Catégorie : Événements & communiqués

  • Communiqué du QLCO de Condé-sur-Sarthe

    Communiqué du QLCO de Condé-sur-Sarthe

    On peut écouter la lecture du communiqué à l’émission du 6 février 2026 :

    Au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe, moins de trois mois après son ouverture en novembre 2025, les prisonniers ont commencé des mouvements de protestation. En janvier 2026, ils ont tapé dans les portes et inondé les coursives, et la direction a décidé de couper l’eau aussi sec. Certains rendent d’eux-mêmes tout ce que l’administration pénitentiaire (AP) pourrait leur enlever – télé, frigo… –, ou même arrêtent de cantiner pour réduire le pouvoir de l’administration en lui retirant tout moyen de pression. Comme en septembre au QLCO de Vendin, les prisonniers du Condé ont fait sortir un communiqué dénonçant l’arbitraire de ce régime de détention et son impact sur leurs proches.


    A Gerald Darmanin (alias Moussa de son vrai prénom)

    Je fais ce courrier de la part de tous les détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe. A partir de cet instant, c’est-à-dire le 5 janvier au soir, nous entamons des mouvements de protestation contre le QLCO qui instaure ses propres règles à l’instar du QLCO de Vendin-le-Veil qui parait beaucoup plus souple : 2 heures de promenade, lecteur DVD en cellule, pas de marquage au sol à suivre (une ligne par terre). Ici à Condé, les requêtes ne sont pas prises en compte, les détenus sont 23 h sur 24 en cellule et pour la plupart (pour ne pas dire tous) n’ont rien à faire dans un QLCO.

    Le QLCO n’a aucune vocation si ce n’est une vengeance personnelle sur les détenus, nous regrettons l’opacité des procédures pour affecter les détenus : si l’ensemble des dossiers était traité avec discernement, aucune des personnes détenues à l’instant n’aurait suffisamment de motivations pour y être affectées.

    Les QLCO ont été créés juste pour assouvir les ambitions politiques du ministre de la justice, à part cela, cela ne sert à rien : les agents sont des cagoulés alors que j’étais incarcéré dans cette prison il y a 40 mois en arrière, je les connais tous, c’est une mascarade.

    Pour finir l’ensemble des détenus de Condé-sur-Sarthe QLCO est déterminé à protester, on attend des changements ainsi que de pouvoir s’entretenir avec le chef d’établissement pour améliorer nos conditions de détention.

    Signé : L’association de bien-fêteur de Condé-sur-Sarthe

  • Solidarité avec Mickaël Gilgenmann en grève de la faim pour son transfert et contre son maintien à l’isolement

    Solidarité avec Mickaël Gilgenmann en grève de la faim pour son transfert et contre son maintien à l’isolement

    Actuellement prisonnier à la centrale de Moulins-Yzeure, Mickaël Gilgenmann est incarcéré depuis quatorze ans, dont il a passé la plus grande partie en centrale (prison sécuritaire). Cela fait quatre ans qu’il aurait pu bénéficier d’un aménagement de peine, et il est libérable dans six ans. À son arrivée à Moulins, Mickaël avait été sorti de l’isolement qu’il subissait depuis de longues années, mais depuis six mois, il a de nouveau été soumis à ce régime.

    La direction lui a promis son transfert vers un centre de détention, un type de prison où il est – en principe – moins difficile d’obtenir une libération conditionnelle, contrairement aux maisons centrales, bien plus sécuritaires. L’administration disait que sa sortie de l’isolement serait envisageable après ce transfert, mais en dépit de ces promesses répétées, il a appris ce 22 janvier que le transfert n’aurait pas lieu, et qu’il n’avait même jamais été envisagé.

    Mickaël a immédiatement commencé une grève de la faim et de la soif dès le jeudi 22 janvier à midi. Il ne reçoit pas le suivi médical nécessaire, et son état de santé se dégrade très rapidement. Vendredi, une infirmière a constaté son état ; en 24 heures, il avait déjà perdu deux kilos. Sa santé s’est encore détériorée samedi 24 janvier, et il commençait à avoir des douleurs dans les reins.

    Mickael a décidé d’arrêter sa grève de la soif, mais de continuer sa grève de la faim jusqu’au bout malgré son état de santé déjà préoccupant pour maintenir un rapport de force avec l’administration pénitentiaire. Il est déterminé dans cette lutte qu’il considère comme un dernier recours.

