On lit à plusieurs voix l’introduction du livre Mange ta peine : recettes du prisonnier à l’isolement de Moben, publié au printemps 2026 aux éditions du bout de la ville. Pour rappel, suite à sa publication, son auteur a subi un transfert punitif au quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe. On peut commander le livre sur le site des éditions ici et il est gratuit pour les personnes enfermées.
Dans ce texte, Moben revient sur les luttes collectives des prisonniers dans les quartiers d’isolement (QI) au début des années 2000 qui ont obtenu un certain nombre d’amélioration de leurs conditions de détention. L’ouverture des QLCO de Vendin et de Condé vise justement à revenir sur les acquis de plus de 20 ans de luttes à l’intérieur. Cette introduction raconte aussi l’importance de la cuisine pour tenir à l’intérieur alors que la nourriture infecte de la gamelle fait partie de la punition.
On écoute ensuite un enregistrement de Gabriel Muesca, militant basque incarcéré pendant 17 ans dont 2 années à l’isolement, sur la publication du livre La Fureur du lâche, chronique de l’isolement, de Fernando Garcia Jodra, un autre militant de la cause basque qui a passé 19 années dans les quartiers d’isolement des prisons espagnoles (et qui est encore incarcéré dans un prison du pays basque). Muesca raconte les effets de l’isolement sur le corps et l’esprit des individus et rappelle l’importance d’écouter les personnes qui subissent cette torture.
On passe enfin un passage d’une discussion avec un ancien prisonnier longue peine qui raconte les luttes contre les quartiers de haute sécurité (QHS) et les maisons centrales dans les années 1980 et 1990. Cet enregistrement a été réalisé et diffusé par les camarades de la Courte Échelle dans le cadre d’un week-end anticarcéral à Marseille au printemps 2025.
L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.
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Début 2025, Darmanin a annoncé la création des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) et les a inscrits dans la loi dite « narcotrafic ». Six mois après l’ouverture du QLCO de Vendin-le-Vieil et trois mois après celle de Condé-sur-Sarthe, des informations concrètes commencent à sortir sur la réalité de ces endroits et sur leur véritable fonction. Les QLCO servent les intérêts de toute la chaîne pénale : ceux du ministre évidemment, mais aussi ceux des juges et des enquêteurs, des matons et de leurs syndicats, et puis de l’administration pénitentiaire (AP). Pendant ce temps, les prisonniers et leurs proches font les frais de ce régime de détention épouvantable.
Pour se faire entendre « dans le saloon de la démocratie », suffit de « tirer deux coups au plafond », explique le petit shérif. Plus qu’une mauvaise blague, c’est une stratégie politique : les annonces outrancières permettent d’obtenir moins, tout en donnant l’impression d’avoir négocié. Le cow-boy a d’abord exigé que les prisonniers soient placés au QLCO pour cinq ans ; et quand les parlementaires ont finalement voté un placement d’un an, il a pu ricaner : « On s’en fiche, puisque c’est renouvelable ! »
La création des QLCO sert la communication du ministre dans sa course à la présidentielle. Ça fait maintenant plus d’un an que L’Envolée raconte comment Darmanin fait sa campagne sur le dos des prisonnier·es, avec l’interdiction des activités ludiques et la chasse aux téléphones portables… Ces nouveaux quartiers, c’est sa vitrine, le symbole du message de fermeté qu’il veut incarner. Et c’est pas fini : il accélère encore la cadence avec l’annonce de l’ouverture de nouveaux QLCO à Aix-Luynes, Valence et Réau dès 2026.
LES JUGES D’INSTRUCTION SE FROTTENT LES MAINS…
Derrière le nom mensonger de loi contre le « narcotrafic » se cache un outil pour enfermer la « criminalité organisée », ce qui revient en fait à la quasi-totalité des délits et des crimes pour peu qu’ils soient commis à plusieurs. On a vite fait de se retrouver avec une association de malfaiteurs sur le dos, ou une circonstance aggravante de bande organisée… Les prisonniers du QLCO sont sous le coup de diverses accusations et condamnations, du trafic de stup au banditisme en passant par le vol de voiture. Ça causait des « cent plus gros narcos », mais au bout du compte , il suffit d’être soupçonné d’entretenir des liens avec tel ou tel réseau – ou même juste avec l’extérieur – pour être envoyé à Condé ou à Vendin.
80 % des prisonniers en QLCO sont en détention provisoire. La fonction de ces quartiers est avant tout de faire avancer les instructions en poussant les prévenus à cracher le morceau. Ce dispositif est inspiré du statut de repenti tel qu’il est pratiqué dans les prisons italiennes sous le régime 41bis : pour en sortir, il faut balancer et mettre quelqu’un à ta place ! Jusqu’ici peu utilisé en France, le statut de collaborateur de justice a d’ailleurs été élargi par la loi « narcotrafic ». Les QLCO deviennent ainsi un maillon central de l’appareil judiciaire : il s’agit de faire subir des conditions horribles aux prisonniers pour leur arracher des aveux.
… ET LES MATONS FONT CE QU’ILS VEULENT
Le QLCO est aussi un cadeau fait aux matons, qui ont désormais les coudées franches. Tout le savoir accumulé au fil des années en termes de torture blanche peut y être mis en pratique et amélioré. D’après les informations qui nous sont parvenues, la déshumanisation qui était déjà à l’œuvre à Condé – centrale ultra-sécuritaire ouverte en 2013 pour mater les prisonniers récalcitrants – y est poussée à l’extrême.
Au QLCO de Condé, les prisonniers ne sont que trente-sept, et de toute façon, ils ne peuvent pas croiser plus de quatre autres personnes en promenade. Les cantines sont extrêmement réduites. L’administration a inventé des règles inédites : pas plus de six paires de chaussettes, de six caleçons… Les prisonniers ont froid car le chauffage n’est que rarement allumé. Pour avoir un nouveau gel douche, il faut rendre le précédent – et donc attendre une semaine l’arrivée de la prochaine cantine.
