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ENCORE UN MORT AU MITARD DE FLEURY : COMMUNIQUÉ DU PRP

Communiqué du Syndicat PRP suite au décés de L.H a Fleury-Mérogis. Le 25 Juillet 2018

 

L.H. avait 21 ans. Il était libérable en septembre 2018. Mais le samedi 21 juillet 2018, après un parloir avec sa maman qui s’est magnifiquement bien passé, L.H. est ramené en cellule dans le bâtiment D4 de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis où il était incarcéré.
D’après les premiers témoignages des prisonniers du D4 et des proches de L.H. a été roué de coups dans sa cellule par des surveillants puis placé au quartier disciplinaire dit le « Mitard », dans une autre division de cette même prison, pour y perdre la vie…

Face à ce qui doit être qualifié de lynchage, lundi, 64 prisonniers ont refusé de remonter de promenade, malgré les risques de transfert disciplinaire ou de mitard. Mardi, une soixantaine de personnes ont décidé de se mobiliser devant Fleury-Mérogis, au risque de se faire déloger du site, aux cris de « Justice pour Lucas ». Parmi les prisonniers qui ont refusé de réintégrer leurs cellules en soutien a L.H., 6 prisonniers ont été placés au quartier disciplinaire à la suite de l’intervention des ERIS. Soyons tous vigilant, au côté des familles et des proches, sur ce qu’il pourrait arriver à ces prisonniers ! Nous sommes là nous surveillons de très prés !

Rappelons enfin que, le 19 Avril 2018, 200 prisonniers de Seysse ont dénoncé dans un communiqué des faits similaires pour le décès de J. au mitard le 14 Avril 2018, que des prisonniers ont entendu être roué de coup pendant 30 minutes.

N’oublions pas qu’il y a quelques années, un prisonnier surnommé Hicham avait porté plainte contre des surveillants du mitard de Fleury-Mérogis pour coups et blessures. Hicham, alors qu’il travaillait dans le domaine sportif, n’a pas pu reprendre son métier à sa sortie à cause de ses blessures… Nous nous souvenons très bien, qu’à l’époque, cette équipe du mitard avait été nommé l’équipe Tyson, par les prisonniers, en référence au boxeur réputé pour sa violence ! A l’époque, ils n’avaient pas été mutés ni suspendus ; seulement éparpillés dans les différentes ailes de Fleury-Mérogis.

La famille et ses proche décrivent L.H. comme étant plein de vie et de joie et qu’il n’aurait jamais laissé sa maman toute seule, étant fils unique. L.H n’était pas suicidaire ! Il lui restait moins de deux mois de détention.

Le syndicat PRP exige que la lumière soit faite sur cette affaire suspecte et qui malheureusement en rappelle tant d’autres.

Par ailleurs, et comme ils en ont l’habitude, les surveillants pleurnichent et délirent alors que la mère de L.H. et ses proches sont en deuil.

FO Pénitentiaire déclare le 24 Juillet 2018 : « les collègues bloqués dans les murs et en dehors !
Pour nous, il s’agit d’une véritable prise d’otage des personnels. »
Ont-ils la mémoire courte ? Entre Janvier 2018 et Février 2018 et durant plus de 15 jours, ils ont bloqué les détentions de toute la France, dont Fleury-Mérogis. Alors, n’ayant pas le courage de s’adresser aux vrais responsables (ministre et supérieur), ils n’ont pas hésité à prendre en otages, les Prisonniers et Prisonnières et leurs Familles, privé de cantine avec un repas froid par jour souvent périmé ! Pas de parloir ! Les familles qui venaient devant les détentions étaient souvent humiliées par ces surveillants ! Pas le droit à la cabine téléphonique ! Sans oublier les dégradations qu’ils ont commis en brûlant des palettes et des pneus ! Ce qui est interdit par la lois  du décret n° 2002-1563 du 24 décembre 2002 ! Et on en passe…

