Archives par mot-clé : conditions de détention

ILS SONT EN TRAIN DE TUER FABRICE BOROMÉE

Solidarité avec Fabrice Boromée

L’administration pénitentiaire veut éliminer Fabrice Boromée alors qu’il ne fait que demander un transfert en Guadeloupe pour être rapproché des siens.

Comme plus de 500 prisonniers originaires des DOM-TOM, Fabrice Boromée purge une peine en métropole, loin de ses proches. Il réclame son transfert en Guadeloupe depuis 2011. L’administration pénitentiaire (AP) fait la sourde oreille, et l’empêche même de se rendre à l’enterrement de son père en septembre 2012. Il tente alors de se faire entendre en « prenant en otage » un maton de Condé-sur-Sarthe avec Rachide Boubala. Il réitère cette tentative de prise de parole à la centrale de Arles en 2014 : la justice qualifie de nouveau son acte d’« agression » et de « tentative de prise d’otage ». En septembre 2015, alors qu’il fait le tour des quartiers d’isolement (QI) des prisons françaises depuis trois ans et demi, le directeur de Vendin-le-Vieil lui fait miroiter sa sortie de l’isolement, mais il change d’avis à son retour de vacances et envoie son sous-directeur lui annoncer qu’il va y être maintenu : Fabrice retient le sous-fifre pendant deux heures. La justice répond systématiquement à toutes ses tentatives pour se faire entendre par des peines supplémentaires. Entré en prison pour une peine de huit ans, il en a maintenant plus de trente à faire. L’AP lui fait payer sa détermination en refusant de lui faire rejoindre la détention dite normale. Maintenu à l’isolement, sans cesse transféré (Fleury-Mérogis, Clairvaux, Lannemezan pour la seule année 2016, et maintenant St-Maur), entravé dans tous ses déplacements en prison (y compris lors de la distribution des repas), il fait l’objet d’insultes racistes et de passages à tabac de la part des matons.

Fabrice Boromée vient d’être transféré à la centrale de Saint-Maur, il est toujours à l’isolement, sauf que là l’administration pénitentiaire a transformé sa cellule en mitard en ajoutant une grille devant la porte. Il n’a pas de parloirs, les matons ont dissuadé l’aumônier de venir le voir en lui faisant croire qu’il était dangereux et qu’il s’en prendrait à lui en lui jetant de l’urine à travers la grille. La psychologue refuse d’intervenir au prétexte de conditions indignes et incompatibles avec l’exercice de ses fonctions. Le docteur, obligé de passer vérifier s’il est toujours vivant, se contente d’un « ça va » et repart. Son avocat se sent dépassé par la situation. Bref, au moment où tout ce petit monde devrait se réveiller, personne ne bouge.

Il est privé de toute activité, même de sport. Il est interdit de promenade le week-end sous prétexte que le chef de détention n’est pas là. Il est menotté et entravé, encadré par plusieurs surveillants armés de boucliers pour les rares mouvements qu’il fait en dehors de sa cellule, comme pour aller à la douche ; douche qui lui est aussi refusée le week-end. Les matons lui jettent sa gamelle à travers la grille comme à un chien.

Pour protester contre ces mesures, le 21 mai Fabrice a refusé de se laisser menotter et de remonter en cellule. Il a bloqué la douche de 9 heures à 15 heures pour demander son transfert immédiat en Ile-de-France.

L’administration pénitentiaire l’a averti : rien ne changera d’ici son probable transfert pour Réau en novembre. Associations, contrôleur des lieux de privation de liberté, etc., tous sont informés, mais aucune réponse de leur part à ce jour.

L’administration pénitentiaire de Saint-Maur cherche méthodiquement à éliminer Fabrice Boromée, dont elle ne sait que faire : cette torture a pour but de le pousser à bout jusqu’à ce qu’advienne l’irréparable et que l’administration puisse le tuer en toute légalité ou l’envoyer à vie en hôpital psychiatrique.

Il est important de lui écrire pour le maintenir en vie : autant pour lui témoigner de la solidarité, lui donner du courage, que pour montrer à l’administration pénitentiaire qu’il n’est pas seul et qu’elle ne peut pas faire ce qu’elle veut. Une carte postale, quelques mots suffisent.

Adresse : Fabrice Boromée, Maison centrale Bel Air, 36 255 Saint-Maur cedex

ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 14 AVRIL 2017

 

  • Lettres Antonin après sa sortie de Fleury-Mérogis / Georg de la MAH de Mulhouse / Yannick du CP Le Craquelin à Châteauroux
  • Appels : Lydia, sur ses problèmes au CP de Châteauroux et lecture d’une lettre de son fils / Nab, sur son passage au CP de Châteauroux
  • Retour : Sur le rassemblement devant Fleury-Mérogis le 8 avril

Zics : Aretha Franklin- Think / Kery James – Je ne suis pas un héros / Julio Iglesias – Vous les femmes


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« Ici nous vivons sous la contrainte permanente, torturées quotidiennement, oui, torturées, parce que cela n’a pas d’autre nom. » Marina, Fleury-Mérogis, mai 2016

Fleury-Mérogis, en bas à gauche la maison d’arrêt des femmes

Il y a un an, au début du mois d’avril 2016, des prisonnières de la maison d’arrêt des femmes (MAF) de Fleury-Mérogis entamaient une lutte contre le durcissement de leurs conditions de détention. Au prétexte d’uniformiser les régimes des hommes et des femmes, l’administration pénitentiaire mettait en place le logiciel Genesis (Gestion nationale des personnes écrouées pour le suivi individualisé et la sécurité). Sa mise en place a eu pour effet immédiat de supprimer une promenade par jour, de réduire l’accès aux parloirs, aux activités et de limiter les contacts que les prisonnières pouvaient avoir entre elles (lire ici).

