Discussion sur le mouvement en cours à la prison de Condé-sur-Sarthe au QLCO (quartier de lutte contre la criminalité organisée) : face aux conditions de détention infernales et malgré leur isolement, les prisonniers se mobilisent. Par leurs refus de cantiner, de payer les télés, de sortir en promenade, de se placer en silence sur une ligne rouge pour tout mouvement, etc., ils demandent la mise à l’écart des surveillants les plus violents et radicalisés, que les conditions de communication avec leurs proches soient un minimum possibles… Officieusement pour le moment, le directeur commence à lâcher sur quelques points. A suivre…
–> Il est possible d’appeler l’administration pénitentiaire et de lui écrire pour lui signaler qu’on est au courant de ce qui se passe et solidaires des prisonniers et de leurs proches (quelques contacts ici)
Criminalisation et surenfermement des Voyageurs : discussion avec Ritchie Thibault sur les logiques de surenfermement des voyageurs, les illégalismes vivriers, la criminalisation de leurs modes de vie, la surveillance et l’acharnement policier, les camps… et comment la prison et la police tuent particulièrement les Voyageurs.
+ Lecture d’une lettre de Kémi sur l’enfermement des voyageurs (à lire bientôt sur ce site).
8 juillet 13h30 devant le tribunal judiciaire de Paris : prises de paroles à l’occasion d’un procès contre Rithchie Thibault ; avec Aurélie Garand.
L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.
L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers et les prisonnières.
En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne. Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord,en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Et sur toutes les plateformes de podcast.
Pour nous joindre : 07.53.10.31.95 (appels, textos, signal), ou par mail : contact@lenvolee.net Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée. 1 rue de la solidarité, 75019 Paris instagram : @lenvolee_journal
Lettre ouverte d’une proche d’un prisonnier à Luynes qui revient sur la grève des matons qui bloquent la vie des personnes enfermées et de leurs proches, et sur les multiples condamnations de la France à la CEDH pour ses conditions d’incarcération qui restent lettre morte.
Lettre de BN qui continue de nous écrire de Poitiers-Vivonnes. Elle parle de l’absence totale d’activités pendant l’été, mais aussi à cause de la circulaire de Darmanin du début d’année. Elle continue de subir le surenfermement et doit partager sa cellule alors qu’elle est en centre de détention où l’accès aux soins, notamment psy, est très limité. Sans surprise, cela engendre de la violence entre les personnes enfermées.
Lettre de Fabrice envoyée avant son transfert à Condé sur Sarthe. Il revient sur l’agression qu’il a subi à Saint Maur en 2017 alors qu’il bloquait la douche pour dénoncer les humiliations et les injures racistes qu’il subissait quotidiennement. On lui a tiré des grenades assourdissante qui l’ont rendu sourd d’une oreille avant de l’enfermer au cachot sans aucun soin. Aujourd’hui, sa plainte a enfin été reçue et il écrit qu’il est content d’être enfin reconnu comme victime dans cette histoire.
On relaie un communiqué écrit par des proches de Fabrice pour faire parler de son histoire et de son combat et qui revient sur son long parcours carcéral en métropole, loin de la Guadeloupe d’où il est originaire (on peut le lire sur notre site ici).
On passe un enregistrement qui revient sur des mouvements au centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes pour protester contre le fait que les prisonniers n’ont plus accès à la fouille (les affaires dont on les prive à leur arrivée au CRA) et n’ont plus d’eau chaude. Les personnes enfermées ont notamment refusé d’intégrer le réfectoire à plusieurs reprises et ont finalement obtenu le retour de l’eau chaude. Des membres du collectif A Bas les CRA y discutent avec des prisonniers du CRA de Vincennes sur les conditions d’enfermement déplorables et les luttes à l’intérieur (on peut retrouver d’autres paroles de personnes enfermées au CRA et d’autres textes sur le site du collectif).
