Archives par mot-clé : nouvelles prisons

ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 20 JANVIER 2017

 

  • Courriers : Mohamed (CP de Condé-sur-Sarthe) ; une lettre du  Mexique (prison de Santa Martha Acatitla) ; une lettre du Genepi en soutien à un prisonnier autrichien qui a entamé une grève de la faim (MA de Mulhouse) et les revendications de ce prisonnier ; une lettre du frère de Nono (CP de Réau) -> demande de soutien pour son procès au tribunal de Melun le 24 février à 9h
  • Tel : La compagne d’un prisonnier inculpé lors de la deuxième série des mouvements de prisonniers à la prison de Valence en novembre 2017, revient sur ce qui a précédé de mouvement.
  • Invités : Gaetano et Severino, raconte le procès de leur compagnon Damien Camelio (MA de Fleury-Mérogis)

Zics : Piloophaz – Le sommet du Rap Francophone / Sav Killz feat. Planet Asia, Frank Knight and King Marvey X – Goin In / Ballata del Anarchico Pinelli


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EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 7 OCTOBRE 2016

  • Lettres : Marina, Béa, Redouane
  • Téléphone : Aurore
  • La Chronique de Sylvia : Les Corses et les cafards…
  • Info : 33 nouvelles prisons
  • La Chronique de Stéphane : Emeutes et loi travail, nouvelles de l’intérieur (El Hadj Omar Top) et de l’extérieur
  • Invitée : Kaoutar

Zics : Eskicit – Echos ; Keny Arkana – J’arrive Du Monde De Demain ; Dead Prez – Wolves


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SOLIDARITÉ AVEC LES MUTINS DE POITIERS-VIVONNE

beau comme...
beau comme…

Mardi 13 septembre 2016, l’information a tourné en boucle dans les grands médias  :

« Le calme est revenu ce lundi soir vers 23 heures, après l’intervention de forces spécialisées à la prison de Vivonne, près de Poitiers. La mutinerie a débuté lundi à 17 heures. Une cinquantaine de détenus ont mis le feu à un bâtiment de ce centre pénitentiaire. Une dizaine (ou une soixantaine) de cellules ont été détruites. Ce mardi matin, deux détenus sont placés en garde à vue. La mutinerie serait partie d’une permission de sortie refusée à un détenu. Le détenu se serait rebellé, entraînant d’autres personnes dans son mouvement… »

Traitée comme un simple fait divers, cette information sera oubliée demain et aucun journaliste n’aura donné la parole aux premiers concernés  : les prisonniers et leurs proches. Comme toujours, ils ont relayé en chœur la voix du ministère de la justice et d’un syndicat de surveillants. Mais quand les prisonniers et prisonnières se mobilisent pour dénoncer leurs conditions de détention ou simplement pour réclamer un peu d’air, rien qu’en faisant une pétition ils prennent de gros risques. Alors quand ils font brûler la prison…  !

A Poitiers comme ailleurs, les prisonniers et prisonnières ont de nombreuses raisons de se révolter. Ce que nous connaissons de la prison de Poitiers-Vivonne depuis son ouverture, c’est entre autres  :

– la pratique de fouilles à nu systématiques (pourtant illégales)

– le harcèlement nocturne des détenus particulièrement signalés (DPS)

– le passage à tabac de prisonniers, dont les plaintes ne sont ensuite pas prises en compte

– la répression des moindres revendications

– le passage au tribunal de prisonniers accusés abusivement par des surveillants de violences ou d’outrage (treizième mois garantis pour les matons)1

Nous savons que, suite à ce genre d’événements, la répression est très dure. Pour effrayer la population carcérale et lui faire passer l’envie de broncher, il faut désigner des «  meneurs  », les isoler et les condamner à de lourdes peines. Comme d’habitude, cette sanction judiciaire sera précédée « en interne » de tabassages, de chantages à la délation, de mise au mitard et/ou de transferts, loin des proches.

Appel à informations et récits

De l’extérieur, c’est à nous tous et toutes de rester attentifs, de montrer notre solidarité, de chercher et de relayer informations et récits directs. Les médias disent que deux personnes ont été placées en garde à vue. Il est important d’aller si on le peut au tribunal local pour suivre d’éventuelles comparutions immédiates, montrer sa solidarité, prendre et faire circuler des informations sur les suites judiciaires de la mutinerie. C’est en brisant la loi du silence imposée par l’administration pénitentiaire que commence la solidarité avec les mutins.

