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  • QLCO : À QUI PROFITE LE CRIME ? premiers échos de Condé et Vendin

    QLCO : À QUI PROFITE LE CRIME ? premiers échos de Condé et Vendin

    Début 2025, Darmanin a annoncé la création des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) et les a inscrits dans la loi dite « narcotrafic ». Six mois après l’ouverture du QLCO de Vendin-le-Vieil et trois mois après celle de Condé-sur-Sarthe, des informations concrètes commencent à sortir sur la réalité de ces endroits et sur leur véritable fonction. Les QLCO servent les intérêts de toute la chaîne pénale : ceux du ministre évidemment, mais aussi ceux des juges et des enquêteurs, des matons et de leurs syndicats, et puis de l’administration pénitentiaire (AP). Pendant ce temps, les prisonniers et leurs proches font les frais de ce régime de détention épouvantable.

    Pour se faire entendre « dans le saloon de la démocratie », suffit de « tirer deux coups au plafond », explique le petit shérif. Plus qu’une mauvaise blague, c’est une stratégie politique : les annonces outrancières permettent d’obtenir moins, tout en donnant l’impression d’avoir négocié. Le cow-boy a d’abord exigé que les prisonniers soient placés au QLCO pour cinq ans ; et quand les parlementaires ont finalement voté un placement d’un an, il a pu ricaner : « On s’en fiche, puisque c’est renouvelable ! »

    La création des QLCO sert la communication du ministre dans sa course à la présidentielle. Ça fait maintenant plus d’un an que L’Envolée raconte comment Darmanin fait sa campagne sur le dos des prisonnier·es, avec l’interdiction des activités ludiques et la chasse aux téléphones portables… Ces nouveaux quartiers, c’est sa vitrine, le symbole du message de fermeté qu’il veut incarner. Et c’est pas fini : il accélère encore la cadence avec l’annonce de l’ouverture de nouveaux QLCO à Aix-Luynes, Valence et Réau dès 2026.

    LES JUGES D’INSTRUCTION SE FROTTENT LES MAINS…

    Derrière le nom mensonger de loi contre le « narcotrafic » se cache un outil pour enfermer la « criminalité organisée », ce qui revient en fait à la quasi-totalité des délits et des crimes pour peu qu’ils soient commis à plusieurs. On a vite fait de se retrouver avec une association de malfaiteurs sur le dos, ou une circonstance aggravante de bande organisée… Les prisonniers du QLCO sont sous le coup de diverses accusations et condamnations, du trafic de stup au banditisme en passant par le vol de voiture. Ça causait des « cent plus gros narcos », mais au bout du compte , il suffit d’être soupçonné d’entretenir des liens avec tel ou tel réseau – ou même juste avec l’extérieur – pour être envoyé à Condé ou à Vendin.

    80 % des prisonniers en QLCO sont en détention provisoire. La fonction de ces quartiers est avant tout de faire avancer les instructions en poussant les prévenus à cracher le morceau. Ce dispositif est inspiré du statut de repenti tel qu’il est pratiqué dans les prisons italiennes sous le régime 41bis : pour en sortir, il faut balancer et mettre quelqu’un à ta place ! Jusqu’ici peu utilisé en France, le statut de collaborateur de justice a d’ailleurs été élargi par la loi « narcotrafic ». Les QLCO deviennent ainsi un maillon central de l’appareil judiciaire : il s’agit de faire subir des conditions horribles aux prisonniers pour leur arracher des aveux.

    ET LES MATONS FONT CE QU’ILS VEULENT

    Le QLCO est aussi un cadeau fait aux matons, qui ont désormais les coudées franches. Tout le savoir accumulé au fil des années en termes de torture blanche peut y être mis en pratique et amélioré. D’après les informations qui nous sont parvenues, la déshumanisation qui était déjà à l’œuvre à Condé – centrale ultra-sécuritaire ouverte en 2013 pour mater les prisonniers récalcitrants – y est poussée à l’extrême.

    Au QLCO de Condé, les prisonniers ne sont que trente-sept, et de toute façon, ils ne peuvent pas croiser plus de quatre autres personnes en promenade. Les cantines sont extrêmement réduites. L’administration a inventé des règles inédites : pas plus de six paires de chaussettes, de six caleçons… Les prisonniers ont froid car le chauffage n’est que rarement allumé. Pour avoir un nouveau gel douche, il faut rendre le précédent – et donc attendre une semaine l’arrivée de la prochaine cantine.

