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  • Canicule à l’ombre – Lettre sur les UDV – Des proches de prisonniers du QLCO de Condé dénoncent les conditions de parloirs qui leur sont imposées

    Canicule à l’ombre – Lettre sur les UDV – Des proches de prisonniers du QLCO de Condé dénoncent les conditions de parloirs qui leur sont imposées

    Émission de l’Envolée du vendredi 19 juin 2026

    PROGRAMME

    On fait un petit point sur la canicule en prison qui est encore plus insoutenable à l’intérieur : aucun courant d’air en cellule, des fenêtres grillagées qu’on ne peut pas ouvrir complètement de plus en plus doublés de caillebotis … Et les promenades bétonnées sans ombres et sans arbres n’apportent pas non plus de fraîcheur.

    Une lettre d’Étienne, un prisonnier kanak qui nous écrit depuis sa déportation en France il y a deux ans suite aux révoltes en Kanaky. Il est sorti fin avril de l’isolement. Il raconte son passage en unité pour détenus violents (UDV), où on est sous étroite surveillance des psys et de l’administration et avec des restrictions supplémentaires et où on est enfermé quand on pète un câble en prison. Il profite de ce courrier pour saluer les prisonniers des QLCO de Vendin et Condé.

    On lit une lettre collective écrite avec des proches de prisonniers du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé pour dénoncer les conditions de parloirs qui leur sont imposés. Il faut noter l’importance de cette mobilisation collective des proches face à ces nouveaux quartiers sécuritaires qui visent à renforcer encore l’isolement et l’atomisation de la prison. Comme ils le disent bien, le but de l’administration pénitentiaire est de les humilier et de les traumatiser pour les décourager de rendre visite à leurs proches incarcérés pour les isoler encore plus et les faire craquer. On peut retrouver cette lettre sur notre site ici et on invite les personnes à l’extérieur à la faire circuler au maximum.



    On reçoit trois appels de proches de personnes enfermées au QLCO de Condé qui reviennent sur les conditions de parloirs qui leur sont imposées mais aussi les restrictions sur les appels téléphoniques. Pour rappel le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé a été ouvert par Darmanin il y a 6 mois après celui de Vendin à l’été 2025. Deux prisons qui avaient été ouvertes par Taubira il y a plus de dix ans déjà pour mater les prisonniers qui se révoltaient contre l’administration pénitentiaire. Cette fois, sous prétexte d’enfermer le haut du spectre du narcobanditisme, c’est une véritable légalisation de la torture blanche et un retour en arrière sur deux décennies d’acquis des prisonniers à travers leurs luttes : matons cagoulés, parloirs hygiaphones, appels téléphoniques, promenades et cantines limités, fouilles à nu systématiques, ni travail ni formation, etc.


    Les proches racontent notamment comment les enfants sont palpés en plus de leur passage au portail à ondes millimétriques qui sonnent sans raison et fait sauter des parloirs, le contrôle des appels téléphoniques, la destruction de l’abri famille et les coups de pression sur les proches qui traînent sur le parking, ou encore les règles arbitraires pour le linge qu’on est autorisé à apporter.

    AGENDA

    • Journée d’hommage et de commémoration pour les 19 ans de lutte et de mémoire après l’assassinat de Lamine Dieng par la police. Rendez-vous le samedi 20 juin, de 13h à 21h, à la Parole Errante à Montreuil, avec des ateliers et des discussions sur les violences policières et le racisme systémique.
    • Manif contre tous les racismes et l’extrême droite le dimanche 21 juin à 14h, au métro Barbès à Paris.
    • Rendez-vous à Saint-Étienne dès midi, le dimanche 21 juin, à La Tablée pour la cantine pour cantiner, une cantine de soutien ce mois pour jeune Algérien de 19 ans incarcéré à la Talaudière.
    • Dimanche 28 juin 2026 à 14h, devant la prison des Baumettes à Marseille : rassemblement de soutien aux prisonniers et prisonnières. Puis, de 19h à 21h, écoute d’un podcast sur l’isolement carcéral dans les années 1980 à Radio Galère, à la Friche de la Belle de Mai.
    • Soirée de lancement de la revue Al Wada, un magazine de littérature carcérale palestinienne, avec des discussions et un concert. Rendez-vous le 10 juillet dès 18h30, au 78 rue de Compans, dans le 19e arrondissement de Paris.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • LES PROCHES DES PRISONNIERS DU QLCO DE CONDÉ-SUR-SARTHE DÉNONCENT DES MALTRAITANCES VISANT À DÉTRUIRE TOUT CONTACT HUMAIN

    LES PROCHES DES PRISONNIERS DU QLCO DE CONDÉ-SUR-SARTHE DÉNONCENT DES MALTRAITANCES VISANT À DÉTRUIRE TOUT CONTACT HUMAIN

    Lettre collective écrite avec des proches de prisonniers du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe pour dénoncer les conditions de parloirs qui leur sont imposées. Il faut noter l’importance de cette mobilisation face à ces nouveaux quartiers ultra sécuritaires qui visent à renforcer encore l’isolement et l’atomisation de la prison. Comme ils le disent bien, le but de l’administration pénitentiaire est de les humilier et de les traumatiser pour les décourager de rendre visite à leurs proches incarcérés, afin d’isoler encore plus les prisonniers et de les faire craquer. Cette lettre a été lue et discutée avec certains des proches dans cette émission. On invite les personnes à l’extérieur à la faire circuler au maximum.