N’hésitez pas à prendre contact avec l’Envolée (journal pour en finir avec toutes les prisons)  :
L’envolée – 43 rue de stalingrad – 93100 montreuil
contact@lenvolee.net
http://lenvolee.net

1 Pour en savoir plus : lire ou écouter l’interview de Nadia dans le journal lEnvolée n°43 ou ici. Sur les revendications et la répression côté femmes : ici  et là. Sur les fouilles à nu ici. Et sur le climat répressif ordinaire en détention : ici, et

EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 2 SEPTEMBRE 2016

  • Lettres : Kara (Fleury), Nicolas (Frênes), Laurent Orsini (Lannemezan), Alain (Château-Thierry)
  • Procès : Christine Ribailly – retour sur son procès du 27 juillet
  • Brèves : l’affaire Adama Traoré, blocage de promenade à Osny

Musiques : Esteban Delanoché Freestyle ; LIM Tout était calculé ; Roc Marciano – Three Sixty Five


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Deux plateformes revendicatives depuis l’intérieur des prisons

Les prisonniers qui nous écrivent font tous les mêmes constats, ils luttent pour des raisons similaires et rencontrent les mêmes obstacles ; mais bien souvent, chacun reste seul face à la machine pénitentiaire, parfois avec l’impression de n’être entouré que de «moutons » .  Comment sortir de cette impasse ?

Dans le numéro 40 du journal (daté de janvier 2015), nous publions notamment un texte qui tente d’expliquer la nécessité exprimées par de nombreux prisonniers  de construire des « plateformes » ; textes collectifs que nous pouvons, nous dehors, contribuer à faire vivre et à faire circuler de manière à ce que d’autres prisonniers et prisonnières s’en emparent.

Christine et deux autres prisonnières de la MAF de Poitiers-Vivonne ont  opté pour une liste de revendications en deux parties : revendications locales et revendications communes à toutes les détentions, que nous publions à la suite. Quant à Philippe, il nous a fait parvenir une proposition depuis le QMC de Réau. Voici ces deux textes. Faites les circuler. Lire la suite

Quartier Maison Centrale de Réau = « QHS tombeau secret »

Philippe purge une très longue peine (cf journal L’envolée n°38). Depuis 2010, il demande à être transféré à la centrale de Lannemezan vers Toulouse, pour être rapproché de sa compagne. En mars 2013 il est transféré à la centrale de Moulins, à 400km de cette dernière. Puis en mars 2014, il est envoyé encore plus loin, au CNE (centre national d’évaluation) du centre pénitentaire de Réau (île de france). Il décrit à quel point cette évaluation est une mascarade dans le journal L’envolée n°39. Ensuite il est placé au Quartier Maison Centrale (QMC), toujours dans la prison de Réau, en attendant d’être, peut-être, un jour, enfin, transféré à Lannemezan.

Nous avons déjà raconté que les QMC, nouveau concept de mini-prison ultra sécuritaire pour les longues peines, expérimentés à Réau et Annoeulin, sont des enfers, des Quartiers Hautes Sécurité où les prisonniers étouffent et son censés subir cela pour de longues années. Et ces quartiers ont vocation à devenir un modèle pour les futures prisons… à moins que, de l’intérieur comme de l’extérieur, des mouvements parviennent à remettre en cause ces projets ?

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QHS moderne : le QMC d’Annoeullin et l’exploitation des prisonniers

 

Au mois de mai 2012, les syndicats pénitentiaires de la prison d’Annœullin signalaient à l’AFP des incidents survenus au quartier maison centrale (QMC): «une rébellion de trois détenus». Frédéric Charlet, secrétaire régional adjoint de l’UFA P-UNSA justice de Lille, décrivait ainsi les faits:

«Mercredi, trois détenus du QMC [où sont enfermés des détenus purgeant des longues peines] se sont retranchés dans un atelier où ils se trouvaient sur place pour se défendre. Une douzaine d’agents ont dû s’équiper pour intervenir, les trois détenus finissant par être réintégrés en cellule après de longues discussions. La scène donnait l’impression d’une vraie guérilla. L’un des protagonistes, considéré comme dangereux et ayant déjà provoqué de graves incidents dans de précédents établissements, a été placé à l’isolement…»