Appel de Libre Flot et de Pierrot des éditions du Bout de la ville pour présenter le bouquin qui vient de sortir : « Anticiper le bruit sec des verrous ». « En 2017, comme tant d’autres militant.es internationalistes, Libre flot s’engage auprès des forces kurdes du Rojava pour défendre la révolution sociale alors attaquée par Daesh. À son retour, il est dans le viseur du Renseignement français qui, obsédé par les personnes revenues du front, échafaude autour de lui une affaire abracadabrante. Le 8 décembre 2020, Libre Flot est accusé avec six autres personnes « d’association de malfaiteurs terroriste ». Incarcéré près d’un an et demi en détention provisoire, il subit la « torture blanche » de l’isolement. Il écrit pour tâcher d’y survivre. Ses textes, d’une humanité bouleversante, auscultent la matière même de la conscience, qui s’atrophie inexorablement quand on la prive d’attachements. » Flot revient sur ses seize mois d’isolement, les routines pour tenir mentalement et physiquement, mais l’esprit et le corps qui se dégradent quand même, sans véritable accès aux soins.
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Nous relayons l’intégralité du communiqué de presse des grévistes… à faire tourner en solidarité avec les prisonniers et leurs proches.
Super cartel de Vendin le Vieil
Grève de la faim à partir du 1er septembre 2025
Nous, détenus, annonçons aujourd’hui une grève de la faim à compter du 1er septembre 2025.
Notre mouvement n’est pas dirigé contre nos conditions de détention mais contre les conditions inhumaines imposées à nos familles.
Nos familles paient le prix fort.
* Elles parcourent des centaines de kilomètres pour venir nous voir, parfois au détriment de leur santé, de leur travail, de leur équilibre.
* Au parloir, elles se retrouvent derrière un hygiaphone, dispositif justifié officiellement pour éviter l’introduction d’objets illicites. Pourtant, chacun sait qu’un portique à ondes millimétriques détecte déjà tout objet interdit. Même les surveillants témoignent que ce système sert avant tout à « casser psychologiquement » détenus et familles.
Une mise en scène indigne
* Les familles, y compris des enfants, sont accueillies par des agents cagoulés censés les impressionner. Pourtant, en détention même, les agents ne portent pas de cagoule.
* Les appels téléphoniques sont limités à deux fois par semaine, sur des créneaux restreints (8h-12h, 14h-16h). Or, à ces heures, les proches travaillent et les enfants sont à l’école.
* Rappelons que nos proches n’ont commis aucune faute : ils ont un casier vierge, ils paient leurs impôts et n’ont évidemment aucun numéro d’écrou.
La vérité contre les mensonges
Nous ne sommes pas violents avec les agents, seuls quelques individus isolés et déséquilibrés le sont. La vérité, c’est que les agents sont en sous-effectifs, et non 250 comme l’affirme le ministre de la Justice, Monsieur Gérald DARMANIN.
DARMANIN ment. Le délégué syndical David LACROIX ment.
Notre position
Votre rêve est de nous pousser à la violence. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Notre résistance sera pacifique mais déterminée.
Le 1er septembre 2025, nous entamerons une grève de la faim pour défendre la dignité de nos familles.
Émission de l’Envolée du vendredi 1er novembre 2024
Dans cette émission :
Lettre de Pascal : peine de mort lente dans les prisons « modernes ».
Lettre de Blanche : galère au quotidien et arbitraire pénitentiaire – ou comment l’AP confisque tout, des timbres aux RPS (remises de peine supplémentaires).
Grèves de la faim au CRA (centre de rétention administrative) de Marseille : des prisonniers en grève de la faim pour protester contre une vidéo d’extrême-droite qui manipule leur image et leurs doléances. Nous diffusons et commentons les récits de deux d’entre eux, publiés sur le blog Marseille anti-CRA.
Présentation du journal L’Envolée n°60, qui revient sur la répression coloniale en Kanaky, le mouvement des matons de mai 2024, et commente la fascisation en cours à partir de le critique de la justice et de la prison…
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Émission de l’Envolée du vendredi 15 décembre 2023
Appel de prisonniers du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes pour dénoncer les conditions d’enfermement et les violences des flics. La semaine dernière, plusieurs dizaines d’entre eux se sont mis en grève de la faim après que l’eau et l’électricité ont été coupés. Plusieurs personnes sont enfermées alors qu’elles ont des certificats médicaux indiquant que leur état de santé n’est pas compatible. Les flics envoient tous les jours des gens à l’isolement et profitent de ces endroits sans caméra pour tabasser les prisonniers. « Pourquoi ils nous frappent ? On est pas des chiens ». On voit bien que les keufs sont en roue libre et appliquent déjà dans les faits certaines mesures de la loi Darmanin pas encore votée et l’annoncent aux prisonniers : « Tu vas voir ça va bientôt passer à 6 mois (de rétention) ».
