Archives de catégorie : Articles de la rédaction

SOIRÉE DE SOUTIEN POUR PIOTR PAVLENSKI ET OKSANA SHALYGINA LE 24/03 A 19H

 

La voix humaine est un instrument puissant, mais elle n’est pas toujours audible. La procédure judiciaire contre Piotr Pavlenski se déroule à huis-clos et le prive de l’usage de sa voix.

Piotr Pavlenski a été arrêté le 16 octobre 2017 après l’action « Eclairage » réalisée place de la Bastille et lors de laquelle il a éclairé la Banque de France.

Piotr Pavlenski : «Mettre le feu dans la Banque de France c’est mettre l’éclairage sur la vérité que les autorités nous ont forcé à oublier.

La Bastille a été détruite par le peuple révolté; le peuple l’a détruite comme symbole du despotisme et du pouvoir. Sur ce même lieu, un nouveau foyer d’esclavage a été bâti, la banque, qui trahit les révolutionnaires et qui sponsorisa le Versailles criminel. La Banque de France a pris la place de la Bastille, les banquiers ont pris la place des monarques.

La grande Revolution Francaise a fait de la France un symbole de liberté pour le monde entier.
En 1917, grâce à ce symbole, la Russie s’est élancée vers la liberté. Mais cent ans plus tard la tyrannie règne de nouveau, partout.

La renaissance de la France révolutionnaire déclenchera l’incendie mondial des révolutions.
Dans ce feu la Russie commencera sa libération».

Après 4 mois de détention préventive à la maison d’arrêt de Fleury-Merogis, le 9 février 2018, le juge des Libertés et de la Détention a prolongé ce délai de 4 mois supplémentaires.

Par ses actions, Piotr Pavlenski hausse la voix pour attirer l’attention sur les répressions et sur l’acceptation de ces répressions par la société.

Écrit par Oksana Shalygina, militante russe et compagne de Piotr.

Piotr subit depuis plusieurs années la répression de l’État russe contre sa lutte politique. Aujourd’hui, dans le pays que l’on tente de faire passer pour celui « des droits de l’homme », le même processus se répète. L’Etat français tente de le cacher et de le faire taire, réprime tout lien entre Piotr et sa famille et empêche sa grève de la faim et de la soif. La machine judiciaire et carcéral fait tout pour les isoler, face une procédure compliqué et à un manque de liens vers l’extérieur.

Pour faire parler de la situation de Piotr et d’Oxana, pour leur apporter une solidarité physique et financière, nous organisons une soirée de soutien le samedi 24 mars a 19h au Bar les trois gares, 28 boulevard Poniatowski, 75012 Paris (M. Porte de Charenton).

ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 02 FÉVRIER 2018

 

      • Appel : Cloë, en grève de la faim depuis 75 jours en soutien à son mari, prisonnier à qui l’AP fait la misère

Zics : J.Dilla – Fuck the police / Afrojazz – Strickly Hip Hop/ Boog Brown – UPS / Slim thug – Grindin


Téléchargement (clic droit –> « enregistrer la cible du lien sous »)


 

 

« Faites sortir l’accusé » dans les salles en février 2018

Les Films du bout de la ville  et les Ami.e.s de Philippe Lalouel présentent, 

Faites sortir l’accusé, histoire d’une longue peine 

un film documentaire de PeG écrit avec Philippe Lalouel 70 mn

– Séances FEVRIER 2018 –

En présence du réalisateur et de protagonistes du film

Le jeudi 08 FEVRIER – 18H – PARIS – Université TOLBIAC

à l’invitation de la Bibliothèque autogérée de Tolbiacdans le cadre du « mois contre l’enfermement » Université Tolbiac, Amphi L, 90 rue de Tolbiac, 75013 Paris

Le samedi 10 FEVRIER –15H30 – PARIS – La Bellevilloise

dans le cadre du festival Bobines Sociales et en présence de l’EnvoléeLa bellevilloise, 19-21 Rue Boyer, 75020 Paris (Le programme du festival sur bobines-sociales.org/)

