et de se faire entendre de cette façon. Il fallait donc faire un exemple, pour dire : « Vous amusez pas à ça, parce qu’on vous ratera pas. On hésitera pas à vous mettre des années de prison supplémentaires. »

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«  Quand on a une grosse peine, pour éviter un état colérique, la frustration, c’est normal d’avoir des espaces de promenade et pas que de la sécurité. Dans ces nouvelles prisons c’est cinq surveillants à chaque ouverture de porte. Quand on nous fouille et nous écarte l’anus, la dignité l’emporte (…) C’est géré comme une prison de haute sécurité, on se croirait encore au QHS, dans ce système des années 1970-80 »  Romain L.

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S : Ils doivent impérativement briser cet élan parce que c’est un outil dont tout le monde peut se saisir…

O : Exactement ! Surtout qu’ils ont intérêt à mettre le paquet, parce qu’il y a des problèmes dans tous les QMC. Les quartiers maisons centrales, c’est des véritables QHS à… la moderne. Ils sont propres, nickel et tout, bien sûr, mais ils sont dotés d’une part d’une technologie effrayante – caméras et doubles sas partout, etc. – et d’autre part de moyens bien plus importants, ne serait-ce qu’en personnel : il y a environ quatre à cinq matons par prisonnier. Beaucoup de ces prisonniers sont encadrés par plusieurs matons dans tous leurs déplacements. C’est de petites unités, mais quand une aile de l’unité est en mouvement, l’autre est bloquée pour éviter toute rencontre. Bref tout est fait pour maintenir l’isolement le plus complet possible. Ils n’y arrivent pas encore complètement, parce qu’ils ont pas encore tous les moyens pour le faire, mais c’est leur objectif. Évidemment, quand on est complètement seul, ça devient compliqué de construire une résistance… On est moins fort. On le voit bien pour d’autres prisonniers, qui continuent néanmoins à se battre, mais c’est des batailles terribles, quasiment désespérées, comme celles de Fabrice Boromée ou de Rachide Boubala, dont on a souvent parlé. Ils continuent à résister, mais pour eux l’univers se rétrécit toujours un peu plus. C’est cette logique-là qui préside à l’architecture et au fonctionnement de ces saloperies de QMC, qui ont leurs modèles dans les deux prisons les plus sécuritaires du pays : Condé-sur-Sarthe et Vendin-le-Vieil.

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 « On s’était mis d’accord pour s’attaquer aux locaux pas aux personnes, pas de règlements de comptes. Toute la population pénale a montré sa frustration mais personne n’a été blessé des deux côtés »  Romain L.

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On n’y enferme pas des petites peines mais ceux qui ont de très très très longues peines, c’est-à-dire des 25, 30 ans, des perpètes. Des gens qui ont peu de chances de sortir, en fin de compte, parce qu’on sait maintenant que quand on chope des peines comme ça, même à la fin de la peine on sort toujours pas. Il faut donc que l’AP réussisse à gérer cette politique de mise à mort. Y a pas d’autre mot. C’est de ça que les QMC sont le laboratoire. Évidemment, tant qu’il reste un souffle de vie, ça bouge à l’intérieur, parce que ce sont des êtres humains qui sont emmurés, des gens pour qui c’est insupportable. Évidemment, l’AP n’arrive pas à tous les éteindre à coup de télé, de drogues légales ou illégales ou de passage en hôpital psychiatrique comme ils essaient souvent de le faire. Il y en a quelques-uns pour qui ça marche, mais c’est pas la majorité. Ils en sont très, très loin ! Donc ça gueule. Ça gueule, mais le truc, c’est que pour gueuler, pour se faire entendre dans ces taules-là, y a qu’une seule solution. C’est ce qu’a dit Romain au procès en première instance à Valence :

« Quand il n’y a plus de mots, il ne reste que les actes. »

Passer aux actes, c’est ce qu’avaient décidé de faire les prisonniers du QMC de Valence.