On passe un enregistrement publié sur le site Info-prison-Saint-Étienne où Eddy explique comment Pôle Emploi l’a arnaqué pendant qu’il était incarcéré.Il a touché les allocations du chômage alors qu’il était détenu et donc l’État l’accuse d’escroquerie, et il a été condamné à 18 mois fermes, en plus de rembourser les sommes perçues. Pourtant, cet argent, il y a droit ; il s’agit de ses cotisations. L’argument contre lui, c’est qu’on ne peut pas chercher de travail en prison. C’est faux, puisque c’est ce qui est demandé pour un aménagement de peine… (On peut retrouver l’enregistrement ici.)
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🧧 Lettre de Zouzou, des Baumettes, encore dans l’attente de sa libération pour raison de santé
📧 Lettre de Karim de la centrale de Valence
📴Blocage contre les brouilleurs de téléphones portables à la maison d’arrêt de Seysses ? Appel à témoignages, on a eu l’info par un communiqué public d’un syndicat de police…
⛓️ Fleury-Mérogis : 400 places de plus inaugurées dans la plus grande prison d’Europe. L’hypocrisie des douches en cellule : c’est pas fait pour arranger les prisonnier.es !
📢 Appel à témoins : un prisonnier est mort à la maison d’arrêt de Chambéry, sa famille cherche des contacts ou informations, n’hésitez pas à nous contacter.
☎️ Appel de Marie-Reine, victime de violences policières en 2016 qui continue de se battre malgré les « classé sans suite » : coursée par une voiture banalisée puis violentée et humiliée par une policière en civil au sol, elle est ensuite arrêtée et passe la nuit en garde à vue. Elle ne sait toujours pas pourquoi elle a été prise en fuite et traitée de manière si déshumanisante. Ou alors, elle sait trop bien. Une cagnotte est disponible pour faire avancer la lutte, qui coûte plein de sous et sa page « Justice pour Marie-Reine »
🤙🏽 Appel d’un témoin du long procès en cours des sept mis.es en causes « du 8.12 » – dits « de l’ultragauche » – qui a commencé début octobre à Clichy. La mascarade de la justice anti-terroriste s’achève bientôt. Aujourd’hui c’était les plaidoiries. Heureusement, la juge a précisé qu’installer des messageries cryptées n’est pas un crime (sic), même si une partie des charges sont basées sur l’accusation d’avoir créé un groupe clandestin. Le parquet les a accusé.es de faire le procès de la DGSI.. Les peines requises sont délirantes : jusqu’à 6 ans de prison ferme sont requis contre Libre Flot, les autres ne retourneraient apparemment pas en taule, considéré.es comme ayant été « recruté.es », ce qui est juste aberrant si on écoute les témoignages des un.es et des autres (comme ici ou là, et dans les dernières émissions). La justice : « l’isolement carcéral serait de la torture blanche ». On se tue à le dire ! Ne nous laissons pas anti-terroriser. À lire : Gardes à vue antiterroristes. Comment les biais psychologiques induisent de « faux aveux »
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Émission de l’Envolée du vendredi 15 septembre 2023
Lettre de Zouzou qui voit ses perspectives d’aménagement de peine s’éloigner.
Appel des proches de Nasser après ses plus de 85 jours de grève de la faim et le refus de sa dernière demande de remise en liberté (DML). On a déjà parlé de la bagarre de Nasser à la maison d’arrêt de Perpignan pour obtenir sa sortie et pouvoir accompagner sa compagne dans son traitement médical dans des émissions précédentes.
Des nouvelles de la prison pour sans papier de Vincennes : des prisonniers du centre de rétention sont en grèves de la faim pour protester contre les violences policières. On revient également sur le décès à la fin du mois d’août dans ce même CRA d’un prisonnier transféré à l’hôpital suite à une tentative de suicide.
