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Révoltes et luttes pour la liberté dans les CRA – Actualisé au 22 mars

Nous relayons, ici, des nouvelles de la situation dans les prisons pour étrangèr.e.s en reproduisant un texte paru sur abaslescra.noblogs.org daté du 22 mars qui rassemble des informations sur ce qui se passent dans les centres de rétentions depuis quelques jours, mais aussi des informations pour celles et ceux qui sont dehors et qui veulent apporter leurs solidarité aux prisonniers en centre de rétention notamment quelques conseils pour appeler les cabines en centre de rétention.


Alors que d’un coté certain·e·s retenu·e·s sont peu à peu libéré·e·s, les préfectures ne sont pas pour autant dans une politique de fermeture des CRA face aux risques de l’épidémie en cours.

Si certains CRA libèrent assez rapidement sur ordonnance du JLD ou décision de la pref, dans d’autres centres, JLD et préfectures restent opposés aux mises en liberté (comme à Rennes, Coquelles ou Perpignan), et de nombreuses personnes sont encore enfermées sans savoir si elles seront ou non libérées dans les prochains jours… A Coquelles, CRA particulièrement sur peuplé au moment du début de l’épidémie, les demandes mise en liberté déposées par FTDA ont été examinées par le JLD de Boulogne-sur-Mer. Les retenus du centre ont été progressivement libérés les 19, 20 et 21 mars. A présent il ne reste plus que deux personnes au centre, lesquelles doivent passer au JLD aujourd’hui, 22 mars, selon l’administration. »

Ailleurs, beaucoup de CRA sont utilisés pour ré-enfermer les personnes qui sortent de taule. C’est le cas notamment du CRA de Bordeaux qui a été annoncé vide mais que la préfecture à ré-ouvert dans les heures suivantes pour y transférer d’ancien·e·s détenu·e·s. Au CRA de Metz la situation est similaire. A la prison pour étranger.e.s de Marseille, la rumeur de la fermeture du centre de rétention a tourné toute la semaine : c’était pour samedi, puis pour lundi… Les dernières infos semblent plutôt dire le contraire : il ne va pas fermer et des personnes continuent à y être enfermées. Si la plupart des prisonniers ont été libérés, certains y sont encore enfermés aujourd’hui. Ces derniers jours, de nouveaux prisonniers sont arrivés, tous sortants des différentes prisons de la région : Luynes, à Aix, ou la Farlède à Toulon, par exemple.
Les deux derniers retenus du CRA de Coquelles y ont également été transférés à l’issue de leur peine de prison.

Les aller-retours CRA-prison-CRA étaient déjà bien connus mais aujourd’hui cela parait quasi systématique pour les personnes qui sortent de taule. Si certaines y reste quelques jours avant de sortir libres, d’autres, pas forcément suite à de plus longues peines, y restent prisonnières ou bien sortent avec des assignations à résidences strictes (pointage quotidien). En effet le gouvernement a modifié par décret le premier décret du 16 mars qui réglementait les permissions de sortir de chez soi, réaffirmant que les personnes assignées à résidence devaient continuer de pointer même pendant cette période de confinement.

En finir avec la bouffe et l’hygiène dégueulasses ainsi que le mépris des médecins et les refus de soins sont des revendications constamment portées par les retenu·e·s en lutte, bien avant la crise du Covid-19. Actuellement, la situation empire d’avantage et les retenu·e·s dénoncent les conditions sanitaires alors que dans certains CRA le nettoyage n’est plus fait et la qualité des repas reste toujours épouvantable (dans certains CRA, la nourriture chaude n’était plus autorisée mais seulement des repas froids servis par les flics). L’absence de l’OFFI rend impossible l’achat de cartes sim, de cigarettes, etc. L’arrêt des visites prive également les retenu·e·s des soutiens affectif et matériel de leurs proches. Les prisonnièr·e·s qui restent enfermé·e·s sont encore plus isolé·e·s par la situation actuelle : « On n’est plus nombreux du tout, donc avec les keufs c’est encore pire. »

Les prisonnièr·e·s se révoltent aussi face à la situation toujours plus exécrable des soins dûe à l’absence des médecins. En effet, dans certains CRA les médecins ne se déplacent plus et l’équipe médicale est réduite à une pharmacie qui distribue quelques médicament, voire est complètement absente. Pire, les retenu·e·s qui signalaient des symptômes similaires à ceux du covid-19 ont été placés à l’isolement dans plusieurs CRA. Ielles sont dès lors doublement enfermé·e·s au lieu d’être pris en charge par l’équipe médicale. Leurs co-retenu·e·s n’ont pas eu non plus de visite médicale. Les flics quant à eux, entrent et sortent du CRA sans aucun contrôle de leur température, ni
aucune autre précaution.

Les prisonnièr·e·s dénoncent la coupure brutale de leur traitements médicaux ou encore le mépris des médecins face à des situations de danger et bien sur l’absence totale de mesures en lien avec l’épidémie. Tou·te·s réclament une libération immédiate de tou·te·s les retenu·e·s ! Pour appuyer des revendications, les luttes continuent, à la fois des luttes individuelles, (un incendie de cellule a eu lieu au CRA de Perpignan le 20 mars), mais aussi collectives. Au CRA de Vincennes ou il reste encore une trentaine de prisonniers dans chacun des deux bâtiments (un 3e bâtiment avait été rendu inutilisable par l’incendie du 4 février) une grève commune aux retenus des deux bâtiments est en cours en ce moment. Elle a été initiée par les prisonniers du bâtiment 1 samedi soir (21 mars) puis suivie aujourd’hui par les retenus du bâtiment 2B.

Voici plusieurs communiqués et témoignages écrits par des retenus de plusieurs CRA partout en France, à faire circuler au max !


La situation dans plusieurs CRA
en France
à l’époque du coronavirus

Alors que la gestion de l’urgence de l’épidémie de coronavirus s’étend partout en France, avec l’imposition du confinement et les contrôles de police dans les rues, à l’intérieur des lieux d’enfermement la violence et la répression de l’État se font de plus en plus dures. Et c’est les plus précaires qui seront le plus touché: celleux qui sont à la rue et/ou qui n’ont pas de papiers.

Dans les prisons et dans les centres de rétention administrative interdiction des parloirs et toute autre activité collective, les mesures sanitaires prisent sont ridicules, et il n’y  aucune information donnée aux personnes enfermées. Tout ça alors même que depuis la diffusion massive du Covid-19, plusieurs pays ont fermé leurs frontières aux avions venus de France, empêchant les déportations, et laissant comme seule fonction au CRA d’être des prisons.

Dans les tribunaux, alors que la plupart des audiences a été annulée et plusieurs la majorité des avocat.e.s arrêtent de s’y rendre, les JLD et les comparutions immédiates continuent d’avoir lieux, la preuve que les rêves d’enfermement de l’État vont bien au-delà du confinement pour contenir le virus.

Certaines associations humanitaires qui travaillent dans les centres (Cimade, Assfam, France Terre d’Asile, Forum Réfugiée, l’Ordre de Malte) ont arrêté de venir dans les CRA. Les personnels de nettoyage ne sont plus dans les centres, et dans plein de batiment y a plus de savons disponible pour les prisonnier.e.s. Dans la plupart des centres de rétentions y a plus ou quasiment plus l’OFFI (Office français de l’immigration et de l’intégration) donc plus d’achat de clopes ou du crédit pour téléphone. L’infirmerie et les médecins continuent de mépriser les prisonnièr.e.s retenu.es, les flics se tiennent à des mètres de distance d’eux, alors qu’on sait bien que les seuls qui sortent du centre et qui peuvent ramener le virus à l’intérieur c’est bien les flics…

Face à tout ça les prisonnier.e.s n’arrêtent pas de lutter et résister par plein de moyens différents. Le dimanche 15 puis le lundi 16 mars, à Vincennes, Mesnil-Amelot, Lyon, et Lille-Lesquin les prisonnier.es se mettent en grève de le faim. Dans certains centres il y a aussi eu des départs de feu, des évasions collectives, des blocages et du bordel en tous genre (comme à Metz).

