Archives par mot-clé : Condé-sur-Sarthe

Karim Tahir : l’AP et l’HP unis pour détruire la révolte au jour le jour

En février 2010, dans le n°27 de l’Envolée, nous avions interviewé Sylvie S., une amie de longue date de Karim Tahir, prisonnier longue peine. Quatre ans après, Karim est enfermé à la centrale de Condé-sur-Sarthe. Comme d’autres prisonniers, il est un cobaye pour la pénitentiaire. But de l’expérience : garder des individus entre quatre murs pendant des décennies… et essayer de leur ôter toute résistance. Le 17 avril 2014, Sylvie est venue l’expliquer à l’émission de radio Papillon. Depuis la réalisation de cette entretien et sa publication dans le dernier numéro du journal (N°39, mai 2014), Karim a été transféré à l’hôpital psychiatrique le plus proche de Condé, au prétexte qu’il serait actuellement quelque peu « dérangé »… gavé de médocs pour lui ôter toute résistance, enfermé pour des années, on le serait à moins. L’AP a bien appris ces dernières années à transformer consciencieusement toute forme de rébellion en manifestation de dérangement psychique. « La révolte ça se soigne » disent les bouses blanches en bon auxiliaire de justice qu’elles sont, lorsque les coups de bâton de l’AP ne suffisent plus. Nous donnerons très vite plus d’informations pour aider Sylvie à sortir Karim de cette autre prison aux miradors chimiques. En attendant vous pouvez lire son interview Lire la suite

Blocage à Condé-sur-Sarthe contre les profits de la société Eurest

Lundi 9 juin, une dizaine de prisonniers de la nouvelle et déjà tristement célèbre prison de Condé-sur-Sarthe (près d’Alençon), ont bloqué la cour de promenade pendant quelques heures. Il dénonçait notamment la société privée qui a en charge les cantines et le téléphone de ce QHS version 2014. Déjà la semaine précédente, des prisonniers avaient pris à partie des employés de la société Eurest pour leur expliquer de remballer leur camelotte. Ils furent priés de ne réapparaître que lorsque les prix démentiels des produits que les prisonniers sont obligés de cantiner pour tenter d’améliorer quelque peu l’ordinaire seraient revus à la baisse. Lire la suite

l’Envolee N 39 vient de sortir : édito et sommaire

Vous avez dit « réforme pénale »?

Le désormais traditionnel mouvement de printemps des matons lancé par l’UFAP-UNSA ne vous aura pas échappé : sur fond de « réforme pénale » les pisse-copie de la presse régionale et nationale ressortent leurs titres éculés sur la « grogne » et les « surveillants qui tirent la sonnette d’alarme » ; photos de palettes en feu de Villefrance-sur-Saône à Fleury en passant par Arras ou Nîmes ; de CRS qui les gazent au-dessus de la tête et finissent par les prendre dans leurs bras, les collègues… Rien de neuf, com’ toujours ; ils demandent « la restauration de l’autorité de l’Etat » : « On perd de l’autorité. Les surveillants sont les oubliés des réformes successives », et dénoncent pêle-mêle, « agressions, prise d’otages et trafics de matériel interdit ». Ils auraient tort de pas continuer puisque ça marche. Il y a un an, ils obtenaient des portiques high-tech et autres gadgets sécuritaires (33 millions d’euros) ainsi que des soussous dans la popoche (cf. l’Envolée N 36). Lire la suite

Rachide Boubala, parcours d’un longue peine de Condé

 Nous avons récemment publié des nouvelles de Rachide Boubala, 37 ans, initialement libérable en 2000 mais devenu un prisonnier longue peine: sortie prévue en 2038. Pas de peine d’assises mais une série de condamnations en correctionnelle non compressibles accumulées du fait même de son incarcération. Elles lui valent «ce CDI avec l’AP et la moitié de l’année passée au cachot», explique Catherine, sa compagne. Rachide peine à faire entendre publiquement les raisons de ses luttes. Les journalistes embarqués préfèrent de loin recracher la soupe des syndicats pénitentiaires : «La population détenue est de plus en plus vindicative»(Corse-Matin), «les matons sont lassés de venir travailler la boule au ventre»(Europe 1), «les transferts peuvent être obtenus sans prise d’otages, en faisant des demandes par courrier»(un maton de Clairvaux sur FranceinfoTV). Lire la suite

A propos de Rachide Boubala : « preneur d’otage » à Condé-sur-Sarthe « pour que ça change pour les longues peines »

Rachide Boubala est un prisonnier longue peine âgé de 37 ans. Sa date de libération est 2038. Pas de peine d’assises mais une série de condamnations en correctionnelle non compressibles, accumulées du fait même de son incarcération et qui lui valent « un CDI avec l’administration pénitentiaire et la moitié de l’année passée au cachot » explique Catherine sa compagne. En effet, il n’a cessé de se révolter contre la routine carcérale, l’arbitraire des matons et les régimes de détentions inhumains supportés. En réponse, les tribunaux condamnent Rachide à des peines supplémentaires sur la base des déclarations de surveillants souvent soufflées ou amplifiées par leurs amis des Syndicats. Quant à l’AP, elle balade Rachide de prison en prison depuis 1997, pour une tournée de 86 établissements à ce jour. La seule dans laquelle l’AP évite de le remettre depuis deux ans, c’est précisément celle que Rachide souhaiterait intégrer pour être proche de sa compagne. Lire la suite