Tout est fait pour désorienter complètement les prisonniers. Le jour, il n’y a pas de lumière à cause des caillebotis aux fenêtres ; et la nuit, jamais d’obscurité complète, mais une lumière basse constante, et une lumière forte qui réveille les prisonniers toutes les deux heures. Il n’y a pas d’horaire fixe : il faut toujours être à l’affût, à attendre que les matons viennent dire de se préparer. S’ils « oublient » de te prévenir, pas de promenade : « t’étais pas prêt ! » – de toute façon, la promenade est souvent supprimée pour des motifs bidon…
Les agents sont tous cagoulés. Les prisonniers ne voient pas d’autres visages que ceux des quatre autres qu’ils croisent en promenade. Lors de chaque mouvement en détention, les prisonniers sont escortés par trois à huit agents. À chaque arrêt, ils doivent se mettre la tête contre le mur. Dans les cellules, à deux mètres de la porte, une ligne rouge tracée au sol indique l’endroit où ils doivent se tenir les bras en l’air ; en cas de refus, pas d’ouverture de la cellule. Sous prétexte de protéger les matons des agressions, les portes sont équipées d’arrêtoirs, et ils les bloquent systématiquement à 45 degrés ; elles sont équipées d’un système de fermeture brutale… Bref les prisonniers sont traités comme des animaux enragés. Les fouilles à nu sont quotidiennes. Pas le droit de parler, ni même de répondre aux matons. Face au mur, le prisonnier doit leur tendre lentement chaque vêtement, soulever ses testicules, et se faire passer une lampe entre les fesses. À chaque fois, il doit repositionner ses mains contre le mur. Cette fouille particulièrement ritualisée est réglée pour faire péter les plombs. Un prisonnier a raconté avoir été tabassé pour avoir fait une remarque aux surveillants lorsqu’ils lui ont demandé pour la cinquième fois de montrer ses oreilles : cinq matons se sont mis sur lui et il a pris des coups, y compris dans les parties.
D’autres prisonniers ont déjà été passés à tabac. Chaque fois qu’ils n’obéissent pas, ou pas assez vite, les matons appliquent toujours la même technique : doigts dans la bouche et dans les yeux, placage au sol, écrasement des parties génitales, torsion des bras et des jambes provoquant l’asphyxie. Le matin, les prisonniers au mitard sont réveillés par des matons qui crient : « Ici, c’est chez nous ! Ici, c’est le IIIe Reich ! Les nazis, c’est nous ! » Tout est fait pour briser les liens avec les proches. Les prisonniers n’ont pas accès aux unités de vie familiale. Ils ne peuvent utiliser la cabine que deux fois deux heures par semaine, souvent au moment où les gens travaillent et où les enfants sont à l’école. En plus de l’hygiaphone qui interdit tout contact, les proches subissent un traitement déshumanisant : des matons cagoulés palpent les enfants, et ils font sauter les parloirs pour des motifs bidon – même pas besoin que le portique sonne, il suffit qu’ils décident que le scanner millimétrique a détecté quelque chose, ou qu’ils décrètent arbitrairement qu’il fallait arriver encore plus en avance.
LES SYNDICATS EN EMBUSCADE
Comme à leur habitude, les syndicats de matons défendent la ligne la plus dure. Le QLCO est l’aboutissement de pas mal de leurs revendications. Toutes visent à l’effacement des acquis des luttes des prisonniers, comme l’obtention dans les années 1980 de la fin des parloirs hygiaphones qui – après leur grand retour pendant le covid – sont désormais normalisés dans les QLCO. Les syndicats résistent au moindre assouplissement de ces conditions déshumanisantes, forçant par exemple la direction de Condé à faire marche arrière lorsqu’une note a préconisé d’ouvrir les portes des cellules à 90 degrés. En plus, tous les personnels de Condé et de Vendin reçoivent une prime mensuelle au titre de la « dangerosité » des prisonniers. Interrogée sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers, l’administration répond tranquillement qu’ils ont appris ces gestes professionnels dans une formation spéciale QLCO – ou quand la violence devient une pratique professionnelle labellisée et la torture blanche une norme sécuritaire…
Lorgnant sur Condé, les syndicats des futurs QLCO d’Aix-Luynes, de Valence et de Réau font leur petit shopping, histoire d’obtenir des promesses. Ils rivalisent de demandes extravagantes : hygiaphones ultra renforcés, boucliers stroboscopiques – pour éblouir et désorienter –, et, vas-y, un dojo pour la formation continue des matons… Sans compter, évidemment, la généralisation de la « prime QLCO » à tous les personnels. Ils s’inquiètent même qu’à Condé le courrier soit géré à l’aide d’un chariot mobile, « objet roulant pouvant être utilisé contre les agents ». On imagine bien comment cette compétition décomplexée peut pousser à la dégradation de conditions de détention déjà atroces, au QLCO et ailleurs. À la moindre petite innovation chez le voisin, les syndicats font pression sur leur direction pour obtenir la même chose chez eux. Avec une petite touche expérimentale côté matons : à Condé, ils testent la ligne rouge en cellule, qui n’existe pas à Vendin. Les conditions du QLCO commencent à se répandre dans d’autres quartiers de la détention – au quartier d’isolement de Condé en détention « normale », juste à côté, les matons enfilent déjà des cagoules à l’instar de leurs collègues.