    Nous sommes préoccupés par l’état de santé de Mickaël. Précisons ici clairement qu’il n’est pas du tout suicidaire. Si la direction du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure n’agit pas au plus vite auprès de son administration pour accéder à ses demandes (transfert et levée de l’isolement) et s’il ne fait pas l’objet d’une prise en charge médicale adaptée, elle portera l’entière responsabilité des séquelles sur son état de santé.


    Nous appelons a soutenir Mickaël Gilgenmann dans sa lutte pour obtenir la fin de son isolement et son transfert en centre de détention. Il est en grève de la faim depuis le jeudi 22 janvier et jusqu a ce que ses revendications soient entendues. On invite les personnes solidaires a envoyer au plus vite le courrier ci-dessous à la direction de l’administration pénitentiaire, la direction interrégionale pénitentiaire Lyon Centre Est et au centre pénitentiaire de Moulins Yzeure pour qu’ils sachent que Mickaël n’est pas seul dans son combat et exiger la fin de l acharnement de l administration pénitentiaire a son égard. Nous demandons également aux soutiens d appeler massivement le prison de Moulins dès lundi 26 janvier au 04 70 35 15 00 pour faire passer le même message à la direction et aux autres services de la détention.


    Direction de l’administration pénitentiaire
    13, place Vendôme
    75042 Paris Cedex 1

    Copie à :
    Direction interrégionale des services pénitentiaires Lyon Grand-Est
    19 Rue Crépet, 69007 Lyon

    Direction du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure
    Rue Millepertuis, 03400 Yzeure

    Objet : GRÈVE DE LA FAIM A LA PRISON DE MOULINS-YZEURE

    Madame, Monsieur,

    J’ai été informé que M. Mickaël Gilgenmann a entamé une grève de la faim le jeudi 22 janvier 2026 à midi pour exiger son transfert en centre de détention et la fin de son isolement.

    Pour rappel, Mickaël Gilgenmann est incarcéré depuis quatorze ans, dont il a passé la plus grande partie en centrale. Cela fait quatre ans qu’il aurait pu bénéficier d’un aménagement de peine, et il est libérable dans six ans. À son arrivée à Moulins, Mickaël avait été sorti de l’isolement qu’il subissait depuis de longues années, mais depuis six mois, il est de nouveau soumis à ce régime.

    Je suis préoccupé par l’état de santé de Mickaël. Précisons ici clairement qu’il n’est pas du tout suicidaire. Si la direction du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure n’agit pas au plus vite auprès de son administration pour accéder à ses demandes et s’il ne fait pas l’objet d’une prise en charge médicale adaptée, elle portera l’entière responsabilité des séquelles sur son état de santé.

    Je soutiens les demandes de Monsieur Gilgenmann :
    – j’exige la fin de son isolement qui a dépassé toutes les limites légales et humaines ;
    – son transfert immédiat en centre de détention pour pouvoir enfin entamer une procédure d’aménagement ;

    En vous priant de bien vouloir prendre en compte sa demande, cordialement,

  • Un transfert punitif au QLCO de Condé-sur-Sarthe pour un livre de cuisine ! Soutien à Moben

    Un transfert punitif au QLCO de Condé-sur-Sarthe pour un livre de cuisine ! Soutien à Moben

    Nous relayons ci-dessous le communiqué de la maison qui a édité un livre de recettes de cuisine écrites par Moben, auteur et prisonnier. Pour le punir d’avoir, en préambule de son livre, exprimé des critiques sur ses conditions de détention et d’isolement, l’administration pénitentiaire l’a transféré illico au QLCO (quartier de lutte contre la criminalité organisée) de Condé-sur-Sarthe. On voit bien à quoi servent réellement ces nouvelles « narco-prisons de Darmanin », justifiées par un délire démago-sécuritaire et électoraliste : mater les prisonniers gênants, les soumettre à la torture blanche et punir leurs proches au passage, le tout dans un cadre totalement arbitraire. La moindre des solidarités est de faire circuler ce communiqué partout. Force à toi, Moben, et à tous les isolé.e.s !