    Tout est fait pour désorienter complètement les prisonniers. Le jour, il n’y a pas de lumière à cause des caillebotis aux fenêtres ; et la nuit, jamais d’obscurité complète, mais une lumière basse constante, et une lumière forte qui réveille les prisonniers toutes les deux heures. Il n’y a pas d’horaire fixe : il faut toujours être à l’affût, à attendre que les matons viennent dire de se préparer. S’ils « oublient » de te prévenir, pas de promenade : « t’étais pas prêt ! » – de toute façon, la promenade est souvent supprimée pour des motifs bidon…

    Les agents sont tous cagoulés. Les prisonniers ne voient pas d’autres visages que ceux des quatre autres qu’ils croisent en promenade. Lors de chaque mouvement en détention, les prisonniers sont escortés par trois à huit agents. À chaque arrêt, ils doivent se mettre la tête contre le mur. Dans les cellules, à deux mètres de la porte, une ligne rouge tracée au sol indique l’endroit où ils doivent se tenir les bras en l’air ; en cas de refus, pas d’ouverture de la cellule. Sous prétexte de protéger les matons des agressions, les portes sont équipées d’arrêtoirs, et ils les bloquent systématiquement à 45 degrés ; elles sont équipées d’un système de fermeture brutale… Bref les prisonniers sont traités comme des animaux enragés. Les fouilles à nu sont quotidiennes. Pas le droit de parler, ni même de répondre aux matons. Face au mur, le prisonnier doit leur tendre lentement chaque vêtement, soulever ses testicules, et se faire passer une lampe entre les fesses. À chaque fois, il doit repositionner ses mains contre le mur. Cette fouille particulièrement ritualisée est réglée pour faire péter les plombs. Un prisonnier a raconté avoir été tabassé pour avoir fait une remarque aux surveillants lorsqu’ils lui ont demandé pour la cinquième fois de montrer ses oreilles : cinq matons se sont mis sur lui et il a pris des coups, y compris dans les parties.

    D’autres prisonniers ont déjà été passés à tabac. Chaque fois qu’ils n’obéissent pas, ou pas assez vite, les matons appliquent toujours la même technique : doigts dans la bouche et dans les yeux, placage au sol, écrasement des parties génitales, torsion des bras et des jambes provoquant l’asphyxie. Le matin, les prisonniers au mitard sont réveillés par des matons qui crient : « Ici, c’est chez nous ! Ici, c’est le IIIe Reich ! Les nazis, c’est nous ! » Tout est fait pour briser les liens avec les proches. Les prisonniers n’ont pas accès aux unités de vie familiale. Ils ne peuvent utiliser la cabine que deux fois deux heures par semaine, souvent au moment où les gens travaillent et où les enfants sont à l’école. En plus de l’hygiaphone qui interdit tout contact, les proches subissent un traitement déshumanisant : des matons cagoulés palpent les enfants, et ils font sauter les parloirs pour des motifs bidon – même pas besoin que le portique sonne, il suffit qu’ils décident que le scanner millimétrique a détecté quelque chose, ou qu’ils décrètent arbitrairement qu’il fallait arriver encore plus en avance.

    LES SYNDICATS EN EMBUSCADE

    Comme à leur habitude, les syndicats de matons défendent la ligne la plus dure. Le QLCO est l’aboutissement de pas mal de leurs revendications. Toutes visent à l’effacement des acquis des luttes des prisonniers, comme l’obtention dans les années 1980 de la fin des parloirs hygiaphones qui – après leur grand retour pendant le covid – sont désormais normalisés dans les QLCO. Les syndicats résistent au moindre assouplissement de ces conditions déshumanisantes, forçant par exemple la direction de Condé à faire marche arrière lorsqu’une note a préconisé d’ouvrir les portes des cellules à 90 degrés. En plus, tous les personnels de Condé et de Vendin reçoivent une prime mensuelle au titre de la « dangerosité » des prisonniers. Interrogée sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers, l’administration répond tranquillement qu’ils ont appris ces gestes professionnels dans une formation spéciale QLCO – ou quand la violence devient une pratique professionnelle labellisée et la torture blanche une norme sécuritaire…

    Lorgnant sur Condé, les syndicats des futurs QLCO d’Aix-Luynes, de Valence et de Réau font leur petit shopping, histoire d’obtenir des promesses. Ils rivalisent de demandes extravagantes : hygiaphones ultra renforcés, boucliers stroboscopiques – pour éblouir et désorienter –, et, vas-y, un dojo pour la formation continue des matons… Sans compter, évidemment, la généralisation de la « prime QLCO » à tous les personnels. Ils s’inquiètent même qu’à Condé le courrier soit géré à l’aide d’un chariot mobile, « objet roulant pouvant être utilisé contre les agents ». On imagine bien comment cette compétition décomplexée peut pousser à la dégradation de conditions de détention déjà atroces, au QLCO et ailleurs. À la moindre petite innovation chez le voisin, les syndicats font pression sur leur direction pour obtenir la même chose chez eux. Avec une petite touche expérimentale côté matons : à Condé, ils testent la ligne rouge en cellule, qui n’existe pas à Vendin. Les conditions du QLCO commencent à se répandre dans d’autres quartiers de la détention – au quartier d’isolement de Condé en détention « normale », juste à côté, les matons enfilent déjà des cagoules à l’instar de leurs collègues.

