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Révoltes et luttes pour la liberté dans les CRA – Actualisé au 22 mars

Nous relayons, ici, des nouvelles de la situation dans les prisons pour étrangèr.e.s en reproduisant un texte paru sur abaslescra.noblogs.org daté du 22 mars qui rassemble des informations sur ce qui se passent dans les centres de rétentions depuis quelques jours, mais aussi des informations pour celles et ceux qui sont dehors et qui veulent apporter leurs solidarité aux prisonniers en centre de rétention notamment quelques conseils pour appeler les cabines en centre de rétention.


Alors que d’un coté certain·e·s retenu·e·s sont peu à peu libéré·e·s, les préfectures ne sont pas pour autant dans une politique de fermeture des CRA face aux risques de l’épidémie en cours.

Si certains CRA libèrent assez rapidement sur ordonnance du JLD ou décision de la pref, dans d’autres centres, JLD et préfectures restent opposés aux mises en liberté (comme à Rennes, Coquelles ou Perpignan), et de nombreuses personnes sont encore enfermées sans savoir si elles seront ou non libérées dans les prochains jours… A Coquelles, CRA particulièrement sur peuplé au moment du début de l’épidémie, les demandes mise en liberté déposées par FTDA ont été examinées par le JLD de Boulogne-sur-Mer. Les retenus du centre ont été progressivement libérés les 19, 20 et 21 mars. A présent il ne reste plus que deux personnes au centre, lesquelles doivent passer au JLD aujourd’hui, 22 mars, selon l’administration. »

Ailleurs, beaucoup de CRA sont utilisés pour ré-enfermer les personnes qui sortent de taule. C’est le cas notamment du CRA de Bordeaux qui a été annoncé vide mais que la préfecture à ré-ouvert dans les heures suivantes pour y transférer d’ancien·e·s détenu·e·s. Au CRA de Metz la situation est similaire. A la prison pour étranger.e.s de Marseille, la rumeur de la fermeture du centre de rétention a tourné toute la semaine : c’était pour samedi, puis pour lundi… Les dernières infos semblent plutôt dire le contraire : il ne va pas fermer et des personnes continuent à y être enfermées. Si la plupart des prisonniers ont été libérés, certains y sont encore enfermés aujourd’hui. Ces derniers jours, de nouveaux prisonniers sont arrivés, tous sortants des différentes prisons de la région : Luynes, à Aix, ou la Farlède à Toulon, par exemple.
Les deux derniers retenus du CRA de Coquelles y ont également été transférés à l’issue de leur peine de prison.

Les aller-retours CRA-prison-CRA étaient déjà bien connus mais aujourd’hui cela parait quasi systématique pour les personnes qui sortent de taule. Si certaines y reste quelques jours avant de sortir libres, d’autres, pas forcément suite à de plus longues peines, y restent prisonnières ou bien sortent avec des assignations à résidences strictes (pointage quotidien). En effet le gouvernement a modifié par décret le premier décret du 16 mars qui réglementait les permissions de sortir de chez soi, réaffirmant que les personnes assignées à résidence devaient continuer de pointer même pendant cette période de confinement.

En finir avec la bouffe et l’hygiène dégueulasses ainsi que le mépris des médecins et les refus de soins sont des revendications constamment portées par les retenu·e·s en lutte, bien avant la crise du Covid-19. Actuellement, la situation empire d’avantage et les retenu·e·s dénoncent les conditions sanitaires alors que dans certains CRA le nettoyage n’est plus fait et la qualité des repas reste toujours épouvantable (dans certains CRA, la nourriture chaude n’était plus autorisée mais seulement des repas froids servis par les flics). L’absence de l’OFFI rend impossible l’achat de cartes sim, de cigarettes, etc. L’arrêt des visites prive également les retenu·e·s des soutiens affectif et matériel de leurs proches. Les prisonnièr·e·s qui restent enfermé·e·s sont encore plus isolé·e·s par la situation actuelle : « On n’est plus nombreux du tout, donc avec les keufs c’est encore pire. »

Les prisonnièr·e·s se révoltent aussi face à la situation toujours plus exécrable des soins dûe à l’absence des médecins. En effet, dans certains CRA les médecins ne se déplacent plus et l’équipe médicale est réduite à une pharmacie qui distribue quelques médicament, voire est complètement absente. Pire, les retenu·e·s qui signalaient des symptômes similaires à ceux du covid-19 ont été placés à l’isolement dans plusieurs CRA. Ielles sont dès lors doublement enfermé·e·s au lieu d’être pris en charge par l’équipe médicale. Leurs co-retenu·e·s n’ont pas eu non plus de visite médicale. Les flics quant à eux, entrent et sortent du CRA sans aucun contrôle de leur température, ni
aucune autre précaution.

Les prisonnièr·e·s dénoncent la coupure brutale de leur traitements médicaux ou encore le mépris des médecins face à des situations de danger et bien sur l’absence totale de mesures en lien avec l’épidémie. Tou·te·s réclament une libération immédiate de tou·te·s les retenu·e·s ! Pour appuyer des revendications, les luttes continuent, à la fois des luttes individuelles, (un incendie de cellule a eu lieu au CRA de Perpignan le 20 mars), mais aussi collectives. Au CRA de Vincennes ou il reste encore une trentaine de prisonniers dans chacun des deux bâtiments (un 3e bâtiment avait été rendu inutilisable par l’incendie du 4 février) une grève commune aux retenus des deux bâtiments est en cours en ce moment. Elle a été initiée par les prisonniers du bâtiment 1 samedi soir (21 mars) puis suivie aujourd’hui par les retenus du bâtiment 2B.

Voici plusieurs communiqués et témoignages écrits par des retenus de plusieurs CRA partout en France, à faire circuler au max !


La situation dans plusieurs CRA
en France
à l’époque du coronavirus

Alors que la gestion de l’urgence de l’épidémie de coronavirus s’étend partout en France, avec l’imposition du confinement et les contrôles de police dans les rues, à l’intérieur des lieux d’enfermement la violence et la répression de l’État se font de plus en plus dures. Et c’est les plus précaires qui seront le plus touché: celleux qui sont à la rue et/ou qui n’ont pas de papiers.