En plein mouvement contre la « loi travail », la publication des lettres des prisonnières en lutte à Fleury avaient incité des personnes de l’extérieur à inonder de courriers le directeur de la MAF, à se rassembler devant la prison et à témoigner de leur solidarité. Dans la foulée, des prisonnières de Fresnes avaient collectivement dénoncé l’autoritarisme des surveillantes.

Dans un long dossier publié dans le numéro 44 du journal nous avions rendu compte de cette lutte de prisonnières ainsi que des allers-retours entre l’intérieur et l’extérieur qui ont donné du souffle et de l’écho à ces mobilisations (lire ici et ici). Le logiciel de gestion de la détention a finalement été mis en place, certaines prisonnières ont subi de longues semaines d’isolement en représailles (lire ici) et le mouvement s’est essouflé… mais il reste exceptionnel par sa durée et sa vitalité. Alors que le groupe anticarcéral « les Trois passants » vient d’organiser à Toulouse une très belle journée de rencontres sur le thème « des femmes face à la prison », nous avons décidé de republier une longue lettre de Marina, qui revenait sur la vie à Fleury avant le début du mouvement. Vous pouvez par ailleurs écouter la dernière émission de l’Envolée pour avoir des nouvelles de Marina actuellement enfermée à la prison de Rennes.

 

Maison d’arrêt des femmes de Fleury– Mérogis, le 10 mai 2016

Je suis arrivée a la MAF(maison d’arrêt des femmes) de Fleury-Mérogis en 2006, et en 2016, après un petit tour par d’autres prisons, je suis encore là. J’ai donc vu l’évolution (ou plutôt l’involution) de cette maison d’arrêt, qui tombe en lambeaux depuis des années déjà : douches pourries, murs pleins de moisissure, morceaux du mur extérieur qui tombent sur la cour de promenade… dégradation matérielle qui vient s’ajouter à la dégradation psychique d’une administration malade de sécurité et de contrôle. Pendant des années, l’AP a laissé pourrir cette prison parce que, soi– disant, de grands travaux de renouvellement étaient prévus pour… 2012. Après, ça a été reporté jusqu’en 2014. Nous sommes en 2016, et après avoir fait des travaux à la maison d’arrêt des hommes et au centre des jeunes détenus, il semblerait qu’il ne reste plus de budget pour rénover la MAF. Cela ne les a pas empêchés de dépenser de l’argent pour renforcer les mesures sécuritaires : barbelés, caméras, portiques, construction d’une nouvelle cage (impossible d’appeler ça une promenade) pour isoler les mineures… pour cela, oui, il y a de l’argent.

La MAF de Fleury a été construite en 1968, c’est donc une prison ancienne. Elle fait partie d’un programme pilote qui prétendait tenir compte des caractéristiques spécifiques des femmes, – dans l’optique hétéropatriarcale, en nous considérant comme des êtres faibles à protéger. Juste pour donner quelques exemples : dans les quartiers des hommes il y a des matons et des matonnes, mais chez les femmes il y a seulement des matonnes ; les vêtements trop courts, un peu transparents, les décolletés, ou même le fait de ne pas porter de soutien– gorge font l’objet de remarques et de prohibition ; les activités proposées sont orientées vers des occupations dites « féminines » : patchwork, tricot, couture, soins corporels, etc. ; enfin les parloirs avec des proches masculins sont doublement surveillés. Autre particularité ; les fenêtres des cellules n’ont pas de barreaux – peut-être nous croit-on incapables de tenter une évasion. Elles sont grandes, dégagées, ce qui permet de voir un grand morceau de ciel, mais en revanche, ce système ne permet pas d’aérer la cellule parce que la fenêtre ne s’ouvre que de dix centimètres en bas et en haut – à peine la place pour sortir l’étendoir.

Cette maison d’arrêt est donc construite à l’ancienne : une promenade avec de l’herbe, deux ou trois arbres… il y a des grilles pour séparer la promenade des fenêtres des cellules, mais elles ne sont pas assez hautes pour empêcher de s’envoyer un peu de tabac ou du café ; il y a encore des douches collectives et aussi des espaces où objets et histoires se sont accumulés au fil des années. Je dis cela parce que j’ai connu des prisons récentes et qu’elles sont toutes en béton, grises, sans vie ni histoire, aseptisées, cloisonnées, froides, compactes, grillagées… et ça fait une grande différence.

Le fait est que la structure de la prison ne permet pas encore de nous isoler autant que l’AP le voudrait – alors comment empêcher le contact et la communication ? Comment mettre en place de nouvelles mesures sécuritaires ? En limitant nos mouvements au maximum, en nous isolant de plus en plus en cellule.

A mon avis, c’est dans cette logique que le système de promenade unique et les changements qui vont avec ont été conçus.