    LA PÉNITENTIAIRE SE COUVRE

    L’AP ne cesse d’être hantée par le spectre des luttes collectives contre l’isolement. Entre 1975 et 1982, elles avaient conduit à la fermeture des quartiers de haute sécurité – certes vite remplacés par les quartiers d’isolement. On se souvient de la mutinerie de 1987 à la centrale de Saint-Maur – le plus grand quartier d’isolement de France ! – au cours de laquelle quatre cents prisonniers ont pris directeur, matons et enseignants en otages. Les luttes de 2001 à 2005 méritent aussi d’être rappelées (voir encart)… À mesure que l’individualisation des régimes de détention progresse, les recours juridiques des prisonniers se multiplient. Ils ont fini par obtenir quelques victoires ponctuelles sur des placements illégaux ou des maintiens à l’isolement hors délai, ou encore sur l’usage de l’isolement en préventive. La création des QLCO remet les compteurs à zéro, puisque légalement, ces lieux ne sont pas des quartiers d’isolement. La preuve : chaque prisonnier en croise quatre autres une heure par jour ! Cette pirouette permet à l’AP d’arguer que les conditions de détention en QLCO sont bien meilleures qu’à l’isolement. La magistrature suit : tous les référés ont été rejetés, et les recours seront examinés dans des mois, voire des années. De toute façon, le flou des critères d’affectation – quasiment pas explicités dans la loi – a été entériné par le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État : le ministère et l’administration ont donc les mains libres. Les QLCO s’inscrivent dans la logique plus ancienne de la multiplication des régimes d’isolement qui ne disent pas leur nom : les quartiers maison centrale, l’étage zéro ou encore « la gestion isolée »…


    Les luttes dans les QI (2001-2005)

    Moben, mange ta peine, éditions du Bout de la ville, 2025

    « Entre 2001 et 2005, il y a eu de grandes luttes collectives au sein des QI. À chaque fois, ça se passait à peu près comme ça : on commençait toujours par aller voir le surveillant pour lui exposer le problème qu’on avait ; là il y avait plusieurs cas de figure. Le plus souvent ça se passait sans violence, le surveillant faisait remonter l’information et on pouvait discuter et négocier avec la direction et le problème était résolu. Mais quand on avait affaire à une sourde oreille, on s’organisait pour tout bloquer. Ça voulait dire que le soir on bouchait l’œilleton qui sert aux surveillants à regarder à l’intérieur de la cellule, ce qui les oblige à appeler le gradé et à s’équiper (c’est-à-dire mettre du matériel anti-émeute) pour ouvrir la porte. On « bloquait » aussi les promenades : ça veut dire qu’ils nous descendaient quatre par quatre, chacun dans une petite promenade et au moment de remonter on refusait, ils mettaient des fois trois heures à nous rentrer en cellule ou ils appelaient les Éris. Et là, y avait bagarre ! Bref, le QI était mis hors service. Il ne pouvait plus fonctionner normalement : les surveillants étaient obligés de faire des comptes rendus d’incident (CRI) tous les jours, ça remontait aux directions interrégionales, et le directeur de la taule se faisait taper sur les doigts. Et nous, on était envoyés au mitard après s’être fait tabasser. On n’avait pas grand chose à perdre alors on a fait ça pendant des années et on a fini par obtenir pas mal de choses ; notamment des plaques chauffantes et des frigos. Nous avons aussi obtenu des salles de sport, c’est-à-dire une cellule avec dedans une barre fixe, un vélo ou un tapis de course, parfois les deux. On a obtenu le droit de prendre des douches après le sport, et non plus seulement deux à trois fois par semaine. On a obtenu la télé pour ceux qui n’ont pas d’argent. On a aussi obtenu de vraies bibliothèques …


    En août 2025, un mois après l’ouverture du QLCO de Vendin, les prisonniers ont entamé des mouvements collectifs. Ils se sont organisés pour inonder les coursives, taper dans les portes et tenter d’obtenir des extractions médicales. En septembre, plusieurs dizaines d’entre eux ont fait une grève de la faim. À Condé aussi, les prisonniers ont commencé des mouvements. En janvier, ils ont tapé et inondé les coursives, et la direction a décidé de couper l’eau aussi sec. Certains rendent d’eux-mêmes tout ce que l’AP pourrait leur enlever – télé, frigo… –, ou même arrêtent de cantiner pour réduire le pouvoir de l’administration en lui retirant tout moyen de pression. En septembre à Vendin, en janvier à Condé, les prisonniers ont fait sortir des communiqués dénonçant l’arbitraire de ce régime de détention et son impact sur leurs proches.