LA PÉNITENTIAIRE SE COUVRE
L’AP ne cesse d’être hantée par le spectre des luttes collectives contre l’isolement. Entre 1975 et 1982, elles avaient conduit à la fermeture des quartiers de haute sécurité – certes vite remplacés par les quartiers d’isolement. On se souvient de la mutinerie de 1987 à la centrale de Saint-Maur – le plus grand quartier d’isolement de France ! – au cours de laquelle quatre cents prisonniers ont pris directeur, matons et enseignants en otages. Les luttes de 2001 à 2005 méritent aussi d’être rappelées (voir encart)… À mesure que l’individualisation des régimes de détention progresse, les recours juridiques des prisonniers se multiplient. Ils ont fini par obtenir quelques victoires ponctuelles sur des placements illégaux ou des maintiens à l’isolement hors délai, ou encore sur l’usage de l’isolement en préventive. La création des QLCO remet les compteurs à zéro, puisque légalement, ces lieux ne sont pas des quartiers d’isolement. La preuve : chaque prisonnier en croise quatre autres une heure par jour ! Cette pirouette permet à l’AP d’arguer que les conditions de détention en QLCO sont bien meilleures qu’à l’isolement. La magistrature suit : tous les référés ont été rejetés, et les recours seront examinés dans des mois, voire des années. De toute façon, le flou des critères d’affectation – quasiment pas explicités dans la loi – a été entériné par le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État : le ministère et l’administration ont donc les mains libres. Les QLCO s’inscrivent dans la logique plus ancienne de la multiplication des régimes d’isolement qui ne disent pas leur nom : les quartiers maison centrale, l’étage zéro ou encore « la gestion isolée »…
Les luttes dans les QI (2001-2005)
Moben, mange ta peine, éditions du Bout de la ville, 2025
« Entre 2001 et 2005, il y a eu de grandes luttes collectives au sein des QI. À chaque fois, ça se passait à peu près comme ça : on commençait toujours par aller voir le surveillant pour lui exposer le problème qu’on avait ; là il y avait plusieurs cas de figure. Le plus souvent ça se passait sans violence, le surveillant faisait remonter l’information et on pouvait discuter et négocier avec la direction et le problème était résolu. Mais quand on avait affaire à une sourde oreille, on s’organisait pour tout bloquer. Ça voulait dire que le soir on bouchait l’œilleton qui sert aux surveillants à regarder à l’intérieur de la cellule, ce qui les oblige à appeler le gradé et à s’équiper (c’est-à-dire mettre du matériel anti-émeute) pour ouvrir la porte. On « bloquait » aussi les promenades : ça veut dire qu’ils nous descendaient quatre par quatre, chacun dans une petite promenade et au moment de remonter on refusait, ils mettaient des fois trois heures à nous rentrer en cellule ou ils appelaient les Éris. Et là, y avait bagarre ! Bref, le QI était mis hors service. Il ne pouvait plus fonctionner normalement : les surveillants étaient obligés de faire des comptes rendus d’incident (CRI) tous les jours, ça remontait aux directions interrégionales, et le directeur de la taule se faisait taper sur les doigts. Et nous, on était envoyés au mitard après s’être fait tabasser. On n’avait pas grand chose à perdre alors on a fait ça pendant des années et on a fini par obtenir pas mal de choses ; notamment des plaques chauffantes et des frigos. Nous avons aussi obtenu des salles de sport, c’est-à-dire une cellule avec dedans une barre fixe, un vélo ou un tapis de course, parfois les deux. On a obtenu le droit de prendre des douches après le sport, et non plus seulement deux à trois fois par semaine. On a obtenu la télé pour ceux qui n’ont pas d’argent. On a aussi obtenu de vraies bibliothèques …
En août 2025, un mois après l’ouverture du QLCO de Vendin, les prisonniers ont entamé des mouvements collectifs. Ils se sont organisés pour inonder les coursives, taper dans les portes et tenter d’obtenir des extractions médicales. En septembre, plusieurs dizaines d’entre eux ont fait une grève de la faim. À Condé aussi, les prisonniers ont commencé des mouvements. En janvier, ils ont tapé et inondé les coursives, et la direction a décidé de couper l’eau aussi sec. Certains rendent d’eux-mêmes tout ce que l’AP pourrait leur enlever – télé, frigo… –, ou même arrêtent de cantiner pour réduire le pouvoir de l’administration en lui retirant tout moyen de pression. En septembre à Vendin, en janvier à Condé, les prisonniers ont fait sortir des communiqués dénonçant l’arbitraire de ce régime de détention et son impact sur leurs proches.
SUPER CARTEL DE VENDIN-LE-VIEIL
Grève de la faim à partir du 1er septembre 2025
Nous, détenus, annonçons aujourd’hui une grève de la faim à compter du 1er septembre 2025. Notre mouvement n’est pas dirigé contre nos conditions de détention mais contre les conditions inhumaines imposées à nos familles.
Nos familles paient le prix fort.
* Elles parcourent des centaines de kilomètres pour venir nous voir, parfois au détriment de leur santé, de leur travail, de leur équilibre.
* Au parloir, elles se retrouvent derrière un hygiaphone, dispositif justifié officiellement pour éviter l’introduction
d’objets illicites. Pourtant, chacun sait qu’un portique à ondes millimétriques détecte déjà tout objet interdit. Même les surveillants témoignent que ce système sert avant tout à « casser psychologiquement » détenus et familles.
Une mise en scène indigne
* Les familles, y compris des enfants, sont accueillies par des agents cagoulés censés les impressionner. Pourtant, en détention même, les agents ne portent pas de cagoule.
* Les appels téléphoniques sont limités à deux fois par semaine, sur des créneaux restreints (8h-12h, 14h-16h). Or, à ces heures, les proches travaillent et les enfants sont à l’école.
* Rappelons que nos proches n’ont commis aucune faute : ils ont un casier vierge, ils paient leurs impôts et n’ont évidemment aucun numéro d’écrou.
La vérité contre les mensonges
Nous ne sommes pas violents avec les agents, seuls quelques individus isolés et déséquilibrés le sont. La vérité, c’est que les agents sont en sous-effectifs, et non 250 comme l’affirme le ministre de la Justice, Monsieur Gérald DARMANIN. DARMANIN ment. Le délégué syndical David LACROIX ment.
Notre position
Votre rêve est de nous pousser à la violence. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Notre résistance sera pacifique mais déterminée. Le 1er septembre 2025, nous entamerons une grève de la faim pour défendre la dignité de nos familles.
À GÉRALD DARMANIN (ALIAS MOUSSA DE SON VRAI PRÉNOM)
Je fais ce courrier de la part de tous les détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe.
À partir de cet instant, c’est-à-dire le 5 janvier au soir, nous entamons des mouvements de protestation contre le QLCO qui instaure ses propres règles à l’instar du QLCO de Vendin-le-Vieil qui parait beaucoup plus souple : deux heures de promenade, lecteur DVD en cellule, pas de marquage au sol à suivre (une ligne par terre). Ici à Condé, les requêtes ne sont pas prises en compte, les détenus sont 23 heures sur 24 en cellule et pour la plupart (pour ne pas dire tous) n’ont rien à faire dans un QLCO.