A l’intérieur, nous sommes à peu près 260 femmes. Il y a une aile arrivantes, 3 ailes pour les prévenues, 3 ailes pour les condamnées, une pour les mineures – elles sont entre 15 et 20 à galérer dans un espace exigu, persécutées et fouillées sans cesse par les matonnes à la recherche de tabac, avec un seul jour de sport par semaine et des conditions vraiment pénibles… Ça mériterait tout un texte a part ! Et il y a la nursery dans un espace complètement différencié. Dans chaque aile il y a 20 ou 30 cellules de 9m2, avec un lit superposé pour 2 personnes, mais aussi des cellules collectives de 6 lits. Être seule en cellule, pour celles qui le veulent, c’est considéré comme un cadeau que l’AP te fait. Les cellules sont en très mauvais état : la peinture tombe, il y a de la moisissure sur les murs, il manque des carreaux au sol. Il y a quelques cellules dans lesquelles le soleil ne rentre jamais, ce qui les rend très froides et humides en hiver. ll y a un chauffage au sol, mais il ne marche pas dans toutes les cellules. D’autres, au contraire, sont orientées est – ouest, et en été elles sont en plein soleil pendant des heures et des heures.

Dans les cellules, le mobilier est composé de deux ou trois armoires, une ou deux tables, des WC séparés par un rideau, un bidet et un lavabo. II y a une seule prise de courant tout en haut, au plafond, ce qui nous oblige à mettre des rallonges bout à bout pour brancher la bouilloire, la plaque électrique, le poste de radio, la télé, etc. L’installation étant ancienne, ça pète souvent, à la moindre surcharge. C’est l’excuse de l’AP pour ne pas installer de frigos et limiter l’accès aux appareils électriques (sèche-cheveux, lecteur DVD, etc.). Dans la cellule, il n’y a pas de système d’alarme ni d’interphone, ce qui veut dire que si quelqu’une a une urgence ou fait un malaise, nous sommes obligées d’alerter nos voisines et de taper sur les portes toutes ensemble jusqu’à être entendues par les matonnes, qui peuvent prendre tout leur temps pour venir. Les repas sont distribués en cellule ; ici, ça marche encore à la louche. Composés de produits en boîte ou surgelés, ils sont répétitifs, ni variés ni équilibrés et toujours en quantité insuffisante ; parfois il y a de la salade ou un fruit, Ici chacune mange seule en cellule, impossible de partager un repas, ni même un café. Pour faire passer de la nourriture d’une cellule à l’autre, ça dépend toujours de la matonne, et il n’y en a pas beaucoup qui acceptent de le faire. Nous pouvons faire la cuisine en cellule avec des produits que nous achetons à la cantine – pour celles qui ont de l’argent, bien sûr. Il n’y a pas beaucoup de variété, mais il y a pas mal de fruits et légumes, et de ce côté-là, ça passe ; j’ai vu pire, surtout dans les prisons semi– privées, où les prix explosent. Comme nous n’avons pas de frigo, en été nous devons consommer tous les produits périssables en vitesse ou de bien regarder s’ils ne sont pas pourris. Pas de boisons fraiches non plus.

En ce qui concerne l’hygiène, nous avons droit à trois douches par semaine, mais celles qui vont à la salle de sport peuvent se doucher là-bas aussi. Dans mon bâtiment, les deux ailes – à peu près 60 femmes – doivent se partager 6 douches. Les murs sont sales et le nettoyage inexistant, le seul changement des dernières années a été de passer une couche de peinture sur les murs pourris, mais maintenant la peinture tombe, et cela augmente encore la sensation de saleté ; il n’y a pas assez d’aération ; les dalles en plastique disposées au sol ont disparu : nous les avons sorties dans le couloir il y a quelques mois pour protester parce qu’elles étaient noires de moisissure et pleines de petites bêtes qui couraient en dessous ; nous ne pouvons pas régler la température de l’eau, et comme il n’y a pas assez de pression, il n’y a qu’un petit filet d’eau qui sort.

Avant, il y avait un salon de coiffure géré par une surveillante et deux auxiliaires, mais il y a deux ans, le salon a été fermé, et depuis lors il n’y a plus de service ; alors chacune se débrouille comme elle peut pour se faire couper ou tresser les cheveux… Suite à nos protestations des derniers jours pour dénoncer la dégradation de nos conditions de vie en général, il semblerait que la direction envisage de rouvrir le salon, mais pour l’instant il n’y a rien de fait.

Tous les produits d’hygiène corporelle doivent être achetés, car ce qu’on appelle partout la « trousse mensuelle »(deux rouleaux de papier toilette, un gel de douche, un paquet de mouchoirs, un peigne, une savonnette, des serviettes hygiéniques, une brosse à dents et un tube de dentifrice) n’est maintenant distribuée que deux ou trois fois par an. Pour le nettoyage des cellules, nous recevons chaque mois (sauf quand il y a la trousse) un flacon de liquide vaisselle, un autre pour faire la lessive, une éponge à récurer et une dosette d’eau de javel. Avant, il y avait un service payant de lingerie, mais il a été supprimé il y a des années déjà, donc nous lavons tout notre linge dans de petites cuvettes.