Après le premier jugement de Valence, Romain et José ont immédiatement fait appel de leur condamnation, mais José s’est ensuite désisté de son appel, sur le conseil à mon avis pas très avisé de son avocate. Elle, qui avait accepté que le procès se tienne quasiment à huis clos (cf. le “non-compte rendu du procès de la mutinerie de Valence” sur ce même site), a persisté dans une posture très timorée devant un verdict pourtant démesurément lourd. A Grenoble, les choses se sont passées différemment : les soutiens, nombreux, ont pu entrer dans la salle d’audience. Il avait été établi avec Romain et Bernard Ripert qu’il n’était pas question d’accepter de participer à une audience à huis clos…

Romain a pu expliquer parfaitement toutes les raisons de ce mouvement. Il l’a répété plusieurs fois :

« C’est moi qui passe en jugement, mais ce que je dis, c’est au nom de toutes les longues peines de France. »

Il a aussi dit que ça concernait encore plus l’ensemble des gens qui se font spolier de leurs conditions d’existence dans cette société : « Pour nous, c’est comme pour les ouvriers qu’on licencie, qu’on jette sans rien leur demander et qui en viennent à prendre des patrons en otage, à détruire du matériel et à installer des bouteilles de gaz en menaçant de faire péter leur usine pour pouvoir se faire entendre ! Nous c’est le même combat ! On est pareils ! » C’était clair comme de l’eau de roche. Le but de tout ce qu’il a raconté, c’était absolument pas de nier quoi que ce soit :

« Ce que j’ai fait, j’ai dit que je l’avais fait, y a pas de problème, et je regrette rien. Ce qui est regrettable, c’est qu’on soit obligés d’en arriver là ! »

Ce qui est regrettable, c’est surtout que lui, il prend des risques énormes ! Il sait très bien que derrière, c’est des semaines de mitard, des transferts et des peines de prison supplémentaires ! Effectivement, qu’ils en soient réduits à en arriver là juste pour demander des améliorations de conditions de détention : c’est-à-dire l’application de leur putain de règlement dans ces QMC qui ne devraient pas fonctionner comme des maisons d’arrêt ou comme des quartiers d’isolement parce que c’est invivable… oui, c’est regrettable. Voilà. C’est un truc simple, mais il a su le dire sans jamais se laisser désarçonner par le président qui lui posait des questions sans aucun rapport avec les faits. Et le réquisitoire du proc’ : « Je sais tout ça parce que j’ai été avocat de la défense pendant seize ans, donc je connais les prisons, et c’est vrai qu’il faut les améliorer… On va y arriver ! C’est pas encore magnifique, mais elles sont un peu plus belles que celles que j’ai connues il a vingt-cinq, trente ans ; c’est pas en détruisant celle-là qu’on va améliorer les choses… Il nous reste beaucoup de travail à faire, mais déjà, ce qu’il y a, c’est une belle avancée ! » Romain, il faisait non de la tête, et nous dans la salle on a grommelé tant qu’on a pu, pendant l’ensemble du procès, évidemment, comme d’habitude. Le proc’ a fini sa petite tirade par « …c’est pourquoi je trouve que la peine prononcée à Valence est une juste peine, dont je demande la confirmation ».

Après, c’est Bernard Ripert qui a plaidé une bonne heure. Il a commencé par dire ses quatre vérités à cette justice, comme d’habitude, et répéter ce à quoi elle sert vraiment ; absolument pas à être juste, ou quoi, ou qu’est-ce, mais bien à maintenir l’ordre à n’importe quel prix ; ensuite, comme il fait toujours, il a dit :

« Mais bon, il n’y a pas que les déclarations de principe, vous les connaissez et j’y tiens, mais maintenant je vais démonter votre dossier qui ne tient pas la route. »

Il a pris les éléments de l’acte d’accusation un par un, et à chaque fois il disait : « L’accusation est fausse, elle ne tient pas du tout pour diverses raisons, et c’est obligatoirement une relaxe. » Un exemple tout con : il y avait marqué « Vol des clés de M…. [le surveillant] » :

« Il n’y a jamais eu vol des clés du surveillant, puisque les clés n’appartiennent pas au surveillant ! Ce ne sont pas les clés de chez lui, ce sont les clés de l’administration pénitentiaire. Pour que l’accusation soit juste il faut formuler les choses différemment. C’est trop tard pour les reformuler maintenant. Donc cette accusation ne tient pas. Ce qu’il y a eu c’est le vol des clés de l’administration pénitentiaire portées par M. Machin. Ce n’est pas pareil. »