Dans les prisons et dans les centres de rétention administrative interdiction des parloirs et toute autre activité collective, les mesures sanitaires prisent sont ridicules, et il n’y  aucune information donnée aux personnes enfermées. Tout ça alors même que depuis la diffusion massive du Covid-19, plusieurs pays ont fermé leurs frontières aux avions venus de France, empêchant les déportations, et laissant comme seule fonction au CRA d’être des prisons.

Dans les tribunaux, alors que la plupart des audiences a été annulée et plusieurs la majorité des avocat.e.s arrêtent de s’y rendre, les JLD et les comparutions immédiates continuent d’avoir lieux, la preuve que les rêves d’enfermement de l’État vont bien au-delà du confinement pour contenir le virus.

Certaines associations humanitaires qui travaillent dans les centres (Cimade, Assfam, France Terre d’Asile, Forum Réfugiée, l’Ordre de Malte) ont arrêté de venir dans les CRA. Les personnels de nettoyage ne sont plus dans les centres, et dans plein de batiment y a plus de savons disponible pour les prisonnier.e.s. Dans la plupart des centres de rétentions y a plus ou quasiment plus l’OFFI (Office français de l’immigration et de l’intégration) donc plus d’achat de clopes ou du crédit pour téléphone. L’infirmerie et les médecins continuent de mépriser les prisonnièr.e.s retenu.es, les flics se tiennent à des mètres de distance d’eux, alors qu’on sait bien que les seuls qui sortent du centre et qui peuvent ramener le virus à l’intérieur c’est bien les flics…

Face à tout ça les prisonnier.e.s n’arrêtent pas de lutter et résister par plein de moyens différents. Le dimanche 15 puis le lundi 16 mars, à Vincennes, Mesnil-Amelot, Lyon, et Lille-Lesquin les prisonnier.es se mettent en grève de le faim. Dans certains centres il y a aussi eu des départs de feu, des évasions collectives, des blocages et du bordel en tous genre (comme à Metz).

Iels dénoncent le manque d’hygiène, pas de masques ni de gants pour les flics ni pour elleux, la violence de la part de la police et le mépris des médecins. Iels demandent la libération de tout le monde.


Voici plusieurs communiqués et
témoignages publiés depuis le dimanche 15 mars, à faire circuler !

Communiqué des prisonniers de Mesnil-Amelot :
CRA2 :https://abaslescra.noblogs.org/de-toute-facon-le-resultat-pour-nous-cest-la-misere-communique-de-prisonnier-du-cra2-du-mesnil-amelot/
CRA3 :https://abaslescra.noblogs.org/vraiment-on-nous-a-oublie-ici-comminuque-de-greve-de-la-faim-des-retenus-mesnil-amelot/

Communiqué des prisonniers du centre de rétention de
Lille-Lesquin :

https://abaslescra.noblogs.org/on-prefere-mourir-de-faim-que-de-cette-merde-communique-des-prisonniers-du-centre-de-retention-de-lille-lesquin-du-15-mars/

Communiqué de prisonniers du cra 1 de Vincennes le 16 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/greve-de-la-faim-et-foutage-de-gueule-paroles-de-linterieur-du-cra-de-vincennes/

Témoignage d’un prisonnier de Lyon St Ex le 17 mars:
https://crametoncralyon.noblogs.org/temoignage-au-cra-de-lyon-st-ex-greve-de-la-faim-face-a-la-suppression-des-visites-et-des-audiences-et-la-crainte-des-prisonnier-es-face-au-coronavirus/

Lettre collective de prisonniers du CRA de Vincennes le 19 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/au-cra-de-vincennes-les-prisonniers-sont-encore-plus-isoles-et-encore-moins-en-securite/

Témoignage d’un prisonnier du CRA de Bordeaux le 20 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/ils-ont-endormis-tout-le-monde-en-disant-que-le-cra-etait-ferme-temoignage-dun-prisonnier-du-cra-de-bordeaux-toujours-ouvert/

Témoignage de deux prisonnier du CRA de Oissel du 20 mars 2020:
https://abaslescra.noblogs.org/il-reste-des-gens-et-tous-ils-viennent-de-prison-des-nouvelles-de-la-situation-a-la-prison-de-oissel/


Après la grande journée de luttes du 16 mars, ça reste très chaud. La bonne nouvelle est que pas mal de prisonniers-ères ont été libéré.e.s depuis mardi dans plusieurs centres. Notamment les personnes qui passent devant le-la juge, celles qui ont pu payer un.e. avocat.e, et celles qui sont en contact avec les associations qui bossent dans les centres et qui ont demandé la mise en liberté des prisonniers-ères. Mais les autres prisonniers-ères restent enfermée dans des conditions qui étaient dégueulasses bien avant le virus, et comme si la situation n’était déjà pas assez grave, les keufs continuent de provoquer les prisonniers-ères, font circuler des rumeurs, font péter des cables.

Les keufs ont fait beaucoup tourner des rumeurs de libérations de tous les prisonniers a Vincennes (et dans d’autres cra) ce lundi avant d’arrêter d’en parler. De ce que disent les prisonniers du CRA1 de Vincennes, il reste encore une trentaine de personnes enfermées là bas;. Alors que dans certains centres il y a des libérations, d’autres continuent d’expulser vers les quelques destination ou il y a encore des vols, voire même d’enfermer de nouvelles personnes : au Mesnil-Amelot le 16 et le 17 mars encore, au matin, des nouvelles personnes sont arrivées au centre. Apparemment, ce sont surtout de personnes qui sortent de taule et sont envoyées directement au CRA. Ainsi la peine pour les sans-pap est prolongée de trois mois de plus, et avec le risque de choper le virus en plus !

À Bordeaux une action collective au tribunal a permis la libération de tous les retenus du CRA, de même pour les CRA de Nîmes et Montpellier qui sont en cours de se vider ! A Toulouse une action du même genre serait en cours pour les 62 prisonnier.e.s. A Rennes, toutes les demandes de remises en liberté ont été refusé ce mercredi 18 mars. À Palaiseau, Strasbourg, Hendaye, Oissel, Plaisir les gens commencent à sortir, vu qu’avec la fermeture des frontières iels peuvent pas être déporté.e.s. Dans certains CRA, à  Hendaye comme à Strasbourg, des personnes ont été transférées d’un centre à l’autre.