    21 novembre 2025

    « J’aimerais que ce livre contribue à combattre les idées préconçues sur la prison et à briser les stéréotypes souvent associés à ceux et celles qui s’y trouvent. »
    Moben

    C’est avec consternation que nous avons appris ce mardi 18 novembre le transfert de Moben, auteur de notre maison d’édition, à la prison de haute sécurité de Alençon-Condé-sur-Sarthe au sein du nouveau QLCO (Quartier de lutte contre la criminalité organisée). Il subit ce transfert punitif pour avoir écrit, avec l’aide de Gaëlle Hoarau, le livre Mange ta peine, les recettes du prisonnier à l’isolement, postfacé par Jacky Durand, édité par nos soins et sorti en librairie en octobre 2025. Mange ta peine est avant tout un livre de cuisine. Les 77 recettes du livre, gourmandes et faciles à réaliser avec des moyens limités, sont précédées d’un entretien qui documente la rigueur de la vie à l’isolement carcéral. Pour Moben, l’art de cuisiner est devenu un moyen de survivre à l’âpreté de ce régime qui, lorsque qu’il s’étend dans la durée, est assimilé à une « torture blanche » par la Cour européenne des droits de l’homme.

    Son inventivité culinaire, sa poésie, ses analyses autant que sa générosité nous ont convaincus de la nécessité de publier ce livre. Conçu au cœur d’un dispositif qui tend à déshumaniser, ce livre est une leçon de partage, d’humanité et de combativité.

    En octobre 2025, Moben reçoit son livre au centre pénitentiaire (CP) de Moulins-Yzeure. Quelques jours plus tard, une brigade de surveillants lui confisque. Ce que l’administration pénitentiaire lui reproche est écrit noir sur blanc :

    « Hormis les recettes, vous décrivez votre vie en détention, en particulier à l’isolement, et en réalisant une critique de la prison. On y retrouve également une copie de bon de cantine du QMC de Moulins de mars 2025 et des dessins représentant une cellule du QMC (…) Cela met en évidence votre volonté et votre capacité à communiquer pendant plusieurs semaines avec des personnes à l’extérieur en contournant les règles de contrôle de l’administration pénitentiaire. »

    La sanction tombe : Moben est conduit au quartier d’isolement pour attendre son transfert en QLCO ! Nous contactons immédiatement la direction du CP pour rappeler que le livre n’a pas été écrit à l’insu de l’administration : Mange ta peine est en effet le fruit de conversations téléphoniques légales (écoutées et enregistrées par l’administration pénitentiaire) entre Moben et Gaëlle Hoarau qui les a retranscrites.

    Le 18 novembre, une équipe de surveillants cagoulés (des « Eris ») transfère Moben en QLCO sous l’œil d’une caméra embarquée de BFM TV. Dans la séquence, nulle mention d’un livre de recettes de cuisine à l’origine du transfert ; les éléments de langage tournent autour de prétendus risques d’évasion. La méthode est grossière : la parution du livre de Moben est bien l’élément déclencheur du transfert vers le QLCO de Condé-sur-Sarthe, lequel relève dès lors d’une décision punitive. Rappelons ici que Moben avait quitté le quartier d’isolement pour rejoindre la détention dite normale il y a un an ; qu’il n’a pas utilisé de moyens de communications illégaux avec l’extérieur ; qu’il est déjà conditionnable à ce jour et libérable d’ici trois ans. Tant que cette décision sera maintenue, Moben verra ses proches derrière une vitre en plexiglas. Il n’aura plus que 4 heures de téléphone par semaine avec trois interlocuteurs autorisés. Pour un homme en fin de peine, cette désocialisation semble pour le moins contradictoire avec la mission de réinsertion supposément attribuée à la prison.

    Nous appelons nos collègues éditeurs et éditrices, nos partenaires professionnels, journalistes ou libraires, ainsi que les personnes et organisations investies dans la question carcérale et dans la défense de la liberté d’expression à se mobiliser à nos côtés, à ne pas laisser cette situation sans réponse, en communiquant à leur tour et en manifestant leur solidarité avec Moben. Il faut que cette mesure punitive intolérable prenne fin le plus rapidement possible.

    En effet, ces nouveaux QLCO constituent une nouvelle variante encore plus poussée de l’isolement, c’est à dire de la « torture blanche ». La publicité autour de leur mise en place ces derniers mois le répète : ces endroits doivent « couper du monde » et faire plier les prisonniers, c’est leur but affiché. Il semblerait que Moben ait été brutalement aspiré dans la campagne médiatique menée par le Garde des sceaux pour promouvoir ces nouveaux quartiers de haute sécurité (QHS) et sa « guerre au narcotrafic ». La sortie du livre de Moben intervient dans ce moment particulier de l’agenda politique, et son auteur en paye le prix lourd.