Le jeudi 22 FEVRIER – 20H30 – TOULOUSE – American Cosmograph

En présence de Corinne Lakdhari (Act-up) et Monique Erbée, protagonistes du film, 24 Rue Montardy, Toulouse, american-cosmograph.fr/les-fanzines/

Le mercredi 28 FEVRIER – 20H – BAYONNE – ZIZPA GAZTETXEA

à l’invitation du GENEPI, ZIZPA GAZTETXEA, 7 Quai de Lesseps, 64100 BAYONNE, Ouverture du lieu 19h30, Projection à 20h30

Le mardi 06 MARS – 20H – BAGNOLET – Cin’HOCHE

En présence de Delphine Boesel, présidente de l’OIP et protagoniste du film, Cin’Hoche, 6 rue Hoche, 93170, Bagnolet

https://fr-fr.facebook.com/faitessortirlaccuse/

http://leseditionsduboutdelaville.com

Faites sortir l’accusé, un film de PeG, écrit avec Philippe Lalouel, 70 mn, produit par Les films du bout de la ville et les ami.e.s de Philippe Lalouel. Montage : ZED, PeG / Musique : Kindred / Images : N.Potin, C6C7, Gago, F. Lathuillière, PeG / Moyens techniques : radio la Locale, L’Envolée.

Synopsis : Pour des vols et des évasions à la fin des années 1980, Philippe Lalouel est en prison depuis 30 ans. Contaminé par le VIH lors d’une transfusion sanguine, il se bat pour ne pas mourir entre les murs. Au fil d’une longue correspondance avec le réalisateur, il prend la parole depuis une prison de haute sécurité et refuse sa destinée de fantôme social. Autour d’un énième procès aux assises, sa compagne Monique, et un groupe d’amis se battent à ses côtés pour le faire sortir. Une histoire d’amour et d’amitiés qui dévoile une partie de l’implacable machine judiciaire. Une plongée anti-spectaculaire dans le temps infini des longues peines.

Philippe Lalouel is one of France’s many long-serving prisoners, having spent more than thirty years of his life behind bars, initially for robbery and more recently for attempting escape. He is HIV positive and had long fought not to die inside. In this film, he speaks of his refusal to be eliminated, his refusal to

CRÉATION DU 1ER SYNDICAT DE PRISONNIERS (PRP) ET GRÈVE DES MATONS : DOSSIER DE PRESSE

Fermeture des parloirs et de l’accueil aux familles, remises de peines bloquées, jugements reportés pour les prévenu.e.s comme les condamné.e.s, pas d’accès aux cabines téléphoniques, à la promenade et à la plupart des activités, fermeture des cantines et rationnement des gamelles, coupures d’eau/ d’électricité, pneus cramés devant les portes…

Voila 2 semaines que les matons ont abandonnés leur poste pour fanfaronner à la télé et pleurnicher sur leur situation (à se demander à quoi ils s’attendaient en passant le concours). Ca réclame plus d’armes, plus de personnel, plus d’encadrement, bref plus de sécuritaire. Et pendant ce temps, la machine carcéral continue de tourner et de broyer des vies au quotidien. Bah oui, on allait quand même pas arrêter les condamnations et fermer les prisons ! Alors les keufs et les ERIS s’occupent du maintien de l’ordre, les mouvements des détenu.e.s sont restreints et le peu de confort qu’on peut gratter à l’intérieur est retiré. On tente de les pousser à bout. A l’extérieur, les familles n’ont pas de nouvelles de leurs proches, se retrouvent bloquées devant les parloirs avec comme accueil ligne de matons et pneus en feu. Et la pression monte, les journées se ressemblent et sont toujours plus sombres.