Le QLCO n’a aucune vocation si ce n’est une vengeance personnelle sur les détenus, nous regrettons l’opacité des procédures pour affecter les détenus : si l’ensemble des dossiers était traité avec discernement, aucune des personnes détenues à l’instant n’aurait suffisamment de motivations pour y être affectées.
Les QLCO ont été créés juste pour assouvir les ambitions politiques du ministre de la justice, à part ça, ça sert à rien : les agents sont des cagoulés alors que j’étais incarcéré dans cette prison il y a 40 mois en arrière, je les connais tous, c’est une mascarade.
Pour finir, l’ensemble des détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe est déterminé à protester, on attend des changements ainsi que de pouvoir s’entretenir avec le chef d’établissement pour améliorer nos conditions de détention.
Signé : L’association de bien-fêteurs de Condé-sur-Sarthe.
On fait un petit point sur la canicule en prison qui est encore plus insoutenable à l’intérieur : aucun courant d’air en cellule, des fenêtres grillagées qu’on ne peut pas ouvrir complètement de plus en plus doublés de caillebotis … Et les promenades bétonnées sans ombres et sans arbres n’apportent pas non plus de fraîcheur.
Une lettre d’Étienne, un prisonnier kanak qui nous écrit depuis sa déportation en France il y a deux ans suite aux révoltes en Kanaky. Il est sorti fin avril de l’isolement. Il raconte son passage en unité pour détenus violents (UDV), où on est sous étroite surveillance des psys et de l’administration et avec des restrictions supplémentaires et où on est enfermé quand on pète un câble en prison. Il profite de ce courrier pour saluer les prisonniers des QLCO de Vendin et Condé.
On lit une lettre collective écrite avec des proches de prisonniers du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé pour dénoncer les conditions de parloirs qui leur sont imposés. Il faut noter l’importance de cette mobilisation collective des proches face à ces nouveaux quartiers sécuritaires qui visent à renforcer encore l’isolement et l’atomisation de la prison. Comme ils le disent bien, le but de l’administration pénitentiaire est de les humilier et de les traumatiser pour les décourager de rendre visite à leurs proches incarcérés pour les isoler encore plus et les faire craquer. On peut retrouver cette lettre sur notre site ici et on invite les personnes à l’extérieur à la faire circuler au maximum.
On reçoit trois appels de proches de personnes enfermées au QLCO de Condé qui reviennent sur les conditions de parloirs qui leur sont imposées mais aussi les restrictions sur les appels téléphoniques. Pour rappel le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé a été ouvert par Darmanin il y a 6 mois après celui de Vendin à l’été 2025. Deux prisons qui avaient été ouvertes par Taubira il y a plus de dix ans déjà pour mater les prisonniers qui se révoltaient contre l’administration pénitentiaire. Cette fois, sous prétexte d’enfermer le haut du spectre du narcobanditisme, c’est une véritable légalisation de la torture blanche et un retour en arrière sur deux décennies d’acquis des prisonniers à travers leurs luttes : matons cagoulés, parloirs hygiaphones, appels téléphoniques, promenades et cantines limités, fouilles à nu systématiques, ni travail ni formation, etc.
Les proches racontent notamment comment les enfants sont palpés en plus de leur passage au portail à ondes millimétriques qui sonnent sans raison et fait sauter des parloirs, le contrôle des appels téléphoniques, la destruction de l’abri famille et les coups de pression sur les proches qui traînent sur le parking, ou encore les règles arbitraires pour le linge qu’on est autorisé à apporter.
AGENDA
• Journée d’hommage et de commémoration pour les 19 ans de lutte et de mémoire après l’assassinat de Lamine Dieng par la police. Rendez-vous le samedi 20 juin, de 13h à 21h, à la Parole Errante à Montreuil, avec des ateliers et des discussions sur les violences policières et le racisme systémique. • Manif contre tous les racismes et l’extrême droite le dimanche 21 juin à 14h, au métro Barbès à Paris. • Rendez-vous à Saint-Étienne dès midi, le dimanche 21 juin, à La Tablée pour la cantine pour cantiner, une cantine de soutien ce mois pour jeune Algérien de 19 ans incarcéré à la Talaudière. • Dimanche 28 juin 2026 à 14h, devant la prison des Baumettes à Marseille : rassemblement de soutien aux prisonniers et prisonnières. Puis, de 19h à 21h, écoute d’un podcast sur l’isolement carcéral dans les années 1980 à Radio Galère, à la Friche de la Belle de Mai. • Soirée de lancement de la revue Al Wada, un magazine de littérature carcérale palestinienne, avec des discussions et un concert. Rendez-vous le 10 juillet dès 18h30, au 78 rue de Compans, dans le 19e arrondissement de Paris.
L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.
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Pour nous joindre : 07.53.10.31.95 (appels, textos, signal), ou par mail : contact@lenvolee.net Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée. 1 rue de la solidarité, 75019 Paris instagram : @lenvolee_journal
Lettre collective écrite avec des proches de prisonniers du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe pour dénoncer les conditions de parloirs qui leur sont imposées. Il faut noter l’importance de cette mobilisation face à ces nouveaux quartiers ultra sécuritaires qui visent à renforcer encore l’isolement et l’atomisation de la prison. Comme ils le disent bien, le but de l’administration pénitentiaire est de les humilier et de les traumatiser pour les décourager de rendre visite à leurs proches incarcérés, afin d’isoler encore plus les prisonniers et de les faire craquer. Cette lettre a été lue et discutée avec certains des proches dans cette émission. On invite les personnes à l’extérieur à la faire circuler au maximum.
Nous sommes des filles, fils, mères, pères, frères et sœurs de personnes enfermées au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la centrale de Condé-sur-Sarthe. Nous traversons régulièrement la France pour rendre visite à nos proches au parloir, où nous sommes séparés d’eux par une vitre hygiaphone.