    Pour toute demande d’informations complémentaires :
    Contact@leseditionsduboutdelaville.com

    Communiqué des prisonniers en grève de la faim au QLCO de Vendin-le-vieil (septembre 2025)

    Notre article « Narcotrafic, narcoprison, narcobullshit mais vraie torture » dans le journal l’Envolée n°63

    « On ne leur cédera pas un seul millimètre de notre dignité », Lettre de Rédoine Faïd contre les QLCO et tous les QHS modernes (juillet 2025).

    Recueil de paroles de prisonniers contre les QHS et autres régimes d’isolement

    Notre première réaction à l’annonce de la création des QLCO.

  • SOLIDARITÉ AVEC FABRICE !

    SOLIDARITÉ AVEC FABRICE !

    Halte à la vengeance infinie de l’administration pénitentiaire

    Nous relayons ce texte écrit par des proches de Fabrice, aujourd’hui placé à l’isolement à la centrale de Condé-sur-Sarthe, dans des conditions particulièrement brutales. Ils et elles retracent son parcours carcéral, ses combats et la répression qu’il subit, et appellent à la solidarité : faire circuler ce texte et une cagnotte de soutien permettra de faire connaître sa situation et de briser son isolement.

    Fabrice est un prisonnier guadeloupéen enfermé depuis 2010 et déporté en métropole en 2011. Depuis, il réclame son transfert en Guadeloupe auprès de ses proches qui ne peuvent pas venir lui rendre visite aussi loin – une double peine qu’il subit comme de nombreux autres prisonnier·e·s transféré·e·s des territoires colonisés. Fabrice a essayé de se faire entendre par tous les moyens. Ne recevant que mépris et répression en réponse, il est allé jusqu’à faire ce que l’administration pénitentiaire appelle des « prises d’otage » : il a retenu dans sa cellule des membres du personnel pénitentiaire dans l’espoir d’être enfin entendu. Matons, administration et institution judiciaire lui font payer ces actes de révolte par des représailles infinies. Il a été condamné à une vingtaine d’années supplémentaires à l’intérieur, alors qu’il était entré pour une peine de huit ans.

    Pendant de longues années en quartier d’isolement – des lieux de destruction physique et psychique, il n’a été en contact qu’avec des surveillants casqués. Il a subi la violence d’escortes suréquipées, le menottage à chaque mouvement et les fouilles systématiques, les repas jetés par une trappe, l’impossibilité de voir un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) dans des conditions décentes…

    Ce traitement a eu de graves conséquences sur la santé de Fabrice. En 2017, il a reçu deux grenades assourdissantes jetées par des surveillants dans sa douche. Ça l’a rendu sourd d’une oreille. Il a aussi souffert d’un grave ulcère à l’estomac provoqué par le stress. L’administration s’est cantonnée dans un refus de soins récurrent.

    Jusqu’en mars 2025, à la prison de Vendin-le-Vieil, Fabrice a subi des injures et des provocations racistes pendant des mois. Il en a fait part à la direction de l’établissement, à la direction interrégionale des services pénitentiaires (Disp) Grand-Nord – Lille et à la direction de l’administration pénitentiaire (DAP). La DAP et la Disp ont répondu, mais sans rien faire pour mettre un terme à ces agissements.

    Fabrice a tout de même obtenu un transfert à la maison centrale de Valence où il a été sorti d’isolement au mois de juin pour à peine quelques semaines, et ce pour la première fois depuis plus de treize ans!

    Mais comme il a porté plainte contre les surveillants qui l’ont rendu sourd, l’administration pénitentiaire a repris les hostilités aussitôt. Elle l’a transféré à maison centrale sécuritaire de Condé-sur-Sarthe – son troisième transfert en un an. Il y est enfermé dans des conditions particulièrement dures, toujours au quartier d’isolement où des surveillants cagoulés et lourdement équipés le menottent et l’entravent à chaque sortie de cellule. Condé-sur-Sarthe est une des « fameuses » narcoprisons où sont mis en place les nouveaux QLCO (Quartier de lutte contre la criminalité organisée) – une réhabilitation explicite des QHS (quartiers de haute sécurité) du XXe siècle.