Iels dénoncent le manque d’hygiène, pas de masques ni de gants pour les flics ni pour elleux, la violence de la part de la police et le mépris des médecins. Iels demandent la libération de tout le monde.


Voici plusieurs communiqués et
témoignages publiés depuis le dimanche 15 mars, à faire circuler !

Communiqué des prisonniers de Mesnil-Amelot :
CRA2 :https://abaslescra.noblogs.org/de-toute-facon-le-resultat-pour-nous-cest-la-misere-communique-de-prisonnier-du-cra2-du-mesnil-amelot/
CRA3 :https://abaslescra.noblogs.org/vraiment-on-nous-a-oublie-ici-comminuque-de-greve-de-la-faim-des-retenus-mesnil-amelot/

Communiqué des prisonniers du centre de rétention de
Lille-Lesquin :

https://abaslescra.noblogs.org/on-prefere-mourir-de-faim-que-de-cette-merde-communique-des-prisonniers-du-centre-de-retention-de-lille-lesquin-du-15-mars/

Communiqué de prisonniers du cra 1 de Vincennes le 16 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/greve-de-la-faim-et-foutage-de-gueule-paroles-de-linterieur-du-cra-de-vincennes/

Témoignage d’un prisonnier de Lyon St Ex le 17 mars:
https://crametoncralyon.noblogs.org/temoignage-au-cra-de-lyon-st-ex-greve-de-la-faim-face-a-la-suppression-des-visites-et-des-audiences-et-la-crainte-des-prisonnier-es-face-au-coronavirus/

Lettre collective de prisonniers du CRA de Vincennes le 19 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/au-cra-de-vincennes-les-prisonniers-sont-encore-plus-isoles-et-encore-moins-en-securite/

Témoignage d’un prisonnier du CRA de Bordeaux le 20 mars :
https://abaslescra.noblogs.org/ils-ont-endormis-tout-le-monde-en-disant-que-le-cra-etait-ferme-temoignage-dun-prisonnier-du-cra-de-bordeaux-toujours-ouvert/

Témoignage de deux prisonnier du CRA de Oissel du 20 mars 2020:
https://abaslescra.noblogs.org/il-reste-des-gens-et-tous-ils-viennent-de-prison-des-nouvelles-de-la-situation-a-la-prison-de-oissel/


Après la grande journée de luttes du 16 mars, ça reste très chaud. La bonne nouvelle est que pas mal de prisonniers-ères ont été libéré.e.s depuis mardi dans plusieurs centres. Notamment les personnes qui passent devant le-la juge, celles qui ont pu payer un.e. avocat.e, et celles qui sont en contact avec les associations qui bossent dans les centres et qui ont demandé la mise en liberté des prisonniers-ères. Mais les autres prisonniers-ères restent enfermée dans des conditions qui étaient dégueulasses bien avant le virus, et comme si la situation n’était déjà pas assez grave, les keufs continuent de provoquer les prisonniers-ères, font circuler des rumeurs, font péter des cables.

Les keufs ont fait beaucoup tourner des rumeurs de libérations de tous les prisonniers a Vincennes (et dans d’autres cra) ce lundi avant d’arrêter d’en parler. De ce que disent les prisonniers du CRA1 de Vincennes, il reste encore une trentaine de personnes enfermées là bas;. Alors que dans certains centres il y a des libérations, d’autres continuent d’expulser vers les quelques destination ou il y a encore des vols, voire même d’enfermer de nouvelles personnes : au Mesnil-Amelot le 16 et le 17 mars encore, au matin, des nouvelles personnes sont arrivées au centre. Apparemment, ce sont surtout de personnes qui sortent de taule et sont envoyées directement au CRA. Ainsi la peine pour les sans-pap est prolongée de trois mois de plus, et avec le risque de choper le virus en plus !

À Bordeaux une action collective au tribunal a permis la libération de tous les retenus du CRA, de même pour les CRA de Nîmes et Montpellier qui sont en cours de se vider ! A Toulouse une action du même genre serait en cours pour les 62 prisonnier.e.s. A Rennes, toutes les demandes de remises en liberté ont été refusé ce mercredi 18 mars. À Palaiseau, Strasbourg, Hendaye, Oissel, Plaisir les gens commencent à sortir, vu qu’avec la fermeture des frontières iels peuvent pas être déporté.e.s. Dans certains CRA, à  Hendaye comme à Strasbourg, des personnes ont été transférées d’un centre à l’autre.

Dans d’autres centres la situation reste tendue, à Calais l’administration  du centre est contre les libérations, soit disant pour protéger les personnes et pour éviter que les retenus une fois sortis s’échappent en Angleterre ou en Belgique. Quelques personnes ont été libérées entre le mardi 17 mars et le mercredi 18 mais il reste beaucoup de prisonnier.e.s à l’intérieur.
Des rafles ont eu lieu le weekend dernier, des personnes sur place disent que c’est l’hallu totale, le CRA est surpeuplé, des matelas sont mis par terre dans les cellules, 2 algériens ont été déportés vers l’Algérie et un congolais vers la République du Congo. L’administration bloque l’accès aux dossier et refuse de communiquer la liste des personnes présentes et les arrêtés. Le tribunal libère au compte-goutte…


N’importe qui peut discuter avec les prisonnier-es en CRA en appelant les cabines.
 
En ce moment encore plus que d’habitude, vous pouvez appeler les cabines des CRA pour témoigner de votre solidarité. Si vous ne l’avez jamais fait et que vous vous demandez quoi dire, voilà quelques idées :
 
  •      Expliquer que vous êtes à l'extérieur et que vous avez vu passer des nouvelles sur la situation dans le CRA
  •      Expliquer que vous êtes solidaires et que vous appelez pour prendre des nouvelles ; discuter, c'est toujours bien de montrer qu'à l'extérieur il y a du soutien et qu'on oublie pas les prisonnier-es ; ne pas hésiter à préciser que vous n'êtes ni avocat, ni journaliste, ni asso ou flic car parfois c'est compliqué de se présenter
  •      Prendre des infos : combien de personnes reste-t-il dans le CRA ? Y a t-il des libérations régulières ? est-ce que les demandes de mise en liberté sont acceptées par le juge ? quelle est la situation dans le CRA ? et nous envoyer ces infos si vous le souhaitez à
    abaslescra@riseup.net
  •      Proposer à la personne de publier son témoignage sur internet : si elle est d'accord, lui proposer de prendre en note son témoignage (vous pouvez aussi l'enregistrer via la fonction enregistreur de votre
    téléphone ou de votre ordinateur, afin d'être sûr-e de bien noter tout ce que la personne dit). Vous pouvez ensuite publier le témoignage dans vos réseaux, sites d'infos locaux, et/ou nous l'envoyer à abaslescra@riseup.net pour publication sur le blog. Précision : pour nous, c'est important de publier la parole directe des prisonniers, en la médiant le moins possible ; on on préfère donc les témoignages directs plutôt que les textes écrits par des personnes extérieures, même s'ils s'inspirent d'échanges avec les prisonnier-es.
  •     Proposer à la personne de publier un témoignage
    collectif/un communiqué : c'est notamment bien lorsqu'il y a des mouvements de révolte collectifs à l'intérieur comme des grèves de la faim, ou bien les prisonnier-es peuvent avoir envie de se mettre
    d'accord sur plusieurs points qu'ils aimeraient communiquer à l'extérieur, plutôt qu'un témoignage individuel. Dans ce cas, vous pouvez par exemple proposer de rappeler plus tard et prendre en note le
    texte, puis le publier dans vos réseaux/sites d'infos locaux, et/ou nous l'envoyer à abaslescra@riseup.net
  •     Si vous le souhaitez, prendre le numéro de la personne à qui vous avez parlé (les téléphones sans appareil photo sont autorisés dans les CRA, des prisonnier-es ont donc parfois des téléphones mais
    généralement sans accès internet) pour prendre des nouvelles régulièrement

Numéro des cabines en CRA (pour joindre les retenu.e.s) et numéro des associations dans les centres / informations trouvées sur le site du GISTI

Des associations sont présentes en rétention qui peuvent parfois informer les personnes retenues. Elles sont plusieurs à assurer cette fonction. Elles sortent des rapports tous les ans sur la situation dans les centres et locaux de rétention administrative.