Dans d’autres centres la situation reste tendue, à Calais l’administration  du centre est contre les libérations, soit disant pour protéger les personnes et pour éviter que les retenus une fois sortis s’échappent en Angleterre ou en Belgique. Quelques personnes ont été libérées entre le mardi 17 mars et le mercredi 18 mais il reste beaucoup de prisonnier.e.s à l’intérieur.
Des rafles ont eu lieu le weekend dernier, des personnes sur place disent que c’est l’hallu totale, le CRA est surpeuplé, des matelas sont mis par terre dans les cellules, 2 algériens ont été déportés vers l’Algérie et un congolais vers la République du Congo. L’administration bloque l’accès aux dossier et refuse de communiquer la liste des personnes présentes et les arrêtés. Le tribunal libère au compte-goutte…


N’importe qui peut discuter avec les prisonnier-es en CRA en appelant les cabines.
 
En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées :
 
  •      Expliquer que vous êtes à l'extérieur et que vous avez vu passer des nouvelles sur la situation dans le CRA
  •      Expliquer que vous êtes solidaires et que vous appelez pour prendre des nouvelles ; discuter, c'est toujours bien de montrer qu'à l'extérieur il y a du soutien et qu'on oublie pas les prisonnier-es ; ne pas hésiter à préciser que vous n'êtes ni avocat, ni journaliste, ni asso ou flic car parfois c'est compliqué de se présenter
  •      Prendre des infos : combien de personnes reste-t-il dans le CRA ? Y a t-il des libérations régulières ? est-ce que les demandes de mise en liberté sont acceptées par le juge ? quelle est la situation dans le CRA ? et nous envoyer ces infos si vous le souhaitez à
    abaslescra@riseup.net
  •      Proposer à la personne de publier son témoignage sur internet : si elle est d'accord, lui proposer de prendre en note son témoignage (vous pouvez aussi l'enregistrer via la fonction enregistreur de votre
    téléphone ou de votre ordinateur, afin d'être sûr-e de bien noter tout ce que la personne dit). Vous pouvez ensuite publier le témoignage dans vos réseaux, sites d'infos locaux, et/ou nous l'envoyer à abaslescra@riseup.net pour publication sur le blog. Précision : pour nous, c'est important de publier la parole directe des prisonniers, en la médiant le moins possible ; on on préfère donc les témoignages directs plutôt que les textes écrits par des personnes extérieures, même s'ils s'inspirent d'échanges avec les prisonnier-es.
  •     Proposer à la personne de publier un témoignage
    collectif/un communiqué : c'est notamment bien lorsqu'il y a des mouvements de révolte collectifs à l'intérieur comme des grèves de la faim, ou bien les prisonnier-es peuvent avoir envie de se mettre
    d'accord sur plusieurs points qu'ils aimeraient communiquer à l'extérieur, plutôt qu'un témoignage individuel. Dans ce cas, vous pouvez par exemple proposer de rappeler plus tard et prendre en note le
    texte, puis le publier dans vos réseaux/sites d'infos locaux, et/ou nous l'envoyer à abaslescra@riseup.net
  •     Si vous le souhaitez, prendre le numéro de la personne à qui vous avez parlé (les téléphones sans appareil photo sont autorisés dans les CRA, des prisonnier-es ont donc parfois des téléphones mais
    généralement sans accès internet) pour prendre des nouvelles régulièrement

Numéro des cabines en CRA (pour joindre les retenu.e.s) et numéro des associations dans les centres / informations trouvées sur le site du GISTI

Des associations sont présentes en rétention qui peuvent parfois informer les personnes retenues. Elles sont plusieurs à assurer cette fonction. Elles sortent des rapports tous les ans sur la situation dans les centres et locaux de rétention administrative.

CRA en IDF Contacts association Contacts numéros de cabines
Mesnil-Amelot CRA n°2 La Cimade :

01.60.36.09.17 ou 01.60.14.16.50

Fax : 01.60.54.17.42

Bâtiment 9 : 01.60.54.16.56 / 57

Bâtiment 10 : 01.60.54.16.53 / 55

Bâtiment 11 : 01.60.54.16.51 / 52

Bâtiment 12 : 01.60.54.16.49 / 50

Bâtiment 13A1 (femmes) : 01.60.54.16.48

Bâtiment 13A2 (femmes) : 01.60.54.16.47

Bâtiment 13B1 (familles) : 01.60.54.16.46

Bâtiment 13B2 (familles) : 01.60.54.16.46

Bâtiment 13B3 (familles) : 01.60.54.27.89

Mesnil-Amelot CRA n°3 La Cimade :

01.64.67.75.07 ou 01.84.16.91.22

Fax : 01.64.67.75.54

Bâtiment 3 : 01.60.54.27.84 / 78

Bâtiment 4 : 01.60.54.27.76 / 01.60.54.26.03

Bâtiment 5 : 01.60.54.26.02 / 01.60.27.64.94

Bâtiment 6 : 01.60.27.64 88 / 91

Palaiseau FTDA :

01.69.31.65.09

Fax : 01.60.10.28.73

01.60.14.90.77 / 01.69.31.29.84 /
01.69.31.17.81
Paris-Vincennes CRA n°1 Groupe SOS / Assfam :

01.43.96.27.50

Fax : 01.43.76.64.04

01.45.18.02.50 / 59.70 / 12.40

Extension du CRA 1 : 01.43.96.02.68 / 59.39

Paris-Vincennes CRA n°2 Groupe SOS / Assfam :

01.49.77.98.75

Fax : 01.43.53.02.57

01.48.93.69.47/69.62/90.42
Paris-Vincennes CRA n°3 Groupe SOS / Assfam :

01.49.77.98.51

Fax : 01.43.53.03.24

01.43.76.50.87 / 01.48.93.99.80 /
91.12
Plaisir FTDA :

01.30.07.77.68

Fax : 01.30.55.32.26

01.34.59.49.80
CRA par région Contacts association Contacts numéros de cabines
Bordeaux La Cimade :

05.57.85.74.87

Fax : 05.56.45.53.09

05.57.01.68.22

05.57.26.87.09

Coquelles FTDA :

03.21.85.28.46

09.60.05.10.51

03.91.91.16.01

Fax : 03.21.85.88.94

03.21.00.91.55

03.21.00.82.16

03.21.00.96.99

Guadeloupe La Cimade :

05.90.46.14.21

Fax : 05.90.46.14.21

05.90.20.42.93 (hommes)

05.90.28.60.10 (femmes)

Guyane La Cimade :

05.94.28.02.61

Fax : 05.94.28.02.61

05.94.37.78.34 (hommes)