    Nous lançons une campagne de solidarité avec Fabrice pour faire connaître son combat, pour briser un peu l’isolement et pour dire stop à la fonction coloniale et raciste de la prison. Il est important de relayer cet appel, la sécurité de Fabrice en dépend ! Et puis il y a une cagnotte, car en prison tout coûte cher : les cantines, le frigo, et surtout le téléphone pour la Guadeloupe.

    https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/solidarite-avec-fabrice-1

    Des proches de Fabrice

  • Week-end contre les violences carcérales en commémoration d’Idir

    Week-end contre les violences carcérales en commémoration d’Idir

    à Lyon les 18 et 20 septembre 2025.
    Le non-lieu prononcé le 25 juin ne restera pas sans réponse !
    Soyons nombreux-ses pour contester cette décision et soutenir le combat !

    Je m’appelle Najet, je suis la maman de Idir Mederres, mort à 22 ans à la prison de Lyon Corbas, au mitard.

    Ce jour là, le 9 septembre 2020, on m’a annoncé que mon fils s’était pendu dans sa cellule. On m’a dit que c’était un suicide. Mais je le dis aujourd’hui haut et fort : c’est faux.
    Ils ont volé sa vie, ils ont maquillé ça en suicide. Et je veillerai que son nom reste éternel.

    Un traitement inhumain dans une cellule sans eau ni lumière

    Idir était isolé dans une cellule du quartier disciplinaire, privé d’eau, de lumière, de dignité.
    Ils lui ont coupé l’eau et l’électricité. Il était contraint de boire l’eau des toilettes.
    Je l’ai vu à la morgue, il portait des traces de coups, des hématomes.
    Idir aimait la vie. Il avait des projets, il attendait la sortie, il pensait à sa famille.

    5 ans de combat, 3 juges, 0 verité

    Pendant 5 ans, j’ai vu 3 juges se succéder.
    Le premier juge avait commencé à enquêter sérieusement. Il a été muté.
    La deuxième juge ne retrouvait même pas le dossier du début. Une fois retrouvé, elle a disparu pendant des mois.
    Un troisième juge a refusé tous les actes demandés par nos avocats (reconstitutions, expertises, auditions)
    Le 24 juin 2025, cette même juge, de retour, a prononcé un non lieu.
    Aucune verité, aucune justice.

    Idir n’est pas un dossier. C’est mon fils, il avait 22 ans.

    Il voulait vivre. Il méritait la dignité, pas l’abandon.
    Je refuse qu’il soit une victime de plus dans un système qui humilie, isole, détruit.
    Je demande la réouverture du dossier, une enquête indépendante, la verité pour Idir et la fin de l’impunité carcérale.
    Je suis sa voix. Je ne me tairai jamais.
    Je suis une maman, et je suis debout pour lui.

    Idir n’est pas un suicide. C’est un abandon, une maltraitance, un drame évitable.
    Mobilisons nous, parlons en, exigeons la verité

    à la Bourse du Travail (salle C, 205 place Guichard, Lyon 03)

    18h : bar /cantine
    Sérigraphie
    (tu peux aussi  ramener tes T-shirts)
    Atelier d’ écriture aux prisonnier-es
    Vente affiches & T-shirts
    Prises de paroles associations anti carcérales et familles

    *à l’Atelier des Canulars / La luttine, 91 rue Montesquieu, Lyon 7ème.

  • Grève de la faim au QLCO de Vendin-le-vieil

    Grève de la faim au QLCO de Vendin-le-vieil

    Nous relayons l’intégralité du communiqué de presse des grévistes… à faire tourner en solidarité avec les prisonniers et leurs proches.

    Super cartel de Vendin le Vieil

    Grève de la faim à partir du 1er septembre 2025

    Nous, détenus, annonçons aujourd’hui une grève de la faim à compter du 1er septembre 2025.

    Notre mouvement n’est pas dirigé contre nos conditions de détention mais contre les conditions inhumaines imposées à nos familles.

    Nos familles paient le prix fort.

    * Elles parcourent des centaines de kilomètres pour venir nous voir, parfois au détriment de leur santé, de leur travail, de leur équilibre.

    * Au parloir, elles se retrouvent derrière un hygiaphone, dispositif justifié officiellement pour éviter l’introduction d’objets illicites. Pourtant, chacun sait qu’un portique à ondes millimétriques détecte déjà tout objet interdit.
    Même les surveillants témoignent que ce système sert avant tout à « casser psychologiquement » détenus et familles.

