On commence par lire deux lettres écrites par des prisonniers enfermés dans des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) ouverts il y a un peu plus d’un an à Darmanin. Les prisonniers décrivent la déshumanisation des personnes enfermées et de leurs proches que ces lieux de torture produisent (on peut ici lire un recueil de textes contre les QLCO et la torture carcérale). Dans une précédente émission, des proches de prisonniers enfermés au QLCO de Condé-sur-Sarthe dénonçaient les conditions de parloirs humiliantes qui leur étaient imposées.
On revient sur la situation, qui se dégrade, de Salim, toujours enfermé au quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) de la Santé. On avait déjà parlé de lui dans cette émission en juin 2026 et dans ce texte. On vous invite à appeler la prison de la Santé pour soutenir ses demandes : la fin du harcèlement et des fouilles à nu systématique qu’il subit, la sortie du QPR et son placement en centrale pour pouvoir obtenir des conditions de parloirs plus dignes.
Appel d’Aurélie Garand pour discuter de l’incarcération de Ritchy Thibault, militant voyageur, placé en détention provisoire suite à un discours dans le cadre de la mobilisation lycéenne. Pour rappel, Ritchy Thibauld était venu dans notre émission parler de la répression des gens du voyage et de leur surenfermement (on peut le réécouter ici).
On parle rapidement de la répression très intense du mouvement lycéen avec déjà plus de 5000 gardes-à-vue et plusieurs lycéens mutilés.
L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.
L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonnierset les prisonnières.
En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne. Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord,en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Et sur toutes les plateformes de podcast.
Pour nous joindre : 07.53.10.31.95 (appels, textos, signal), ou par mail : contact@lenvolee.net Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée. 1 rue de la solidarité, 75019 Paris instagram : @lenvolee_journal
Discussion autour de deux récents meurtres policiers : Zakaria Mennouni est mort le 27 avril, six jours après que la municipale le tase, lui tire dessus au LBD puis à arme réelle ; dimanche 24 avril, le soir de la réélection d’Emmanuel Macron, un policier a abattu Boubacar et Fadigui au fusil d’assaut en plein centre de Paris. Un syndicat fasciste de flics a appelé à un rassemblement pour revendiquer encore une fois son permis de tuer, le lundi 2 mai à Paris. Le collectif « Urgence notre police assassine » appelle à un contre-rassemblement au même endroit : place Saint-Michel à 12h.
Appel depuis la prison pour sans-papiers de Vincennes. Après trois semaines de mouvements collectifs (tentative d’évasion collective, grève de la faim), sept prisonniers prennent la parole pour dénoncer les conditions d’enfermement et les violences des keufs, particulièrement au mitard du CRA.
Appel depuis la prison pour sans-papiers du Mesnil-Amelot, où deux prisonnières témoignent de leur situation.
Appel de la mère de Jul. Jul est déjà intervenu à l’émission, et il est aujourd’hui incarcéré à la prison de la Santé, après une garde-à-vue très violente. Son état de santé est incompatible avec la détention, et les matons le mettent volontairement en danger en l’empêchant d’être hospitalisé quand c’est nécessaire. Il a déjà fait 6 malaises depuis un mois. Son traitement pour une maladie chronique a été arrêté et remplacé par d’autres médicaments qui sont dangereux pour lui.
On manque de forces pour faire tourner l’émission radio comme on le souhaiterait en ce moment : n’hésitez pas à nous contacter, que vous soyez prisonnier·e·s, proches, ou révolté·e·s contre l’enfermement et l’AP, pour nous filer un coup de main !
L’Envolée est une émission pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. L’Envolée est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.
Direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne et MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le lundi soir à 23h, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Podcasts disponibles sur toutes les plateformes !
Pour nous joindre : 07.53.10.31.95(whatsApp, telegram, signal, appels et textos). Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée, 1 rue de la solidarité, 75019 Paris, ou encore àcontact@lenvolee.net et surinstagram, twitter, facebook & snapchat.
L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers et les prisonnières. Les abonnements du dehors permettent ça. La censure qui a frappé le numéro 52 ne concerne « que » ce numéro en détention. Le numéro 54 est dispo !
Notre bouquin pour troubler la fête du quarantième anniversaire de la prétendue abolition de la peine de mort est sorti ! Une manière parmi d’autres, que nous espérons nombreuses, de faire entendre quelques voix dissonantes dans l’écœurante auto-célébration du pouvoir.
Ce livre réunit des paroles de prisonniers, de prisonnières et de proches publiées dans le journal depuis sa création en 2001 qui nous rappellent avec force qu’en réalité c’est seulement la guillotine qui a été supprimée en octobre 1981.
Il est disponible dans toutes les bonnes librairies et sur la boutique de nos ami.e.s des éditions du bout de la ville.
Il est gratuit pour toutes les personnes enfermées : écrivez-nous à contact@lenvolee.net pour que nous puissions le faire parvenir à vos proches emprisonné.e.s !
Khaled nous lit une lettre d’Hafed, provenant du livre Ca valait pas la peine, mais ça valait le coup sorti en hommage après sa mort en 2015. Il y compare l’enfermement d’un SDF dehors à celui d’un prisonnier dedans.