Un autre élément de l’accusation, c’était l’incendie des cellules. Et là, il a tout repris, il y a la preuve par beaucoup de témoignages que José et Romain n’ont pas eux-mêmes mis le feu aux cellules:

« Parce que c’est eux qui ont pris les clés, qui ont ouvert les cellules, après quoi des gens ont mis le feu à quatre cellules, vous leur faites porter la responsabilité de ce geste incendiaire. Mais ça, aujourd’hui, en France, ça ne tient pas la route. C’était possible du temps de la loi anticasseurs, mais elle n’est plus en vigueur. »

C’est vrai que pendant quelques années, la législation permettait de rendre tout le monde collectivement responsable de l’action d’une seule personne du simple fait d’avoir été là, mais ça a été abrogé (cf : la loi anticasseur évoquée par Ripert ; seule la « bande organisée » ou « l’association de malfaiteurs » permettent de rendre quelqu’un responsable d’actes qu’il n’a pas commis. Ces inculpations sont très souvent utilisées précisément pour pallier le vide des dossiers de flics ; mais cette fois non). Donc en l’absence d’une preuve formelle, témoignage, document… qui montre l’un ou l’autre en train de mettre le feu, l’accusation ne tient pas. Ils n’ont pas mis le feu. Donc relaxe, obligatoirement… Ils les a tous démontés comme ça un par un : à la fin il restait plus rien ! Du coup Bernard Ripert leur a dit que ce n’était pas une provocation de demander la relaxe : c’est l’application de la loi ! Il a apostrophé le proc’ :

« Je ne comprends pas que quelqu’un d’aussi féru en droit que vous ne l’ait pas vu ! Vous auriez dû sauter au plafond ! »

Romain était super content, ça se voyait, il regardait Ripert – qu’il ne connaissait pas avant de le rencontrer au procès– et c’était un bon moment de complicité entre eux deux ; je pense qu’ils ont été contents l’un de l’autre. A la fin, ils ont demandé à Romain s’il avait quelque chose à ajouter, tout en annonçant le délibéré pour le 11 juillet : ils n’ont pas donné la réponse tout de suite, contrairement à l’autre fois, ils se laissent un petit peu de temps. Romain a répondu :

« Je tiens surtout à remercier les quelques personnes qui sont venues me soutenir ».

On était effectivement “quelques-un.e.s”, il le savait, on s’est fait des coucous, etc. Mais quand il a vu toute la salle se lever – y avait que nous – pour applaudir, et des applaudissements qui ont duré cinq minutes…, on a lu toute l’émotion sur son visage… Il a complètement halluciné de voir cette salle entière qui s’était déplacée en soutien à ce qu’il avait fait, pour pas le laisser seul face à la justice.

Il était déjà menotté dans le dos, donc il pouvait pas faire grand-chose, mais il faisait tous les mouvements qu’il pouvait pour nous signifier qu’il était vachement touché. Rien que ça, cet échange de force à ce moment-là, toutes les personnes présentes ont trouvé que ça donnait une respiration, et lui ça lui en a donné une aussi. Ça montre encore un coup qu’à chaque fois qu’on peut le faire, il faut le faire. Surtout pour des histoires comme ça, de mutinerie et d’évasion, où les risques sont tellement énormes, et c’est des gestes qui ne sont pas simples… Alors dès qu’on peut organiser un soutien… On n’arrive pas toujours à mobiliser autant de gens, ça c’est sûr, mais même s’il y a dix personnes c’est déjà quelque chose. Adeline – sa compagne, avec laquelle on reste évidemment toujours en relation, qui était présente à Valence mais qui n’a pas pu être là parce qu’elle est maintenant installée à Alençon avec sa petite fille et que le voyage était compliqué pour elle – l’a eu le soir même au téléphone quand ils l’ont fait dormir à Aiton, avant de le rebaluchonner à Condé-sur-Sarthe au matin d’où il lui a encore reparlé, et à chaque fois il lui a dit :

« Vraiment, tu leur redis à tous que ça m’a mis un coup de chaleur et que je les remercie infiniment. »

Faut absolument que tous ceux qui nous écoutent, et les soutiens qui sont plus loin, sachent bien que le mec était super content. Et moi j’ai dit à Adeline qu’on était super contents de voir un mec qui se tient tout droit debout comme ça… Ça nous a donné aussi une vraie force.