    Une mise en scène indigne

    * Les familles, y compris des enfants, sont accueillies par des agents cagoulés censés les impressionner. Pourtant, en détention même, les agents ne portent pas de cagoule.

    * Les appels téléphoniques sont limités à deux fois par semaine, sur des créneaux restreints (8h-12h, 14h-16h). Or, à ces heures, les proches travaillent et les enfants sont à l’école.

    * Rappelons que nos proches n’ont commis aucune faute : ils ont un casier vierge, ils paient leurs impôts et n’ont évidemment aucun numéro d’écrou.

    La vérité contre les mensonges

    Nous ne sommes pas violents avec les agents, seuls quelques individus isolés et déséquilibrés le sont. La vérité, c’est que les agents sont en sous-effectifs, et non 250 comme l’affirme le ministre de la Justice, Monsieur Gérald DARMANIN.

    DARMANIN ment. Le délégué syndical David LACROIX ment.

    Notre position

    Votre rêve est de nous pousser à la violence. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Notre résistance sera pacifique mais déterminée.

    Le 1er septembre 2025, nous entamerons une grève de la faim pour défendre la dignité de nos familles.

    –> à lire aussi au sujet de l’ouverture des QLCO : « Narco-prisons » : paroles de l’intérieur contre tous les QHS modernes

  • Du quartier arrivant jusqu’au CNE : brutalité pénitentiaire – Solidarité Kanaky – Justice de gôôôche ??!

    Du quartier arrivant jusqu’au CNE : brutalité pénitentiaire – Solidarité Kanaky – Justice de gôôôche ??!

    Émission de l’Envolée du vendredi 4 avril

    AU PROGRAMME :

    • ACTU DE LA BRUTALITÉ JUDICIAIRE

    Lecture d’un communiqué de Solidarité Kanaky qui revient sur la solidarité mise en place pour les prisonnier.e.s kanaks déporté.e.s en France : ceux et celles du mouvement social contre le dégel du corps électoral, mais aussi les autres nombreux prisonniers de droit commun déportés. Solidarité Kanaky revendique le rapatriement de tous les déporté.e.s qui le souhaitent et la libération de tous les prisonniers kanaks réprimés lors des révoltes.

    Surprise : la justice serait de gauche et indépendante ?! On discute de l’instrumentalisation par l’extrême droite et ses alliés au gouvernement, qui crient au « laxisme » de la justice contre les « voyous », et s’offusquent de la soi-disant dureté de la condamnation de M.Le Pen.
    On rappelle juste que, de gauche comme de droite extrême, la justice est une machine à broyer les classes populaires et les étranger.e.s, que le bloc bourgeois de tous bords kiffe l’institution judiciaire, qui met en oeuvre le surenfermement de plus en plus brutal de la population.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • Solidarité avec Fabrice Boromée, qui subit brimades et insultes racistes à la centrale de Vendin-le-Vieil

    Solidarité avec Fabrice Boromée, qui subit brimades et insultes racistes à la centrale de Vendin-le-Vieil

    Nous relayons des nouvelles de Fabrice, prisonnier longue peine qui subit depuis longtemps l’acharnement de l’administration pénitentiaire*. Actuellement enfermé à la centrale ultra-sécuritaire de Vendin-le-Vieil, il dénonce dans une récente lettre les insultes racistes proférées par des matons. Il a saisi sans succès la direction de l’établissement, la direction régionale et la direction nationale. Dans un communiqué, ses proches reviennent sur son parcours et incitent à interpeller l’administration.

    (*Pour en savoir plus, vous pouvez réécouter l’émission l’Envolée du 28 février 2025)

    C. P. de Vendin-le-Vieil, le 25 février 2025,

    Salut, les amis !

    Je vous écris pour donner de mes nouvelles, et j’espère que vous allez bien. Moi, depuis mon arrivée à Vendin-le-Vieil le 27 juin 2022, je n’ai subi que des humiliations, du racisme et de la discrimination.

    Par exemple, le fait le plus marquant, c’est le 15 février 2025 lors de ma sortie de cellule à 8 heures du matin, je marchais dans le couloir, il y avait quatre surveillants, et un faisait des cris de singe et m’a traité de « sale nègre » et de « macaque ». Croyez-moi, j’ai mordu ma lèvre pour ne pas les frapper, vu que depuis l’âge de huit ans je fais de la boxe thaï, sachez-le.