    SUPER CARTEL DE VENDIN-LE-VIEIL

    Grève de la faim à partir du 1er septembre 2025

    Nous, détenus, annonçons aujourd’hui une grève de la faim à compter du 1er septembre 2025. Notre mouvement n’est pas dirigé contre nos conditions de détention mais contre les conditions inhumaines imposées à nos familles.

    Nos familles paient le prix fort.

    * Elles parcourent des centaines de kilomètres pour venir nous voir, parfois au détriment de leur santé, de leur travail, de leur équilibre.

    * Au parloir, elles se retrouvent derrière un hygiaphone, dispositif justifié officiellement pour éviter l’introduction

    d’objets illicites. Pourtant, chacun sait qu’un portique à ondes millimétriques détecte déjà tout objet interdit. Même les surveillants témoignent que ce système sert avant tout à « casser psychologiquement » détenus et familles.

    Une mise en scène indigne

    * Les familles, y compris des enfants, sont accueillies par des agents cagoulés censés les impressionner. Pourtant, en détention même, les agents ne portent pas de cagoule.

    * Les appels téléphoniques sont limités à deux fois par semaine, sur des créneaux restreints (8h-12h, 14h-16h). Or, à ces heures, les proches travaillent et les enfants sont à l’école.

    * Rappelons que nos proches n’ont commis aucune faute : ils ont un casier vierge, ils paient leurs impôts et n’ont évidemment aucun numéro d’écrou.

    La vérité contre les mensonges

    Nous ne sommes pas violents avec les agents, seuls quelques individus isolés et déséquilibrés le sont. La vérité, c’est que les agents sont en sous-effectifs, et non 250 comme l’affirme le ministre de la Justice, Monsieur Gérald DARMANIN. DARMANIN ment. Le délégué syndical David LACROIX ment.

    Notre position

    Votre rêve est de nous pousser à la violence. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Notre résistance sera pacifique mais déterminée. Le 1er septembre 2025, nous entamerons une grève de la faim pour défendre la dignité de nos familles.


    À GÉRALD DARMANIN (ALIAS MOUSSA DE SON VRAI PRÉNOM)

    Je fais ce courrier de la part de tous les détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe.

    À partir de cet instant, c’est-à-dire le 5 janvier au soir, nous entamons des mouvements de protestation contre le QLCO qui instaure ses propres règles à l’instar du QLCO de Vendin-le-Vieil qui parait beaucoup plus souple : deux heures de promenade, lecteur DVD en cellule, pas de marquage au sol à suivre (une ligne par terre). Ici à Condé, les requêtes ne sont pas prises en compte, les détenus sont 23 heures sur 24 en cellule et pour la plupart (pour ne pas dire tous) n’ont rien à faire dans un QLCO.

    Le QLCO n’a aucune vocation si ce n’est une vengeance personnelle sur les détenus, nous regrettons l’opacité des procédures pour affecter les détenus : si l’ensemble des dossiers était traité avec discernement, aucune des personnes détenues à l’instant n’aurait suffisamment de motivations pour y être affectées.

    Les QLCO ont été créés juste pour assouvir les ambitions politiques du ministre de la justice, à part ça, ça sert à rien : les agents sont des cagoulés alors que j’étais incarcéré dans cette prison il y a 40 mois en arrière, je les connais tous, c’est une mascarade.

    Pour finir, l’ensemble des détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe est déterminé à protester, on attend des changements ainsi que de pouvoir s’entretenir avec le chef d’établissement pour améliorer nos conditions de détention.

    Signé : L’association de bien-fêteurs de Condé-sur-Sarthe.

  • Doublette en CD – Interdit de Guadeloupe même après la sortie – Analyse des « narcoprisons » depuis l’isolement – Mouvements collectifs au QLCO de Vendin – Une vraie fausse évasion

    Doublette en CD – Interdit de Guadeloupe même après la sortie – Analyse des « narcoprisons » depuis l’isolement – Mouvements collectifs au QLCO de Vendin – Une vraie fausse évasion