Alors avant que tout explose et que le débat s’oriente sur « la violence des prisonnier.e.s », des proches d’incarcéré.e.s, qui viennent de créer le 1er syndicat de prisonniers (le PRP), prennent la parole pour dénoncer les violences de l’AP et de l’État, et mettre le point sur la situation qu’ils vivent actuellement.

Articles :

Le Monde

Le Monde 2

20 Minutes

La Nouvelle République

Le Point

 

Sons :

France Culture

France Inter

Communiqué de prisonniers de Fleury en réponse aux blocages des matons

Nous, prisonniers, condamnés  ou prévenus, enfermés à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis, lançons un appel contre la conquête sécuritaire qui se joue en ce moment à travers les mobilisations des surveillants de prison dans toute la France.

Cet appel vise également à construire une force collective entre les détenus en lutte et à l’extérieur. Depuis plusieurs jours, des surveillants de prisons bloquent les entrées des maisons darrêt, centrales et centres de détention du territoire français. Ici, à Fleury Mérogis, l’établissement est régulièrement paralysé depuis le début de semaine par plusieurs dizaines de surveillants, empêchant les parloirs avec nos familles, parfois venus de loin, empêchant les extractions dans le cadre des procédures judiciaires (bloquant les anagements de peine), l’entrée des avocats, les cantines, les cuisines, le nettoyage et toutes les activités dédiées à la prétendue « réinsertion ». Leurs revendications sont simples, ils réclament plus de moyens et plus de sécurité pour le personnel pénitencier, ce qui se traduit concrètement par un armement généralisé des surveillants, l’imposition de menottes aux détenus lors de leurs déplacements hors des cellules, et des restrictions conséquentes de nos libertés et de nos droits, pour le peu qu’il en resteLeur mouvement fait suite à diverses manifestations supposées de violence depuis quelques temps, qui, si elles existent, ne sont que des actes isolés, bien souvent en réponse à une violence bien plus importante de l’institution carcérale et de l’État en général. Depuis une semaine, nous assistons à une surmédiatisation d’événements sporadiques et minimes sur toutes les chaînes de télévision, sur fonds d’antiterrorisme. Une insulte devient une agression, une bousculade un passage à tabac et un retard en cellule une mutinerie. Et nous voyons ainsi défiler ces mensonges sur BFM depuis le week-end dernier. Les surveillants et leur syndicat, interviewés par les médias, ont psenté la prison comme un« sanctuaire de criminels » où les détenus avaient« pris le pouvoir » dans des zones totalement abandonnées par les pouvoirs publics. Mais cette stratégie de désinformation ne s’arrête pas là et se couple à des actions bien réelles à l’encontre des détenus.
 
Ce jeudi 18 janvier au matin, alors que tous les parloirs avaient été annulés, que les activités n’avaient pas lieu et que nous étions séquestrés en cellule, sans information et sans même avoir été nourris, l’administration a finalement décidé, en réponse aux mobilisations de leur personnel, de lancer une nouvelle entreprise de terreur comme on n’en voit qu’en prison à l’encontre des détenus, et alors que rien ne s’était encore passé. Vers 11h, plusieurs dizaines de surveillants et d’Eris, armés, cagoulés et près à intervenir  étaient déployés dans toute la prison. Alors que les départs en promenade se faisaient sous pression, ponctués de coups de matraque et de bouclier, de fouille à nu arbitraires et d’insultes diverses, nous avons décidé de nous organiser contre ces violences gratuites, exercées pour satisfaire des surveillants en mal de reconnaissance. Sur le bâtiment D2, nous étions plus d’une centaine à refuser de réintégrer nos cellules à l’appel de fin de promenade, qui avait été réduite à 45 minutes au lieu des deux heures quotidiennes. Sur le bâtiment D1, c’est cette fois l’administration qui nous enfermait plus de 4h en promenade, pour prévenir un risque de blocage et en profiter pour fouiller une bonne partie des cellules. Dans les autres bâtiments, nous tentions plusieurs blocages, la plupart mis en échec par l’intervention violente des Eris.  À travers ces blocages, nous voulons exprimer notre droit à manifester, qui nous a été arraché lors de notre incarcération et nous voulons lancer un message vers l’extérieur, contre ce qui se joue en ce moment devant les prisons françaises : l’invisibilisation des violences quotidiennes à l’encontre des détenus, insultes régulières, coups, pressions administratives, les suicides réguliers, les piqûres forcées, les cellules enflammés comme à Fresnes il y a quelques jours, et même les viols, comme à la MAF ou à Meaux il y a quelques mois. Mais également, la stratégie des surveillants qui rappelle celle des policiers qui manifestaient illégalement, masqués et armés, en direction des lieux de pouvoir à l’automne 2016 au cri de « la racaille en prison ! », pour réclamer et finalement obtenir un nouveau permis de tuer.
 