    Mais ce n’est pas fini : quelques jours plus tard, ce même surveillant raciste m’a palpé lors de ma sortie de cellule, et a dit à son collègue : « ce nègre est dégueulasse », en essuyant ses mains sur son pantalon, sachez-le.

    La direction de Vendin et les chefs du QMC 3 couvrent ces matons dans leur racisme et leurs abus de pouvoir, et je trouve ça injuste. Il n’y a pas de justice pour les Noirs et les Guadeloupéens comme moi, les amis.

    Bon courage à vous tous et à tous les soldats qui se battent pour la liberté.

    L’ami Fabrice, dit « Papillon »

    Fabrice est un prisonnier guadeloupéen enfermé depuis 2010 et déporté en métropole en 2011. Depuis, il réclame d’être transféré en Guadeloupe, auprès de ses proches qui ne peuvent pas venir lui rendre visite aussi loin. Il dénonce cette double peine qu’il subit, comme de nombreux autres prisonnier·e·s transférés des territoires colonisés, géographiquement lointains, dans des prisons de France. Fabrice a essayé de se faire entendre par tous les moyens. Ne recevant en réponse que mépris et répression, il est allé jusqu’à commettre, plusieurs fois, ce que l’administration pénitentiaire appelle des « prises d’otage » : il a retenu des membres du personnel dans l’espoir d’être enfin entendu. Depuis, matons, administration et institution judiciaire lui font payer ses actes de révolte par des représailles infinies.

    Alors que Fabrice était entré en prison pour une peine de huit ans, dans cet engrenage infernal, il a été condamné à une vingtaine d’années supplémentaires. Il a longtemps été enfermé en quartier d’isolement, ces lieux qui détruisent physiquement et psychiquement. Pendant des années, il n’a eu pour tout contact humain que celui de surveillants casqués, il a subi le menottage systématique, les escortes suréquipées et violentes, les repas jetés à travers une trappe, l’impossibilité de voir un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) dans des conditions décentes… Quand il a enfin été sorti de l’isolement, il a été placé au quartier maison centrale (QMC), c’est-à-dire dans un quartier de haute sécurité (QHS) moderne. Il y est encore aujourd’hui, et encore isolé.

    Ces conditions d’incarcération ont des conséquences graves sur la santé de Fabrice. Il a perdu l’ouïe d’une oreille à cause d’une grenade assourdissante jetée par des surveillants dans la douche où il était, il a souffert d’un grave ulcère à l’estomac, provoqué par le stress, le tout dans un contexte de refus de soin récurrent de la part de l’administration.

    À la prison de Vendin-le-Vieil, Fabrice subit depuis des mois injures et provocations racistes. Il en a fait part à la direction de l’établissement, à la direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP) Grand-Nord–Lille et à la direction de l’administration pénitentiaire (DAP). La DAP et la DISP ont répondu mais n’ont rien fait pour mettre un terme à ces agissements.

    Alors que ces provocations visent à le faire craquer, Fabrice demande à ce que le public soit informé de sa situation et le soutienne. N’hésitez pas : faites savoir à la DAP, à la DISP et à la direction de la prison que vous savez ce qu’il se passe, et exprimez votre désaccord avec cette situation.

    Des proches de Fabrice.

    Direction de l’administration pénitentiaire
    13, place Vendôme
    75042 Paris Cedex 1

    Copie à :
    Direction interrégionale des services pénitentiaires Grand-Nord–Lille
    123, rue Nationale
    59034 Lille Cedex

    Direction du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil,
    5, rue Léon-Droux,
    62880 Vendin-le-Vieil.

    Objet : insultes et brimades racistes au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil

    Madame, Monsieur,

    J’ai été informé·e par les médias d’insultes et de brimades racistes de la part de membres du personnel surveillant proférées régulièrement à l’encontre de M. Fabrice Boromée depuis que ce dernier est enfermé au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil.

    Ces agissements continuent alors que tous les niveaux hiérarchiques de l’administration pénitentiaire ont été saisis par Monsieur Boromée. Qui est donc garant de son intégrité ? Il est de votre responsabilité de faire cesser ces agissements.

    Pour rappel, l’article 33 de la loi du 29 juillet 1881 stipule que « l’injure commise envers une personne en raison de son origine ou de son appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » est passible de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende, dans la circonstance aggravante que « les faits mentionnés sont commis par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission ».