L’administration pénitentiaire se défend d’interdire tout contact (parloirs, cabine téléphonique) avec les proches, mais il est clair que les maltraitance décrites ici visent à rendre les visites aussi contraignantes et traumatisantes que possible pour nous décourager de venir voir les prisonniers et pour leur faire péter les plombs.
Ils sont prévenus ou condamnés, mais pas nous. Pourtant, nous aussi, nous sommes punis, et nous faisons les frais de la politique sécuritaire de l’administration pénitentiaire et de son ministre Darmanin. Les parloirs hygiaphone qui rendent tout contact direct impossible portent déjà atteinte à nos besoins humains fondamentaux, mais en plus de cette torture légalisée par la création des QLCO, nous subissons toutes sortes de maltraitances arbitraires, tolérées – voire encouragées – par l’administration.
Comme l’abri famille a été détruit pendant les travaux d’aménagement, nous devons attendre une heure dehors, qu’il pleuve ou qu’il vente. Sur le parking, les proches subissent des coups de pression des surveillants, qui vont parfois même jusqu’à appeler la police ; il y a des fouilles de voiture et les personnes qui se servent de leur téléphone sont menacées au prétexte qu’ils prendraient l’établissement en photo… Certains visiteurs se sont vu suspendre leur parloir pour ce genre de motifs.
L’entrée au parloir nous est refusée pour toutes sortes de motifs absurdes, alors qu’on a fait des centaines de kilomètres. La durée des parloirs a été réduite mais on nous demande d’être présents une heure à l’avance, et pour cinq minutes de retard (c’est-à-dire cinquante-cinq minutes avant le parloir) on nous refuse l’entrée ; ou alors c’est un numéro de carte d’identité qui ne correspond pas à celui du permis de visite, même si la visiteuse montre d’autres documents prouvant son identité – et la personne a encore été refoulée au rendez-vous suivant alors que la Spip l’avait assurée que la rectification avait été faite.
Au QLCO, les surveillants sont tous cagoulés. Devons-nous laisser traumatiser nos enfants qui veulent voir leur père ou leur oncle ? Comment supporter de n’être en contact qu’avec des individus au visage masqué ? C’est d’autant plus absurde que certains d’entre nous qui venaient déjà au parloir avant l’ouverture du QLCO reconnaissent les surveillants. Les enfants font beaucoup de cauchemars après les visites, d’autant que certains cagoulés effectuent des palpations sur de très jeunes enfants au prétexte que le portique à ondes millimétriques serait inefficace sur les « individus de moins de 100 cm ».
En effet, en plus du contrôle drastique – avec passage au détecteur de métaux et aux rayons X – dont les visiteurs font déjà l’objet dans toutes les prisons, nous devons en plus inaugurer cet autre appareil détecteur d’objets illicites… alors que nous restons toujours séparés de nos proches par une vitre. Ce portail donne encore lieu à d’autres renvois arbitraires : un visiteur s’est vu refuser l’entrée à cause de son capteur pour le diabète, et ses parloirs ont été suspendus pour « tentative d’introduction de denrée alimentaire » à cause des bonbons qu’il doit toujours avoir sur lui en cas de crise d’hypoglycémie. Comme le portail à ondes millimétriques ne fait que désigner des « zones » corporelles où il croit détecter des anomalies, sans plus de précisions, au moins deux femmes en période menstruelle se sont vu refuser l’entrée au parloir à cause de leurs protections périodiques.
En théorie, dans les autres établissements, les prisonniers peuvent appeler de la cabine téléphonique quand ils veulent. Au QLCO, les appels sont limités à quelques heures par semaine sur des créneaux restreints, qui changent régulièrement – mais toujours en pleine journée, quand les enfants sont à l’école et nous au travail ; rarement le week-end. C’est pourtant vital de pouvoir communiquer avec ceux qu’on aime, et ça prend un tour dramatique quand un petit est malade et qu’on ne peut pas donner de ses nouvelles à son père. Nous payons l’option « lettre suivie » de la Poste pour être sûrs que nos courriers parviennent à nos proches, et même comme ça, nos lettres mettent des semaines à arriver – quand elles ne sont pas retenues par la prison.
Pour apporter des vêtements aussi, Le règlement est encore plus compliqué qu’ailleurs : il faut annoncer par téléphone à notre proche ce qu’on va lui apporter pour qu’il fasse une demande écrite à l’administration, et parfois c’est impossible à coordonner du fait de la restriction des communications. Les habits que les surveillants ne transmettent pas aux prisonniers finissent dans un mystérieux vestiaire au lieu d’être restitués à la famille.
A cause des interdictions arbitraires, nous conduisons des heures sur des centaines de kilomètres, nous payons l’essence, les péages, le train, le taxi et les nuits d’hôtel pour voir nos proches…. sans jamais savoir si on nous laissera entrer ou non. Ça nous met la boule au ventre. Pour nous décourager d’aller voir nos proches, ils nous traitent comme des chien, et ces conditions risquent de s’étendre à toutes les prisons si nous laissons faire. Ils veulent nous briser, ils veulent nous isoler, mais l’union fait la force – et nous nous unissons pour dénoncer tout ça.
Des nouvelles de Pascal, un prisonnier longue peine et correspondant régulier de l’Envolée, qui a enfin été transféré à Saint-Martin-de-Ré après avoir poireauté des mois à Réau en sortant du centre national d’évaluation (CNE). S’il est maintenant moins loin de ses proches, il raconte que cette déjà sinistre centrale a bien changé depuis son dernier passage.
Une lettre d’un autre prisonnier longue peine qui fait la tournée des centrales de France pour refuser de se plier devant l’administration pénitentiaire. Il explique comment ses bagarres lui coûtent ses aménagements de peine et ses perspectives de sortie.
Une lettre du centre pénitentiaire d’Orléans qui donne un nouvel exemple des manières dont l’administration et ses agents maintiennent sous pression les personnes enfermées grâce à leur mainmise sur les relations avec les proches à l’extérieur. Alors que son dernier mouvement de revendication l’a amené au mitard, il évoque le dernier blocage des matons qui, eux, n’ont subi aucune sanction.