Le plus gros de la journée, nous le passons enfermées en cellule. Quand il n’y a ni sport ni activités pour cause de vacances, week-end, annulations, etc., le seul moment que nous avons pour nous rencontrer, c’est la promenade.

Les condamnées et les prévenues sortent dans des promenades différentes. Avant la séparation prévenues – condamnées en 2009, nous sortions ensemble, une heure le matin, et deux heures l’après-midi en horaire d’hiver – trois heures en horaire d’été. Après, l’horaire d’été a été supprimé et elles ont mis deux tours de chaque côté. Le temps de promenade est compté dès que les matonnes démarrent les mouvements, alors la dernière à sortir peut perdre 15 à 20 minutes de promenade. Et pour rentrer, c’est pareil : si la promenade doit finir par exemple, à 11 heures, la surveillante va appeler à 10 h 50, afin qu’à 11 heures tout soit fini. Avec le système de promenade unique, il y a des jours où nous passons vingt-deux heures consécutives enfermées en cellule, et cela a des conséquences à tous les niveaux.

La promenade est l’espace des échanges, où on peut se dépanner les unes les autres d’un peu de tabac, discuter avec les copines, passer un appel, marcher ou faire un peu de sport, s’allonger dans l’herbe, partager de bonnes ou mauvaises nouvelles, évacuer l’angoisse, respirer de l’air frais… Et les heures sont longues en cellule, surtout quand il fait beau a l’extérieur.

La chaleur est insupportable et te laisse dans un état de fatigue physique permanente aggravée par le manque de mouvement. En cellule, tu passes de la chaise au lit, du lit à la chaise, et le corps en subit les conséquences. Il faut être très motivée pour faire du sport sur même pas 2 mètres carrés (le seul espace qui reste dégagé). Psychologiquement, c’est très dur, car tu ne peux jamais « déconnecter » : toute l’activité se passe dans la tête, et même si tu es une personne qui aime lire, écrire ou étudier, il arrive toujours un moment où il faut que tu bouges, que tu communiques, que tu changes d’activité. Et en cellule, il n’y a pas beaucoup d’options pour cela. En plus, dans le couloir, il y a constamment des mouvements et des bruits qui t’empêchent de te concentrer. Dès le premier contrôle à 7 heures du matin, la prison te tombe dessus, le bruit des serrures, le claquement des portes, les matonnes qui se parlent entre elles en criant d’un bout à l’autre du couloir, la sortie de la poubelle, la distribution des bons de cantine, du pain, du courrier. En une matinée, on peut t’ouvrir la porte au moins dix fois. En plus, il y a des matonnes qui t’obligent à te déplacer jusqu’à la porte pour récupérer ce qu’elles ont à distribuer. Si tu ne te lèves pas pour prendre le pain, tu restes sans pain toute la journée ; c’est comme ça, à Fleury.

Sur les matonnes et le personnel pénitentiaire en général… que dire ? Qu’elles ont une apparence humaine et que cela nous confond parfois. On croirait qu’en tant que personnes, elles peuvent raisonner, argumenter, être sensibles, comprendre des situations graves et agir en conséquence, avoir de l’empathie… Mais non, il semblerait qu’en signant le contrat avec l’Etat, elles échangent leur cerveau contre un règlement et lui jurent obéissance absolue. Les effets sont dévastateurs. Nous avons vu mille fois le processus de dégradation d’une jeune stagiaire parfois arrivée toute fraîche et souriante, croyant venir faire du « social », ou l’autre extrême, la version apeurée et raide, venue protéger la société de toute cette racaille. Toutes découvrent très vite la parcelle de pouvoir qu’elles acquièrent avec l’uniforme, c’est-à-dire le pouvoir de décider si tu sors ou pas, si tu appelles, si ton attitude est suspecte et si tu dois être fouillée, si ton attitude est indécente et doit faire l’objet d’un rapport, si tu passes trop de temps sous la douche, en bref le pouvoir d’imposer quelque chose à quelqu’un, et elles y prennent goût rapidement. Maintenant, elles sont l’AUTORITé ! Et qu’importe si la matonne sort de sa poche une nouvelle règle sortie de son interprétation personnelle du règlement, ou même de sa vision du monde personnelle : tous les bleus se couvrent systématiquement entre eux et c’est sa décision qui va finir par s’imposer.

Pour nous, les DPS (détenues particulièrement signalées), le contrôle est total jour et nuit : tous nos mouvements sont notés dans des cahiers aux ronds-points intérieurs, où nos photos sont affichées. Il y est noté aussi avec qui nous parlons en promenade, avec qui nous nous promenons, ce que nous faisons… La nuit, nous subissons des contrôles toutes les deux heures, les surveillantes allument la lumière, certaines d’entre elles font claquer l’œilleton, frappent parfois à la porte pour nous faire bouger – cela pendant des années et des années. Nous sommes fouillées par palpation et nous devons passer sous les portiques détecteurs de métaux pour sortir en promenade, pour nous rendre aux parloirs famille et avocats, et même pour faire des photos. Nous subissons encore la fouille à nu à la sortie des parloirs, ainsi qu’à chaque extraction au palais ou à l’hôpital, et à chaque fouille de cellule.