CRA en IDF Contacts association Contacts numéros de cabines
Mesnil-Amelot CRA n°2 La Cimade :

01.60.36.09.17 ou 01.60.14.16.50

Fax : 01.60.54.17.42

Bâtiment 9 : 01.60.54.16.56 / 57

Bâtiment 10 : 01.60.54.16.53 / 55

Bâtiment 11 : 01.60.54.16.51 / 52

Bâtiment 12 : 01.60.54.16.49 / 50

Bâtiment 13A1 (femmes) : 01.60.54.16.48

Bâtiment 13A2 (femmes) : 01.60.54.16.47

Bâtiment 13B1 (familles) : 01.60.54.16.46

Bâtiment 13B2 (familles) : 01.60.54.16.46

Bâtiment 13B3 (familles) : 01.60.54.27.89

Mesnil-Amelot CRA n°3 La Cimade :

01.64.67.75.07 ou 01.84.16.91.22

Fax : 01.64.67.75.54

Bâtiment 3 : 01.60.54.27.84 / 78

Bâtiment 4 : 01.60.54.27.76 / 01.60.54.26.03

Bâtiment 5 : 01.60.54.26.02 / 01.60.27.64.94

Bâtiment 6 : 01.60.27.64 88 / 91

Palaiseau FTDA :

01.69.31.65.09

Fax : 01.60.10.28.73

01.60.14.90.77 / 01.69.31.29.84 /
01.69.31.17.81
Paris-Vincennes CRA n°1 Groupe SOS / Assfam :

01.43.96.27.50

Fax : 01.43.76.64.04

01.45.18.02.50 / 59.70 / 12.40

Extension du CRA 1 : 01.43.96.02.68 / 59.39

Paris-Vincennes CRA n°2 Groupe SOS / Assfam :

01.49.77.98.75

Fax : 01.43.53.02.57

01.48.93.69.47/69.62/90.42
Paris-Vincennes CRA n°3 Groupe SOS / Assfam :

01.49.77.98.51

Fax : 01.43.53.03.24

01.43.76.50.87 / 01.48.93.99.80 /
91.12
Plaisir FTDA :

01.30.07.77.68

Fax : 01.30.55.32.26

01.34.59.49.80
CRA par région Contacts association Contacts numéros de cabines
Bordeaux La Cimade :

05.57.85.74.87

Fax : 05.56.45.53.09

05.57.01.68.22

05.57.26.87.09

Coquelles FTDA :

03.21.85.28.46

09.60.05.10.51

03.91.91.16.01

Fax : 03.21.85.88.94

03.21.00.91.55

03.21.00.82.16

03.21.00.96.99

Guadeloupe La Cimade :

05.90.46.14.21

Fax : 05.90.46.14.21

05.90.20.42.93 (hommes)

05.90.28.60.10 (femmes)

Guyane La Cimade :

05.94.28.02.61

Fax : 05.94.28.02.61

05.94.37.78.34 (hommes)

05.94.37.78.73 (femmes)

Hendaye La Cimade :

09.72.46.45.89

Fax : 09.72.35.32.26

05.59.15.34.19 et 05.59.15.34.20
(hommes)

05.59.15.34.21 (femmes)

Lille-Lesquin Ordre de Malte :

03.20.85.25.59

Fax : 03.20.85.24.92

Hall : 03.20.44.74.13

Zone A : 03.20.32.76.20

Zone B : 03.20.32.70.53

Zone C : 03.20.32.75.31

Zone F : 03.20.32.75.82

Lyon-Saint-Exupéry Forum réfugiés – Cosi :

04.72.23.81.64

04.72.23.81.31

Fax : 04.72.23.81.45

Zone Nord : 04.72.22.09.19

Zone Ouest : 04.72.22.08.18

Zone Famille : 04.37.46.27.15

Marseille Forum réfugiés – Cosi :

04.91.56.69.56

04.91.81.87.12

Fax : 04.91.53.97.23

04.91.67.94.06

04.91.81.53.12

04.91.81.45.89

04.91.67.93.29

04.91.81.17.58

04.91.81.39.54

04.91.42.34.86

04.91.63.13.05

04.91.67.41.56

Mayotte Solidarité Mayotte :

02.69.60.80.99

06.39.21.64.81

Fax : 02.69.62.46.55

Z1 : 02.69.63.68.74

Z2 : 02.69.63.68.73

Z3 : 02.69.63.68.78

Z4 : 02.69.63.68.72

Z5 : 02.69.63.68.75

Z6 : 02.69.63.68.76

Metz Orde de Malte :

03.87.36.90.08

Fax : 03.87.50.63.98

Zone femme et famille :
03.87.18.16.55

Zone homme : 03.87.18.16.63

Zone 3 : 03.87.18.16.66

Zone 4 : 03.87.18.16.64

Nice Forum réfugiés – Cosi :

04.93.55.68.11

04.93.56.21.76

Fax : 04.93.55.68.11

04.93.55.84.68

04.97.08.08.23

Nîmes Forum réfugiés – Cosi :

04.66.38.25.16

Fax : 04.66.37.74.37

Zone A1 : 04 66 67 08 10 et 04
66 36 09 35

Zone B0 : 04 66 26 01 08

Zone B1 : 04 66 87 08 15 et 04 66 06 65 01

Zone C0 : 04 66 28 03 63

Zone C1 : 04 66 06 64 01 et 04 66 38 08 72

Zone d’accès contrôlé : 04 66 64 06 73 et 04 66 29 09 46

Perpignan Forum réfugiés – Cosi :

04.68.73.02.80

Fax : 04.68.73.12.10

Zone B3 : 04 68 52 16 32

Zone B4-5 : 04 68 84 04 36

Zone B6-7 : 04 68 73 01 91

Rennes La Cimade :

02.99.65.66.28

Fax : 02.99.65.66.07

H1/H2 : 02 99 35 64 60

H3/H4 : 02 99 35 28 97

H5 : 02 99 35 13 93

H6 (femmes/familles) : 02 99 35 64 59

La Réunion La Cimade :

02.62.40.99.73

Fax : 02.62.40.99.80

02.62.97.25.77
Rouen-Oissel FTDA :

02.35.68.75.67

Fax : 02.35.68.75.67

Zone hommes : 02 35 68 61 56 /
77 09

Zone femmes/familles : 02 35 69 11 42

Sète Forum réfugiés – Cosi :

04.67.74.39.59

Fax : 04.99.02.65.76

04.67.53.61.60

04.67.53.61.41

Strasbourg Ordre de Malte :

03.88.39.70.08

03.88.39.36.73

Fax : 03.88.84.83.65

Module B : 03 88 67 39 92

Module C : 03 88 67 29 94

Module D : 03 88 67 19 72

Module E : 03 88 67 41 25

Toulouse La Cimade :

05.34.52.13.92

05.34.52.13.93

Fax : 05.34.52.12.07

Secteur A (hommes) : 05 34 52 11
06

Secteur B (femmes) : 05 34 52 11 05

Secteur C (familles) : 05 34 52 11 02

Secteur D (hommes) : 05 34 52 11 03

Secteur E (hommes) : 05 34 52 11 01

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« Solidarité avec Fabrice Boromée contre l’isolement carcéral ! »

Mardi 18 juin 2019, Fabrice Boromée doit passer en procès à Tarascon pour avoir tenté une résistance à la prison d’Arlesil était enfermé -et donc torturé- il y a 5 ans. Depuis, tout va de mal en pis, tant au niveau pénitentiaire et juridique que médical.

