Archives par mot-clé : censure

4 lettres depuis le CP de Mont-de-Marsan, prison moderne de merde…

DEPUIS LE CENTRE PÉNITENTIAIRE DE MONT-DE-MARSAN

« Prisons modernes de merde »

Le centre pénitentiaire Pémégnan de Mont-de-Marsan a été inauguré en novembre 2008 par Dati. C’est la taule « pilote » du plan 13200 lancé en 2002. Avec 300 places à la maison d’arrêt (MA), 360 au centre de détention (CD) et un quartier arrivant de 30 places, il permet d’enfermer dix fois plus que l’ancienne prison de Mont-de-Marsan. Lire la suite

« Pour le droit d’expression des détenus… »

 

Dire, lire et écrire Pour la population carcérale Est un besoin aussi vital
Que l’air que l’on respire…
Ras l’bol d’être baillonnée,
Trop envie d’crier, d’hurler!
J’vais finir par étouffer
A force de toujours refouler
Ma haine face au silence
De l’ensemble de la société
Face à l’indifférence,
L’individualisme et l’égoïsme
De tous les complices du libéralisme,
D’un système soi-disant démocratique et égalitaire
En vérité fasciste et même carrément totalitaire
Puisqu’il spolie les droits des individus

Paru dans le n° 2 de l’Envolée, octobre 2001

D.E.T.E.N.U.S.

Au moyen d’une censure
Généralisée et systématique
En l’an 2000 les prisons furent
Au cœur d’une tempête médiatique…

Zone de non-droit, ainsi ont-ils défini la prison
Mais aussitôt passée la vague d’indignation
Parmi toutes les âmes bienveillantes de la Nation,
Peut-ont dépasser le stade de la dénonciation!

La polémique concernant les prisons françaises
Est trop rapidement tombée dans l’oubli
Pourtant, aujourd’hui encore persiste le malaise
Et c’est de l’ombre qu’il ressurgit!

Réveillons les consciences endormies!!!

Constater les failles du système carcéral,
Le juger nuisible et inadapté
Tant pour l’individu incarcéré
Que pour la société en général
Constitue un phénomène presque banal

Mais ne pensez-vous pas qu’il est grand temps
De décider d’agir et de le transformer réellement?
Comme si le sort des détenus que l’on exclut
N’était pas une cause assez noble pour être défendue

Comme s’ils ne valaient pas la peine qu’on s’unisse,
Qu’on se batte tous ensemble afin que cesse
Cette indéfendable et ignoble injustice
Et que notre force triomphe des faiblesses
Des institutions judiciaires et pénitentiaires
Pour cela, une mobilisation de masse est nécessaire!

Donc là, je m’adresse à tous mes frères et sœurs
Pour que votre action prolonge notre réflexion
Dans ce long combat pour la liberté d’expression
Afin de construire ensemble une société meilleure…

Vous qui êtes libres de penser,
Et d’exprimer ce que vous pensez
Vous qui êtes libres d’informer
Mais aussi de vous informer
Sur toutes sortes de sujets,
De théories, de faits ou d’idées

Ne pouvez-vous pas également jouir
De la liberté de vous soumettre et d’obéir
Ou alors de vous battre et de désobéir?
Sachez que ce choix déterminera notre avenir…

Motif de confiscation du courrier:
La «Bible judiciaire» est invoquée
Lorsque celui-ci est considéré,
Par les «autorités», constituer
Une menace pour la sécurité
Et l’ordre de l’établissement
Et surtout des personnes que l’on veut maintenir
Dans l’exclusion et l’isolement

Ne pensez-vous pas qu’il est temps d’en finir?
De supprimer ce maudit article du Code pénal,
Véritable atteinte à la dignité de la population carcérale
Sommes-nous indignes de témoigner et de nous exprimer?
Pourquoi s’acharner à nous censurer, laissez-nous publier!

Seuls les représentants de la Justice et de la Pénitentiaire
Ont droit à la parole, n’est-ce pas totalement arbitraire?
Ne sommes-nous pas des individus à part entière?
A ce titre, nous refusons de nous taire!

