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La majorité ? – p.3

« L’émotion est à son comble », lettre de Nadia – p.5

La peine de mort n’a jamais été abolie, des prisonniers troublent la fête d’anniversaire – p.7
* Lettres de 2021 de L’Infâme, Francis, Mounir, Daniel et Kémi

Matons violents en procès et familles en colère – p.15
* Homicide à la centrale de Saint-Martin-de-Ré
* « On en a marre qu’ils salissent nos défunts » par Charlotte

A l’isolement – p.18
* « La nécessité d’une mise à jour », lettre de Libre Flot
* « Le QI peut abattre même les plus durs d’entre nous », lettre de Mickaël

Des nouvelles de l’ami Papillon – p.25

Traque, enfermement, expulsions… Violence d’état contre les étranger·e·s
– p. 26
* « La pénitentiaire disait… », lettre de J.
* « A chaque avion qui décolle, on panique », entretien avec S.
* Refus de test PCR, par La Sellette
* Une expulsion en quatre-vingts tours du monde, par B.

« On ne se met pas à la place de la personne retenue en Ehpad »
, entretien avec Christine R. – p.34

Lettre ouverte d’une Gilet jaune contre la répression,
par Nia – p.36

Notes sur le procès des révoltes provoquées par la mort d’Adama Traoré en 2016 – p.38

Transphobie en prison
– p. 42
* « Criminaliser les femmes qui se défendent » à propos du procès de Jennifer
* « Je ne me sens plus en sécurité depuis l’agression que j’ai subi », lettre de A.

Covid ou pas covid, ce qui ne varie pas, c’est le mépris – p. 45

« J’ai écouté l’émission, j’ai été très ému », lettre de Y. – p. 46

Coin lecture – p. 47

Merci à Nia, Léo, Laurent, Svink et aux colleur·euse·s pour les illustrations du numéro !


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édito L’Envolée 54 – novembre 2021

S’il y a bien un « lien indissoluble entre la dictature et la peine de mort » – dixit Robert –, qu’en est-il du lien indissoluble entre l’État – sous quelque forme qu’il se présente – et la violence systémique de ses agents en armes ? Entre l’État et la torture blanche soigneusement invisibilisée dans ses prisons ?
Toutes les prisons sont des couloirs de la mort ! Nous avons tenté de faire vivre cette vérité avec la sortie d’un livre, des discussions publiques, des affiches sur les murs…
Au même moment, le budget pénitentiaire 2022 était examiné à l’Assemblée nationale et, toujours sans surprise, «l’extension du parc immobilier pénitentiaire» concentre l’immense majorité de ces fonds publics. L’autre gros poste de dépense, c’est la sécurisation des prisons. À croire que les conclusions des États généraux de la justice ont déjà été tirées : c’est la poursuite du programme pénal amorcé à la fin des années 1970, avec toujours plus d’enfermement préventif, plus de délits mineurs poursuivis et des peines qui s’allongent. Ce budget s’inscrit tout simplement dans la continuité d’une politique de surenfermement de la population : 49 000 prisonniers en 2001, 70 000 en 2020, 80 000 à l’horizon 2027 – sans aucun lien avec une quelconque évolution de la démographie ou de la « délinquance ». Le lien, c’est du côté de l’appauvrissement du plus grand nombre qu’il faut le chercher, tandis qu’une frange non négligeable de la grande bourgeoisie en profite en assumant de plus en plus ouvertement l’option fasciste.
« Il faut s’opposer au passe sanitaire qui nous habitue un peu plus au contrôle de nos déplacements », tentent de crier des manifestant·e·s. C’est vrai… mais nous nous sommes bien habitués aux tentes d’exilés lacérées par des fonctionnaires de police ; nous nous sommes habitués à laisser crever des gens trente ans en prison ; nous nous sommes habitués à voir dissoudre des associations « islamistes », « gauchistes », « islamogauchistes »… Nous nous sommes habitués à ce qu’on bâtisse des murs pour éloigner les usagers de drogues ; nous nous sommes habitués à ce que les mots changent de sens et qu’« antifa » veuille dire fasciste dans la bouche des éditorialistes de garde ; à entendre un ministre des migrations proférer que les « murs des camps protègent les migrants »…
Nous nous sommes habitués ? Qui ça, « nous » ? La « majorité » ? Ça reste à voir ! Des collectifs s’organisent ici et là contre les constructions de prisons à venir, des prisonniers et des prisonnières continuent de se battre à l’intérieur ; des Gilets jaunes mutilés, des proches, tués au mitard ou dans la rue par la police s’organisent pour combattre la violence de l’État ! Et ça fait tout de même du monde !

L’Envolée se veut un porte-voix pour les prisonniers et prisonnières qui luttent contre le sort qui leur est fait. Le journal publie des lettres, des comptes rendus de procès, et des analyses sur la société et ses lois. Il prolonge le travail mené par des émissions de radio qui maintiennent un lien entre l’intérieur et l’extérieur des prisons, hors du contrôle de l’administration pénitentiaire (AP).
Le journal est réalisé par des ex-prisonnier·e·s, des proches de prisonnier·e·s et d’autres qui savent que la prison plane au-dessus de nos têtes à tous. Il est primordial de faire exister la parole des prisonnier·e·s qui sont les mieux placés pour décrire leur quotidien, dénoncer leurs conditions de détention, les violences qu’ils et elles subissent et critiquer la prison.
Une parole qui sort de la prison constitue un acte politique qui dérange l’ordre des choses, surtout quand cette parole est collective. Nous sommes convaincu·e·s que les mots inspirent et nourrissent la lutte contre la justice et l’enfermement. La prison est le ciment nécessaire à l’État pour permettre au capitalisme de se développer.
Prisons et justice servent principalement à enfermer la misère. En jouant son rôle de repoussoir social, l’enfermement carcéral produit la peur nécessaire au maintien de cette société. Ainsi la prison sert aussi à enfermer dehors. Ce journal existe depuis 2001 malgré les censures de l’AP, malgré les poursuites pour diffamation, malgré nos faibles moyens. Nous ne comptons que sur l’argent des abonnements extérieurs et des événements de soutien pour le financer. N’hésitez pas à écrire, à vous abonner et à abonner vos proches : pour les prisonniers et les prisonnières l’abonnement est gratuit.

Les décisions administratives refusant à une personne prisonnière de commander une revue ou de la détenir peuvent faire l’objet d’un recours administratif.
Règlement intérieur type, Article 19, annexe de l’article R57-6-18 du Code de Procédure Pénale

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