Agenda :
Présentation du dernier numéro du journal et du bouquin d’Hafed le 20 septembre à la librairie Quilombo, 23 rue Voltaire 75011 Paris
Sons : 113 – Les évadés / Djadja et Dinaz – Drôle de mentalité / DTF – Dans la ville
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Le 9 août 2022, Romain Leroy prisonnier longue peine, correspondant de l’Envolée, est mort. Il est mort d’une rupture de l’aorte. Il avait 38 ans.
Notre ami et allié, ce papa et mari est parti pour toujours.
Il est mort de la prison. (Le numéro 56 du journal en hommage à Romain est dispo ici).
De transfert en transfert, il est passé par les prisons les plus sécuritaires de France. Quartier disciplinaire, isolement, acharnement… parce qu’il refusait de laisser la taule le broyer.
En 2016 il décide de prendre la parole publiquement. Cette prise de parole, État et médias l’ont appelé « la mutinerie de Valence ». Sans ce mouvement collectif, personne n’aurait daigné tendre ne serait-ce qu’une oreille pour entendre la réalité des conditions carcérales. Lisez ou relisez ses déclarations au procès de cette révolte et cette lettre qu’il avait écrite à l’époque pour expliquer son geste.
Sans vouloir être un héros, Romain voulait raconter, dénoncer et combattre les vrais drames de la taule, ceux qui sont vécus par tous les prisonnier·es, toutes les familles : le manque de soin, les morts suspectes, les difficultés de rapprochement familial, l’isolement, l’absence de respect des droits les plus élémentaires des prisonnier·es, etc.
L’administration pénitentiaire n’a pas de cœur, c’est normal, mais elle a de la mémoire et la vengeance tenace. Jamais, elle n’a pu pardonner à Romain ces prises de parole.
A chacune de ses interventions publiques, Adeline, sa compagne, raconte cette vengeance pénitentiaire (notamment dans cette émission). Elle l’a subie, elle aussi, au fil des ans ; mais sans relâche, elle continue de se battre.
Nous pensons à elle aujourd’hui, ainsi qu’à leur petite fille qui n’aura connu son papa qu’à travers les barreaux.
Nous pensons à Romain qui a su rester fier, droit, sincère, humain et vrai.
Si l’administration l’a qualifié de « dangereux » c’est parce qu’il a contribué à faire entendre la vérité sur la prison et le sort réservé aux prisonnier·es longues peines.
Nous le remercions pour cela et sommes fier·es d’avoir lutté à ses côtés.
Malgré la censure, nous ne le répèterons jamais assez : la prison tue !
Lettre de Kémi qui revient sur ses passages dans des unités psychiatriques. Il décrit les conditions carcérales de ces lieux d’enfermement et la façon dont l’administration pénitentiaire (AP) utilise la psychiatrisation pour mater les rebellions des prisonniers et des prisonnières. Il parle aussi des piqûres que peut t’imposer l’AP ou le médecin.
Une lettre reçue en 2020 écrite par une personne enfermée aux Eaux Vives un hôpital psychiatrique d’Île de France. Elle décrit son quotidien -notamment la bouffe dégueulasse voire avariée – et les différentes formes de tortures qu’on y subit : de la fouille à nu à l’arrivée aux camisoles physiques et chimiques, en passant par les cellules d’isolement. Elle explique également l’absence de date de sortie, les méandres judiciaires pour essayer de sortir : « en France, la psychiatrie et la prison c’est la même chose ».
Communiqué de prisonniers enfermés au centre de semi-liberté de Rennes. On avait déjà relayé deux communiqués il y a quelques mois que ces prisonniers avaient fait sortir pour protester contre l’état de l’eau qui est impropre à la consommation et remplacée par trois bouteilles d’eau par personnes enfermées. 8 mois plus tard, la situation ne s’est toujours pas arrangée et concerne également plusieurs quartiers du centre de détention pour femmes attenant.
Retour sur la répression judiciaire du mouvement social qui a suivi la mort de Nahel à Nanterre. On a déjà parlé dans les deux émissions précédentes de la répression policière et judiciaires des révoltes et on a publié un texte appelant à soutenir les inculpés du mouvement et la réaction d’une habitante de quartier populaire.On revient cette fois un peu plus en détails sur les comparutions immédiates en Ile de France où les juges ont allègrement distribué du ferme.