SOIRÉE DE SOUTIEN A MOBEN ET CONTRE LES QLCO
On passe l’enregistrement d’une discussion avec des membres de l’Envolée et des Éditions du bout de la ville qui ont édité le livre de recette Mange ta peine, pour lequel Moben a été transféré au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe. Cet échange a eu lieu à l’occasion d’une cantine en soutien à Moben qui s’est tenue à Toulouse en mars dernier et au cours de laquelle deux cents personnes ont pu déguster des recettes directement inspirées du livre.
On a profité de ce moment pour présenter également les QLCO, leur fonctionnement et leur rôle dans la détention et dans la société, et relire les deux communiqués sortis par des prisonniers à Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe après l’ouverture des deux premiers QLCO.
L’enregistrement ayant été réalisé avec un téléphone dans une chapelle, on s’excuse par avance de la qualité audio et on espère qu’elle ne gène pas trop la compréhension.
AGENDA
Rassemblement pour le procès en appel de la mère d’Idir Mederess, mort au mitard de la prison de Lyon-Corbas le 9 septembre 2020, et de son avocat. Rendez vous le jeudi 18 juin à 11 au Palais de justice des 24 colonnes à Lyon.
Rendez-vous dimanche 28 juin 2026 à 14h devant la prison des Baumettes puis de 19h à 21h écoute d’un podcast sur l’isolement carcéral dans les années 80 à Radio Galère à la Friche avec apéro et moment convivial. Plus d’infos ici.
L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.
L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers et les prisonnières.
En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne. Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord,en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Et sur toutes les plateformes de podcast.
Pour nous joindre : 07.53.10.31.95 (appels, textos, signal), ou par mail : contact@lenvolee.net Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée. 1 rue de la solidarité, 75019 Paris instagram : @lenvolee_journal
Une lettre depuis la taule du Havre de Muhammad, enfermé depuis 2013 et « séquestré à l’isolement » depuis 2017 après une tournée des pires prisons de France. Il revient sur l’impact des longues peines : « c’est un peu comme pour les morts, plus le temps passe, moins y ‘a de visite ». Et il partage quelques unes des réflexions qu’il a couchées par écrit pendant toutes ces années.
Une lettre de Fabrice Boromée, enfermé à Condé-sur-Sarthe, qui appréhende la reconstitution prochaine dans le cadre de sa plainte suite aux deux grenades assourdissantes que les ERIS lui ont jeté dans les douches de la centrale de Saint Maur en 2017 qui l’ont traumatisé et qui lui ont fait perdre l’audition d’une oreille.
Une lettre de Kémi depuis la centrale de Moulins qui a gagné au tribunal administratif un recours contre l’administration pénitentiaire qui avait justifié un maintien du statut de détenu particulièrement signalé et un refus de permis de visite pour un hélicoptère dessiné sur un courrier. « il n’y a pas de petits combats ni de petites victoires ». Il revient aussi sur le dernier numéro du journal et notamment la ligne tracée au sol au QLCO de Condé-sur-Sarthe : « c’est pas la mexicanisation de la population civile, c’est la mexicanisation des prisons ».
LA LOI SURE DE DARMANIN
On discute du nouveau projet nauséabond du ministre de juges et des prisons qui vise officiellement à désengorger les tribunaux. Il contient notamment une extension inédite des procédures de plaider-coupable sur le modèle américain. Les comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) vont être étendues aux crimes, ce qui va entraîner des condamnations encore plus lourdes et toujours pour les mêmes : les pauvres, les racisés, les marginaux. Le texte prévoit aussi d’étendre encore l’usage du fichage ADN en élargissant les possibilités de le prendre sans le consentement des personnes concernées.
AGENDA
25 avril : Dimanche 19 avril, un homme a poursuivi des enfants, armé d’une carabine à plomb, et a tiré sur l’un d’eux en proférant des insultes racistes. Cela s’est passé en Haute-Loire, près du Puy-en-Velay. Les habitant·es du quartier, l’Arbousset, à Espaly-Saint-Marcel, appellent à un rassemblement « face aux faits de violence et de racisme ». Soutenons-les ce samedi 25 avril à 14 h 30, place René-Cassin à Espaly-Saint-Marcel.
Procès du 8/12 : Du 4 au 7 mai se tient la première vague du procès en appel de sept personnes condamnées dans le cadre de procédures antiterroristes en décembre 2023, notamment à des peines de prison ferme, à du fichage au niveau européen et à des interdictions de communication. Un appel à soutien a été lancé : rendez-vous tous les matins, du 4 au 7 mai, à la cour d’appel sur l’Île de la Cité, dès 9 h, pour assister au procès. Vous retrouverez la cagnotte de solidarité crée pour occasion sur le site de l’envo ! https://www.helloasso.com/associations/l-asso-lulle-de-feu/collectes/cagnotte-de-soutien-aux-inculpe-es-du-8-decembre Pour suivre l’actu : https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/
8-9 mai : Vous avez sûrement déjà vu les images de la parade néofasciste réunissant des militants venus de toute l’Europe dans les rues de Paris. Elle se déroule chaque 9 mai en hommage à un militant néofasciste. Pour riposter, un village antifasciste se tiendra le 8 mai de 14 h à 19 h sur la place du Panthéon dans le 5e. Le 9 mai, jour de la parade néofasciste, une manifestation est prévue à 14 h au métro Saint-Michel.
L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.
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On peut écouter la lecture du communiqué à l’émission du 6 février 2026 :
Au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe, moins de trois mois après son ouverture en novembre 2025, les prisonniers ont commencé des mouvements de protestation. En janvier 2026, ils ont tapé dans les portes et inondé les coursives, et la direction a décidé de couper l’eau aussi sec. Certains rendent d’eux-mêmes tout ce que l’administration pénitentiaire (AP) pourrait leur enlever – télé, frigo… –, ou même arrêtent de cantiner pour réduire le pouvoir de l’administration en lui retirant tout moyen de pression. Comme en septembre au QLCO de Vendin, les prisonniers du Condé ont fait sortir un communiqué dénonçant l’arbitraire de ce régime de détention et son impact sur leurs proches.