Jeudi 20 juin 2019, Christine passera quant à elle en procès à Digne pour avoir « harcelé téléphoniquement » un médecin qui refusait de faire des visites décentes au quartier d’isolement de la prison de Moulins où Fabrice était alors enfermé.

Depuis 2012, Fabrice Boromée subit l’enfermement dans les quartiers d’isolement des prisons en métropole. Depuis sept ans, ses conditions de détention doivent être qualifiées de torture. Ce traitement inhumain a été mis en place par l’administration pénitentiaire après que Fabrice a refusé de se soumettre à l’arbitraire carcéral qui lui interdisait d’assister à l’enterrement de son père en Guadeloupe. Depuis, Fabrice ne demande qu’une chose : être transféré en Guadeloupe auprès de ses proches. Face au silence de l’administration, il s’est révolté de nombreuses fois pour se faire entendre, notamment avec des prises d’otage. Alors qu’il était entré en prison pour une peine de huit ans, il a pris des rallonges de peine à la pelle : il a aujourd’hui encore trente ans à faire.

Enfermé et exilé de force en métropole Fabrice subit une double peine, comme de nombreux autres détenu.e.s originaires des territoires qu’il est convenu d’appeler les « DOM-TOM ». Outre la répression carcérale, leur situation révèle un des aspects de la domination coloniale que l’État français continue d’imposer aux populations de ces territoires. À l’isolement et très éloigné de ses proches, Fabrice n’a de contacts quasiment qu’avec les surveillants casqués…

Depuis, plusieurs articles de presse ont été écrits sur sa situation mais celle-ci n’a pas changé et la mesure d’isolement n’est toujours pas levée. Au contraire, il a subi des conditions extrêmement difficiles, dignes des anciens QHS (Quartiers de haute-sécurité) soit-disant abolis : menottage systématique, escortes suréquipées et violentes, refus de le laisser voir le médecin ou le cpip dans des conditions décentes, repas jetés par la trappe… Il y a 18 mois Fabrice refusait de sortir de la douche, demandant à la direction de respecter ses engagements pour son transfert. La seule réponse a été de lui envoyer les ERIS (Equipe régionale d’intervention et de sécurité) qui ont balancé une grenade assourdissante dans une douche de quelques mètres carrés. Ces violences de l’administration lui ont fait perdre l’ouïe d’une oreille.

L’isolement carcéral, véritable torture, a des conséquences très graves sur sa santé et son moral. Il a eu des attaques cardiaques, il se plaint de migraines permanentes, sa vue baisse, il s’exprime moins bien, il perd le goût de vivre… Un ulcère de l’estomac a été diagnostiqué il y a six mois et empire à cause du stress continuel. Ces agissements ignobles sont validés par le ministère de la justice et des médecins complices.

Nous ne les laisserons pas tuer Fabrice Boromée !

Pour lui écrire :

Fabrice Boromée, écrou N°638, MC QI- 5 rue Droux, 62880 Vendin-le-vieil

Des opposant.e.s à la prison et ami.e.s de Fabrice

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« On comprend pourquoi certains prisonniers ont préféré demander à leurs proches de ne pas venir pour leur épargner cette humiliation »Communiqué des femmes de prisonniers de Condé sur Sarthe et du Syndicat PRP

Communiqué des femmes de prisonniers de Condé sur Sarthe et du Syndicat PRP

Suite au premier parloir à Condé-sur-Sarthe depuis le blocage

Ce mercredi 27 mars 2019, nous avons enfin pu voir nos proches, nos frères, nos maris. Cela faisait trois semaines ; trois semaines d’inquiétude. Depuis trois semaines, nous n’avions de leurs nouvelles que par des coups de fil de quelques minutes. Et ces nouvelles  étaient angoissantes. Depuis trois semaines, nos proches ont subi la violence sourde de la grève des matons.

En bloquant la prison de Condé-sur-Sarthe, les matons ont rajouté de l’isolement à l’isolement. Construite pour enfermer des hommes condamnés à des « peines infaisables » durant une vie entière, cette prison est déjà ultrasecurisée. L’enfer vécu par nos proches, que nous avons déjà dénoncé, nous a été confirmé, durant nos parloirs. Pendant trois semaines, ils ont été enfermés dans leur cellule toute la journée : pas de promenade, pas d’accès au travail -donc moins de moyens pour cantiner le mois prochain. Ils ne recevaient de la nourriture qu’une fois par jour (une baguette et une boîte de thon, et pour certain une portion de riz pour trois jours). Il n’y avait pas non plus de cantine (le magasin interne de la prison où les prisonniers peuvent acheter de la nourriture ou des cigarettes… à des tarifs plus élevés qu’à l’extérieur). Certains ont eu droit à leurs cigarettes, mais pas tous. Pour certains, les télés, plaques de cuisson ou encore table et fer à repasser ont été confisqués. Il y a aussi eu des coupures d’électricité, d’eau et de chauffage. Enfin, les poubelles se sont entassées dans les cellules, car les déchets n’étaient pas récupérés… Ils ont été enfermés par les Eris (le GIGN de la prison) qui ont appliqué leur pratique (encore plus) brutale durant ces trois semaines : comment supporter de se faire livrer sa seule gamelle de la journée par une personne cagoulée, qui d’habitude nous frappe et nous envoie au mitard lorsqu’on exprime nos désaccords face à l’administration ? Les Eris ont passé à tabac ceux qui dénonçaient la situation.

Lorsqu’enfin le blocage devait cesser, ils ont subi l’humiliation supplémentaire d’une fouille intégrale de la prison. Après leur avoir fait vivre l’enfer, les matons osent s’étonner d’une « certaine froideur et de l’incompréhension de la part des détenus, car ils se considèrent eux aussi comme victimes ».

On doit le dire, on est arrivées pour ce parloir un peu inquiètes. L’administration pénitentiaire a accepté l’ensemble des mesures sécuritaires demandées par les syndicats de matons fascisants. La presse relayait que les moments collectifs vont être encore plus limités et vont renforcer l’isolement de nos proches (fermeture des espaces communs, locaux réaménagés pour limiter les regroupements, les Eris vont rester dans l’établissement encore longtemps). Des grilles vont être installées à la place des barreaux actuels limitant les possibilités de yoyo (grâce aux yoyos, les prisonniers peuvent se filer des objets de cellule en cellule – durant le blocage ce fut essentiel : nos proches ont été solidaires entre eux en s’échangeant cigarettes ou bouffe grâce aux yoyos car ils étaient bloqués en cellule 24h sur 24).

Les mesures sécuritaires sont déjà mises en place avec des conséquences désastreuses. Alors que la situation était déjà intolérable avant le blocage, elle empire… Les Eris continuent à tourner dans l’établissement en soutien aux matons. Les espaces collectifs sont fermés : pas d’accès aux cuisines collectives et aucune possibilité d’y récupérer la nourriture stockée qui a été jetée, pas d’accès aux machines à laver… Le matériel confisqué n’a toujours pas été rendu entrainant pour certains l’impossibilité de se faire à manger.