MENSONGES FLAGRANDS, aussi dans une publication sur internet, SLP FO Fleury-Mérogis déclare « 60 individus se sont regroupés devant la taule, certains cagoulés. »

Rassemblement devant la prison de Fleury-Mérogis suite à la mort de Lucas au mitard, juillet 2018

Sont-ils cagoulés ? NON ! Surtout que tout s’est déroulé dans le plus grand calme ! Étonnement cette phrase a disparu dans leur communiqué…

Syndicat pour la protection des prisonniers

14 rue de la bièvre,

36000 Châteauroux.

06.65.25.04.43

syndicat.prp@gmail.com

Edito et sommaire du nouveau numéro

Suite au traditionnel défilé du 1er mai, Macron a déclaré, depuis l’Australie : « Tout sera fait pour que les auteurs [des « violences »] soient identifiés et tenus responsables de leurs actes », tandis que Wauquiez, fraîchement intronisé chef de la droite, brâmait son « soutien total à nos forces de l’ordre qui font face à ces voyous ».
En pleine commémoration du cinquantenaire de Mai 68, ils se sont placés dans le droit-fil d’un Peyrefitte – alors ministre de l’éducation – qui désignait les manifestants de l’époque comme « des agitateurs organisés, qui connaissent parfaitement les techniques de la guérilla urbaine ».
Un vrai saccage, ce 1er Mai, à ce qu’il paraît ! … en tout cas, quelques images d’un McDonald’s en flamme ont tourné en boucle, tous les politiques se sont étranglés d’horreur devant « la violence des manifestants » et leurs petits potes présentateurs les ont aidés à faire monter la sauce. Avec cette condamnation unanime, on a bien vu que les discours des commémorateurs de 68 sonnaient creux… mais le bourrage de crâne continue sur le thème : « le public qui aurait échappé au déferlement des hordes de casseurs sans traumatisme majeur a finalement été pris en otage par ces nantis de grévistes de la SNCF ! »

Pendant qu’on brandit ces épouvantails, une autre violence est partout : la violence économique. Quotidienne, subie ou acceptée car vue comme indépassable. Au moment même où on veut faire passer les salariés qui défendent leur outil de travail pour des privilégiés, Bernard Arnault – le champion du capitalisme français – devient la quatrième fortune mondiale ; en un an, sa fortune personnelle est passée de 50 à 80 milliards d’euros. La crise, on la vit pas tous de la même façon…
Comme promis, la violente répression policière du conflit social a alimenté la machine judiciaire ; en comparution immédiate ou pas, celle-ci a fait pleuvoir des peines pour la simple participation à un attroupement « en vue de commettre des violences ». Inexorablement, la prison joue son rôle de punition et d’exclusion, et remplit sa fonction de repoussoir : punition pour des délits qui étaient hier encore tout juste passibles d’amendes, exclusion pour celles et ceux qu’on condamne d’un coup de manche bordée d’hermine à des peines d’élimination sociale, et repoussoir pour tous ceux qui se soumettent à l’ordre établi de peur de se retrouver enfermés.

A chaque publication des chiffres officiels du nombre des prisonniers, l’Administration pénitentiaire bat son propre record. Le 1ermai 2018, il y avait 70 633 personnes écrouées et enfermées, et 12 030 enfermées à la maison ou en foyer (statistique mensuelle des personnes écrouées et détenues en France, direction de l’AP, Justice.gouv.fr). Quelque part entre le nombre d’exilés morts en Méditerranée et le nombre de français survivant sous le seuil de pauvreté dans la Start-up Nation, la « surpopulation carcérale » finit par ne plus être qu’un chiffre de plus, qui ne dit plus rien à personne. Alors comme le demandait Michel Foucault, mais aussi Hafed Benotman et des dizaines d’autres prisonniers dans nos colonnes, ne parlons plus de « surpopulation carcérale », mais bien de surenfermement de la population, car on le sait bien, à l’intérieur : la prison, c’est le mitard de la société !
Eh oui : derrière les barreaux, on retrouve exactement la même menace permanente d’un enfermement – mais un enfermement DANS l’enfermement, cette fois-ci. La prison isole de la société, puis le mitard isole des autres prisonniers. Le quartier disciplinaire (QD), bien nommé mitard, cachot, frigidaire, joue le même rôle que la prison dans le monde « libre »… Quand on tente de s’évader, on commence par aller au mitard ; quand on est pris avec un joint, on va au mitard ; quand on s’oppose à l’arbitraire quotidien des matons, on va au mitard ; quand on refuse de se soumettre à des règles absurdes, on va au mitard… En clair, quand on essaie de rester vivant et debout en prison, on est certain de connaître le mitard. Combien sont-ils, combien sont-elles à cet instant, enterré.e.s vivant.e.s en cellule disciplinaire ?
Enfermé.e.s dans un monde hors du monde, un espace sans espace, une vie sans vie, sans lumière et sans ombre ? Impossible de répondre à cette question.