Nous avons imposé des limites, et nous n’acceptons pas certaines choses, comme les demandes de montrer l’intérieur de la bouche, retirer le tampon ou montrer ses fesses, mais ceci suppose toujours un moment de tension qui peut bien te gâcher ton parloir ou ta journée. Les matonnes contrôlent aussi le sac que nous emportons au sport, et parfois même la bassine pour aller à la douche. A tout cela il faut ajouter le contrôle de toutes nos communications écrites ou téléphoniques.

Ici nous vivons sous la contrainte permanente, torturées quotidiennement, oui, torturées, parce que cela n’a pas d’autre nom.

Il y aurait plein d’autres choses à dire, mais j’espère qu’avec ça vous pourrez vous faire une idée de comment nous survivons ici. Je ne vous ai pas parlé du mitard parce qu’ils ont fermé l’ancien et que nous ne connaissons pas encore le nouveau, mais ne vous inquiétez pas, peut-être que nous pourrons bientôt vous en dire quelque chose…

Demain, les 4 d’entre nous qui avons été choisies comme bouc-émissaires, allons passer en commission disciplinaire à cause des blocages, et nous ferons sûrement l’objet d’une lourde punition. Rien de nouveau, cela nous le savions déjà. L’AP ne tolère pas l’insoumission, et encore moins quand elle est collective. Elle nous impose des mesures de sécurité toujours plus strictes et veut que nous avalions tout sans protester ; quand nous ne le faisons pas, toute la machinerie répressive se met en route pour nous écraser. C’est le modèle régnant : obéir et se taire.

Contre cela, il nous reste toujours l’immense plaisir de désobéir et de crier bien haut que « non ! », on ne va pas tout avaler, et qu’il n’y a pas de grillage ni de mur assez hauts pour enfermer notre détermination !

Salutations à toutes les rebelles.

A bas les murs des prisons !

Marina

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Lourdes peines et répression des soutiens au procès de la deuxième mutinerie au QMC de Valence

Vendredi 10 mars 2017 se tenait le procès de deux prisonniers, Romain Leroy et José Torres, accusés d’être les auteurs de la mutinerie du 27 novembre 2016, au sein du Quartier Maison Centrale du nouveau centre pénitencier de Valence. En l’espace de deux mois, fin 2016,  deux mutineries éclataient et révélaient les conditions de détention drastiques et inacceptables, que subissent les prisonniers longues peines stockés par l’AP dans ces nouveaux QMC. Comme au premier procès, le tribunal est bouclé et les soutiens empêchés de rentrer. Pire qu’au premier procès, les deux accusés mangent de lourdes peines. Eléments de non compte-rendu… encore un.

Appel à solidarité avec les mutins et rendez-vous devant le tribunal

Adeline, la compagne de R. Leroy avait appelé à un large soutien notamment lors d’entretiens téléphoniques avec les radios de l’Envolée et Papillon (vous pouvez écouter l’émission de l’Envolée du 20 janvier et celle de Papillon du 2 février ). On y entendait sa détermination, son envie de lutter  : elle refusait que son compagnon et son co-accusé ne se fassent massacrer. Le jour du procès, elle a les yeux qui brillent, elle a même la pêche car c’est « son jour à elle aussi », son jour de lutte partagée contre la pénitentiaire. Elle s’est bougée pour réunir ce monde en soutien. Devant le tribunal, nous rencontrons la famille de José . Dès l’arrivée du fourgon où se trouvent les prisonniers, toute une équipe de cousins, sœur, père montent au portail qui sépare la rue de la cour du tribunal pour se faire entendre de José. Ils arrivent même a prendre une photo.

Un procès public transformé officieusement en huis-clos

Comme au procès de la première mutinerie, c’est une armada de flics sur-armés qui bloquent l’entrée du tribunal. Il nous est impossible de passer la porte, encore moins d’accéder à la salle d’audience.  A moins d’avoir la carte de presse des médias à la botte de l’Etat, un écusson de l’administration pénitentiaire, ou un bête uniforme bleu. Seuls quelques proches des prisonniers pourront rentrer en prouvant leur lien familial avec une carte d’identité. Les flics laissent planer le doute sur le fait de laisser entrer à l’audience Adeline, la compagne de Romain Leroy pour affirmer leur autorité et faire monter la pression sur elle, sur lui et enfin sur nous … Le procès commence, elle ne peut toujours pas entrer dans la salle d’audience. Les flics ont bien vu qu’elle était accompagnée d’un soutien anticarcéral ! On imagine très bien Romain Leroy cherchant inquiet, stressé, énervé de ne pas trouver sa femme à l’audience. Pour J.Torrés, les flics de l’escorte appliquent un autre stratagème pour le faire monter en pression. Ils prétextent que la sœur filme le procès avec son téléphone et vont le rapporter au juge, qui la fait sortir définitivement de la salle. Une manière bien sale de punir les mots de soutien clamés par la famille lors de l’arrivée au tribunal des deux inculpés .

Les autres personnes qui sont là pour apporter leur soutien, entendre et relayer la parole des prisonniers, ne peuvent pas rentrer. Sans explication, ou plutôt avec des prétextes différents : un coup le tribunal est plein, un autre coup c’est un simple « non, vous vous ne rentrerez pas », une autre fois c’est ordre du procureur général… bref l’accès au tribunal est interdit. Ce procès comme le précédent est censé être public, mais une fois de plus, la justice fait ce qu’elle veut, la police travaille pour elle et pour que la parole des prisonniers en lutte ne sorte pas…

Mise en scène caricaturale de la « dangerosité » des prisonniers et du soutien extérieur.