La situation dans les Ehpad, nouveaux lieux d’enfermement : « on laisse crever nos vieux et nos vieilles comme dans une cellule ». Un appel aux soignants.
Khaled en direct du quartier semi-liberté de la santé.
La violence policière s’intensifie avec le confinement.
Des nouvelles du Centre de rétention administrative de Vincennes : des prisonniers touchés par le Covid-19.
Poursuite de la grève de la faim au Centre de rétention administrative de Oissel.
Des nouvelles de la MAF de Nantes et lecture de messages.
On laisse crever nos vieuxet nos vieilles en prison et en Ehpad !
Ancien prisonnier, correspondant et vieux compagnon de bagarre de L’Envolée, Laurent Jacqua a poussé un gros coup de gueule sur l’abandon des prisonniers en prison dans l’émission du 3 avril dernier. Après être revenu sur l’absence de soins lors des épidémies qu’il a vécues à l’intérieur, notamment celle du Sida, il a fait une comparaison entre ce qui se passe dans les Ehpad et dans les prisons. Voilà ce qu’il disait :
« Les prisonniers et les vieux, on s’en bat les couilles ! Nos vieux, on les laisse crever comme dans une cellule. »
Le parallèle s’impose de lui-même.
Les Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) sont des maisons de retraite médicalisées qui proposent un accueil en chambre. Ils reçoivent des personnes âgées de plus de 60 ans qui ont besoin d’aide et de soins au quotidien ; Il y a plus de 7 000 de ces établissements en France. les Ehpad sont censés être des structures de soin et d’accompagnement, mais déjà en temps normal, faute de moyens, faute de volonté commune, ce sont trop souvent des lieux d’abandon, de dépérissement, voire de maltraitance, où la société laisse mourir, loin des yeux du public. Ce n’est pas toujours le cas, on le sait : ici et là des soignants se battent pour faire vivre, accompagner, faire rire, encourager les familles à venir visiter leurs proches. Les soignants ne sont pas des matons.
Mais ce temps normal n’existe plus : comme les prisons, les Ehpad ont été brutalement fermés aux visites extérieures dans le cadre des mesures de confinement : leur accès est désormais interdit aux intervenants, aux familles et aux proches ; soi-disant pour protéger la santé des pensionnaires. Ce confinement a des effets désastreux sur de nombreuses personnes âgées. Beaucoup d’entre elles s’affaiblissent du fait de ce brusque changement dans leur vie, de l’aggravation de leur isolement ; parfois jusqu’à en mourir. Surtout, il ne protège pas les pensionnaires, car il n’a – pas plus qu’en prison – il n’a pas été assorti de mesures systématiques de distribution de masques, ni surtout du confinement des personnels : comme en prison, ils entrent et sortent, au risque de ramener la maladie. Ça n’a pas été le cas partout, et on salue ici celles et ceux qui ont accepté de rester enfermées avec nos vieux et nos vieilles. Quoi qu’il en soit, sur tout le territoire, les Ehpad sont devenus en quelques jours de véritables lieux d’enfermement, rejoignant ainsi la trop longue liste qui va des Maisons d’arrêt et centrales aux hôpitaux psychiatriques en passant par les prisons pour mineurs et pour étrangers… Tous ces lieux d’où les informations ne sortent pas, ou à peine, et où l’abandon prend une dimension assassine.
Pour dénoncer cette situation, et nous relayons aujourd’hui un – très fort – appel que nous avons reçu de proches et de familles qui dénoncent le manque d’information et en appellent aux soignants des Ehpad (contact : ivanh@no-log.org)
Aux personnels de l’Ehpad Les Airelles à Paris XXéme, Aux personnels de tous les Ehpad : Nous, proches de résidents, comprenons la difficulté et le désarroi qui sont les vôtres. Vous n’êtes pas responsables de l’indigence dans laquelle l’État français a plongé le système de soins depuis des décennies. Nous ne vous identifions pas à ce système. Néanmoins, vous portez une responsabilité : celle de la transparence à propos de la situation dans les établissements où vous travaillez. Vous avez cette marge de manoeuvre : dire la vérité, là où de nombreuses directions encouragent à cacher la gravité de cette situation. Pour nous permettre de supporter cette situation, peut-être celle de plus jamais revoir un être aimé, mais aussi pour nous permettre de nous révolter contre le peu de moyens dont vous disposez : nous avons besoin de savoir. Et parce que nous aurons su, nous pourrons nous retrouver à vos côtés afin de lutter pour des Ehpad où l’on aura envie de vivre et de travailler. Si vous parlez, il y aura des oreilles pour vous entendre.
CONTACT : ivanh@no-log.org
FACE AU COVID-19 EN PRISON : AMNISTIE GENERALE !