05.94.37.78.73 (femmes)

Hendaye La Cimade :

09.72.46.45.89

Fax : 09.72.35.32.26

05.59.15.34.19 et 05.59.15.34.20
(hommes)

05.59.15.34.21 (femmes)

Lille-Lesquin Ordre de Malte :

03.20.85.25.59

Fax : 03.20.85.24.92

Hall : 03.20.44.74.13

Zone A : 03.20.32.76.20

Zone B : 03.20.32.70.53

Zone C : 03.20.32.75.31

Zone F : 03.20.32.75.82

Lyon-Saint-Exupéry Forum réfugiés – Cosi :

04.72.23.81.64

04.72.23.81.31

Fax : 04.72.23.81.45

Zone Nord : 04.72.22.09.19

Zone Ouest : 04.72.22.08.18

Zone Famille : 04.37.46.27.15

Marseille Forum réfugiés – Cosi :

04.91.56.69.56

04.91.81.87.12

Fax : 04.91.53.97.23

04.91.67.94.06

04.91.81.53.12

04.91.81.45.89

04.91.67.93.29

04.91.81.17.58

04.91.81.39.54

04.91.42.34.86

04.91.63.13.05

04.91.67.41.56

Mayotte Solidarité Mayotte :

02.69.60.80.99

06.39.21.64.81

Fax : 02.69.62.46.55

Z1 : 02.69.63.68.74

Z2 : 02.69.63.68.73

Z3 : 02.69.63.68.78

Z4 : 02.69.63.68.72

Z5 : 02.69.63.68.75

Z6 : 02.69.63.68.76

Metz Orde de Malte :

03.87.36.90.08

Fax : 03.87.50.63.98

Zone femme et famille :
03.87.18.16.55

Zone homme : 03.87.18.16.63

Zone 3 : 03.87.18.16.66

Zone 4 : 03.87.18.16.64

Nice Forum réfugiés – Cosi :

04.93.55.68.11

04.93.56.21.76

Fax : 04.93.55.68.11

04.93.55.84.68

04.97.08.08.23

Nîmes Forum réfugiés – Cosi :

04.66.38.25.16

Fax : 04.66.37.74.37

Zone A1 : 04 66 67 08 10 et 04
66 36 09 35

Zone B0 : 04 66 26 01 08

Zone B1 : 04 66 87 08 15 et 04 66 06 65 01

Zone C0 : 04 66 28 03 63

Zone C1 : 04 66 06 64 01 et 04 66 38 08 72

Zone d’accès contrôlé : 04 66 64 06 73 et 04 66 29 09 46

Perpignan Forum réfugiés – Cosi :

04.68.73.02.80

Fax : 04.68.73.12.10

Zone B3 : 04 68 52 16 32

Zone B4-5 : 04 68 84 04 36

Zone B6-7 : 04 68 73 01 91

Rennes La Cimade :

02.99.65.66.28

Fax : 02.99.65.66.07

H1/H2 : 02 99 35 64 60

H3/H4 : 02 99 35 28 97

H5 : 02 99 35 13 93

H6 (femmes/familles) : 02 99 35 64 59

La Réunion La Cimade :

02.62.40.99.73

Fax : 02.62.40.99.80

02.62.97.25.77
Rouen-Oissel FTDA :

02.35.68.75.67

Fax : 02.35.68.75.67

Zone hommes : 02 35 68 61 56 /
77 09

Zone femmes/familles : 02 35 69 11 42

Sète Forum réfugiés – Cosi :

04.67.74.39.59

Fax : 04.99.02.65.76

04.67.53.61.60

04.67.53.61.41

Strasbourg Ordre de Malte :

03.88.39.70.08

03.88.39.36.73

Fax : 03.88.84.83.65

Module B : 03 88 67 39 92

Module C : 03 88 67 29 94

Module D : 03 88 67 19 72

Module E : 03 88 67 41 25

Toulouse La Cimade :

05.34.52.13.92

05.34.52.13.93

Fax : 05.34.52.12.07

Secteur A (hommes) : 05 34 52 11
06

Secteur B (femmes) : 05 34 52 11 05

Secteur C (familles) : 05 34 52 11 02

Secteur D (hommes) : 05 34 52 11 03

Secteur E (hommes) : 05 34 52 11 01

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Flash info quotidien du 23 mars 2020

Emission enregistrée le dimanche 22 mars à 17h.

  • Des nouvelles dans les prisons pour étranger.e.s, les Centre de rétention administrative. Comment être solidaire de l’extérieur ?
  • Les prises de paroles des prisonniers à Béziers et ailleurs
  • Retour sur le chantage de la ministre des tribunaux et de la justice.
  • Messages pour l’intérieur

Face à la gravité de la situation, à partir du lundi 23 mars, L’Envolée va diffuser à 19h une émission quotidienne d’un quart d’heure sur FPP (106.3 Mhz sur la bande FM à Paris) pour faire circuler l’information sur ce qui se passe dans les prisons françaises. Nous y lirons les messages qui nous seront envoyés au 07.52.40.22.48 ou sur les réseaux (facebook, snap, insta, twitter). Nous maintenons par ailleurs l’émission du vendredi, entre 19 heures et 20 heures 30.


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14 MORTS DANS LES REVOLTES, 3 000 LIBERATIONS ANNONCEES – Des nouvelles de la situation en Italie

En Italie, il y a eu 14 morts en prison pendant les révoltes ; le dernier est mort dimanche à Udine d’overdose de médocs – ils sont en train de les shooter pour qu’ils restent calmes. Beaucoup de gens considérés meneurs ont été transférés. Il y a 10 cas parmi les détenus d’après la pénitentiaire : au moins 4 chez les médecins et infirmiers qui travaillent en taule et les matons. La proposition de loi faite par le gouvernement prévoit l’assignation à résidence pour les détenu.e.s condamnés à moins de dix-huit mois  jusqu’au 30 juin 2020 – mais avec plein de restrictions, notamment pour celleux qui ont pris part aux révoltes ou ont des rapports de discipline ; pour les peines définitives de moins de six mois, bracelet électronique – sauf qu’il y en a pas assez, a priori genre 2 100 ou par là. Ça va faire en gros 3000 libérations, alors qu’il y a un surpeuplement de 15 000 détenus ; de plus, c’est en gros un règlement qui existait déjà. Du coup, pas de vraie solution ni pour le surpeuplement, ni pour les conditions merdiques d’enfermement. À l’intérieur ça reste très tendu ; ça a bougé à Brescia et Turin (nord) où il y a eu des battiture [ça consiste à faire du bruit en tapant sur les barreaux] et des tensions. La situation est tellement tendue que même les présidents des tribunaux de surveillance ont écrit une lettre au ministre de la Justice et au chef de la pénitentiaire pour demander qu’ils sortent un décret-loi pour vider un peu les taules.