 À travers ces actes de résistance collective, nous nous mobilisons contre cette répression grandissante et contre l’entreprise sécuritaire de l’État pénal. Mais pour ce faire, nous avons besoin de construire une force collective, et que nos luttes soient entendues et relayées à l’extérieur. La violence, la vraie, elle est du côté de la prison, de la justice et de la police, qui frappent, séquestrent et légitiment ces exactions. La violence, c’est l’État.

 
Nous ne sommes pas des bêtes, nous sommes des êtres humains, et nous refusons d’être enfermés et renvoyés à des faits qui feraient de nous des parias, sans droits et sans dignité. Nous en appelons aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui, à l’extérieur, luttent contre les violences d’État. Nos mobilisations sont vaines si nous ne sommes pas soutenus et si les acteurs des luttes actuelles ne se font pas écho de nos combats. En effet, nous payons le prix fort de ces blocages, la vengeance de l’administration est terrible, plusieurs personnes ont d’ores et déjà été envoyées au mitard, le quartier  disciplinaire, et nous savons tous que nos conditions de détention seront rendues encore plus difficile, du seul fait d’avoir refusé ces injustices. Par ailleurs, nous avons besoin que des mobilisations fortes appuient nos mouvements, car l’administration sait qu’elle a les moyens de nous faire taire, en chargeant nos dossiers en vue de nos procès à venir ou en refusant nos aménagements de peine.
 

Ce texte ne s’adresse ni aux institutions, ni aux défenseurs des soi disant droits de l’homme et des politiques traditionnelles car à nos yeux, il n’existe pas de prisons « plus  justes ». C’est un appel à toutes celles et tous ceux qui, au printemps 2016, se sont soulevés contre la loi travail ; car nous aussi, nous sommes les premières victimes d’une pcarisation massive qui nous a contraint à choisir entre la misère et la prison. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre le racisme, car nous aussi sommes les premières cibles d’un racisme d’État qui enferme toujours les mêmes personnes, des jeunes non blancs, parqués dans les prisons françaises. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre les violences policières, car nous sommes ceux qui subissent depuis toujours les violences des forces de police et nous sommes ceux qui se lèvent toujours lorsqu’un de nos frères tombe sous les coups ou sous les balles des forces de l’ordre.

 
Mobilisons nous, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons. Construisons une vraie force contre la répression en bloquant et en perturbant les institutions répressives et les politiques sécuritaires. Brisons le silence de la prison, et brisons les chaînes qu’elle nous impose.

Liberté pour toutes et tous.

Un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis.