S : Ça montre qu’on peut toujours créer un rapport de forces dans un tribunal, faut jamais croire que c’est mort. Il y aura peut-être une sanction horrible qui va tomber, mais ça aura permis de se défendre. Ce moment de la fin du procès que tu as décrit, quand tout le monde s’est levé pour applaudir, je pense que c’est un souvenir qui va rester longtemps ; et rien que le fait que le proc’ n’ait pas repris la réquisition de huit ans de la première instance, ça montre que tous ces rapports de forces ont une efficacité ; on croise les doigts pour l’appel, mais en tout cas il y a quelque chose qui s’est passé, et c’est important.

O : Et n’oublions pas qu’il faut botter le cul aux avocats qui préfèrent se soumettre à l’autorité en pensant que ça va aider les inculpés en quoi que ce soit, alors que ça donne jamais rien. C’est la marche des canards, ils sont déguisés pareil, sauf exception ; mais il ne faut absolument pas les laisser faire dès qu’ils font mine de se comporter comme ça, à dire : « Attention, ça va énerver le président… ». Plus on rampe, plus on prend des coups.

#ProcesMutinerieValence

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 « Je suis libérable en 2038.
Je veux bien mettre un genou à terre mais pas les deux.
Je veux garder ma dignité » Romain L.

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INTERVIEW DE BERNARD RIPERT

APRÈS LE PROCÈS EN APPEL DE ROMAIN L.

https://vimeo.com/223278402

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ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 23 JUIN 2017

 

      • Lettres : Aurore, Damien, Jean-Paul, Alexia et Nassira
      • Appel : Floréal, pour Fabrice
      • Brève : Prise de parole à la maison centrale d’Ensisheim
      • Présentation du dernier numéro du journal l’Envolée

Zics : Soklak – Inadapté / Thirstin Howl III – The Polorican / Trust – Instinct de mort / Monsieur Socrate – Le placard


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DE PLUS EN PLUS CAUCHEMARDESQUE POUR FABRICE BOROMEE : EN GUISE DE REPONSE A SES DEMANDES DE TRANSFERT, L’ADMINISTRATION LUI JETTE UNE GRENADE ASSOURDISSANTE DANS SA DOUCHE

Depuis son refus de remonter de la douche le 21 mai dernier, Fabrice a reçu beaucoup de lettres de soutien à la fois d’autres prisonnières et prisonniers et de personnes extérieures. La directrice a été obligé de reconnaître qu’il y avait du monde pour le soutenir. Elle a cessé de lui répéter que c’était pas « ses petits copains de L’Envolée qui allaient le sortir de là… ». Elle a lâché un peu de lest en lui concédant l’accès à la salle de sport. L’entraîneur est néanmoins obligé de rester à l’extérieur de la salle et de lui parler à travers les barreaux…

Cette petite concession ne change pas grand-chose à la situation de Fabrice. Rappelons qu’il est entravé dans tous ses déplacements, qu’il est interdit de promenade, de douche le week-end et que la pénitentiaire a construit une cellule de mitard spécialement pour lui dans le quartier d’isolement, avec une grille à terre à travers laquelle les matons lui jettent la nourriture comme à un animal.

Vendredi dernier, il a donc de nouveau bloqué la douche, le seul moyen qu’il ait pour réclamer son transfert immédiat en région parisienne où habite un ami qui lui rend visite – son seul parloir.

Cette fois-ci, la directrice a utilisé les gros moyens pour le dégager : les Eris, avec casques, boucliers et autres armes de toutes sortes, sont arrivés et ont lancé une grenade assourdissante dans la douche ! Fabrice est au mitard pour 30 jours supplémentaires. Il n’entend plus d’une oreille, il est très inquiet. Il est écrasé de chaleur toute la journée avec des maux de tête violents et permanents. Le médecin refuse de l’examiner, passant juste la tête à travers les barreaux du mitard.