Le vocabulaire des syndicats, relayé par les dépêches de l’AFP –qui servent ensuite de support à tous les médias: télés, radios, journaux– tire l’événement du côté du fait divers spectaculaire; Pas un mot sur les causes du mouvement, exagération des faits… La même sauce que pour le mouvement de quatre prisonniers à Vezin-le-Coquet, présenté comme une «mini-émeute» –dans laquelle des bouteilles de shampoing en plastique deviennent des armes dangereuses… Comme Christophe Khider nous l’expliquait dans le numéro 32 du journal, Annœullin est une prison toute récente, et son QMC en est encore à une phase expérimentale. Le privé chapeaute tout ce qui ne relève pas de l’administratif ou du sécuritaire, et cela pose des problèmes même à l’AP –c’est dire! En fait, de nombreux problèmes ont été dénoncés par les prisonniers du QMC: activités, travail, salle de sport, horaires des promenades, prix des cantines, équipements…

Alors que nous tentons d’attirer le regard sur ces nouvelles prisons (partenariat public-privé), que nous tentons de comprendre  l’avenir de la détention qui est en train de se dessiner (cf le numéro 39 spécial Condé-sur-Sarthe et QHS modernes), voici la pétition que des prisonniers du QMC d’Annoeullin avait fait parvenir en 2012. Elle est parue il y a plus d’un an dans le journal.

A l’époque, elle avait pu être -un tout petit peu- entendue uniquement parce qu’elle avait été portée par des prisonniers que les syndicats désignaient comme dangereux.

 

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Visite guidée au centre de détention pour hommes de Réau

en compagnie d’AC/DC, prisonnier longue peine en attente d’une libération conditionnelle…

Le descriptif très détaillé et très informatif qui suit est paru dans le numéro d’hiver du journal ; le courrier datant d’octobre 2013. Ecrit par AC/DC, « prisonnier longue peine en attente de libération conditionnelle », ce texte constitue un rapport précieux sur la très moderne prison de Réau. Les amis et correspondants du journal qui y sont passés ou qui y passent ne se comptent plus : Christine Ribailly, y a séjourné récemment avant d’être transférée à Rennes (où sa détention est, semble-t’il, un peu moins dure) ; Kaoutar Chtourou n’en peut plus d’y attendre la réponse pour sa demande de conditionnelle (elle ne quitte plus le régime fermé depuis des mois et enchaîne les période de « confinement » en cellule ; on peut d’ailleurs lire Solidaires de notre amie Kaoutar, une combattante dont l’AP se venge) ; quand à Philippe Lalouel, il est actuellemnt dans les mains des experts en blouse blanche du CNO (Centre national d’observation) situé à Réau aussi, pour qu’ils statuent sur sa « dangerosité » afin de l’orienter vers une affectation..(il espère sanstrop y croire un rapprochement familial). Avant de publier des courriers plus récents de tout le monde (sur le site et dans le numéro 39 du journal qui paraîtra en juin), nous pouvons lire ou relire, cette visite guidée par AC/DC, de cette « prison moderne de merde », pour reprendre la classification établie par Philippe.

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A propos de Rachide Boubala : « preneur d’otage » à Condé-sur-Sarthe « pour que ça change pour les longues peines »

Rachide Boubala est un prisonnier longue peine âgé de 37 ans. Sa date de libération est 2038. Pas de peine d’assises mais une série de condamnations en correctionnelle non compressibles, accumulées du fait même de son incarcération et qui lui valent « un CDI avec l’administration pénitentiaire et la moitié de l’année passée au cachot » explique Catherine sa compagne. En effet, il n’a cessé de se révolter contre la routine carcérale, l’arbitraire des matons et les régimes de détentions inhumains supportés. En réponse, les tribunaux condamnent Rachide à des peines supplémentaires sur la base des déclarations de surveillants souvent soufflées ou amplifiées par leurs amis des Syndicats. Quant à l’AP, elle balade Rachide de prison en prison depuis 1997, pour une tournée de 86 établissements à ce jour. La seule dans laquelle l’AP évite de le remettre depuis deux ans, c’est précisément celle que Rachide souhaiterait intégrer pour être proche de sa compagne. Lire la suite

4 lettres depuis le CP de Mont-de-Marsan, prison moderne de merde…

DEPUIS LE CENTRE PÉNITENTIAIRE DE MONT-DE-MARSAN

« Prisons modernes de merde »

Le centre pénitentiaire Pémégnan de Mont-de-Marsan a été inauguré en novembre 2008 par Dati. C’est la taule « pilote » du plan 13200 lancé en 2002. Avec 300 places à la maison d’arrêt (MA), 360 au centre de détention (CD) et un quartier arrivant de 30 places, il permet d’enfermer dix fois plus que l’ancienne prison de Mont-de-Marsan. Lire la suite