A Gerald Darmanin (alias Moussa de son vrai prénom)
Je fais ce courrier de la part de tous les détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe. A partir de cet instant, c’est-à-dire le 5 janvier au soir, nous entamons des mouvements de protestation contre le QLCO qui instaure ses propres règles à l’instar du QLCO de Vendin-le-Veil qui parait beaucoup plus souple : 2 heures de promenade, lecteur DVD en cellule, pas de marquage au sol à suivre (une ligne par terre). Ici à Condé, les requêtes ne sont pas prises en compte, les détenus sont 23 h sur 24 en cellule et pour la plupart (pour ne pas dire tous) n’ont rien à faire dans un QLCO.
Le QLCO n’a aucune vocation si ce n’est une vengeance personnelle sur les détenus, nous regrettons l’opacité des procédures pour affecter les détenus : si l’ensemble des dossiers était traité avec discernement, aucune des personnes détenues à l’instant n’aurait suffisamment de motivations pour y être affectées.
Les QLCO ont été créés juste pour assouvir les ambitions politiques du ministre de la justice, à part cela, cela ne sert à rien : les agents sont des cagoulés alors que j’étais incarcéré dans cette prison il y a 40 mois en arrière, je les connais tous, c’est une mascarade.
Pour finir l’ensemble des détenus de Condé-sur-Sarthe QLCO est déterminé à protester, on attend des changements ainsi que de pouvoir s’entretenir avec le chef d’établissement pour améliorer nos conditions de détention.
Signé : L’association de bien-fêteur de Condé-sur-Sarthe
Une lettre de Joseph depuis la centrale de Saint-Martin-de-Ré. Il raconte comment il se fait balader de quartiers d’isolement en quartiers disciplinaires et l’administration pénitentiaire (AP) s’acharne contre lui. Il rend hommage à des personnes décédées entre les mains des surveillants et revient sur les multiples agressions qu’il a subi de leur part. Il cite également d’autres prisonniers longues peines qui sont comme lui incarcérées en métropole alors qu’ils viennent de colonies française. On lit également une lettre d’un prisonnier proche de Joseph qui le soutient.
On revient ensuite sur le quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe d’où est sorti un communiqué annonçant le début d’une lutte collective des prisonniers le 5 janvier 2026. A partir de récits de l’intérieur, et malgré les efforts de l’AP pour empêcher toute information de sortir de ces quartiers, on essaie de décrire les conditions d’enfermement horrible instaurées par les matons : matons cagoulés, ligne au sol où se mettre pour l’ouverture de la porte, réveil nocturne toutes les deux heures avec des lumières fortes, fouilles à nu prolongées et systématiques, passage à tabac ritualisé dès que les règles sont questionnées, cantines très limitées, palpations des enfants aux parloirs, etc.
On revient sur l’histoire des différents quartiers de haute sécurité – QHS, QI, QMC – et des luttes de prisonniers et prisonnières qui ont permis d’y obtenir des aménagements. Il faut comprendre les QLCO comme un retour en arrière par rapport à tous ces acquis et un condensé de toutes les pratiques de tortures blanches développées par l’administration et ses agents depuis deux décennies. D’ailleurs, on voit déjà que les syndicats de matons se tirent la bourre pour obtenir le maximum de moyens dans les taules où les futurs QLCO vont ouvrir : Réau, Valence, Luynes.
Émission de l’Envolée du vendredi 28 novembre 2025
AU PROGRAMME :
Lettre d’Aurélie qui écrit du centre pénitentiaire de Rennes qui nous parle d’une formation qu’elle a finalement réussi à obtenir, des conditions d’enfermement différenciées, et du fait qu’elle n’en peut plus de cette peine qui n’en finit pas.
Dans l’émission du 14 novembre 2025, on lisait une lettre de Claudette, mère d’un prisonnier ultra-longue peine, qui avait peur de mourir avant de voir son fils libre. Incarcéré à 18 ans et de nouveau incarcéré depuis 2008, Patrice a passé 49 ans derrière les barreaux. Malgré trois passages au centre national d’évaluation et la multiplication des démarches, aucun aménagement en vue et donc aucune perspective de sortie. On lit aujourd’hui une lettre qu’il a écrite depuis la prison de Moulins et qui s’intitule « Jusqu’à la mort tu resteras » et où il dénonce la perpétuité réelle qu’on lui inflige et qu’il doit en plus subir en maison d’arrêt. L’occasion de rappeler que les perpétuités incompressibles comme les périodes de sûreté à rallonge sont distribuées de plus en plus fréquemment par les juges.
Moben, aujourd’hui incarcéré et qui a connu l’isolement pendant de longues années, a écrit un livre de recette, « Mange ta peine », sorti en octobre 2025 dans lequel il donne des astuces pour améliorer la gamelle sans beaucoup de matériel, mais aussi pour survivre à l’isolement carcéral. Mais à peine a-t-il reçu son bouquin que l’administration pénitentiaire a voulu lui faire payer cette parole sur la prison et l’a transféré à Condé-sur-Sarthe au quartier de lutte contre la criminalité organisé (QLCO). Dans cette émission on reçoit un appel de Gaëlle, amie de longue date de Moben et qui l’a assisté dans l’écriture du livre et Floréal qui fait partie des éditions du Bout de la ville qui l’ont publié. Ils dénoncent et décryptent la répression que subit Moben dans la période : on voit bien à quoi servent ces nouvelles « narco-prisons de Darmanin » : mater les prisonniers gênants, les soumettre à la torture blanche et punir leurs proches au passage, le tout dans un cadre totalement arbitraire. Le communiqué pour dénoncer ce transfert disciplinaire est disponible ici. Et on rappelle que tous les livres des Éditions du Bout de la Ville et en particulier celui-ci sont gratuit pour les prisonniers et les prisonnières qui en font la demande.
On revient sur l’actualité médiatico-sécuritaire avec le buzz fait par la permission de sortie accordée à une personne enfermée au QLCO de Vendin. Encore une fois, un évènement ordinaire de la détention qui vient infirmer le discours officiels sur la dangerosité de certains prisonniers et la sévérité de leur traitement, devient le prétexte pour exiger un durcissement des conditions d’enfermement et des exceptions au droit commun pour les « narcotrafiquants ». Darmanin ne s’arrête pas là : une évasion au planétarium de Rennes est l’occasion de s’attaquer aux sorties collectives et un nouveau plan de lutte contre les portables en prison est annoncé.