« SEULS LES MURS NOUS ENTENDENT »

Lettre d’un prisonnier italien

Prison Madonna del Freddo, Chieti

Bonjour mon amour,

il est 5 heures de matin et je voudrais être dans le lit avec toi, alors qu’en fait je suis otage d’un État barbare et criminel. Le vrai criminel, c’est l’Etat qui, malgré le danger de nous faire tomber malade et mourir,  préfère nous entasser dans ce trou que nous renvoyer chez nous pour être avec nos proches. Peut-être pour une idée d’État tout-puissant qui punit, peut-être pour obtenir le consensus populaire, peut-être pour obtenir des votes, il se comporte en vrai criminel, nous gardant en otage contre toutes les lois ; il nous nie tous nos droits. On court le risque de ne plus voir nos proches, ou pire encore, de ne pas sortir vivants de cet enfer. Je te demande de publier cette lettre, parce que depuis des semaines, on essaie de se faire entendre : grève de la faim, on tape contre les barreaux tous les jours avec des mains couvertes de sang, mais à ce qu’il paraît, seuls les murs nous entendent. On demande de rentrer chez nous au moins jusqu’à la fin de l’état d’urgence ; on veut pas la liberté, on veut juste purger notre peine avec dignité. Je suis citoyen italien et je ne demande pas la lune, mais seulement d’être traité comme tel, pas comme de la chair à canon qui attend sa mort impuissant.

J’espère pouvoir t’embrasser bientôt, je t’aime ; tu es ma vie !


« NI LE PRISONNIER, NI SA FAMILLE N’ONT ETE PREVENUS »

Lettre d’un parent de prisonnier testé positif au Coronavirus à la prison de Voghera, Italie

 La lettre dont nous publions ici la traduction a été reçue à l’adresse emergenzacarcere@gmail.com, ouverte par un pool d’associations italiennes « pour recueillir des infos sur la situation actuelle en matière de santé et d’hygiène dans les prisons, et en particulier sur la réalité des mesures préventives adoptées face à la propagation de l’épidémie de COVID-19 ». Les prisonniers italiens « peuvent y signaler les sévices et traitements inhumains et dégradants qui leur sont infligés, notamment à la suite des récentes émeutes en prison, et recevoir une assistance juridique adaptée. »

Je voudrais commencer par remercier d’avance l’hôpital San Paolo, de Milan, et je tiens à préciser que nous ne les tenons responsables d’aucune injustice ; au contraire, je leur tire mon chapeau pour le travail qu’ils sont en train de faire, ce sont eux les seuls qui nous donnent quelques nouvelles de notre père.

Je vous écris à propos de la propagation du Coronavirus à la maison du district de Voghera. Mon père a été testé positif et nous n’en avons été informés d’aucune manière (Même le juge d’instruction et le juge des enquêtes préliminaires de Catanzaro – qui sont pourtant responsables de sa mise en détention provisoire n’étaient pas au courant), et de son hospitalisation non plus ; ni le prisonnier, ni les membres de sa famille n’ont été prévenus pour pouvoir se protéger du danger de ce virus.

Ils ont fait circuler de fausses nouvelles, racontant que les familles étaient prévenues et qu’ils avaient la situation bien en main, alors on était rassurés ; mais en fait, on ne nous a mis au courant de rien. Ce n’est qu’à force d’insister la peur au ventre qu’on a fini par nous signifier : « Oui, ton père est hospitalisé à l’hôpital San Paolo, de Milan. » A ce jour, nous n’avons toujours pas pu nous entretenir avec le médecin qui l’a ausculté, nous ne savons pas quels symptômes il présente et nous n’avons pas pu parler à notre parent au téléphone ; bien sûr, nous comprenons dans quelle situation d’urgence se trouve l’établissement face à ce virus.

Ça faisait plusieurs jours que mon père ne se sentait pas bien, il avait une forte fièvre et des difficultés respiratoires, le médecin de l’établissement n’a pas voulu aller le voir. Au bout de quelques jours à stabiliser son état avec des Doliprane, il a été testé positif au Covid-19 et hospitalisé ; le gardien a alors fait un rapport contre le médecin de l’établissement pour négligence.

Ils ont répandu la nouvelle que le virus avait été contracté au cours d’un parloir avec la famille le 27 février, alors que nous ne l’avons pas vu depuis le 15 de ce mois ; lors d’une visioconférence le 13 mars, il nous a encore fait part de ces symptômes, et il nous a dit qu’il avait envoyé une lettre de réclamation à son avocat dans laquelle tout ce qui s’est passé est décrit en détail parce que les droits de l’homme ne sont plus respectés ; cette lettre envoyée il y a douze jours environ n’est toujours pas arrivée.

A ce jour, mon père est toujours confiné en observation à l’hôpital ; nous voulons que tout le monde sache ce qui s’est passé parce qu’il est juste que d’autres personnes détenues avec mon père protègent leur vie et que les procédures imposées par le gouvernement à juste titre pour protéger notre vie soient également respectées pour eux.

Parce que toute la famille va bien, nous n’avons eu aucun cas de contagion, heureusement ; mais si jamais c’était un autre prisonnier ou d’autres personnes qui  fréquentent la prison, il faudrait qu’ils soient examinés et que le premier porteur soit identifié pour pouvoir reconstituer ses fréquentations et ses mouvements afin de protéger la vie des autres.

P. S. : l’instruction du procès de mon père n’est même pas commencée.

Les prisonniers du centre de détention d’Uzerches montent sur les toits et exigent des mesures contre l’épidémie

Ce dimanche 22 mars au centre de détention d’Uzerches, les prisonniers poussés à bout par les nouvelles mesures de confinement  et l’ignorance dans laquelle ils sont laissés sur la maladie ont réussi à accéder à la cour de promenade et sont montés sur les toits. Sur certaines vidéos qui ont tourné sur le Net, on entend des jeunes gens dire qu’ils ont peur de mourir parce que les sinistres Eris (Equipes régionales d’intervention et de sécurité) et la police sont armés, et pas eux ; et qu’ils tirent à balles réelles, comme ce fut le cas la semaine dernière à la maison d’arrêt de Grasse. Nous reproduisons ici leurs revendications :

REVENDICATIONS DES DETENUS

-Nous voulons un DEPISTAGE pour chaque détenu ainsi que pour chaque membre de l’administration pénitentiaire.

