Situation des détenus longues peines : et si les proches prenaient la parole ?

Proposition de lettre type à envoyer au ministère des tribunaux et des prisons


Nous publions ci-dessous un modèle de lettre* rédigé par une proche de détenu, qui propose que toute personne qui le souhaite s’en saisisse, la reprenne à sa manière, et l’envoie à la ministre de la justice, et autres…


Ville :

Date :

Nom, prénom :

adresse (une adresse mail valide peut convenir) :

à Madame Christiane Taubira, Ministre de la Justice

13, place Vendôme

75001 Paris

Madame la Garde des Sceaux,

Nous, proches de détenus prenons la parole pour vous alerter sur la situation inhumaine infligée aux détenus longues peines. Votre réforme pénale dans son contenu n’aborde pas leur destin : maintien des liens familiaux, aménagement de peine, travail, réinsertion, espoir de liberté.
En revanche, vous vous préoccupez dans un sens alarmant de la gestion de ceux que vous qualifiez de « lourdes peines » : cellules fermées, moyens sécuritaires supplémentaires, classement des prisonniers par profil de dangerosité (catégorie de 1 à 4). Or, vous disposez déjà d’un arsenal sécuritaire pour gérer les longues peines : quartier maison centrale (QMC), QHS géant type Condé-sur-Sarthe, traitements médicaux abusifs sans consentement, hospitalisation d’office en UMD. Vos propositions sont déjà en partie à l’œuvre dans la nouvelle centrale de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe et confortées par l’ouverture de la prochaine à Vendin-le-Vieil. Le régime de détention appliqué est dénoncé par les détenus qui contestent les cellules fermées, l’éloignement familial, le manque de contacts. Votre politique pénitentiaire déshumanisante et dévastatrice crée « la dangerosité ». L’échec de Condé-sur-Sarthe est clair : agressions et prises d’otages ces derniers mois provoquant un allongement des peines pour les détenus. La question du lien entre longueur des peines et respect des droits en prison s’efface au profit de la notion de la dangerosité. Votre réforme vise à généraliser le régime de détention de la centrale de Condé-sur-Sarthe. Cette situation ne peut que faire craquer des êtres humains isolés, enterrés vivants, éloignés de leurs proches et sans espoir de liberté.


Pour les longues peines nous dénonçons :

– les traitements médicaux abusifs sans consentement

– la coupure des liens familiaux et affectifs

– le rétablissement des QHS géants abolis en 1981

– le manque d’activités

– les cellules fermées

– le manque de projet de réinsertion prévue dans la loi pénitentiaire de 2009

– le manque de perspective de libération

Madame le Garde des Sceaux, regardez la désespoir des détenus longues peines : les incidents survenus prédisent ceux à venir. Nous demandons une modification de votre réforme pénale pour les longues peines car l’actuelle engendre les délits et les crimes commis dans les prisons. Votre responsabilité est engagée.

Je vous prie de croire, Madame le Garde des Sceaux en l’assurance de ma haute considération.

Signature


(* Cette lettre type figure aussi en dernière page du journal L’Envolée n°39)

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