Une chose est sûre : les mitards sont indispensables à l’administration pénitentiaire. Ce foutu système carcéral ne tiendrait pas sans la menace constante du cachot ! C’est à cause d’elle que des centaines de prisonnières et de prisonniers acceptent d’obéir. Comme les quartiers d’isolement, le mitard est le lieu où l’on casse par la violence sadique la moindre contestation des règlements – toujours arbitraires – des prisons, au risque de rendre fou et folles ceux qu’on jette dans ces tombeaux de béton.
Récemment encore, quand un prisonnier était envoyé au mitard, d’autres s’y faisaient envoyer volontairement pour briser sa solitude, et aussi pour désamorcer la menace : quand les mitards sont pleins, ils ne servent plus à rien pour la pénitentiaire… mais ça demande une solidarité qui n’est pas toujours au rendez-vous.

Comment supporter de se retrouver dans une cellule de 2 mètres sur 3 en moyenne, avec un lit en béton, une table en béton et des toilettes à la turque ? La surface de déambulation y est de 4,15 m2 en moyenne – inférieure aux normes réglementaires pour les chenils (5 m2, arrêté du 25 octobre 1982). La luminosité y est de 7 à 30 lux, alors qu’il en faut 300 pour lire un livre ou une lettre. La cellule est sale et puante car les outils de ménage y sont interdits. Le prisonnier y reste enfermé 23 heures sur 24. Il a droit à une heure de « promenade » dans une toute petite cour grillagée. Le prisonnier ou la prisonnière conserve la même tenue vestimentaire pendant tout son séjour au mitard. Une à deux douches par semaine. La nourriture est servie dans un récipient qui ressemble plutôt à un pot de chambre ou à la gamelle d’un chien. Une ou deux couvertures, selon la saison, un rouleau de papier, une brosse à dents, du dentifrice, un morceau de savon et un verre en plastique. L’hiver, le froid est glacial ; l’été, la chaleur est étouffante ; les cachots, souvent sans fenêtre. Quand il y en a, elles sont tellement sales qu’entrevoir le bleu du ciel tient du miracle. Comme l’écrivait déjà Me Eolas il y a quelques années, « un particulier qui logerait quelqu’un dans ces conditions encourrait [cinq années] d’emprisonnement [les peines initiales de deux ans ont été portées à cinq par la loi sur la sécurité intérieure du précédent ministre de l’Intérieur]. Mais l’Etat est pénalement irresponsable, alors il peut se le permettre. »

Le mitard est conçu pour détruire physiquement et mentalement, et il est bien difficile de résister à cette « torture blanche ». Lorsque la solitude est intenable, le suicide devient parfois une obsession, comme un ultime pied de nez à l’administration pénitentiaire. On appelle cela « des suicides » ; pourtant c’est la prison qui les tue. Un prisonnier, une prisonnière placée vivante dans un cachot par l’administration pénitentiaire se trouve sous sa responsabilité ; elle doit en ressortir vivante. Et puis, il y a toutes les fois où ce n’est pas le prisonnier qui se passe le noeud coulant autour du cou, mais bien des fonctionnaires qui portent le badge de l’AP. Le mitard est par excellence la partie de la détention où les matons peuvent agir à leur guise… On ne sait jamais ce qui s’est réellement passé, même quand les familles et les proches sont certaines que leur enfant, leur conjoint, leur ami n’a pas pu se suicider, même quand on retrouve des traces de coups inexpliqués. L’opacité qui entoure l’horreur de ce qui se passe dans les quartiers disciplinaires est entretenue par tous ceux qui y interviennent : médecins comme gardiens.