    Nous sommes des filles, fils, mères, pères, frères et sœurs de personnes enfermées au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la centrale de Condé-sur-Sarthe. Nous traversons régulièrement la France pour rendre visite à nos proches au parloir, où nous sommes séparés d’eux par une vitre hygiaphone.

    L’administration pénitentiaire se défend d’interdire tout contact (parloirs, cabine téléphonique) avec les proches, mais il est clair que les maltraitance décrites ici visent à rendre les visites aussi contraignantes et traumatisantes que possible pour nous décourager de venir voir les prisonniers et pour leur faire péter les plombs.

    Ils sont prévenus ou condamnés, mais pas nous. Pourtant, nous aussi, nous sommes punis, et nous faisons les frais de la politique sécuritaire de l’administration pénitentiaire et de son ministre Darmanin. Les parloirs hygiaphone qui rendent tout contact direct impossible portent déjà atteinte à nos besoins humains fondamentaux, mais en plus de cette torture légalisée par la création des QLCO, nous subissons toutes sortes de maltraitances arbitraires, tolérées – voire encouragées – par l’administration.

    Comme l’abri famille a été détruit pendant les travaux d’aménagement, nous devons attendre une heure dehors, qu’il pleuve ou qu’il vente. Sur le parking, les proches subissent des coups de pression des surveillants, qui vont parfois même jusqu’à appeler la police ; il y a des fouilles de voiture et les personnes qui se servent de leur téléphone sont menacées au prétexte qu’ils prendraient l’établissement en photo… Certains visiteurs se sont vu suspendre leur parloir pour ce genre de motifs.

    L’entrée au parloir nous est refusée pour toutes sortes de motifs absurdes, alors qu’on a fait des centaines de kilomètres. La durée des parloirs a été réduite mais on nous demande d’être présents une heure à l’avance, et pour cinq minutes de retard (c’est-à-dire cinquante-cinq minutes avant le parloir) on nous refuse l’entrée ; ou alors c’est un numéro de carte d’identité qui ne correspond pas à celui du permis de visite, même si la visiteuse montre d’autres documents prouvant son identité – et la personne a encore été refoulée au rendez-vous suivant alors que la Spip l’avait assurée que la rectification avait été faite.

    Au QLCO, les surveillants sont tous cagoulés. Devons-nous laisser traumatiser nos enfants qui veulent voir leur père ou leur oncle ? Comment supporter de n’être en contact qu’avec des individus au visage masqué ? C’est d’autant plus absurde que certains d’entre nous qui venaient déjà au parloir avant l’ouverture du QLCO reconnaissent les surveillants. Les enfants font beaucoup de cauchemars après les visites, d’autant que certains cagoulés effectuent des palpations sur de très jeunes enfants au prétexte que le portique à ondes millimétriques serait inefficace sur les « individus de moins de 100 cm ».

    En effet, en plus du contrôle drastique – avec passage au détecteur de métaux et aux rayons X – dont les visiteurs font déjà l’objet dans toutes les prisons, nous devons en plus inaugurer cet autre appareil détecteur d’objets illicites… alors que nous restons toujours séparés de nos proches par une vitre. Ce portail donne encore lieu à d’autres renvois arbitraires : un visiteur s’est vu refuser l’entrée à cause de son capteur pour le diabète, et ses parloirs ont été suspendus pour « tentative d’introduction de denrée alimentaire » à cause des bonbons qu’il doit toujours avoir sur lui en cas de crise d’hypoglycémie. Comme le portail à ondes millimétriques ne fait que désigner des « zones » corporelles où il croit détecter des anomalies, sans plus de précisions, au moins deux femmes en période menstruelle se sont vu refuser l’entrée au parloir à cause de leurs protections périodiques.

    En théorie, dans les autres établissements, les prisonniers peuvent appeler de la cabine téléphonique quand ils veulent. Au QLCO, les appels sont limités à quelques heures par semaine sur des créneaux restreints, qui changent régulièrement – mais toujours en pleine journée, quand les enfants sont à l’école et nous au travail ; rarement le week-end. C’est pourtant vital de pouvoir communiquer avec ceux qu’on aime, et ça prend un tour dramatique quand un petit est malade et qu’on ne peut pas donner de ses nouvelles à son père. Nous payons l’option « lettre suivie » de la Poste pour être sûrs que nos courriers parviennent à nos proches, et même comme ça, nos lettres mettent des semaines à arriver – quand elles ne sont pas retenues par la prison.

    Pour apporter des vêtements aussi, Le règlement est encore plus compliqué qu’ailleurs : il faut annoncer par téléphone à notre proche ce qu’on va lui apporter pour qu’il fasse une demande écrite à l’administration, et parfois c’est impossible à coordonner du fait de la restriction des communications. Les habits que les surveillants ne transmettent pas aux prisonniers finissent dans un mystérieux vestiaire au lieu d’être restitués à la famille.

    A cause des interdictions arbitraires, nous conduisons des heures sur des centaines de kilomètres, nous payons l’essence, les péages, le train, le taxi et les nuits d’hôtel pour voir nos proches…. sans jamais savoir si on nous laissera entrer ou non. Ça nous met la boule au ventre. Pour nous décourager d’aller voir nos proches, ils nous traitent comme des chien, et ces conditions risquent de s’étendre à toutes les prisons si nous laissons faire. Ils veulent nous briser, ils veulent nous isoler, mais l’union fait la force – et nous nous unissons pour dénoncer tout ça.