Depuis
2001, L’Envolée, c’est une émission et un journal pour en finir
avec toutes les prisons faits par d’anciens prisonniers et
prisonnières et des proches pour relayer la parole des
enfermé.e.s. L’abonnement au journal est gratuit pour les
prisonniers et prisonnières qui en font la demande. L’émission de
radio est diffusée le vendredi soir de
19 heures à 20 heures 30 sur FPP (106.3 Mhz en région
parisienne) ou sur rfpp.net et
disponible ensuite sur toutes les plateformes de podcast. L’épidémie
de Coronavirus a de lourdes conséquences en prison. C’est pourquoi,
face à la gravité de la situation, nous avons décidé de produire
un bulletin d’information quotidien de quinze minutes, que vous
pouvez écouter chaque soir de la semaine à 19 heures sur les
ondes de FPP et sur lenvolee.net, en
plus de l’émission du vendredi qui est maintenue.
Cette émission est rediffusée toute la semaine sur les radios : FPP (région parisienne, 106.3), Canut (Lyon 102.2), MNE (Mulhouse 107.5), Campus (Clermont-Ferrand 93.3), Clé des Ondes (Bordeaux 90.10), La Locale (Saint Girons 97.3), Prun’ (Nantes 92.0), Galère (Marseille 88.4), Campus (Grenoble 90.8), Campus (Dijon 92.2), Panik (Bruxelles 105.4). Toutes les émissions sont aussi écoutables sur les plateformes de podcast. Nous appelons d’autres radios locales à diffuser largement ce bulletin.
Il est plus que jamais nécessaire de ne pas laisser les prisonniers et les prisonnières seuls face à l’arbitraire de l’administration et de faire entendre leur voix. Nous relaierons les actions collectives et individuelles dont vous nous informerez ainsi que des témoignages directs sur la situation à l’intérieur.
Tenez-nous au courant par tous les moyens à votre disposition. Nous diffuserons les messages vocaux et les textos de prisonniers et de prisonnières que vous nous enverrez. Nous lirons également les messages que les proches privés de parloir nous demanderont de passer. Notre numéro de téléphone : 07.52.40.22.48. Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée, 1 rue de la solidarité, 75019 Paris, ou encore à lenvolee.net et sur Instagram, Twitter, FB & Snapchat.
Un prisonnier âgé de 74 ans
incarcéré à Fresnes dix jours auparavant est mort hier du
Covid-19. Le même jour, les parloirs ont été supprimés dans
toutes les prisons françaises. Aucun moyen de maintenir le lien avec
leurs proches n’a été fourni aux prisonnier.e.s. Les activités,
sportives et autres, ont également été supprimées. Dans les
centres de détention en régime « portes ouvertes », où
les prisonniers peuvent circuler dans tout leur étage pendant la
journée, les cellules sont maintenant fermées. Les prisonnier.e.s
resteront enfermés 22 heures sur 24 en cellule, le plus souvent
à trois dans 9m².
Face à cette situation intolérable,
des mutineries ont éclaté dans de nombreuses prisons. A cette
heure, nous avons connaissance de mouvements à Aiton, Angers, Douai,
Epinal, Grasse, La Santé, Lille-Sequedin, Maubeuge, Metz, Montauban,
Nancy, Perpignan, Saint-Etienne, Toulon, Valence et
Varennes-le-Grand. Les Eris (Équipes régionales d’intervention et
de sécurité – GIGN des prisons) sont intervenues dans plusieurs
de ces taules, et à Grasse, les matons ont tiré.
Les prisons pour étrangèr.e.s subissent les mêmes restrictions : plus de parloirs pour quinze jours au moins. Comme les associations se sont retirées de certains Centres de rétention administrative (CRA), les prisonnier.e.s ne sont plus soutenu.e.s dans leurs démarches juridiques. L’Ofii (Office français de l’immigration et de l’intégration) qui fournit habituellement le tabac et les recharges téléphoniques ne vient presque plus dans les centres, ce qui produit une situation critique. Les préfectures continuent d’expulser vers les pays qui n’ont pas interrompu leurs liaisons aériennes avec la France. Si les préfectures et les juges ont commencé à libérer des prisonnièr.e.s, souvent pour motif sanitaire, les rafles et les arrestations continuent. Certaines prisons pour étrangers continuent donc de se remplir. Des révoltes et des mouvements collectifs ont eu lieu dans les centres du Mesnil-Amelot (communiqué1, communiqué2), de Lille-Lesquin (communiqué), de Lyon-St-Exupéry (témoignage), de Metz et de Vincennes (communiqué), et peut-être d’autres encore dont nous n’avons pas eu connaissance : grèves de la faim, départs de feu, évasions, blocages de la promenade…
Nous diffusons ici des vidéos reçues hier de la prison de la Santé. Il est essentiel que les enfermés puissent faire sortir les nouvelles du sort qui leur est fait par la pénitentiaire. Tenez-nous au courant par tous les moyens à votre disposition.
Face à la gravité de la situation, à partir du lundi 23 mars, L’Envolée va diffuser à 19h une émission quotidienne d’un quart d’heure sur FPP (106.3 Mhz sur la bande FM à Paris) pour faire circuler l’information sur ce qui se passe dans les prisons françaises. Nous y lirons les messages qui nous seront envoyés au 07.52.40.22.48. Nous maintenons par ailleurs l’émission du vendredi, entre 19 heures et 20 heures 30.