L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.
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Pour nous joindre : 07.53.10.31.95 (appels, textos, signal), ou par mail : contact@lenvolee.net Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée. 1 rue de la solidarité, 75019 Paris
Nous relayons ci-dessous le communiqué de la maison qui a édité un livre de recettes de cuisine écrites par Moben, auteur et prisonnier. Pour le punir d’avoir, en préambule de son livre, exprimé des critiques sur ses conditions de détention et d’isolement, l’administration pénitentiaire l’a transféré illico au QLCO (quartier de lutte contre la criminalité organisée) de Condé-sur-Sarthe. On voit bien à quoi servent réellement ces nouvelles « narco-prisons de Darmanin », justifiées par un délire démago-sécuritaire et électoraliste : mater les prisonniers gênants, les soumettre à la torture blanche et punir leurs proches au passage, le tout dans un cadre totalement arbitraire. La moindre des solidarités est de faire circuler ce communiqué partout. Force à toi, Moben, et à tous les isolé.e.s !
Communiqué des Éditions du Bout de la ville
21 novembre 2025
« J’aimerais que ce livre contribue à combattre les idées préconçues sur la prison et à briser les stéréotypes souvent associés à ceux et celles qui s’y trouvent. » Moben
C’est avec consternation que nous avons appris ce mardi 18 novembre le transfert de Moben, auteur de notre maison d’édition, à la prison de haute sécurité de Alençon-Condé-sur-Sarthe au sein du nouveau QLCO (Quartier de lutte contre la criminalité organisée). Il subit ce transfert punitif pour avoir écrit, avec l’aide de Gaëlle Hoarau, le livre Mange ta peine, les recettes du prisonnier à l’isolement, postfacé par Jacky Durand, édité par nos soins et sorti en librairie en octobre 2025. Mange ta peine est avant tout un livre de cuisine. Les 77 recettes du livre, gourmandes et faciles à réaliser avec des moyens limités, sont précédées d’un entretien qui documente la rigueur de la vie à l’isolement carcéral. Pour Moben, l’art de cuisiner est devenu un moyen de survivre à l’âpreté de ce régime qui, lorsque qu’il s’étend dans la durée, est assimilé à une « torture blanche » par la Cour européenne des droits de l’homme.
Son inventivité culinaire, sa poésie, ses analyses autant que sa générosité nous ont convaincus de la nécessité de publier ce livre. Conçu au cœur d’un dispositif qui tend à déshumaniser, ce livre est une leçon de partage, d’humanité et de combativité.
En octobre 2025, Moben reçoit son livre au centre pénitentiaire (CP) de Moulins-Yzeure. Quelques jours plus tard, une brigade de surveillants lui confisque. Ce que l’administration pénitentiaire lui reproche est écrit noir sur blanc :
« Hormis les recettes, vous décrivez votre vie en détention, en particulier à l’isolement, et en réalisant une critique de la prison. On y retrouve également une copie de bon de cantine du QMC de Moulins de mars 2025 et des dessins représentant une cellule du QMC (…) Cela met en évidence votre volonté et votre capacité à communiquer pendant plusieurs semaines avec des personnes à l’extérieur en contournant les règles de contrôle de l’administration pénitentiaire. »
La sanction tombe : Moben est conduit au quartier d’isolement pour attendre son transfert en QLCO ! Nous contactons immédiatement la direction du CP pour rappeler que le livre n’a pas été écrit à l’insu de l’administration : Mange ta peine est en effet le fruit de conversations téléphoniques légales (écoutées et enregistrées par l’administration pénitentiaire) entre Moben et Gaëlle Hoarau qui les a retranscrites.
Le 18 novembre, une équipe de surveillants cagoulés (des « Eris ») transfère Moben en QLCO sous l’œil d’une caméra embarquée de BFM TV. Dans la séquence, nulle mention d’un livre de recettes de cuisine à l’origine du transfert ; les éléments de langage tournent autour de prétendus risques d’évasion. La méthode est grossière : la parution du livre de Moben est bien l’élément déclencheur du transfert vers le QLCO de Condé-sur-Sarthe, lequel relève dès lors d’une décision punitive. Rappelons ici que Moben avait quitté le quartier d’isolement pour rejoindre la détention dite normale il y a un an ; qu’il n’a pas utilisé de moyens de communications illégaux avec l’extérieur ; qu’il est déjà conditionnable à ce jour et libérable d’ici trois ans. Tant que cette décision sera maintenue, Moben verra ses proches derrière une vitre en plexiglas. Il n’aura plus que 4 heures de téléphone par semaine avec trois interlocuteurs autorisés. Pour un homme en fin de peine, cette désocialisation semble pour le moins contradictoire avec la mission de réinsertion supposément attribuée à la prison.
Nous appelons nos collègues éditeurs et éditrices, nos partenaires professionnels, journalistes ou libraires, ainsi que les personnes et organisations investies dans la question carcérale et dans la défense de la liberté d’expression à se mobiliser à nos côtés, à ne pas laisser cette situation sans réponse, en communiquant à leur tour et en manifestant leur solidarité avec Moben. Il faut que cette mesure punitive intolérable prenne fin le plus rapidement possible.
En effet, ces nouveaux QLCO constituent une nouvelle variante encore plus poussée de l’isolement, c’est à dire de la « torture blanche ». La publicité autour de leur mise en place ces derniers mois le répète : ces endroits doivent « couper du monde » et faire plier les prisonniers, c’est leur but affiché. Il semblerait que Moben ait été brutalement aspiré dans la campagne médiatique menée par le Garde des sceaux pour promouvoir ces nouveaux quartiers de haute sécurité (QHS) et sa « guerre au narcotrafic ». La sortie du livre de Moben intervient dans ce moment particulier de l’agenda politique, et son auteur en paye le prix lourd.
Pour toute demande d’informations complémentaires : Contact@leseditionsduboutdelaville.com