On était inquiètes, car on se demandait comment nos proches seraient : dans quel état de stress ? Ne seront-ils pas trop marqués par ces trois semaines d’isolement ?

On était inquiète pour nous-mêmes  aussi ; nous qui vivons les peines de nos proches par procuration, sans être passés devant un juge. La semaine dernière, les matons ont cherché à faire monter la pression sur les réseaux quand on revendiquait notre droit à voir nos proches. Mais ils avaient disparu vendredi dernier, lorsqu’on est venues devant Condé-sur-Sarthe. Ils ne nous avaient pas laissées entrer, mais au moins, ils n’étaient pas venus à la confrontation. Reste qu’ils avaient annoncé des fouilles des familles pour la reprise des parloirs ce mercredi.

Qu’allaient-ils encore nous réserver ? Juste des palpations ? Qu’allaient-ils faire avec les enfants et les nourrissons ? Par précaution, pour ne pas traumatiser les petits, certaines d’entre nous ont préféré y aller seules pour ce premier parloir.

En arrivant, on constate rapidement que les matons ont la haine contre nous : ils ont  saccagé l’abri famille. Dès l’arrivée dans le sas, on comprend qu’ils feront tout pour nous humilier. Il y a des flics en renfort. Avec les matons, ils sont une vingtaine, et le directeur adjoint de la prison est là, alors que nous sommes moins de quinze… Ils nous font aligner contre le mur. Les enfants sont tous palpés, et pour les nourrissons, il faut leur enlever la couche devant un flic. Les adultes finissent tous en sous-vêtements ; on nous demande même de secouer nos culottes et soutiens-gorge. Le directeur adjoint force les flics à fouiller un vieux monsieur qui avait été initialement dispensé de l’humiliation. On comprend pourquoi certains prisonniers ont préféré demander à leurs proches de ne pas venir pour leur épargner cette humiliation. Le directeur adjoint se charge de mettre la pression sur certaines familles, leur demandant de gérer leur mari « agressif » (qui ne le serait pas après  trois semaines dans ces conditions ?) sous peine de se voir supprimer leur parloir.

De nouveau, nous dénonçons les conditions d’incarcération de nos proches. Nous dénonçons l’existence même de la prison de Condé-sur-Sarthe, qui applique des peines de mise à mort sociale. Nous dénonçons l’isolement qu’ils subissent et les humiliations qui se cachent derrière les mesures « sécuritaires ». Nous ne pouvons accepter que nous, famille et proches, qui n’avons jamais condamnées, nous subissions aussi l’enfermement, et que nous soyons fouillées par des matons.

Toujours aussi déterminés, nous resterons toujours solidaires avec nos proches ! Et avec les autres prisonniers qui ont subi des blocages, comme à Seysse, où ils ont refusé de remonter de promenade !

Le syndicat PRP et des femmes de prisonniers de Condé-sur-Sarthe

Sur un mur de la ville de Seysses (31)

« Des gens ont pillé la plus belle avenue du monde! » Comparutions immédiates suite à l’acte XVIII des Gilets Jaunes à Paris

TOUS COMPLICES !

Alors comme ça, on est maintenant tous et toutes considérés comme « complices » des dégradations ? Sauf qu’on l’était déjà ! Automatiquement coupables, même : depuis la « justice d’exception » créée par Sarkozy, « participer sciemment à un groupement » est un délit (cf. compte rendu précédents), que les tribunaux collent à tous les gilets jaunes qui passent en comparution immédiate (CI).

 Nouvelle audience, même comédie : une cour aux ordres du parquet, une justice de classe qui fait le taf. Et qui donne les mêmes leçons de morale, par-dessus le marché : on est censés verser une larme sur le traumatisme à répétition des riverains des Champs-Elysées, dont certains ont même « échappé à la mort » ! Les déclarations du gouvernement ont clairement porté leurs fruits dans les réquisitions du procureur : la prison, c’est la sanction, et la privation de liberté doit être effective. C’est sa fonction première : un repoussoir. Un épouvantail que le gouvernement brandit devant un mouvement populaire qu’il n’a réussi ni à endiguer, ni à tout à fait diviser.

Du fait de la mise en scène spectaculaire de la casse que cet acte XVIII a permis ; du fait des pseudo polémiques sur les dites « défaillances du maintien de l’ordre » policier dans la rue, il fallait que le gouvernement monte le ton pour satisfaire l’électorat dont il veut défendre les intérêts. Il y a donc eu le « limogeage » du préfet de police, remplacé illico par Didier Lallement qui, entre autres faits d’armes, fut le patron de l’Administration Pénitentiaire entre 2001 et 2004. Alors que d’importants mouvements de prisonniers dénonçaient les peines infinies qu’ils avaient à tirer ; alors qu’ils se battaient dans des quartiers d’isolement qu’ils comparaient à Guantanamo (notamment à Fresnes et Fleury), ce triste sire était appelé à la rescousse pour écraser la contestation.

 Entre 2001 et 2004, Lallement est directeur de l’Administration pénitentiaire (…) Il crée notamment le Bureau de renseignement pénitentiaire au sein de l’état-major de sécurité EMS3, qui vise le grand banditisme et l’extrémisme islamiste. Ce Bureau de renseignement pénitentiaire a fait courir la rumeur qu’une menace islamiste incontrôlable et massive existerait derrière les barreaux, afin de justifier les pratiques islamophobes de l’Administration pénitentiaire alors même qu’environ 60% des détenu.e.s sont de confession musulmane. En 2003, Lallement impulse également la création des Equipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS), les unités de type GIGN prêtes à intervenir en détention de façon agressive et sur-armée, où ils tirent au flashball à bout portant au sein des cellules.( Portrait complet sur Paris lutte infos)

Mais au-delà de cette annonce, le gouvernement a surtout sonné une nouvelle fois ses petits juges de garde afin qu’ils et elles durcissent encore un peu plus le ton dans les salles des Batignolles. La plupart des peines de prison ferme que nous avions vu prononcer jusqu’à présent dans les procès de gilets jaunes au tribunal de Paris étaient aménageables, car inférieures à deux ans. Attention, c’était – comme toujours pour ce type de peine- au bon vouloir du juge des libertés et de la détention. Plus rares étaient cependant les peines assorties d’un mandat de dépôt. La nouvelle tendance est donc de les assortir systématiquement d’un mandat de dépôt.

Comme lors des audiences précédentes, toutes les personnes déferrées ont été interdites de présence à Paris pendant un an. Attention : bien sûr qu’on a toujours le droit de manifester, comme la cour s’évertue à le répéter… mais en se rendant bien compte que ce gouvernement vient d’affirmer plus clairement que jamais son droit à nous enfermer et à nous mutiler : il va « falloir assumer, même si un black block qui met le feu au Fouquet’s s’en prend une et finit paraplégique », a déclaré au Parisien (édition du 19 mars) un membre du gouvernement anonyme (courageux mais pas téméraire !).

Marx avait vu juste : l’Etat est bel et bien une bande d’hommes en armes et ses satellites.