Enregistrer

#MatonQuiPleure

Les matons n’en sont pas à leur premier mouvement… chaque année quasiment, ils tentent le coup. Ils obtiennent toujours quelque chose. Bien sur ils ne gagnent jamais la considération d’une société qui, malgré sa paranoïa et ses penchants sécuritaires, continue à les mépriser. Ces porte clefs à perpétuité rappellent en effet  par leur simple présence, qu’il y a des prisons, ces non lieux que tout le monde s’efforce d’oublier. Bien sur, ils ne gagnent rien pour les prisonniers ou pour améliorer les « conditions de détentions ». Bien sur, ce qu’ils gagnent, ils le gagnent toujours CONTRE les prisonniers : suppression de parloirs, de cantines, multiplication des fouilles, plus de moyens de contrôle, arsenal… 

Nous reviendrons dans le prochain numéro du journal sur ce mouvement de janvier 2018 encore en cours ; et surtout sur ce qu’il implique et entraîne à l’intérieur pour les prisonniers. En attendant nous vous proposons la lecture d’un texte d’août 2013 paru dans le numéro 36 du journal, qui revenait sur ce que nous avions baptisé « le printemps français des matons » et qui pointait l’émergence d’un nouveau syndicat que l’on a vu depuis s’exposer longuement à l’antenne (SPS).

EPSON MFP image
EPSON MFP image
EPSON MFP image

Enregistrer

APÉRO DE SOUTIEN JEUDI 07/12

Erratum : Pour des raisons d’organisation, l’apéro a lieu le jeudi 7 et non le mardi 5.

Parce qu’on a encore beaucoup de choses à se dire … et qu’il nous reste plein de vin, l’Envolée organise un apéro, présentation-discussion, autour de la parution de son dernier numéro. Venez à partir de 19h, jeudi prochain, au bar des trois gares/chez Sylvia, 27 boulevard Poniatowsky, métro Porte de Charenton.

FB

L’Envolée

L’Envolée est un journal qui parait quatre fois par an. Il publie les lettres de prisonniers que nous recevons, des compte rendus de procès auxquels nous assistons, et des analyses sur la société et ses lois.

Le journal prolonge le travail mené par des émissions de radio indépendantes qui maintiennent un lien entre l’intérieur et l’extérieur des prisons, en dehors du contrôle de l’administration pénitentiaire.

Le journal est réalisé par des ex-prisonniers et des ex-prisonnières ou des proches de prisonniers qui pensent qu’il est primordial de publier des textes venus des prisons et des textes contre les prisons. Prisonniers et prisonnières décrivent leur quotidien, dénoncent leurs conditions de détention, se battent contre l’enfermement. Ils et elles le feront toujours mieux que tous ceux qui veulent parler à leur place (journalistes, sociologues, experts, militants).

Une parole de prisonnier qui sort et attaque l’administration pénitentiaire ou la justice, qui plus est quand cette parole est collective, constitue un acte politique qui dérange l’ordre des choses. L’Envolée se veut porte voix des prisonniers et prisonnières qui luttent contre le sort qui leur est fait ; mais nous ne sommes ni les porte parole, ni un syndicat de prisonniers. Cela ne nous empêche pas, bien sur, de soutenir et d’aider des prisonniers qui sont proches de nous ou qui nous demandent d’être solidaires.

Nous espérons toujours que les mots inspirent des luttes contre la justice et l’enfermement. Pour nous, la liberté est un rapport entre les gens qui se battent ensemble pour la gagner.

Le journal s’inscrit dans l’histoire de la critique sociale abordée sous l’angle du droit et de la justice. La prison est le ciment nécessaire à l’Etat pour permettre au capitalisme de se développer. Prisons et Justice servent principalement à enfermer la misère. L’enfermement carcéral joue un rôle social de repoussoir : il produit une peur nécessaire au maintien de cette société.

Ainsi la prison sert aussi à enfermer dehors. Les familles et les proches de prisonniers et de prisonnières le savent bien.

Ce journal survit maintenant depuis plus de 15 ans malgré les censures de l’administration pénitentiaire, malgré les poursuites récurrentes pour diffamation, malgré nos faibles moyens. Nous ne comptons que sur l’argent des abonnements et des évènements que nous organisons pour financer la sortie régulière du journal. Donc n’hésitez pas à écrire, à vous abonnez et à abonner des prisonniers en faisant parvenir leur numéro d’écrou (l’abonnement est gratuit pour les prisonniers).