    Émission de l’Envolée du vendredi 5 septembre 2025

    • Lettre de BN écrite du centre de détention (CD) de Poitiers Vivonne. Elle est dépitée de se retrouver en doublette en CD après son long passage au centre national d’évaluation (CNE) de Fresnes. Elle raconte les difficultés du travail à la buanderie de la taule et qu’elle continue aussi de son côté son activité d’écrivain public commencé à Fresnes. Elle revient aussi sur les déclarations récentes de Darmanin qui veut limiter le droit de vote des personnes enfermées aux scrutins nationaux.
    • Lettre de Fabrice envoyée de la maison centrale de Valence qui est de nouveau à l’isolement quelques mois après son transfert depuis Vendin où il a longuement bataillé contre des matons racistes. Malheureusement, la situation n’est pas meilleure à Valence … Il rappelle aussi que, même une fois sa peine officiellement terminée, il restera théoriquement interdit 5 ans de retourner en Guadeloupe, alors même que toutes ses bagarres à l’intérieur ont visé à obtenir son transfert chez lui.
    • Lettre de Rédoine envoyée de la prison de Vendin le Vieil, quelques jours avant son transfert à Condé sur Sarthe. Après avoir été condamné deux fois par un tribunal à améliorer ses conditions de détention, l’administration pénitentiaire (AP) a préféré le changer de taule plutôt que d’assouplir le régime de détention terrible qu’elle met actuellement en place à Vendin avec l’aménagement du premier quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO). Rédoine analyse ce nouvel avatar des quartiers de haute sécurité (QHS) et l’anéantissement physique et mental des êtres humains qu’il produit sciemment.
    • Ça a été le feuilleton médiatique de l’été : le remplissage du premier QLCO à Vendin le Vieil, la première « narcoprison » avec laquelle Darmanin continue à faire campagne sur le dos des prisonniers et des prisonnières. A chaque transfert, des articles sont sortis pour divulguer les fiches pénales des prisonniers que le parquet, le ministère ou l’AP font fuiter. Ce qui a permis de se rendre compte qu’une grande proportion des personnes enfermées dans ce nouveau QHS sont en détention provisoire.
    • Même pas un mois après que 88 prisonniers y ont été enfermés, le QLCO de Vendin a connu son premier mouvement collectif avec des inondations de cellule et de coursives, une grève de la faim collective, et un communiqué que nous relayons ici (et dispo sur insta ici).
    • Retour sur un épisode au quartier d’isolement (QI) de la maison d’arrêt de Strasbourg fin juillet, avec l’annonce d’une fausse tentative d’évasion d’abord largement relayée par la presse avant que l’AP n’étouffe l’affaire. Car les prisonniers qui ont raconté ce qui s’était vraiment passé décrivent une administration qui se couvre en montant un dossier de toute pièce et en accusant trois personnes enfermées à l’isolement pour masquer ses défaillances. En attendant, l’une d’elle a pris 30 jours de mitard pour rien …

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  • « Mes vêtements sont dans les grands cabas prêts à bouger »

    « Mes vêtements sont dans les grands cabas prêts à bouger »

    Lettre de Nathan, prisonnier longue peine enfermé depuis sa jeunesse en est à près de 40 transferts. L’administration pénitentiaire s’acharne pour lui faire payer ses révoltes et évasions et il empile les peines internes. Il raconte le traitement particulier des DPS (détenus particulièrement surveillés) qui continue même quand on perd ce statut. Il parle aussi de son isolement qui est prolongé depuis deux ans mais qu’il espère voir lever l’année prochaine.

    Centre pénitentiaire de Laon

    Le 6 décembre 2024

    La forme ou quoi, SDK wsh ?

    J’ai bien reçu votre courrier aujourd’hui, vous inquiétez pas pour le temps, car ici j’ai que ça à faire malheureusement d’attendre. Et puis la patience est une vertu pas vrai ?

    Je voulais faire une lettre de soutien à tous les braves, et on retire mes timbres c’est la galère.

    Moi ça va vous connaissez, ya pas le choix, la mentale, jsuis pas un faiblard. Le suicide c’est pas trop mon délire, on reste fort toute la haine intérieure me tient en forme.

    Les baluchonnages bah wé vous connaissez ça les amuse, mais tranquille je sais d’où je viens et où je vais, ya pas de souci avec ça vous en faites pas ! ^^

    MDR même moi je ne savais pas qu’il y avait une rate à Laon et jsavais même pas qu’il yvait une ville qui s’appelle Laon. Des barres c’est un peu la campagne ici, la misère. Ici au QI on est seulement cinq.

    MDR mes vêtements sont tous dans les grands cabas, prêts à bouger pour les baluchonnages. Ils sont parfois sportifs, parfois normal, ça dépend des équipes. Moi j’ai une escorte de niveau 3 (renforcée) à cause des évasions. Des fois c’est trois ou quatre véhicules d’Éris, parfois c’est les gendarmes cagoulés, gantés, armés, parfois police + motards, parfois surveillants et forces de l’ordre à l’appui. Ça varie, mais en vrai ils en font des caisses, ils se mitonnent de ouf.

    Wé mon écrou a changé, car pour un jugement j’ai bougé quelques jours plus au nord. J’ai repris deux ans pour un feu de cellule et des outrages, insultes envers les surveillants qui datent d’il y a 5-6 mois auparavant.