Contrairement au procès de la première mutinerie, ni R. Leroy, ni J. Torres ne sont considérés comme des prisonniers particulièrement dangereux pourtant le dispositif de sécurité est une nouvelle fois impressionnant et démesuré. Il manque juste les tireurs d’élite ! L’accès au tribunal est sous surveillance. D’ailleurs deux caméras globes filment la place en continu… A l’entrée, les flics caparaçonnés sont armés de tasers, de gazeuses, de matraques télescopiques. Ce serait risible s’ils ne s’en étaient pas servis. Une fois la compagne de R. Leroy entrée, les personnes interdites d’accès à l’audience se rassemblent devant l’entrée du tribunal pour montrer leur mécontentement. Une personne se met à chanter une chanson anti-flic dans une autre langue. Et puis, un dialogue s’installe entre le chanteur et une personne passante bien énervée de pas arriver à déposer plainte contre les flics. C’est ça qui les décide à une violente attaque à coups de matraques, de gazeuses, d’étranglements. Ils embarquent deux personnes au comissariat pour une garde à vue d’environ 24 heures. On pouvait lire dans le torchon local (le dauphiné libéré), que suite à une manifestation anticarcérale et des contrôles d’identités se passant mal, les flics ont arrêté deux personnes. Elles sont accusées, comme toujours dans ces cas là, de violences et outrages sur personnes dépositaires de l’ordre public. L’attaque des flics à coups de matraques et gaz au poivre était donc un simple contrôle d’identité ! C’est vrai que par les temps qui courent, les gens devraient savoir que ce sont les pratiques courantes de la police.

 Une mutinerie, le seul moyen de se faire entendre pour dénoncer les conditions impossibles de détention dans ce QMC

Les prisonniers protestaient contre le régime de détention trop strict de la nouvelle prison de Valence.

« Ça fait 10 ans que je suis en prison, et je n’ai jamais vu ça » raconte Romain.

Il parle d’un régime carcéral trop strict, inadapté aux détenus lourdement condamnés, et d’une administration sourde à toute revendication. 

« On demandait simplement à ce que ça fonctionne comme une vraie maison centrale » enchaîne José, l’autre « meneur » de la mutinerie.

Les prisonniers avaient fait part de leurs revendications de manière pacifique à plusieurs reprises auprès de la direction de l’établissement (courriers, refus de réintégration des cellules ou blocages de cour de promenade). Ils avaient alerté l’OIP et le Contrôleur général des lieux de privation de liberté :

« Y a un peu tout qui ne va pas dans cette prison. Le problème est le mauvais fonctionnement de cette maison centrale gérée comme une maison d’arrêt disciplinaire (un seul mouvement à la fois, pas de cuisine), les parloirs se passent mal car ils (les surveillants, NDLR) sont tout le temps sur notre dos. Ils ne sont pas capables de livrer les cantines. On veut fonctionner comme une vraie centrale, avec d’avantage de liberté […] On vous parle de longues peines, de plus de convivialité, du mode de vie […] On a demandé à parler au directeur, on les a saoulés avec ça […] Des surveillants sont même venus nous dire de faire quelque chose », a déclaré José Torres. Et Romain Leroy d’ajouter : « Voilà dix ans que je suis incarcéré. Le système pénitentiaire français se préoccupe plus de la modernité des nouvelles prisons que de la vie à l’intérieur. Je n’ai pas fait cette mutinerie que pour parler de Valence. Ce n’est pas la seule prison de niveau 4 en France. Il y a un gros problème de communication dans ces prisons ».

Quand des prisonniers se révoltent et se mutinent … ils prennent des risques énormes. L’un des inculpés, José Torres terminait sa peine de 7 ans et demi de prison ( + 18 mois pris à l’intérieur pour un chargeur de téléphone rentré illégalement, ça fait cher payé le chargeur !). Il devait bénéficier d’un aménagement de peine courant 2017. Romain Leroy remarque :

« Si je casse juste une caméra dans le couloir, on m’enferme au mitard et personne dehors ne saura ce qui se passe ici, alors j’ai tout cassé et voilà, il y a des gens devant le tribunal, voilà la presse qui est venue au procès…» et il conclut que « quand les écrits ne font rien que reste-il à part les actes ? »

Lui, a été transféré à Moulins.

Une proche dira, hors de l’audience :

« c’est pas vrai que les QHS sont fermés depuis les années 80, ou alors ils ont juste changé de nom et s’appelle maintenant les QMC. »

 Un verdict sévère et des magistrats obnubilés par les dégâts

Le tribunal n’entend que l’avocat du centre pénitentiaire qui chiffre les dégâts à 1 696 000 euros. Une somme pareille pour 4 cellules cramées ! Une des proches ajoutera :

«  Vous vous rendez compte a ce prix là, tout ce qu’on pourrait construire ! »

Les dégâts proviennent très majoritairement de l’intervention des pompiers, alors ça aurait été moins coûteux de tout laisser disparaître ! Le procureur N. Julia, après avoir rappeler que les prisonniers encourent une peine de 20 ans, réclame  8 ans de prison ferme… A l’audience, les deux prisonniers ont reconnu s’être emparés des clefs du surveillant mais ont nié les violences. Ils ont reconnu avoir « cassé quelques caméras et ouvert les portes des cellules de 40 détenus », mais ils ont nié avoir incendié les quatre cellules et dégradé du matériel mobilier.