-Nous souhaitons que tous les agents pénitentiaires sans exception soient équipes de gants et de masques (ce sont eux les plus exposés au virus car ce sont eux qui rentrent et sortent de l’établissement).

-Nous voulons être informé de l’évolution de cette situation :

            -Qu’en est-il, les parloirs seront-ils rétablis ?

            -Qu’en est-il des cantines?

            -Qu’en est-il des sacs de linge ?

            -Qu’en est-il des soins médicaux en cas de Coronavirus ?

-Et enfin, pour nous protéger, nous aimerions que chaque détenu ait du gel désinfectant et un masque à sa disposition( le minimum en mesure d’hygiène actuellement).

DANS LES PRISONS ITALIENNES : 14 morts et 3 000 libérations annoncées

Il y a eu d’importantes révoltes dans un grand nombre de prisons italiennes à l’annonce de la suspension des parloirs pour plusieurs semaines, de la fin des activités et autres restrictions. Vous pouvez lire à ce sujet le précédent article que nous avions relayé ainsi que les quelques lettres traduites par des camarades, et cette émission dans laquelle nous avions fait le point.

En Italie, il y a eu 14 morts en prison pendant les révoltes ; le dernier est mort dimanche à Udine d’overdose de médicaments – ils sont en train de les shooter pour qu’ils restent calmes. Beaucoup de prisonniers considérés comme des meneurs ont été transférés. Il y aurait, selon la pénitentiaire, au moins dix cas de contaminés parmi les prisonniers et au moins 4 chez les médecins, infirmiers et matons. La proposition de loi faite par le gouvernement prévoit : l’assignation à résidence pour les détenu.e.s condamnés à moins de dix-huit mois  jusqu’au 30 juin 2020 – mais avec énormément de restrictions, notamment pour celles et ceux qui ont pris part aux révoltes ou ont des rapports disciplinaires- ; un bracelet électronique pour les peines définitives de moins de six mois – même si à priori les 2100 bracelets à disposition ne suffiraient pas. On table ainsi sur la libération de 3000 personnes, alors qu’il y a un surpeuplement de 15 000 détenus. À l’intérieur la situation reste très tendu. A Brescia et Turin (nord) les prisonniers ont fait des battiture [ça consiste à faire du bruit en tapant sur les barreaux]. La situation est tellement tendue que même les présidents des tribunaux de surveillance ont écrit une lettre au ministre de la Justice et au chef de la pénitentiaire pour demander qu’ils sortent un décret-loi pour vider un peu plus les prisons.


« SEULS LES MURS NOUS ENTENDENT »

Lettre d’un prisonnier italien

Prison Madonna del Freddo, Chieti

Bonjour mon amour,

il est 5 heures de matin et je voudrais être dans le lit avec toi, alors qu’en fait je suis otage d’un État barbare et criminel. Le vrai criminel, c’est l’Etat qui, malgré le danger de nous faire tomber malade et mourir,  préfère nous entasser dans ce trou que nous renvoyer chez nous pour être avec nos proches. Peut-être pour une idée d’État tout-puissant qui punit, peut-être pour obtenir le consensus populaire, peut-être pour obtenir des votes, il se comporte en vrai criminel, nous gardant en otage contre toutes les lois ; il nous nie tous nos droits. On court le risque de ne plus voir nos proches, ou pire encore, de ne pas sortir vivants de cet enfer. Je te demande de publier cette lettre, parce que depuis des semaines, on essaie de se faire entendre : grève de la faim, on tape contre les barreaux tous les jours avec des mains couvertes de sang, mais à ce qu’il paraît, seuls les murs nous entendent. On demande de rentrer chez nous au moins jusqu’à la fin de l’état d’urgence ; on veut pas la liberté, on veut juste purger notre peine avec dignité. Je suis citoyen italien et je ne demande pas la lune, mais seulement d’être traité comme tel, pas comme de la chair à canon qui attend sa mort impuissant.

J’espère pouvoir t’embrasser bientôt, je t’aime ; tu es ma vie !

EMISSION DU 20 MARS 2020

Cette émission est un peu spéciale car enregistrée à distance le jeudi 19 mars. Elle est intégralement consacrée à la situation dans les lieux d’enfermement à la suite des mesures de confinement national annoncée par le ministère des tribunaux et des prisons et celui des polices et des centres de rétention administrative.

  • Retour sur les dernières décisions de l’administration pénitentiaire et du gouvernement pour renforcer l’isolement des prisonnier.e.s
  • Les conséquences à l’intérieur : les prisonnier.e.s se révoltent et subissent les conditions du quartier d’isolement.
  • Situation dans les Centres de Rétention Administrative. Face aux rumeurs de libération, la répression et l’isolement : les prisonnier.e.s se révoltent.
  • Discussion sur les appels lancés par différentes organisations à la libération et/ou l’aménagement de peine des prisonnier.e.s

Face à la gravité de la situation, à partir du lundi 23 mars, L’Envolée va diffuser à 19h une émission quotidienne d’un quart d’heure sur FPP (106.3 Mhz sur la bande FM à Paris) pour faire circuler l’information sur ce qui se passe dans les prisons françaises. Nous y lirons les messages qui nous seront envoyés au 07.52.40.22.48. Nous maintenons par ailleurs l’émission du vendredi, entre 19 heures et 20 heures 30.


Musique : Sir Joe Quaterman & Free Soul « Give Me Back My Freedom » – Clancy Eccles « Oh Freedom » – Ken Boothe « Freedom Street » – Al feat. Vîrus « Tout Seul Remix »


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« Il faut qu’on bloque en promenade! » Messages de prisonniers de France en réaction au confinement des prisons

Nous donnions hier, mercredi 18 mars, des informations sur les premières conséquences du confinement dans l’article Le Covid-19: la prison dans la prison. La première mesure de confinement national annoncée par le ministère des tribunaux et des prisons a été en effet de suspendre les parloirs partout sur le territoire, suspendre les activités, limiter les mouvements en détention. Alors qu’à l’extérieur les travailleurs et travailleuses sont encore incitées à se rendre sur leur lieu de travail pour faire tourner l’économie ; alors que les surveillants et surveillantes rentrent et sortent des prisons tous les jours ; alors que nous sommes et toutes incités à respecter des « gestes barrières »… la première décision pour des prisonniers et prisonnières déjà isolées, a donc été de durcir encore les conditions d’isolement. Plus de parloirs, mais toujours autant de promiscuité en cellule.