    Le QI (quartier d’isolement) j’y suis à cause des évasions, une prise d’otage et plein d’agressions plus ou moins graves. Depuis les mineurs en 2013 j’ai trois évasions et trois tentatives d’assassinat sur les bleus. Avant j’étais DPS en centrale, à Condé-sur-Sarthe à Alençon. Le DPS a sauté avec le temps, tant mieux, mais les mesures de sécurité qui me visent aujourd’hui sont toujours pareil, mais OKLM jnégocie pas avec les porcs, pas d’arrangement possible vous connaissez.

    Moi j’ai peut-être mes chances pour sortir du quartier d’isolement. Vers le 13 décembre 2024 max j’aurai la réponse, car l’administration pénitentiaire a sollicité la mainlevée de l’isolement parce que j’ai un bon comportement, et pour avoir accès à une « réinsertion dans la collectivité » aussi. Je vous tiendrai au courant, tout le monde est OK sauf la JAP (juge d’application des peines) qui n’est pas favorable. Mais pour l’instant ya qu’elle, et on attend la réponse de la DAP (direction de l’administration pénitentiaire) et ils ont jusqu’au 13 décembre pour donner des nouvelles. Aujourd’hui, le chef de détention m’a dit que c’était en bonne voie, car la DAP n’a pas encore répondu, donc j’garde espoir et j’y crois. J’attends la réponse mais s’ils renouvellent mon isolement c’est trois mois donc jusqu’au mois de mars 2025 minimum.

    Ici tu peux que patienter de voir et subir leurs décisions parfois contre-productives. Mais bon ça ils s’en foutent complet.

    Bon allez je vous laisse ici, j’espère que vous recevrez ma lettre et qu’elle vous fera plaisir. Ciao ciao, force à vous la famille !

    Nathan

  • Une lettre du CNE et une lettre du QI – Une sortie qui fait plaisir ! Répression des solidarités avec la Palestine

    Une lettre du CNE et une lettre du QI – Une sortie qui fait plaisir ! Répression des solidarités avec la Palestine

    Émission de l’Envolée du vendredi 10 Novembre 2023

    • Une courte lettre de Claudio Lavazza, dont on a déjà relayé la parole à cette antenne. Après 25 ans de taule en Espagne pour des braquages, il est transféré en France pour finir sa peine mais il est prolongé depuis chaque année alors qu’il devrait juridiquement déjà être dehors. Il se bat en multipliant les recours mais aujourd’hui il ira quoiqu’il arrive au bout des 30 ans.

    • Une lettre anonyme du centre national d’évaluation (CNE) de Fresnes, qui parle du désœuvrement total, des locaux indignes, et de l’atmosphère extrêmement pesante qui y règnent. Pour rappel, les prisonniers et les prisonnières sont envoyés au CNE au début de leur peine ou lors de demandes d’aménagement pour être orientés vers des établissements pénitentiaires différents. Pendant six semaines, psy, CPIP, surveillants et autre expert les scrutent sous tous les angles pour définir leur profil et déterminer les années suivantes de leur détention. Mais c’est aussi là que tous les comptes rendus d’incidents passés et le parcours pénitentiaire pèsent dans la balance et que les gens paient sans cesse pour leur révolte passée.

    • Lettre de Francis Dorfer, prisonnier longue peine, incarcéré depuis qu’il est mineur, qui a multiplié les révoltes et les prises des paroles depuis les quartiers d’isolement (QI) où il est maintenu par l’AP qui lui fait payer ses rébellions. Dans sa lettre, il donne des exemples de l’absurdité des éléments retenus par les surveillants dans leurs rapports pour justifier encore et encore son maintien au QI, alors même qu’il n’a aucun rapport contre lui. Par exemple, des regards trop observateurs ou des intentions supposées permettent de prouver un soi-disant projet d’évasion. Il parle aussi de la façon dont les remises de peine sont maintenant conditionnées au « bon comportement » des détenu.es.

    • Une très bonne nouvelle : N., une correspondante de l’Envolée est sortie après plus de 20 ans de placard !! Elle s’est toujours bagarré contre l’administration pénitentiaire et ses agents mais surtout en solidarité avec les autres prisonnières et prisonniers, n’hésitant pas à dénoncer des agressions et des morts suspectes et subissant la répression de l’AP pour ça, dont elle porte jusqu’à aujourd’hui les séquelles. Mais la prison poursuit aussi au dehors car elle doit rester pendant un an dans l’appart et le boulot qu’une association lui a assigné et qu’à peine sortie elle commençait ses rendez vous avec sa CPIP.

    • On revient sur les massacres coloniaux que perpètrent l’armée israélienne dans la bande de Gaza suite aux attaques du Hamas. On discute surtout de l’ambiance qui s’est installée en France depuis : interdiction des rassemblements et réunions publiques que Darmanin voudrait voir systématique, poursuites pour apologie du terrorisme à des personnes soutenant la Palestine, soutien inconditionnel au gouvernement d’Israël sous peine d’être taxé d’antisémite etc.