Parfois, ces « suicides douteux », ces « morts suspectes » mettent le feu aux poudres parce que les prisonniers savent la vérité et veulent la faire entendre ; ils font plus que soupçonner, ils accusent.

Il n’y a pas de mort volontaire au mitard.

Nous avons choisi de consacrer ce numéro aux événements qui se sont déroulés à la maison d’arrêt de Seysses à partir du mois d’avril 2018, suite à la mort d’un prisonnier au mitard. S’il n’est vraiment pas rare d’apprendre la mort d’une prisonnière ou d’un prisonnier dans ces cachots, ce n’est pas très fréquent qu’il y ait une réaction collective de prisonniers qui refusent d’accepter que l’on ait tué l’un des leurs. Depuis le mois d’avril dernier, des prisonniers de Seysses prennent la parole collectivement, malgré les périls auxquels ils s’exposent, malgré les jours de mitard, les suppressions de remise de peine, les transferts. Ce n’est pas à prendre à la légère ! Parce qu’ils savent combien l’existence même des prisons repose sur celle du mitard, sa suppression est une exigence historique des mouvements de prisonniers :

A BAS TOUS LES MITARDS

Vous pouvez vous abonnez ou abonner des prisonniers en nous écrivant à l’Envolée, 43 rue de Stalingrad, 93100, Montreuil. L’abonnement de soutien est à 15 euros par an (ou plus en fonction des bourses ; chèque à l’ordre de l’Envolée). En vous abonnant dehors, vous nous permettez d’abonner plus de prisonniers et de prisonnières à l’intérieur puisque l’abonnement est gratuit pour toutes les personnes enfermées.

Le journal est par ailleurs disponible au prix de 2 euros dans de nombreuses librairies en France et en Belgique. Nous remercions d’avance ceux et celles qui nous communiqueront d’autres lieux (librairies, infoshops, bars, magasins, accueils familles) pour déposer le journal.

N’hésitez pas à nous demander le journal en plusieurs exemplaires si vous voulez, vous aussi, le distribuer dans votre région  : contact@lenvolee.net

Liste des points de vente :  Où nous trouver ?

ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 27 AVRIL 2018

 

Émission spéciale sur la prison de Seysses, au programme :

      • Retour sur les fait : Mort de Jawad à Seysses et révoltes de solidarité : la seule réponse de l’État reste la répression.
      • Appel : Lydia lit la lettre que le PRP a reçu. Retour sur la mort d’un autre prisonnier dans ce même mitard, en février 2016.
      • Communiqué : Lecture du communiqué de la garde des sceaux, puis de celui du PRP.
      • Appel : Olivier, et coup de gueule contre le silence de l’OIP.

Zics : Moona – Freestyle (Copelia) / Kendrick Lamar – Alright / Despo Rutti – Légitime Défense / Joke Dubamix – Des claques


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Rassemblement de solidarité avec les prisonnières en lutte à la maison d’arrêt de Fresnes !

Samedi 28 mai 2016 rassemblement à 11h00 au carrefour de la déportation à Fresnes. C’est à l’extérieur de l’enceinte pénitentiaire au bout de l’avenue de la liberté, côté femmes. Ce rassemblement est un appel à soutenir la lutte des femmes contre leurs conditions de détention et dénoncer la répression qui a touché une prisonnière basque. On se joindra aux proches de détenu-es basques venus dans deux cars pour visiter et soutenir les prisonnières en lutte. Lire la suite