    Je soutiens les demandes de Monsieur Boromée :
    – j’exige l’arrêt immédiat de tels actes dont le caractère illégal ne peut être nié ;
    – sans réaction de la hiérarchie, Monsieur Boromée est en danger au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil et doit être transféré immédiatement ;

    En vous priant de bien vouloir prendre en compte sa demande, cordialement,

  • 7 et 8 septembre 2024 : à la mémoire d’Idir, mort au mitard de la prison de Corbas

    7 et 8 septembre 2024 : à la mémoire d’Idir, mort au mitard de la prison de Corbas

    Le 9 septembre 2020, Idir est décédé au mitard (quartier disciplinaire) de la maison d’arrêt de Lyon Corbas dans des circonstances plus que douteuses. Depuis ce jour, sa famille se bat pour obtenir la vérité, dénoncer les violences pénitentiaires et réclamer la fermeture des mitards et des quartiers d’isolement. Un week-end de commémoration et de soutien à leur combat aura lieu les 7 et 8 septembre 2024 à Lyon.

    –> à 18h à l’annexe de l’ECG (27 rue salomon reinach, Lyon 7).
    Au programme :

    • Projection sur le thème des violences pénitentiaires
    • Prises de parole
    • Couscous prix libre
    • Infokiosque & affiches prix libre (tout l’argent récolté ira en soutien au collectif Idir Espoir et Solidarité)

    –> départ à 14h place Bellecour à Lyon

    Soyons nombreuses et nombreux !

    … coups de main pour préparer :

    Toustes celleux qui souhaitent filer un coup de main pour aider à préparer ce week-end sont les bienvenuex : le dimanche 1er septembre à partir de 14h à l’Annexe de l’ECG (27 rue salomon reinach, Lyon 7) pour faire les banderoles puis une réunion de préparation.

    … et plus d’infos :

    Page Instagram de l’association « Idir Espoir et Solidarité » : noussommesidir69
    Des infos sur la mort de Idir et la mobilisation de ses proches ici.
    Quelques infos contre les mitards ici.

  • La lutte contre la nouvelle prison à Entraigues continue !

    La lutte contre la nouvelle prison à Entraigues continue !

    Appel à une assemblée générale le 27 novembre 2023 à la ZAC du Plan.

    Nous relayons ci-dessous un appel lancé par les opposant-e-s à ce projet de nouvelle prison, qui ont déjà organisé divers évènements (lire ici et , ou écouter cette émission).

    « Alors que l’état met en route la construction de 15 000 places de prisons supplémentaires, nous continuons d’affirmer qu’il faut se débarrasser de toutes les taules, outils dangereux de soumission et d’apprentissage de l’humiliation !

    A Entraigues sur la Sorgues dans le Vaucluse (84), comme dans des dizaines de villes en France, l’état a décidé de construire un nouvel établissement pénitentiaire (400 places), pour un total de 15000 places de prisons supplémentaires. Nous l’avons déjà dit, lors des consultations publiques ou de manifestations : la prison, nous n’en voulons pas ni ici, ni ailleurs !

    Pour réfléchir ensemble à nos moyens d’actions et à notre dynamique pour la vie, tant la vie des écosystèmes (une vingtaine d’hectares de terres agricoles sacrifiées), que celle des humains (ceux qui vont être enfermés et celles et ceux qui vont subir la taule de dehors), nous vous donnons RDV le lundi 27 novembre à midi, sur place à la ZAC du Plan.

    Après un pique-nique, nous ferons une Assemblée Générale pour mettre en place les activités de l’après-midi et des mois à venir. Vous êtes invité.e.s à venir avec de quoi partager un repas, des pancartes, des vieux draps, de la peinture, de la ficelle ou juste vous et toute votre énergie. »

    Ni béton ni maton : nibetonnimaton@riseup.net

    Cet appel est initialement publié ici.

    Au programme de leur dernière émission :

    • manifestation à Briançon en hommage à la personne migrante qui a trouvé la mort sur la frontière ;
    • OQTF des jeunes de Rosmerta, à Avignon ;
    • compte-rendu de la réunion publique de concertation du 11 octobre à Entraigues et qui n’intéresse plus personne ;
    • Des nouvelles du lancé de colis à la prison du Pontet ;
    • Et un point sur la répression des émeutier.ères.