Il n’y aurait pourtant qu’une mesure à la hauteur de la situation : vider les prisons !

Nous relayons ici divers appels à agir lancés sur les réseaux entre le 18 et 19 mars, par des prisonniers de différentes prisons en région parisienne et en France.


Message à tous les prisonniers de France

Demain il faut que l’on descende tous en promenade et que l’on bloque. Si toutes les prisons bloquent en même temps, ils seront obligés de faire quelque chose, ils peuvent transférer personne et ils ne peuvent pas pénétrer dans l’établissement par peur.

Le virus se propage, déjà que nous sommes incarcérés, ils nous coupent les parloirs, ce n’est pas possible et inacceptable donc montrons-leur notre mécontentement.

Soyons solidaires car si ce n’est pas nous qui faisons quelque chose, eux ne feront rien pour nous. À la télé, ils n’ont même pas parlé de nous ; pour eux, nous ne sommes même pas des citoyens mais quand il s’agit de voter, ils nous envoient les papiers en cellule.


Blocage aujourd’hui

On a peur de mourir du corona virus, on est traumatisés… Et on reveut nos parloirs ou au moins un visiteur par détenu.

Toutes les prisons de France, tous en promenade aujourd’hui.


À la ronde de 5 heures, débouchez pas vos œilletons, tous les gens qui sont au hebs.

Demain, faut que tout le monde bloque sa mère.

Comment ça nous on a plus de parloirs, on a plus le droit de voir nos familles alors que, eux, ils rentrent le soir voir leur mari, femme, enfants, et après le lendemain, ils nous ramènent plein de corona virus au hebs ?

Si on est bloqués ici, il faut qu’ils soient bloqués avec nous ces fdp de hesses.

Plus de parloirs = plus de shit

Plus de shit = détenus pas contents

Détenus pas contents = la guerre !!!


Faites tourner partout

Fais une annonce dans ta story pour que toutes les prisons de France bloquent les promenades jusqu’à que l’état cède à un parloir par semaine minimum.

On est ensemble À tous les frérots en prison : à partir du jeudi 19 mars, il faut qu’on bloque en promenade et tous les jours jusqu’à que l’état nous accepte au minimum un parloir par semaine. Faut qu’on se fasse entendre et c’est bien plus haut que l’administration pénitentiaire, c’est l’état qui dirige. Il faut faire du bruit, il nous dise que c’est pour quinze jours alors qu’ils savent très bien que c’est parti pour plusieurs mois. Ils nous privent de la seule liberté qui nous reste : la visite de notre famille. Pour les frérots en prison, faites tourner : il faut bloquer les promenades à partir de jeudi 19 mars ? Merci et oubliez pas : l’union fait la force, ensemble on y arrivera.


Ils parlent pas des détenus, avec la saleté des prisons, le virus ne va pas partir comme ça. Ils sont touts ensemble confinés. Ouaï, ouaï, c’est dangereux pour les frères et sœurs enfermés… Faut qu’il y ait un putain de syndicat ou je sais pas quoi, qu’il ouvre son q.

Libérez un peu les prisons de la surpopulation carcérale !!!

On veut déjà que les surveillants soient contrôlés à chaque entrée de prison, parce que ça nous fait tous peur ; on en parlait tous en bas. Au moins leur fièvre, devant chaque entrée de prison ; parce que c’est eux qui vont nous le refiler. Tous les gens qui rentrent en prison, aussi, qu’ils soient contrôlés à l’entrée, avec un registre… et qu’ils débloquent les parloirs, au moins ! Et si vraiment, pour raison sanitaire, ils arrivent pas à débloquer, qu’ils distribuent des lessives à tout le monde… qu’ils trouvent une solution. Parce qu’on veut voir nos familles, y a notre linge à laver… y a plusieurs choses, en fait. Montrez-leur [les vidéos] ! Parce que c’est pas bien, ce qu’ils ont fait hier, les Elac [équipes locales d’appui et de contrôle] ! Et au final, là, ils ont fait des transferts disciplinaires, en pleine nuit, ils ont cassé des gars. Ils ont enc… des gens dans leurs cellules… Laisse tomber, c’est des bâtards !


A tous les frérots en prison à partir du jeudi 19 mars, il faut qu’on bloque en promenade et tous les jours jusqu’à ce que l’état nous accepte au minimum un parloir par semaine. Faut qu’on se fasse entendre et c’est bien plus haut que l’administration pénitentiaire : c’est l’état qui dirige. Il faut faire du bruit. Ils nous disent c’est pour quinze jours alors qu’ils savent très bien que c’est parti pour plusieurs mois. Ils nous privent de notre seule liberté qui nous reste : la visite de notre famille. Pour les frérots en prison. Faites tourner : il faut bloquer les promenades à partir de jeudi 19 mars. Merci et oubliez pas l’union fait la force ! Ensemble, on y arrivera !

Le Covid-19 : la prison dans la prison – video

Un prisonnier âgé de 74 ans incarcéré à Fresnes dix jours auparavant est mort hier du Covid-19. Le même jour, les parloirs ont été supprimés dans toutes les prisons françaises. Aucun moyen de maintenir le lien avec leurs proches n’a été fourni aux prisonnier.e.s. Les activités, sportives et autres, ont également été supprimées. Dans les centres de détention en régime « portes ouvertes », où les prisonniers peuvent circuler dans tout leur étage pendant la journée, les cellules sont maintenant fermées. Les prisonnier.e.s resteront enfermés 22 heures sur 24 en cellule, le plus souvent à trois dans 9m².

Face à cette situation intolérable, des mutineries ont éclaté dans de nombreuses prisons. A cette heure, nous avons connaissance de mouvements à Aiton, Angers, Douai, Epinal, Grasse, La Santé, Lille-Sequedin, Maubeuge, Metz, Montauban, Nancy, Perpignan, Saint-Etienne, Toulon, Valence et Varennes-le-Grand. Les Eris (Équipes régionales d’intervention et de sécurité – GIGN des prisons) sont intervenues dans plusieurs de ces taules, et à Grasse, les matons ont tiré.