    Ziks : Lowkey – Terrorist / Ahmed Ben Ali – Dameek Majeb / The Fugs – CIA Man

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    L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.

    On manque parfois de forces pour faire tourner l'émission comme on le voudrait en ce moment : 
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  • « Tous les détenus de France cherchent à s’évader M. l’avocat général » – Procès d’une belle de velours spectaculaire : douze personnes aux assises pour l’évasion de Rédoine Faïd de Réau en 2018

    « Tous les détenus de France cherchent à s’évader M. l’avocat général » – Procès d’une belle de velours spectaculaire : douze personnes aux assises pour l’évasion de Rédoine Faïd de Réau en 2018

    Émission de l’Envolée du 3 Novembre 2023

    Émission préenregistrée spécialement dédiée au procès de Rédoine Faïd et ses complices réels ou supposés suite à son évasion de la prison de Réau en 2018

    On commence par faire le récit de cette évasion spectaculaire en hélicoptère qui nous avait bien fait plaisir car Réau était considérée comme une des prisons les plus sécuritaires de France. Mais aussi parce que des amis qui viennent chercher leur proche à l’intérieur c’est un des plus beaux actes de solidarité qu’on puisse imaginer à l’Envolée (c’est pas pour rien qu’on tire notre nom d’un bouquin qui raconte une évasion en hélico). Et si on parle ici en long de cette évasion très médiatisée, il faut pas oublier toutes les autres belles, réussies ou ratées, dont on parle moins mais que la justice et l’AP répriment tout autant.

    On rappelle que les évasions font partie des seules occasions où la loi autorise les matons à ouvrir le feu même si pour une fois, ce jour-là, ils s’en sont abstenus et cette belle se passe tout en douceur, sans un coup de feu, devant des surveillants bouche bée.

    Après les 4 mois de cavale, la taule a servi à réprimer les complices de Rédoine pour les pousser à parler. Ses neveux et un de ses frères ont passé 5 ans en détention provisoire dont 24 mois à l’isolement pour les deux neveux et 5 ans pour son frère Rachid. Ils ont refusé de parler avant d’être sorti de l’isolement et ce procès est donc le premier moment où tous ont pris la parole sur les faits.

    Ils ont profité de l’audience pour critiquer longuement les taules et expliquer la nécessité de l’évasion par les conditions de détention en prison, au mitard, à l’isolement. Malgré la juge, ils ont bien réussi à en faire « le procès de la prison », des longues peines, et du quartier d’isolement comme outil de répression de l’administration pénitentiaire. Comme le dit Rédoine Faïd au proc « tous les détenus de France cherchent à s’évader ».

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  • Kémi face aux brouilleurs et embrouilleurs de l’AP – Lettre d’une prisonnière palestinienne – Les punaises de lit en prison

    Kémi face aux brouilleurs et embrouilleurs de l’AP – Lettre d’une prisonnière palestinienne – Les punaises de lit en prison

    Émission de L’Envolée du 12 octobre 2023

    • Deux lettres de Kémi, qui rend hommage aux émissions anticarcérales des radios locales mais ne peut plus nous capter à cause des brouilleurs, et qui revient sur les différentes brigades de Robocops qui sévissent en prison.

    • Un court texte de Dareen Tatour, poétesse palestinienne qui a été emprisonnée dans les geôles de Tel Aviv pour ses écrits et condamnée au silence par l’État colonial.

    • Les bourgeois semblent découvrir les punaises de lit, tristement connues en prison depuis toujours. Retour sur ces parasites qui empoisonnent les détentions et les centres de rétention sans que l’administration s’en soucie. C’est qu’elle sait bien qu’il n’y a qu’une solution pour mettre fin au problème : fermer toutes les prisons !
    • Point sur la nouvelle « loi de programmation de la justice » qui vient de passer au Sénat, tour de toutes les sinistres joyeusetés que le ministère des tribunaux et des prisons nous réserve, soutenu par l’extrême droite : toujours plus de moyens d’enquête, toujours plus de juges, toujours plus de taules .

    • Musique : Belton Sutherland – Blues #2 / Ramallah Underground – Sijen ib Sijen / Shtar Academy x Zkr x NIC – Imagine / Ahmad Kaabour – Ounadikom / Gil Scoitt Heron – The Prisoner

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  • La sortie sans fin de l’isolement pour Kémi – Un poème et une lettre de Francis – Récit d’un sortant de la Talaudière – Début du procès des inculpés du 8 décembre

    La sortie sans fin de l’isolement pour Kémi – Un poème et une lettre de Francis – Récit d’un sortant de la Talaudière – Début du procès des inculpés du 8 décembre

    Émission de l’Envolée du 6 octobre 2023

    • Deux lettres de Kémi qui annonce (enfin) une bonne nouvelle : il est sorti du quartier d’isolement et a retrouvé une vraie cour de promenade. En attendant, il est toujours en transit au QSI, le nouveau sas entre le QI et le bâtiment (on en a parlé plus longuement dans l’émission de la semaine précédente). Et ce passage au QSI peut durer des mois, une façon pour l’administration pénitentiaire de prolonger l’isolement alors qu’il a enfin gagné au tribunal administratif. En attendant, il a toujours une gestion menottée avec trois ELSP et un gradé pour chacun de ses mouvements. Force à lui.