Nous renouvelons donc notre appel émis il y a quelques semaines :

L’administration pénitentiaire de Saint-Maur cherche méthodiquement à éliminer Fabrice Boromée, dont elle ne sait que faire : cette torture a pour but de le pousser à bout jusqu’à ce qu’advienne l’irréparable et que l’administration puisse le tuer en toute légalité ou l’envoyer à vie en hôpital psychiatrique.

Il est toujours aussi important de lui écrire pour le maintenir en vie : autant pour lui témoigner de la solidarité, lui donner du courage, que pour montrer à l’administration pénitentiaire qu’il n’est pas seul et qu’elle ne peut pas commettre l’irréparable. Une carte postale, quelques mots suffisent.

Fabrice Boromée, Maison centrale Bel Air, 36 255 Saint-Maur cedex

ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 16 JUIN 2017

 

      • Appel : Olive, pour rendre compte du procès en appel de Romain L. au tribunal de Grenoble, le 14 juin, au sujet de la mutinerie au QMC de la prison de Valence.
      • Appel : Ramata, pour parler de la journée d’anniversaire de la mort de son frère, Lamine Dieng, tué par la police.
      • Appel : Lydia, maman de Julien, prisonnier à Saran, sur ses démêlées avec l’AP et sur son association « combattre pour la Justice ».

Zics : Gil Scott-Heron – The revolution will not be televised / Big Mama Thornton – Ball N’ Chain / Amy Winehouse – You know i’m no good


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Le nouveau numéro du journal est sorti !

 

EDITO :  « 5 par cellules, il reste une place pour ton fils »
(Trust, « Instinct De Mort »)

Enfin, la campagne présidentielle est terminée. On avoue : avec beaucoup d’autres, on a un peu plus suivi la téléréalité que d’habitude. Le spectacle était meilleur, avec deux candidats mis en examen qui font mine de s’en prendre à une justice qui serait partiale, et tous les autres qui disent que c’est pas bien. Pourtant, on se tue à vous le dire qu’elle est partiale, la dame. Au quotidien, elle a plus tendance à s’en prendre aux pauvres, aux prolos, aux gamins des cités, etc., qu’à une héritière raciste et à un châtelain catholique… Mais parfois, ça fait aussi partie de son job de mettre en scène quelques affaires impliquant tel ou tel politicard. Elles font partie intégrante du système représentatif, et le « tous pourris » qu’elles induisent n’a jamais conduit à autre chose qu’à un pauvre antiparlementarisme très souvent réactionnaire. Au passage, elle se fait un peu de pub et met en scène sa puissance mais rappelle qu’elle est toujours menacée – et toujours à défendre. Et toutes les bonnes âmes de pétitionner aussi sec, courageusement et bruyamment, pour lui témoigner leur affection. Elle en est sortie toute ragaillardie, la vieille institution, plus que jamais garante de notre République. Ben voyons.

Plus sérieusement, du côté des prisons, zéro surprise: ils sont tous d’accord, il faut en construire. Encore plus que jamais, le débat s’est limité à « combien ? ». Pas combien de thunes, non : combien de places supplémentaires à construire au plus vite. Le 30 mars, la directrice de la MA de Villepinte en remet une couche. Cette fois, il n’y a pas que le petit personnel radicalisé façon SPS (syndicat pénitentiaire des surveillants) qui brûle des pneus devant un accueil famille pour rouspéter contre son employeur l’Etat. Machinette le dit : trop c’est trop, elle ne peut plus gérer sa prison avec 1 132 enfermés et un taux d’occupation qui dépasse les 200 % ; provocatrice, elle déclare qu’elle « n’est plus en capacité physiquement d’accueillir des détenus ». Panique à bord ? Remise en cause radicale de ses petits copains juges qui condamnent trop ? Pas le moins du monde ! Il s’agit bel et bien « d’accélérer le processus judiciaire pour ceux qui le méritent et évidemment pas d’ouvrir grand les portes de Villepinte. » Nous voilà rassurés. Elle rappelle simplement à son tour – depuis sa place de gestionnaire du stock au bout de la chaîne pénale – qu’il y a urgence : la surpopulation est le fléau des prisons. Pour les gestionnaires de tous bords, la « surpopulation », ça se fait pas, c’est indigne. OK, premier point – qui fait toujours bien : c’est par respect pour les détenus qu’on va les enfermer mieux.

