Deux plateformes revendicatives depuis l’intérieur des prisons

Les prisonniers qui nous écrivent font tous les mêmes constats, ils luttent pour des raisons similaires et rencontrent les mêmes obstacles ; mais bien souvent, chacun reste seul face à la machine pénitentiaire, parfois avec l’impression de n’être entouré que de «moutons » .  Comment sortir de cette impasse ?

Dans le numéro 40 du journal (daté de janvier 2015), nous publions notamment un texte qui tente d’expliquer la nécessité exprimées par de nombreux prisonniers  de construire des « plateformes » ; textes collectifs que nous pouvons, nous dehors, contribuer à faire vivre et à faire circuler de manière à ce que d’autres prisonniers et prisonnières s’en emparent.

Christine et deux autres prisonnières de la MAF de Poitiers-Vivonne ont  opté pour une liste de revendications en deux parties : revendications locales et revendications communes à toutes les détentions, que nous publions à la suite. Quant à Philippe, il nous a fait parvenir une proposition depuis le QMC de Réau. Voici ces deux textes. Faites les circuler.

LISTE DE REVENDICATIONS DES PRISONNIÈRES DE LA MAISON D’ARRÊT DES FEMMES DU CENTRE PÉNITENTIAIRE DE POITIERS-VIVONNE

Comme ailleurs, nous voulons :
– Des payes correctes, tant aux ateliers qu’au service général
– La suppression des QI et des régimes différenciés au CD
– Les portes ouvertes en MA et/ou le téléphone en cellule
– La mise en place systématique des aménagements de peine sans délais et des transferts en CD dès la condamnation
– La facilitation du téléphone, des parloirs et des UVF avec nos proches, enfermés ou non
– La fin des fouilles systématiques et/ou punitives
– Les repas appétissants : marre de manger du plastique !

Localement, nous demandons :
– Des conditions dignes à la nursery : arrêt des réveils nocturnes, une cour avec de l’herbe, des temps de socialisation pour la maman…
– L’accès à l’école pour toutes : fin des refus avec la fausse excuse de la mixité
– La télé à 8 euros par mois : alignement sur la loi, comme dans les prisons publiques (18 euros ici pour Eurest)
– La fin de l’interdiction des apports aux parloirs (livres, disques, produits d’hygiène…) : on n’est pas là pour enrichir les cantines privées
– L’ouverture d’une salle de convivialité : elle doit être systématique quand la météo est mauvaise car il n’y a pas de préau dans la cour
– Plus d’activités : actuellement, il n’y a que « bricolages en papier « et « fitness », 2h. par semaine
– L’accès au terrain de foot : seuls les hommes y ont droit
– La gratuité du courrier interne : on doit timbrer les lettres pour le quartier hommes
(Ces demandes sont toutes réalisables dans l’état actuel de la législation)

…ET LA PROPOSITION DE PLATE-FORME DE PHILIPPE ALORS PRISONNIER AU QUARTIER MAISON CENTRALE (QMC) DE REAU
– Stopper la construction des nouveaux QHS (tombeaux secrets): QMC, Condé-sur-Sarthe…
– Abolition des peines infinies qui condamnent à mort les prisonniers.
– Abolition du CNE : six semaines pour voir trois personnes qui décident avec leur boule de cristal si tu sors ou pas.
– Application et respect du rapprochement familial.
– Suppression des cachets et des piqûres de force aux prisonniers. Arrêt des méthodes actuellement employées : les Eris plaquent le prisonnier à terre, le menottent, font la piqûre et détruisent les gens. Les psychiatres qui décident de ça sont des bourreaux.
– Suppression des chambres sécurisées à l’hôpital
– Respect de la dignité des prisonniers et des conditions de vie à l’hôpital (les DPS sont attachés pour être auscultés lors d’examens parfois intimes devant un attroupement de flics, ce qui entraîne des refus de soins).
– Le Spip doit faire passer les informations entre les prisonniers et leurs familles et aider les prisonniers dans leurs démarches pour obtenir des conditionnelles et les aider à trouver du travail.
– Téléphone gratuit et illimité.
– Fin de l’exploitation du travail salarié : le Smic pour ceux qui bossent et le RSA pour les autres.
– Les allocataires des allocations adulte handicapé (AAH) doivent toucher la totalité de leurs indemnités.
– Respect des droits parentaux.
– Les surveillants doivent remplir leurs obligations d’assistance à personne en danger (quand on est malade la nuit et qu’on sonne à l’interphone les surveillants ne répondent pas ou l’éteignent, et c’est pire pour les DPS ).


Une réflexion au sujet de « Deux plateformes revendicatives depuis l’intérieur des prisons »

Laisser un commentaire