Si vous souhaitez écrire à un prisonnier ou une prisonnière dont vous aurez lu un courrier dans le journal ou sur ce site, nous pouvons vous faire parvenir son numéro d’écrou – si la personne nous a donné son accord pour le faire.

A bas les prisons, toutes les prisons… soyons solidaires des enfermés qui refusent de se résigner, solidaires des familles et des amis qui se démènent tous les jours pour ne pas lâcher face à une administration oppressante.

ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 22 SEPTEMBRE 2017

 

      • Lettres : Gaëtan, d’un prisonnier G20 à Hambourg, et de Erdoğan Çakir
      • Appel : Rédouane limogé de la poste à sa sortie de prison
      • Appel : Manu sur le procès du 18 mai
      • Tract de matons
      • Appel : Lidya du « Collectif soutien aux détenus »

Zics : La rumeur – je suis une bande ethnique à moi tout seul / Scred Connexion- marche ou crève, Parabellum- cayenne, Tandem- un jour comme un autre


Téléchargement (clic droit –> « enregistrer la cible du lien sous »)


Enregistrer

Enregistrer

DES NOUVELLES DE FABRICE BOROMÉE APRÈS SON TRANSFERT À MOULINS


« J'ai trouvé Fabrice particulièrement déprimé, avec des idées très noires... Je suis particulièrement inquiet. »
Maître Benoît David, avocat de Fabrice Boromée, le 27 juillet 2017
Fabrice Boromée a été transféré le jeudi 20 juillet à la centrale de
Moulins. Son avocat Maître Benoît David est allé le voir, et il nous a fait un compte rendu de sa situation actuelle. Les conditions de sa détention ont encore été durcies : tandis qu'à Saint-Maur, Maître Benoît David pouvait le voir au parloir avocat non menotté, à Moulins il n'a eu d'autre choix que de le voir soit dans un bureau, menotté à une barre, soit à travers la grille de la promenade du quartier d'isolement. L'avocat a préféré le voir ainsi. De plus, Fabrice est toujours enfermé dans une cellule de force : tout le mobilier est en fer ; chaise,  table et lit sont rivés au sol. Faute de meuble de rangement, ses quelques affaires sont à même le sol au centre duquel s'ouvre une bouche d’égout dont s'échappent des odeurs nauséabondes en fin de journée. L'avocat a demandé à rencontrer la direction pour obtenir l'allégement de ces mesures et exiger son placement dans une cellule « normale ». Demande restée pour l'heure sans réponse.

Fabrice souffre encore des conséquences de sa détention à Saint-Maur,
suite aux grenades assourdissantes qui avaient été envoyées dans sa cellule. Suite à cet incident, on lui avait  interdit de sortir de sa cellule pour téléphoner à son avocat. Par ailleurs, l'eau lui a été coupée et il n'a rien eu à manger pendant trois jours. Le médecin n'est venu le voir que quinze jours après les faits. Quant aux demandes de parloir déposées à
Saint-Maur, sans surprise, certaines ont été « perdues », et doivent être redéposées auprès de l'administration de Moulins. Pour couronner le tout, le 21 septembre 2017, la concession funéraire du père de Fabrice prendra fin et son corps sera incinéré en son absence. Ça ajoute encore
à son abattement.

« J'ai trouvé Fabrice particulièrement déprimé, avec des idées très
noires... Je suis particulièrement inquiet », écrit Maître
Benoît David avant de rapporter ses propres mots : « Je
me sens seul, je n'ai plus d'espoir, je n'ai plus le goût de
continuer, je n'en peux plus, je suis traité comme un chien,
j'arrive à saturation. »

Une lettre, une simple carte... Écrivez à Fabrice Boromée.
Numéro d'écrou 15964
Maison centrale 
Quartier d'isolement
Les Godets
03400 Yzeure Cedex