Des nouvelles de résistance dans les prisons pour sans papier, aux centre de rétention de Marseille et de Vincennes. Au CRA du Canet à Marseille, dans la nuit du 30 juin, une révolte a éclaté et entraîné un incendie et une personne est morte après avoir été hospitalisée. On peut retrouver des paroles de prisonniers qui racontent ces moments ici et là. On peut avoir des infos sur ces CRA sur les blogs d’Abaslescra et de Marseilleanticra.
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Police, justice, prison : les maillons d’une même chaîne
« Moi quand je fous le feu ça fait d’la lumière et j’y vois plus clair ! » Hafed Benotman, 2005
Contrairement à ce que tous les commentateurs serinent à longueur d’émission, les feux de la révolte en cours nous disent beaucoup. Notamment sur le système police-justice-prison, qui est là avant tout pour enfermer les pauvres, notamment les jeunes prolétaires racisés – quand il ne les tue pas. Face aux arrestations de masse de ces derniers jours, se rendre dans les tribunaux qui ont commencé à juger les révoltés – et y porter la revendication d’une amnistie générale –, c’est le moins qu’on puisse faire.
« Il y a chez eux une dynamique qui les dépasse. En réalité, ils n’obéissent à aucun raisonnement rationnel », assène le substitut du procureur de Nanterre après l’annonce des premières incarcérations. Au-delà d’un mépris social et d’un racisme hélas largement partagés, il est clair que lui a un intérêt direct à dépolitiser, désocialiser et animaliser les révoltés qu’il envoie au trou… puisque l’institution qu’il incarne est une des cibles de cette révolte populaire. On entend beaucoup parler des attaques de mairies, de commissariats et autres Lidl, moins de celles des maisons de justice, de la prison de Fresnes et de Réau, ou encore des bien mal nommés Services de probation et d’insertion pénitentiaire (Spip). A croire qu’« intoxiqués » à GTA ou pas, les gamins en révolte savent bien que la prison est faite pour eux – comme elle l’était pour leur parents qui ont connu le tournant sécuritaire des années 1980 et l’explosion de l’incarcération de masse. A croire que l’« insertion » n’est qu’un autre nom de la mise au travail de la jeunesse des quartiers populaires dans des conditions dégradantes.
La brutalité d’hommes en armes quadrillant les rues n’est que l’expression la plus visible de la violence d’État. Après le policier, c’est le juge qui prend le relais ; et après le juge, le maton. C’est la chaîne pénale : police-justice-prison. Comme celle de la police, la violence des cours de justice s’abat tous les jours, tranquillement, sur les classes les plus pauvres et les plus stigmatisées des quartiers populaires. « Combien de Nahel n’ont pas été filmés ? »,peut-on lire sur des banderoles. De 2014 à 2019, la police a tué en moyenne 25 personnes par an ; depuis, le nombre des morts entre les mains des forces de l’ordre a encore bondi – jusqu’à 52 décès en 2021, et plus de 40 l’année dernière. Et combien d’autres morts en prison ? Impossible de le dire : là, il n’y a jamais d’images, évidemment. On pense à Sambaly, à Jawad, à Idir, à Alassane, à Jimony, à Taoufik, à Théo, à Gordana et tant d’autres. Prisonnier.e.s et proches le répètent à la radio ou dans notre journal depuis vingt ans : la violence des surveillants pénitentiaires s’abat tous les jours. Ils humilient ; certains tabassent, certains tuent derrière les hauts murs des prisons de France ; tout particulièrement dans les mitards et les quartiers d’isolement. Dans ces lieux, pas d’autres témoins que les caméras de surveillance, et les agents connaissent tous les angles morts. Comme les policiers, ils sont couverts par leur hiérarchie et acquittés par la justice.