 A cette audience, la mairie de Paris s’est portée partie civile dans tous les dossiers, mais sa demande a le plus souvent été rejetée. Dans les cas où elle a été déclarée recevable, les condamné.e.s repasseront en audience civile le 16 avril pour se voir exiger des dommages et intérêts – que la mairie aura réussi à chiffrer d’ici là…

Certains avocats commis d’office ont été tout simplement lamentables. Quand la présidente a expliqué aux prévenus qu’ils avaient la possibilité de refuser la comparution immédiate, la plupart se sont tournés vers leurs « défenseurs » d’un air perplexe ; ces incapables n’ont pas été foutus d’expliquer à leurs clients ce qu’est une CI, le renvoi automatique s’ils le demandent et les différentes options suite à ce renvoi : comparaître libres, avec un contrôle judiciaire plus ou moins strict, ou partir en détention provisoire s’ils n’ont pas de garanties de représentation. Quant aux plaidoiries… Oui, mon client est coupable et la cour doit le condamner ; mais coupables simplement de s’être laissé entraîner par d’autres, plus dangereux : les « vrais casseurs » ! Mais pour le proc comme pour la cour, même cette dissociation est devenue inacceptable : si après quatre mois de manifestations violentes, les gens continuent à y aller, c’est bien pour en découdre ; ils sont donc coupables. Lire la suite

Appel national à perturber la justice quotidienne le mardi 5 mars 2019

Nous relayons ici un appel émanant d’une assemblée des environs de Toulouse dont nous partageons, évidemment, l’analyse !

Appel national à perturber la justice quotidienne le mardi 5 mars 2019 

« Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes la répression s’abat avec une grande violence. La répression, c’est d’abord la police qui blesse, mutile, tue (comme Zineb Redouane à Marseille le 2 décembre), et qui a arrêté plus de 8 000 personnes en trois mois.

C’est aussi la justice, qui a condamné 1 800 personnes dont plusieurs centaines dorment aujourd’hui en prison. Nous ne les oublions pas ! Mais la justice ce n’est pas seulement la répression du mouvement social.

La justice, c’est cette machine qui chaque jour, dans le silence des salles d’audience à peine troublé par le froufrou des robes bordées d’hermines des magistrats, condamne les pauvres. Ce sont le paternalisme, le racisme et le mépris de classe du juge qui « mène les débats » et prononce la peine. C’est cette mécanique qui chaque jour broie des centaines de vies sans que l’on s’en émeuve.

Ces vies broyées, ce sont d’abord et en immense majorité celles des pauvres. Les petits délits sont désormais le plus souvent jugés en comparution immédiate : des prévenu.e.s comparaissent en sortant directement de garde à vue (parfois de 48 h), n’ayant pas de temps pour préparer leur défense ; des procès bâclés, et dans la majorité des cas des condamnations plus lourdes.

Tandis que des Sarkozy ou des Fillon se la coulent douce, les Gilets jaunes condamnés ont fait les frais de ce dispositif ; mais il touche plus généralement des pauvres tâchant de s’en sortir.

Dans un monde où l’argent est roi, comment vivre quand, pour beaucoup, toute opportunité de travailler légalement a depuis longtemps disparu ?

Parce que la justice ne fonctionne si efficacement que grâce au silence dans lequel elle s’exerce, nous appelons à aller, partout en France, le mardi 5 mars, assister aux audiences près de chez vous, qu’elles concernent ou non des Gilets jaunes. Notre simple présence transformera le déroulement des audiences et pourra en atténuer le résultat.

Amnistie pour toutes les personnes inculpées du mouvement social!

Solidarité avec toutes les prisonnières et tous les prisonniers !

L’assemblée du Mas d’Azil (avec ou sans gilet)

Lu ailleurs : « Combattre la répression dans les prisons »

Le 1er mars dernier a paru sur Paris Lutte Infos un texte signé « Des proches de prisonniers et prisonnier.e.s » qui revient sur une tribune publiée par des proches d’Antonin Bernanos, et qui le disait frappé par une répression féroce dû à ses prises de positions politiques. Nous reproduisons ici ce texte, non pour entrer dans une quelconque polémique, mais parce que nous souscrivons à une bonne part de ce qui y est dit. Tous les prisonniers sont politiques.

 

« Dans les prisons, le quotidien n’est que répression. A travers l’enfermement ou l’arbitraire de ses décisions, l’administration pénitentiaire harcèle et violente les prisonnier-e-s et leurs proches. Il est temps de combattre cette sordide banalité.

Il y a encore quelques jours était publié un texte des proches d’Antonin Bernanos dans lequel elles/ils expliquaient les conditions intolérables d’enfermement qu’il subit. Samedi dernier, lors d’un événement organisé par le collectif libérons-les, Geneviève Bernanos, la mère d’Antonin, expliquait qu’Antonin vivait une situation similaire à l’ensemble des prisonnier-e-s de France. C’est ce que nous souhaitons rappeler à travers ce texte : ce sont soixante-dix mille prisonnier-e-s en plus de leurs proches qui souffrent aujourd’hui de ces mêmes conditions inhumaines. Pour faire en sorte que les mécanismes répressifs dans les prisons françaises ne soient pas passés sous silence et encourager à lutter contre la prison dans son ensemble.

Soyons clair, ce que subit Antonin est intolérable : que ce soit l’enfermement, l’interdiction de communiquer avec l’extérieur, les transferts, les changements de cellule ou encore leur fouille punitive. Ce qui gêne dans ces textes, ce ne sont pas ce qu’ils combattent – nous aussi souhaitons voir les prisons en feu ainsi que le système de contrôle social qu’elles portent – mais la manière dont est présenté l’intolérable quotidien des prisons françaises qui semble devenir une mesure d’exception réservé à un militant qui a été médiatisé. Mais ce n’est pas le cas, ce qui est raconté est bien l’atroce banalité des prisons.

Les mesures subies ne sont pas exceptionnelles et ne sont pas réservées à un prisonnier qui tient un discours politique depuis l’intérieur des murs. Présenter ces mesures de la sorte revient à nier la répression quotidienne des matons et cette répression n’est pas plus tolérable lorsqu’elle touche d’autres formes d’insoumission à l’arbitraire carcérale.

Il semble donc nécessaire de rappeler les banalités intolérables des prisons françaises ; avec l’espoir que ce rappel mobilisera pour la lutte anti-carcérale et étendra les solidarités envers tou-te-s les prisonnier-e-s et leurs proches.

Non, en France, un-e prisonnier-e n’a pas le droit de parler. Sa parole est contrôlée par l’administration pénitentiaire : les matons lisent l’ensemble de sa correspondance et ne se prive pas de la censurer ou d’arrêter un coup de fils lorsqu’ils considèrent que cela est dangereux (par exemple : hier, mon codétenu s’est fait défoncé par les matons, j’ai peur pour ma gueu.Biiiippp… Biiiippp… Biiiippp…). Savez-vous que l’administration pénitentiaire a le droit de refuser qu’un détenu s’exprime à visage découvert dans un documentaire ? Comme cela a été le cas pour le documentaire Le déménagement interdit de diffusion à la télévision durant deux ans car sa réalisatrice a refusé de flouter des personnes qui souhaitaient s’exprimer face caméra.

Oui, les fouilles de cellule sont utilisées comme punition. Tous les matons de France savent qu’il y a des téléphones et du shit dans la grande majorité des cellules (surtout que bien souvent ça leur permet d’arrondir leur fin de mois). Surtout, c’est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de tou-te-s les détenu-e-s. Il suffit qu’un maton se dise « aujourd’hui, c’est lui que je veux faire chier », il fait une fouille de cellule et peut envoyer n’importe qui au mitard (le mitard, c’est la prison dans la prison – tu es seul.e en cellule tous les meubles sont soudés au sol, le matelas est parfois enlevé la journée, tu n’as le droit qu’à une radio, tabac, bouquin, stylo et papier).
Lorsque un.e prisonnier.e montre publiquement qu’il.elle a accès à des choses illégales en prison, l’Administration Pénitentiare ne laisse pas passer. Ce n’est pas une question de discours politique… Bibi-craveur qui a filmé un clip de rap en détention, les boys de Villepinte qui font un mannequin challenge… BigUp à tous de forcer ces espaces de liberté que ce soit pour une prise de parole politique pour Antonin, artistique pour Bibi-craveur, ou juste un délire pour les gars de Villepinte. Surtout qu’on sait que vous avez mangé derrière.