Néanmoins, après 6 heures d’audience, malgré une défense et des prisonniers relatant les conditions de détentions insupportables le verdict est salé : 5 ans de prison ferme pour les deux mutins. Immédiatement, R. Leroy et J. Torres ont fait appel de cette décision.

Le procureur est satisfait, lui qui voulait faire un exemple.

Suite à ce procès et cet appel que demandent les deux mutins, soyons au rendez-vous et restons en contact avec eux. Ne laissons pas l’administration pénitentiaire les isoler, les faire oublier ou tenter de les faire taire.

Solidarité avec les mutins de Valence et leurs proches !

Pour un compte rendu plus détaillé de ce qu’il s’est joué dans la salle, on peut écouter l’émission de l’Envolée du vendredi 17 mars avec Adeline et Michèle.

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Solidarité avec Georg Huss en danger à la MA de Mulhouse, l’AP fait le mort…

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Voici les dernières informations concernant la situation de Georg HUSS. Ce prisonnier allemand a fondé un syndicat de prisonniers en Allemagne. Il est incarcéré à la Maison d’Arrêt de Mulhouse, où il a entamé une grève de la faim le 1er janvier pour appuyer ses demandes, notamment la fermeture sous 3 mois de la taule dans laquelle il est actuellement détenu. Vous pouvez lire ici en détail ce qu’il a déclaré au début de son mouvement.

A ce jour, il pèse 56 kg, se sent extrêmement faible, mais poursuit sa grève de la faim. Il y a un mois précisément, il avait déjà perdu 10 kg. Le médecin de la M.A. de Mulhouse considère pourtant qu’il n’y a pas d’urgence pour l’hospitaliser.

Ses amis du Syndicat des prisonniers en Allemagne et en Autriche s’inquiètent de la dégradation de son état de santé face au silence et à l’inertie que lui oppose l’Administration pénitentiaire.

Comme l’écrit Georg dans un précédent courrier : « Faire le mort, c’est la tactique du système répressif dans ces cas-là ! »

Pour celles et ceux qui souhaiteraient lui adresser un mot de soutien (en allemand, de préférence, mais également en anglais ou en français) voici son adresse :

Georg HUSS N° d’écrou 42048, Maison d’Arrêt de Mulhouse, 59 Avenue Robert Schuman B.P 3129 68063 Mulhouse Cedex

Il est loisible également d’exiger des nouvelles de son état de santé en appelant directement le Service pénitentiaire d’insertion et de probation de la prison de Mulhouse au numéro suivant : 03 89 36 34 00 [du lundi au vendredi, de 9h30 à 11h45 et de 14h à 16h]. Pour joindre directement ce service, choisir la touche 3 puis la touche 1 dans le menu vocal.

Il est fort probable que les CPIP ne veuillent pas donner suite à vos demandes (dans la mesure où vous ne seriez pas de sa famille), mais la démarche reste très importante et ne manquera pas de remonter, notamment si les appels se multiplient.

« Je ferai tout ce que je peux pour soutenir un syndicat des prisonniers en France ! Nous, prisonniers d’Europe, nous devons nous unir… », Georg Hüss depuis la maison d’arrêt de Mulhouse

 

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« liberté pour tous les prisonniers »

Il y a maintenant près de deux mois que Georg Huss a entamé un mouvement de lutte à la maison d’arrêt de Mulhouse. Il est en grève de la faim. Vous pouvez lire -ou relire- ici les revendications qu’il avait alors fait sortir de ce sordide cul-de-basse-fosses. Nous publions aujourd’hui quelques extraits d’un courrier envoyé plus récemment par Georg. Il explique à un ami qu’il continue son combat, encore trop solitaire et toujours isolé par l’administration qui fait la sourde oreille. Georg aimerait qu’on lui écrive et demande qu’on lui envoie des timbres. Si, comme beaucoup de gens, vous ne parlez par allemand, vous pouvez écrire en français sans souci, car « ici, il y a de nombreux interprètes » comme le dit Georg lui même. Nous publierons prochainement d’autres extraits ainsi que des précisions sur les activités de ce syndicat qu’il a contribué à fonder avec d’autres prisonniers en Allemagne et en Autriche.

Le 13 février 2017, Maison d’arrêt de Mulhouse

(…) Je suis toujours en grève de la faim et je compte arrêter de consommer du sucre, du lait et de la soupe le 1er mars… donc je pense que j’irai à l’hôpital le 15 mars 2017. Là-bas, j’accepterai les infusions, la soupe, le lait, les yaourts, les fruits, les vitamines et les minéraux… Tout ce que je n’ai pas ici – ils ne m’en donnent pas, alors que j’en demande. Quand je serai assez en forme, je vais retourner à la MA de Mulhouse le 1er avril 2017. Si ce n’était pas le cas, j’ai plein d’idées d’actes de protestation plus extrêmes ! Mon état de santé reste bon. J’ai perdu 10 kilos -de 71 à 61 kilos-, j’ai tout le temps sommeil, je me sens à plat. Mais c’est normal. Je connais mon corps et je surveille ma santé pour ne pas avoir de problèmes par la suite. (…)

(J’ai) un parcours dans la lutte pour les droits des prisonniers et le GG/BO D&A (1). Maintenant je continue en France ! Les prisonniers qui travaillent dans les prisons françaises ont les mêmes problèmes qu’en Allemagne et en Autriche : aucune couverture sociale, pas de retraite, des salaires de misère comme en Chine, etc. Ma spécialité, c’est les droits fondamentaux. C’est de ça que nous avons besoin en ce moment en prison, nous les prisonniers – et ils sont sans cesse bafoués ! A Mulhouse, c’est poussé à l’extrême ; je ne pensais pas que ça pouvait se passer comme ça en Europe.