Comme si le pouvoir de nous parquer
Dans ces neuf mètres carrés
Comme si le pouvoir de nous séparer
Des êtres tant aimés
Comme si tout cela n’était
Pas encore assez …

A bas la dictature
De la magistrature,
Qui détient tous les droits et pouvoirs
Et nous prive de ces mêmes droits
En nous laissant uniquement les devoirs
Désormais nous revendiquons le droit
De faire entendre notre voix
Car la liberté d’expression
Est une des libertés fondamentales
Que chaque individu possède
Du seul fait incontestable– de sa nature humaine
Il ne s’agit pas d’un privilège qu’on lui concède
Mais d’un respect dû à l’humain, avec ou sans chaînes…

Droit d’expression qu’ils disent…

Paru dans le Numéro 3 de l’Envolée, octobre 2001

Comme c’est étrange, le numéro 2 de l’Envolée n’est pas parvenu à tous les prisonniers abonnés, sans qu’aucune raison ne soit officiellement donnée. Aux alentours du 20 septembre, une semaine après l’envoi, nous savions que les directions de Clairvaux, de la Santé, de Fleury et de Fresnes bloquaient la distribution. Nous leur avons téléphoné et leur unique réponse fut qu’ils n’avaient pas noté de mention de dépôt légal. Les prenant au pied de la lettre, nous leur avons faxé l’attestation du TGI de Paris qui aurait dû suffire à les convaincre de leur erreur. Ils nous avaient d’ailleurs assurés que dès la réception du fax, ils régulariseraient la situation. Ce qui fut dit ne fut pas fait. Quelques jours après, un prisonnier du centre de Salon nous informait de l’existence d’une circulaire ministérielle datée du 6 octobre qui interdisait purement et simplement le journal. Très étonné que le directeur de publication n’en ait pas été informé, nous avons entamé un marathon téléphonique de plusieurs semaines pour s’entendre finalement dire que le Ministère de la Justice ne savait rien et que la direction de l’AP ne retrouvait pas la trace ni les motifs officiels de cette décision arbitraire. Ils nous proposaient de leur adresser un courrier auquel ils ne manqueraient pas de répondre dès qu’ils auraient mis de l’ordre dans leurs paperasses. Et pour cause! Cette prétendue circulaire ministérielle n’est en fait qu’une simple note de service (N°00476 du 05/10/2001) respectée ou non selon le bon vouloir de chaque direction d’établissement: il arrive que dans une même taule certains bâtiments tolèrent l’entrée du journal et d’autres non. Il arrive même que seuls quelques prisonniers l’obtiennent alors que la décision de telle prison est d’opter pour la censure. Ils cherchent tout simplement à gagner du temps, essayant de ne pas faire trop de vagues en espérant trouver un motif légal d’empêcher la circulation de l’Envolée en détention. Peut-être pensaient-ils avoir à faire à des interlocuteurs soumis, avalant toutes les couleuvres administratives… Rien ne permet de justifier une interdiction: à moins que le fait de révéler quelques vérités comme le cas de mort inexpliqué du jeune Ralphe Hamouda dans la prison de Grasse, ou de dépeindre le véritable visage de la nouvelle politique d’application des peines ne constituent un délit. Si c’était le cas, il faudra qu’ils s’en expliquent. Nous avons déposé un premier recours auprès de la direction de l’AP exigeant la remise immédiate des numéros de l’Envolée aux abonnés ainsi qu’une somme de 100000F pour dédommagement du préjudice. Ils ont deux mois maximum pour répondre, après quoi nous irons devant le tribunal administratif. Quelques prisonniers ont fait de même, envoyant le même type de courrier en recommandé-accusé de réception. Nous avons alerté toutes les organisations politiques, associatives, médiatiques qui s’étaient mises en avant pour dénoncer il y a un an les conditions de détention et en particulier l’absence de droit d’expression (OIP, MRAP, groupe Miallet, syndicat de la magistrature, commission justice du PCF, AFC, LDH, Libération, le Monde, Le Canard Enchaîné…). Deux mille exemplaires du numéro2 ont été distribués, il y a désormais environ 300 abonnés : il n’est pas question de céder à des pressions si prévisibles de la part d’un pouvoir qui ne supporte pas d’être exposé à la lumière, car il sait que sa tranquillité repose sur l’opacité et le silence. Comme d’habitude ils interdisent d’abord