Oui, les « décisions de gestion des établissements » sont des attaques supplémentaires. Une fois qu’un-e prisonnier-e a passé les murs de la prison, l’Administration Pénitentiaire a les pleins pouvoirs sur son devenir. Arbitrairement, elle peut décider des changements de cellule, de régime de détention, et même de prison. Par ces mesures, elle tente de briser les liens qui existent entre les prisonnier-e-s et avec l’extérieur, et les solidarités qui pourraient se construire. C’est aussi utilisé comme un moyen de pression afin de calmer les révoltes, avec par exemple des retours en régime fermé (22h/24 enfermé en cellule) alors qu’on bénéficiait de portes ouvertes à l’étage. Enfin, les transferts de prison éreintent les proches qui doivent toujours s’adapter aux bornes en plus et subir les retards des nouveaux permis de visite.

Non, il n’y a pas de courrier complétement secret en détention. Normalement, les correspondances avec les avocats, les juges, les autorités administratives indépendantes (contrôleur général des lieux de privation de liberté et défenseur des droits) ne peuvent être ouvertes. Mais souvent, des « erreurs » sont commises… Chacun sait que ce ne sont pas des erreurs mais bien des ouvertures illégales de courrier. Aucun maton ne sera réprimandé ou rendu responsable de ces formalités illégales, comme pour les faux en écriture des policiers.

Oui, les familles et proches de détenu-e-s subissent aussi l’incarcération. En effet, pour faire des demandes de parloir c’est la croix et la bannière. Les dossiers incomplets sont refusés. Le juge d’instruction ou la direction de la prison peuvent décider comme bon leur semble de refuser à une personne un parloir. Ils n’ont même pas besoin de justifier leur refus. Des recours administratifs peuvent être réalisés, mais ces derniers sont long et aboutissent assez rarement. Il arrive d’obtenir la décision d’un appel de refus de parloir, plusieurs mois après. Parfois même, la personne est sortie. Alors imaginez le processus d’une demande de parloir lorsque les proches n’ont pas de papiers, lorsqu’ils ne parlent pas français, …

Tout ce que nous venons de décrire est intolérable et est subi par l’ensemble des soixante-dix mille prisonnier-e-s de France. Nous n’avons décrit ici qu’une petite partie des attaques de l’administration pénitentiaire contre les enfermé-e-s. Nous n’avons pas, non plus, développé le rôle social de la prison qui est de dompter les pauvres.

Les réactions, à l’extérieur, existent (rassemblement devant Fleury pendant la grève des matons à la suite de l’appel de l’intérieur, manif à Montreuil Occupons les maisons, détruisons les prisons et autres…) mais restent peu nombreuses. Surtout, il semble que le quotidien carcéral ou le rôle social de la taule dans le monde capitaliste intéressent peu les militants, ou seulement lorsqu’un camarade est touché. L’objectif n’est pas ici d’en faire le procès, mais bien le constat, pour qu’enfin nous réagissions !

Ne laissons pas les soixante-dix mille prisonniers et prisonnières de France seuls.
Feu à la taule. Liberté pour toutes et tous.

Des proches de prisonniers et prisonnières. »

P.-S.
Pour s’informer sur les prisons :
Des émissions de radio : L’Envolée et Ras les murs
Des bouquins : Foucault / Wacquant / Rouillan / Hafed
Des films : Sur les toits / Faites sortir l’accusé / A l’ombre de la République
Portails internet : Carcéropolis / prison insider
Guide à l’usage des proches des personnes incarcérées

« Faites sortir l’accusé » dans les salles en février 2018

Les Films du bout de la ville  et les Ami.e.s de Philippe Lalouel présentent, 

Faites sortir l’accusé, histoire d’une longue peine 

un film documentaire de PeG écrit avec Philippe Lalouel 70 mn

– Séances FEVRIER 2018 –

En présence du réalisateur et de protagonistes du film

Le jeudi 08 FEVRIER – 18H – PARIS – Université TOLBIAC

à l’invitation de la Bibliothèque autogérée de Tolbiacdans le cadre du « mois contre l’enfermement » Université Tolbiac, Amphi L, 90 rue de Tolbiac, 75013 Paris

Le samedi 10 FEVRIER –15H30 – PARIS – La Bellevilloise

dans le cadre du festival Bobines Sociales et en présence de l’EnvoléeLa bellevilloise, 19-21 Rue Boyer, 75020 Paris (Le programme du festival sur bobines-sociales.org/)

Le jeudi 22 FEVRIER – 20H30 – TOULOUSE – American Cosmograph

En présence de Corinne Lakdhari (Act-up) et Monique Erbée, protagonistes du film, 24 Rue Montardy, Toulouse, american-cosmograph.fr/les-fanzines/

Le mercredi 28 FEVRIER – 20H – BAYONNE – ZIZPA GAZTETXEA

à l’invitation du GENEPI, ZIZPA GAZTETXEA, 7 Quai de Lesseps, 64100 BAYONNE, Ouverture du lieu 19h30, Projection à 20h30

Le mardi 06 MARS – 20H – BAGNOLET – Cin’HOCHE

En présence de Delphine Boesel, présidente de l’OIP et protagoniste du film, Cin’Hoche, 6 rue Hoche, 93170, Bagnolet

https://fr-fr.facebook.com/faitessortirlaccuse/

http://leseditionsduboutdelaville.com

Faites sortir l’accusé, un film de PeG, écrit avec Philippe Lalouel, 70 mn, produit par Les films du bout de la ville et les ami.e.s de Philippe Lalouel. Montage : ZED, PeG / Musique : Kindred / Images : N.Potin, C6C7, Gago, F. Lathuillière, PeG / Moyens techniques : radio la Locale, L’Envolée.

Synopsis : Pour des vols et des évasions à la fin des années 1980, Philippe Lalouel est en prison depuis 30 ans. Contaminé par le VIH lors d’une transfusion sanguine, il se bat pour ne pas mourir entre les murs. Au fil d’une longue correspondance avec le réalisateur, il prend la parole depuis une prison de haute sécurité et refuse sa destinée de fantôme social. Autour d’un énième procès aux assises, sa compagne Monique, et un groupe d’amis se battent à ses côtés pour le faire sortir. Une histoire d’amour et d’amitiés qui dévoile une partie de l’implacable machine judiciaire. Une plongée anti-spectaculaire dans le temps infini des longues peines.

Philippe Lalouel is one of France’s many long-serving prisoners, having spent more than thirty years of his life behind bars, initially for robbery and more recently for attempting escape. He is HIV positive and had long fought not to die inside. In this film, he speaks of his refusal to be eliminated, his refusal to

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LES CONSÉQUENCES DE LA GRÈVE DES MATONS


Appel à la conférence :

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LES CONSÉQUENCES DU MOUVEMENT DE GRÈVE DES SURVEILLANTS PÉNITENTIAIRES SUR LES PRISONNIERS

Le mouvement de grève des gardiens de prison suite à l’agression d’un des leurs par un prisonnier menacé d’extradition est largement médiatisé, mais les conséquences de leur mouvement sont systématiquement passées sous silence. Prisonniers et prisonnières sont privés de travail et de cantine ; les promenades sont écourtées ou supprimées ; dans certains établissements, les surveillants coupent l’eau et l’électricité. De nombreux parloirs sont suspendus, ou reportés.Le maintien des liens familiaux, déjà si difficile, est encore mis à mal. La violence de ce traitement exacerbe encore les frustrations des prisonniers, qui subissent déjà la violence de l’enfermement : ce mouvement ne peut que les pousser à bout et provoquer de nouveaux débordements.