Les prisons pour étrangèr.e.s subissent les mêmes restrictions : plus de parloirs pour quinze jours au moins. Comme les associations se sont retirées de certains Centres de rétention administrative (CRA), les prisonnier.e.s ne sont plus soutenu.e.s dans leurs démarches juridiques. L’Ofii (Office français de l’immigration et de l’intégration) qui fournit habituellement le tabac et les recharges téléphoniques ne vient presque plus dans les centres, ce qui produit une situation critique. Les préfectures continuent d’expulser vers les pays qui n’ont pas interrompu leurs liaisons aériennes avec la France. Si les préfectures et les juges ont commencé à libérer des prisonnièr.e.s, souvent pour motif sanitaire, les rafles et les arrestations continuent. Certaines prisons pour étrangers continuent donc de se remplir. Des révoltes et des mouvements collectifs ont eu lieu dans les centres du Mesnil-Amelot (communiqué1, communiqué2), de Lille-Lesquin (communiqué), de Lyon-St-Exupéry (témoignage), de Metz et de Vincennes (communiqué), et peut-être d’autres encore dont nous n’avons pas eu connaissance : grèves de la faim, départs de feu, évasions, blocages de la promenade…

Nous diffusons ici des vidéos reçues hier de la prison de la Santé. Il est essentiel que les enfermés puissent faire sortir les nouvelles du sort qui leur est fait par la pénitentiaire. Tenez-nous au courant par tous les moyens à votre disposition.

Face à la gravité de la situation, à partir du lundi 23 mars, L’Envolée va diffuser à 19h une émission quotidienne d’un quart d’heure sur FPP (106.3 Mhz sur la bande FM à Paris) pour faire circuler l’information sur ce qui se passe dans les prisons françaises. Nous y lirons les messages qui nous seront envoyés au 07.52.40.22.48. Nous maintenons par ailleurs l’émission du vendredi, entre 19 heures et 20 heures 30.

Soutien aux prisonnier.e.s et à leurs proches !

Force et détermination !

TROIS LETTRES DE PRISONNIERS DE NAPLES

Les prisonnier.es italiens se révoltent face aux interdictions de parloirs. Nous avons longuement parlé de la situation en Italie lors de notre dernière émission de radio : des mutineries ont eu lieu dans au moins 37 prisons et au moins 13 prisonniers sont morts. Nous reproduisons trois lettres de prisonniers de la prison de Poggiareale à Naples et diffusons une vidéo de la prison pour femmes de Naples où ces dernières se font entendre à l’extérieur.

« Chère mama, c’est ton fils Salvatore qui t’écrit, j’espère que vous allez bien. Moi, dans cette lettre, je parle de moi comme je parle de tous les détenus comme moi, on va vraiment pas bien, toute la prison est en émeute parce qu’ils veulent pas effectuer des tampons et désinfecter, la seule chose qu’ils font c’est de taper tous les détenus, ces enfoirés de matons ils ne font que nous taper, ils viennent avec leurs matraques cellule par cellule et ils nous maltraitent. On a besoin de l’aide de vous tous, faites tourner l’info sur le web, qu’ils nous traitent comme des animaux, qu’ils nous maltraitent, unissez-vous tous et venez devant la taule, foutez le bordel, faites-vous entendre, qu’ils doivent pas nous traiter et utiliser la violence contre nous tous. On est en train de manifester pour qu’ils désinfectent, un tampon, mais personne nous écoute, aidez-nous. Fais tourner ça sur facebook, que tout le monde sache qu’on va pas bien. J’attends de tes nouvelles au plus vites, je t’embrasse. »


« Mon amour je suis ici pour t’écrire, pour te rassurer que tout va bien, je sais pas si on va être transférés parce que la prison doit être évacuée, je peux pas t’appeler parce qu’ils ont tout fermé, on est enfermés sans télé sans douche, ça sent le cramé, tout est détruit, on m’a trouvé sur le toit du bâtiment Naples et ils m’ont tabassé, tu peux pas savoir, j’ai de bleus partout. Après vers midi ils ont ouvert les cellules l’une après l’autre et ils ont tabassés tous ceux qui sommes au deuxième étage parce que la révolte a démarrée ici. C’est le bordel, mon amour, je t’ai écrit pour te rassurer, je vais bien, je sais pas quand est-ce qu’ils vont nous ouvrir, ils disent qu’on doit rester enfermés six mois, j’espère que les parloirs vont bientôt reprendre, j’espère la semaine prochaine parce que je veux pas que tu me vois dans cet état.

Rassure toi que je vais bien, je vais mal parce que je peux pas te parler, je peux parler à Raffy, c’est ça le plus dur, embrasse le fort de ma part et dis lui que son papa pense toujours à lui et qu’il est ma vie.

Préviens chez moi que tout va bien, qu’ils ne s’inquiètent pas.

Toi aussi, rassure toi que tout va bien, je suis triste de pas te voir, mais ça va aller, on va s’en sortir cette fois ci aussi.

Porte toi bien, et fais attention à Raffy, sortez pas souvent qu’il y a ce putain de virus.

Je t’aime et tu me manques énormément. »


« Mon amour, tu dois dire à l’avocat de se dépêcher à demander l’assignation à résidence à cause du corona virus. Ce matin j’ai discuté avec un infirmier, ils sont venus me chercher et ils m’ont mis un coup de pied et un poing dans le dos. Et ils m’ont mis au mitard pendant des heures. Tu le dis à cet imbécile qu’il doit faire l’impossible, parce qu’à cause de ce qui s’est passé hier, la révolte, ils ont commencé les transferts dans d’autres taules. Je t’aime. Essaie de te dépêcher. Je sais que je te demande l’impossible mais là ça devient sérieux et risqué. Et ils nous libèrent pas. Ils parlent de deux mois sans parloirs. Et moi je peux pas faire ça. Je t’aime. »


EMISSION DU 13 MARS 2020

  • Coronavirus : sur la situation en Italie et des révoltes dans les prisons là-bas. Lettres de prisonniers de la prison de Naples.
  • Coronavirus : sur la situation dans les prisons françaises.
  • Condé sur Sarthe : un an après le blocage des matons.
  • Brèves. (désolé, on a pas pu tout annoncer)


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