La phase judiciaire de la répression des mouvements sociaux ne produit pas d’images révoltantes, mais elle n’en est pas moins violente pour autant. Le garde des sceaux Dupont-Moretti a d’ores et déjà sonné la mobilisation générale de la machine judiciaire pour écraser le mouvement. Il y a fort à parier que les chiffres de 2005 (800 révoltés avaient pris du ferme en trois semaines) et ceux des Gilets jaunes (1 500 peines ferme en cinq mois) seront largement dépassés. Sa circulaire à destination des parquets est d’ailleurs le décalque de celle qui visait le mouvement des Gilets jaunes – avec la criminalisation des parents en prime. Le ministre encourage le recours à l’infraction de « participation à un groupement en vue de la préparation de violences », qui permet de condamner toute personne présente sur les lieux, en l’absence de tout autre élément à charge. Les procureurs sont invités à « déferrer » tout le monde systématiquement, même les mineurs. Ça va entraîner énormément d’incarcérations, car les sanctions pénales qui suivent un déferrement sont généralement plus lourdes et plus brutales. L’augmentation du recours aux comparutions immédiates est exponentielle depuis les grandes révoltes de 2005 ; et lors des mouvements sociaux, elles sont utilisées massivement.
Le ministre demande aussi de faire remonter les chiffres tous les jours pour faire de la communication – pour éteindre le soupçon de cet introuvable « laxisme judiciaire » qui est invariablement invoqué par la droite et l’extrême droite. Car l’extrême droite armée est à l’offensive dans les médias comme dans les rues : les mêmes syndicats de policiers qui demandent « le respect de la présomption d’innocence » et « l’indépendance de la justice » pour leur collègue exigent en même temps que la justice s’automatise encore plus pour ceux qu’ils qualifient de « nuisibles », de « hordes sauvages », de « chienlit ». Pour les éradiquer, ils exigent une fois de plus les pleins pouvoirs, ils en appellent au « réarmement de la police ». Ce terme avait été utilisé par Marine Le Pen en 2017 après le viol de Théo par d’autres policiers fascistes. Juste avant, des flics avaient manifesté armés non loin de l’Elysée. Ils se chauffaient, à l’époque. Aux élections suivantes, ils manifestaient cette fois devant l’Assemblée nationale pour dénoncer ce chimérique « laxisme judiciaire ». Déjà ministre de l’Intérieur, Darmanin les avait rejoints pour les assurer de son soutien. Forts de ces victoires symboliques successives, les syndicat Alliance et Unsa ont prospéré et assumé leur orientation fasciste au cœur de la police, mais aussi dans l’administration pénitentiaire. Les menaces séditieuses de ces jours-ci sont la suite logique d’une négociation au long cours au cœur de l’État pour qu’il durcisse le régime et arme toujours plus ces hommes déjà en armes. Ce qu’il fait, d’ailleurs, en déployant le Raid et la BRI, qui tirent dans les rues.
Face à cette prise d’otage de l’Etat et des rues par ces bandes armées, c’est ailleurs qu’il s’agit de construire un rapport de force. S’il y a bien un endroit où il faut se trouver, c’est dans les tribunaux et devant les prisons : pour dire à la justice qu’on n’est pas d’accord, et pour que les gens se sentent moins seuls face à une institution entièrement dirigée contre eux. Déjà des réunions, des collectifs, des rassemblements s’organisent pour faire face à l’immense répression policière et judiciaire que l’État va continuer à déployer. Il y a eu près de 4 000 arrestations en une semaine, et les premières perquisitions ont déjà eu lieu. Soyons nombreux et nombreuses dans les tribunaux et devant les prisons pour que l’autodéfense collective face à la justice fasse partie intégrante du mouvement.
Il nous faut trouver la force et la détermination nécessaires pour exiger l’amnistie de tous les inculpés, c’est-à-dire l’abandon des poursuites à leur encontre et leur libération immédiate. Celles et ceux qui ont pris part au mouvement social contre la réforme des retraites, celles et ceux qui se mobilisent contre la dissolution des Soulèvement de la terre, les organisations de gauche et de défense des droits de l’homme peuvent trouver là le moyen de se solidariser en actes avec les révoltés. Dans la rue, la révolte populaire a déjà pris pour cible la chaîne pénale qui sert à enfermer principalement celles et ceux qui subissent de plein fouet la violence économique, tout en couvrant la violence de ses agents. Un tel mot d’ordre d’amnistie générale serait un premier pas pour gripper la machine judiciaire qui enferme chaque jour les enfants des colonisés, les étrangers et les pauvres des quartiers de France ; qui tous n’en peuvent plus d’être stigmatisés, emprisonnés et pris pour cibles.