L’Envolée, le Syndicat pour le respect et la protection des prisonniers et l’association Pour les détenus de France, harcèlement physique et moral appellent à une conférence de presse à ce sujet.

CRÉATION DU 1ER SYNDICAT DE PRISONNIERS (PRP) ET GRÈVE DES MATONS : DOSSIER DE PRESSE

Fermeture des parloirs et de l’accueil aux familles, remises de peines bloquées, jugements reportés pour les prévenu.e.s comme les condamné.e.s, pas d’accès aux cabines téléphoniques, à la promenade et à la plupart des activités, fermeture des cantines et rationnement des gamelles, coupures d’eau/ d’électricité, pneus cramés devant les portes…

Voila 2 semaines que les matons ont abandonnés leur poste pour fanfaronner à la télé et pleurnicher sur leur situation (à se demander à quoi ils s’attendaient en passant le concours). Ca réclame plus d’armes, plus de personnel, plus d’encadrement, bref plus de sécuritaire. Et pendant ce temps, la machine carcéral continue de tourner et de broyer des vies au quotidien. Bah oui, on allait quand même pas arrêter les condamnations et fermer les prisons ! Alors les keufs et les ERIS s’occupent du maintien de l’ordre, les mouvements des détenu.e.s sont restreints et le peu de confort qu’on peut gratter à l’intérieur est retiré. On tente de les pousser à bout. A l’extérieur, les familles n’ont pas de nouvelles de leurs proches, se retrouvent bloquées devant les parloirs avec comme accueil ligne de matons et pneus en feu. Et la pression monte, les journées se ressemblent et sont toujours plus sombres.

Alors avant que tout explose et que le débat s’oriente sur « la violence des prisonnier.e.s », des proches d’incarcéré.e.s, qui viennent de créer le 1er syndicat de prisonniers (le PRP), prennent la parole pour dénoncer les violences de l’AP et de l’État, et mettre le point sur la situation qu’ils vivent actuellement.

Articles :

Le Monde

Le Monde 2

20 Minutes

La Nouvelle République

Le Point

 

Sons :

France Culture

France Inter

« LES LAMES DE RASOIR, ÇA SE DIGERE BIEN »

Conférence de presse le 27 septembre devant les Baumettes à 11h

 

 

Le 10 août 2017, lendemain de son arrivée aux Baumettes, Bilal Elabdani est retrouvé mort dans sa cellule. La veille, lors de la comparution immédiate, les magistrats avaient décidé de ce placement en détention provisoire alors qu’ils demandaient en même temps une expertise psychiatrique. La famille avait alerté du danger que représentait cette mise en détention, avec dossier médical à l’appui. L’administration pénitentiaire se disculpe en prétendant n’être au courant de rien, ce qui est évidemment invraisemblable.

D’autres décès ont eu lieu ces derniers mois aux Baumettes. Ces actes désespérés résonnent dans les motivations de détenus qui s’opposent à l’administration pénitentiaire. C’est le cas d’Abdelhalim qui a débuté une grève de la faim et de la soif le 22 août, rejoint en solidarité par Samy, son cocellulaire, le 26 août. Vu son état de santé trop critique, Samy y met fin le soir du 31 août pour continuer la lutte autrement, avec des soutiens extérieurs. Ils dénoncent une prison insalubre et délabrée (escaliers et plafonds qui s’écroulent, y compris dans les cellules), la non-conformité aux normes européennes, des maladies (gale, staphylocoques), des cafards, des rats, des champignons, et bien sûr… des matons violents et leurs abus de pouvoir. Lorsqu’ils ont commencé leur grève, l’administration pénitentiaire leur a délibérément coupé l’eau et a retiré le frigo de leur cellule, en pleine canicule.

 


« Ils m’intimident et je ne peux même plus aller à l’infirmerie par crainte de représailles de ces mêmes surveillants. »

Samy


 

Samy Miout est originaire de Nantes. Alors qu’il est incarcéré, l’hôpital l’informe du prochain décès de sa mère. Il fait envoyer à l’administration pénitentiaire un certificat de fin de vie en date du 15 avril 2017 pour retourner la voir dans sa ville d’origine… Sa demande n’a pas été prise en compte. Elle décède le 6 mai, et il n’a pas pu assister aux obsèques. Samy demande un transfert pour rapprochement familial dans la région nantaise.

Le 1er août, il est agressé par des matons lors de son retour de l’ucsa (unité de consultations et de soins ambulatoires). Il demande un rendez-vous à l’infirmerie pour faire constater ses lésions et obtenir un certificat médical. Ce rendez-vous est accordé pour le 3 août mais, à l’heure dite, les matons refusent de l’extraire de sa cellule et de l’accompagner à l’infirmerie. En réaction, il bloque sa cellule et détruit le lavabo. Il restera toute la nuit dans la cellule inondée et ses appels à l’aide ne recevront aucune réponse. Le 8 août, il porte plainte et demande une protection judiciaire mais, en l’absence de certificat médical, cette plainte reste à ce jour sans suite. Le 28 août, alors qu’il est en grève de la faim et de la soif depuis 2 jours, il n’avait toujours pas vu de personnel médical malgré son état de santé qui se dégradait, et n’avait pas reçu de formulaire de grève. Il subit de plus l’ironie des matons. Pour ne citer qu’un exemple, suite à une tentative de suicide, on lui dira : « Les lames de rasoir, ça se digère bien. »

 

Abdelhalim Trazie-Bi, quant à lui, est actuellement au seuil de la mort du fait de la déshydratation. Placé en réanimation le 25 août, il sera ramené peu après en prison. Il arrache alors ses perfusions et recommence sa grève de la faim et de la soif. Abdelhalim devait être libéré en juin dernier, mais le juge d’application des peines procède à une révocation de trente mois de sursis cumulés. Abdelhalim n’a pas pu assurer sa défense puisque ni lui ni son avocat n’avaient été informés de l’audience. Ce dernier a aussitôt déposé une plainte contre x pour « faux et usage de faux », considérant, documents à l’appui, que la signature figurant au bas de la convocation n’est pas celle de son client. Puis, se rendant compte, début août, que le Parquet général n’a pas été saisi de sa plainte, pourtant enregistrée au greffe du tgi de Marseille le 12 juillet 2017, son avocat s’est adressé directement à plusieurs procureurs-adjoints. Abdelhalim a fait trois tentatives de suicide en l’espace d’un mois. À chaque fois il a été remis dans sa cellule alors qu’il pouvait à peine se tenir debout, et aucun soutien psychologique ne lui a été apporté.

 


Aux dernières nouvelles, Samy a été placé au quartier disciplinaire. Abdelhalim continu sa grève de la faim. Huit prisonniers se sont solidarisés, ils ont été mis à l’isolement…

Conférence de presse le 27 septembre devant les Baumettes à 11h !

 


Déroulement de la conférence :
-Communiqué de presse sur la situation de Samy Miout et Abdelhalim Trazie-bi par le Collectif Soutien aux Détenus en France harcèlement moral et physique avec Maître Tarrasconi (Baumettes historique)
-Communiqué de presse sur l’histoire de Bilal Elabdani par l’émission de radio Passe-Muraille, avec la famille de Bilal Elabdani et son avocat – Maître Pouillaude (Baumettes II)

 


Pour leur écrire :

CP des Baumettes historique, Samy Miout 184 030, Bâtiment A, 213 chemin de Morgiou, 13404 Marseille Cedex 20
CP des Baumettes historique, Abdelhalim Trazie-Bi 183 546, Bâtiment A, 213 chemin de Morgiou, 13404 Marseille Cedex 20

 

Organisé par le collectif Casse-muraille et le collectif soutien aux détenus de France ( harcèlement moral et physique)