Mais surtout, la « surpopulation », c’est le carburant idéologique de la construction de prisons. Pour plus de clarté, définissons le terme : la surpopulation, c’est le résultat du décalage entre le rythme d’augmentation de l’incarcération de « détenus » et le rythme de la construction de places supplémentaires. La « surpopulation » est donc un rapport entre deux courbes qui ne font que croître – et il y en a une qui grimpe toujours plus vite que l’autre. Le terme dit donc autre chose qu’« il y a de plus en plus de prisonniers ». Le terme porte en lui-même une forme de résolution obligatoire du hiatus : la construction de places supplémentaires. Et d’ailleurs, le jour même de l’envoi du courrier de Machinette, le ministère répond « qu’il n’a pas attendu pour prendre des décisions importantes. Dès cet automne a été lancé un programme de construction pénitentiaire budgété ».

Si on entre plus dans le détail des positions au cours de cette campagne, à l’extrême-droite, la surpopulation, ça veut dire en gros : « Y aura toujours de plus en plus de délinquants, y en aura toujours plus dans ce monde menaçant, ils coûtent cher, en plus ils récidivent toujours, et en plus ils sont de couleur, souvent… Conclusion : déchéance de nationalité, expulsion, perpète, voire rétablissement de la guillotine. » Bref, la « surpopulation » porte dans ce cas l’idée qu’une dépopulation est nécessaire. Et en attendant d’avoir vidé le pays de ses prétendus envahisseurs, on fixe le nombre de places à construire à 40 000. A l’autre bout du – tout petit – spectre politique, pour mettre un terme à la « surpopulation », « il ne faut pas négliger les alternatives », bêlent ceux qui feignent d’ignorer que les peines alternatives n’ont jamais inversé, ni même freiné la courbe des incarcérations. Les peines alternatives – on ne cesse de le répéter dans ce journal – ne font que s’ajouter aux incarcérations qui augmentent de façon exponentielle depuis trente ans.

Entre ces deux pôles, pas vraiment éloignés, la base d’accord, le pot commun, c’est 15 000 places minimum sur le quinquennat à venir. C’est donc ce que s’engage logiquement à construire Macron. En fait, ce chiffre a été retenu, parce qu’il correspond au programme de construction déjà voté depuis longtemps et finalement lancé par Urvoas avant la fin de son mandat : 21 prisons d’à peu près 500 places chacune. C’est le fameux « programme de construction pénitentiaire budgété ». Voilà pour l’hypocrisie ambiante, qui prétend ne pas savoir que l’Etat est avant tout affaire de continuité – notamment dans sa politique répressive. D’ailleurs, dans une lettre à son successeur publiée le 18 avril, Urvoas expliquait avoir demandé au secrétaire général du ministère de « coordonner la préparation d’un texte » de loi et de préparer « dès le mois de mai les éléments pour les budgets 2018, 2019 et 2020 ». Plus fondamentalement – et ce n’est pas pour nous réjouir –, ce consensus sur la nécessité de construire des prisons pour résoudre le « problème de la surpopulation » montre bien que tout ce petit monde est d’accord pour penser qu’il y a trop de délinquance (sans jamais interroger ce mot) ; que les délinquants c’est forcément les autres ; qu’une fois enfermés, ils se transforment magiquement en « détenus », qui constituent un stock d’objets à gérer. Ce terme de « détenu », personne ne l’employait il y a quarante ans à peine ; aujourd’hui, il a remplacé celui de « prisonnier ».

« Voilà dix ans que je suis incarcéré. Le système pénitentiaire français se préoccupe plus de la modernité des nouvelles prisons que de la vie à l’intérieur », a dit Romain L. en février au tribunal correctionnel lors de son jugement pour un mouvement au QMC (quartier maison centrale) de la prison de Valence. Les prisonniers ne parlent pas de « surpopulation carcérale », ils ne se conçoivent pas comme un stock excédentaire. Ils parlent de leurs vies enfermées, de leurs existences gommées par des années d’incarcération. Ils savent que les prisons sont toujours plus remplies d’hommes et de femmes condamnés pour de plus en plus d’années, et que l’augmentation inexorable du nombre des emmurés est la conséquence directe d’une justice qui prononce des peines à la pelle pour servir un système économique et social qui élimine purement et simplement ceux qui enfreignent les lois de ses maîtres.