Le temps que j’ai à passer ici est trop court et je ne parle ni ne comprends le Français, mais je souhaite la création d’un GG/BO français. Je ferai tout ce que je peux pour soutenir un syndicat des prisonniers en France ! Nous, prisonniers d’Europe, nous devons nous unir… Je ne sais pas si vous comprenez ma tactique : si on sort les problèmes de leurs contextes nationaux, les systèmes nationaux ne pourront pas arrêter le processus ! Il faut impliquer d’autres ministères, des ambassades et tout ça ; et, je pense, les prisonniers qui travaillent en Europe. L’administration Française m’ignore -normal, qu’est ce qu’ils vont dire ? « Tout est OK ici, et que c’est légal ? Pardon, on s’excuse ? » Faire le mort, c’est la tactique du système répressif dans ces cas-là ! (…)

Solidarité

Georg

(1) Gefangenen-Gewerkschaft-Bundesweite Organisation, Syndicat des détenus-organisation fédérale, une organisation syndicale de prisonniers en Allemagne et en Autriche créé le 22 mai 2014. Leur site : https://ggbo.de/

Georg Huß
Numéro d’écrou 42048
Maison d’Arrêt de Mulhouse
59 Avenue Robert Schuman
68100 Mulhouse

Pour faire pression sur la MA, prendre des nouvelles de Georg vous pouvez écrire ou téléphoner à :

Maison d’Arrêt de Mulhouse, Direction
59 Avenue Robert Schuman
68100 Mulhouse

TEL : 0389363400

AnarchistBlackCross

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ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 10 FÉVRIER 2017

 

  • Courriers : Damien (MA de Fleury Mérogis)/ Des nouvelles de Georg Huß, toujours en grève de la faim à la MA de Mulhouse
  • Brèves : A propos du CPIP de Villeneuve-les-Maguelones qui n’apprécie qu’on critique sa drôle de manière d’aider une famille à la recherche d’un prisonnier disparu / L’avocat Bernard Ripert obtient au bout de 7 mois l’annulation de sa suspension d’exercice censée durer 3 ans… on est ravi / Procès de trois prisonniers qui ont pris en otage un maton à Réau en avril 2016 : 8 ans requis par le procureur. Ils prennent 5 ans après avoir dénoncé l’isolement et le QMC de Réau à la barre devant une salle remplie de matons de tous grades.
  • Procès : Retour sur les procès qui ont eu lieu toute la semaine au TGI de Bobigny. Depuis une semaine, toutes les nuits des affrontements ont lieu en Seine-Saint-Denis et notamment à Aulnay, la ville de Théo, violé par une matraque policière. Sur les plus de 80 interpellés, 9 passent en procès, 2 prennent du ferme et 6 du sursis.
  • Invitées : Discussion avec Florence, Johanne et Cloé Rasemont-Villain de l’association « jardins des T » qui visibilise et soutien les personnes trans, notamment en prison. Elles décrivent la réalité des suicides et du harcèlement subi par les personnes trans en prison. (numéro d’urgence : 0800 600 608)

  • Annonces : manifestation samedi 11 devant le TGi de Bobigny contre les violences policières / Annonce d’une nouvelle arrestation dans le cadre de l’enquête sur la voiture de flics brûlée pendant le mouvement social.

Zics : El-P – Interlude / NWA – Fuck the police / Loubna – Je reste hardcore


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EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 16 DECEMBRE 2016

 

  • Courrier : communiqué sur les conditions de détention par les prisonniers basques de la MA de Villepinte, membres du collectif des prisonniers politiques basques.
  • Tel : le collectif du 8 juillet nous fait un compte-rendu du délibéré du procès des flics qui ont mutilé Joachim Gatti entre autres
  • Tel : Mamadou nous parle de son frère Abdoulaye Camara assassiné par la police
  • News : Soutien à Youssouf et Bagui Traoré incarcérés à la MA d’Osny pour museler la contestation des proches d’Adama
  • Tel : Aurore, elle a pris six mois ferme exécutoire le 1er décembre, se bat encore et a besoin de soutien, alors écrivez lui !

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EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 2 SEPTEMBRE 2016

  • Lettres : Kara (Fleury), Nicolas (Frênes), Laurent Orsini (Lannemezan), Alain (Château-Thierry)
  • Procès : Christine Ribailly – retour sur son procès du 27 juillet
  • Brèves : l’affaire Adama Traoré, blocage de promenade à Osny

Musiques : Esteban Delanoché Freestyle ; LIM Tout était calculé ; Roc Marciano – Three Sixty Five


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