Quand les gouvernants évoquent la « surpopulation carcérale », ils quantifient un « stock » en cours d’emprisonnement, parlent même de « flux », comme pour des marchandises. Pour les prisonnières et prisonniers, la prison ne s’arrête pas au temps de l’incarcération. Il y a plus de prisonniers que de places prévues, et même plus que les 70 000 comptabilisés par l’AP. La prison, c’est pendant et après la peine – ne serait-ce que parce que la grande majorité des libérations sont désormais soumises à un contrôle judiciaire strict. Un ami récemment sorti après vingt-huit ans se retrouve assigné à résidence dans un foyer sordide d’une petite ville, cloué par un bracelet dans sa nouvelle cellule pendant la majeure partie de la journée, sans travail, sans autres ressources qu’une maigre allocation, sans autre perpective que l’attente d’un assouplissement de ses obligations fixées par un JAP. Toujours sous la menace d’un retour à la case prison. Ne serait-ce que parce qu’il est toujours difficile pour un sortant de prison, y compris après une peine plus courte, de parvenir à trouver emploi et logement. Même si on ne l’a pas vraiment choisi, la vie pousse à ne pas respecter les lois et à courir souvent des risques inconsidérés. Aussi parce que la prison enferme non seulement les prisonniers et prisonnières, mais aussi leurs familles et leurs proches : ce sont des années de séparation, de parloirs glauques, d’humiliations pour les visiteurs en butte à l’arbitraire de matons savourant leur petit pouvoir. Sans oublier l’argent qu’il faut dépenser en voyages souvent longs pour quelques heures passées avec un fils, un époux, une sœur…Nous n’avons jamais reçu de lettre de prisonnier déplorant une « surpopulation carcérale », et cette fois encore, tous les courriers de ce numéro racontent des parcours, des tranches de vie. Les prisonnières et prisonniers dénoncent une politique qui enferme de plus en plus, une logique sécuritaire qui conçoit des centres pénitentiaires pour isoler toujours plus, une volonté d’enfermer les condamnés plus longtemps. Nombre de courriers montrent que les dernières prisons sécuritaires sont méthodiquement pensées pour empêcher autant que possible que des longues peines se révoltent contre des conditions de détention pourtant invivables pour des hommes et des femmes qui ont des dizaines d’années à faire. Idem pour les QMC qui se propagent à l’intérieur des centres pénitentiaires proportionnellement à l’allongement des peines.

Que nous reste-t-il à faire à l’extérieur, sinon nous opposer par tous les moyens à la construction de nouvelles prisons ? Il y a trente ans, en 1986, même les organisations chrétiennes s’opposaient au plan des 13 000 places de Chalandon, alors ministre de la justice. Aujourd’hui, par un tour de passe-passe pourtant grossier, la construction des 15 000 places annoncées apparaît comme une mesure « humanitaire » : à la fois comme une aide à des prisonniers enfermés dans de mauvaises conditions et comme une réponse à des matons qui revendiquent toujours plus de moyens… Elle est bonne, celle-là ! On le sait, la solution ne viendra pas des enfermeurs.

 


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ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 2 JUIN 2017

 

      • Rappel des conditions de détention de Fabrice Boromée, lecture du communiqué, pour lui écrire : n°4920, MC Bel Air 36255 Saint-Maur Cedex
      • Brèves : revolte aux baumettes à Marseille, à Bapaume et à la MAF de Fleury
      • Appel : le collectif Anarchist Bure Cross, depuis Bure à propos du procès du 06.06.17 à Bar-le-Duc et d’un weekend contre la taule à Bure du 16 au 18 juin (aburcross@riseup.net)
      • Appel : Lydia, pour le procès de son fils et son transfert, et la création d’un « collectif de soutien aux détenus de France » sur facebook
      • Info : Suite aux émeutes à Vitry fin mai, création d’un « collectif de soutien Paris-Banlieue », tel : 07 58 52 33 88

Zics : Gavlyn, Blimes Brixton – Adios / Conway & the machine – Cooked in hell’s kitchen / Inna de Yard – Let the water run dry


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