    • Un petit poème et une lettre de Francis depuis le QI de Lannemezan qui fait un big up aux personnes enfermées et un hommage à celles et ceux qui ont travaillé pour que l’Envolée continue à exister depuis 23 ans.

    • Un texte trouvé sur le site info prison Saint-Étienne d’une personne récemment sorti de la Talaudière et qui raconte un peu l’intérieur de cette taule.

    • On revient sur le procès qui a commencé cette semaine pour les 7 personnes inculpées dans l’histoire dite du 8 décembre. On revient un peu sur l’affaire, depuis les 96h de GAV dans les locaux de la DGSI et les périodes d’incarcération plus ou moins longue, les contrôles judiciaires qui courent toujours, la fabrication du dossier par les renseignements … L’audience pour association de malfaiteurs terroristes a commencé ce lundi et beaucoup de soutiens sont présents au TGI de Paris, hésitez pas à passer ! et on peut retrouver les comptes rendus détaillés des audiences sur le blog des soutiens des inculpés ici.

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  • Lettres de Kémi – Retour sur une cavale – des Nouvelles de Mohamed et Brice – Luttes au CRA de Vincennes après la mort de M. – Hommage à Lamine Dieng

    Lettres de Kémi – Retour sur une cavale – des Nouvelles de Mohamed et Brice – Luttes au CRA de Vincennes après la mort de M. – Hommage à Lamine Dieng

    Émission de l’Envolée du vendredi 9 juin 2023

    • Nouvelles lettres de Kémi, correspondant de l’Envolée, prisonnier longue peine au QI de la centrale d’Arles d’où il continue de nous raconter l’acharnement de l’administration pénitentiaire et ses bagarres : fouilles, défenseurs des droits, salon, etc.

    • Enregistrement de Carla qui raconte sa cavale après l’opération policière Étincelles en Italie. Cette opération répressive a visé la lutte contre les CPR (les centres de rétention administrative de l’autre côté des Alpes) notamment autour de Turin et a conduit à l’incarcération de plusieurs militant.es. Plus d’infos sur l’opération Étincelles ici.

    • Des nouvelles de Mohammed et de Brice, les deux prisonniers en grève de la faim au quartier d’isolement (QI) dont on a parlé dans les deux dernières émissions. Brice est toujours en grève de la fin à Bourg-en-Bresse et un nouveau rassemblement en son soutien est appelé samedi.

    • Des nouvelles de la lutte au CRA de Vincennes suite à la mort de M. le 26 mai. Plus d’info sur le blog d’A bas les CRA.

    • Journée d’hommage à Lamine Dieng, 16 ans après sa mort, étouffé dans un fourgon de police dans le 20ème arrondissement de Paris. Débats, formations, et témoignages autour des violences policières pénitentiaires, judiciaires, psychologiques, sexistes, sexuelles…. le 17 juin au Centre Paris Anim. La page de l’évènement est ici.

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  • Lettre de Kémi sur la censure – Mohamed en grève de la faim contre son maintien au QI – La répression coloniale continue à Mayotte

    Lettre de Kémi sur la censure – Mohamed en grève de la faim contre son maintien au QI – La répression coloniale continue à Mayotte

    Émission de l’Envolée du vendredi 5 mai 2023

    • Lettre de Kemi sur la censure, l’absence de soin (ou le soin très tardif), et le quartier d’isolement (QI). Kemi est un correspondant de longue date de l’Envolée en ce moment enfermé à la centrale d’Arles où ses échanges avec l’extérieur sont particulièrement contrôlés et souvent censurés. On peut écouter plusieurs de ces lettres dans les émissions précédentes.

    • Appel de la compagne de Mohamed, prisonnier longue peine actuellement incarcéré a Bourg en Bresse, et enfermé au QI depuis 15 mois. Mohamed est ciblé par les matons et subit l’acharnement de l’AP depuis une mutinerie contre les brouilleurs il y a plus d’un an. Il est en grève de la faim depuis plus de 32 jours pour exiger sa sortie du QI. Il faut relayer cette histoire au maximum pour que la lutte de Mohamed ne reste pas étouffer dans ce quartier d’isolement.
    • Sa compagne raconte aussi le quotidien d’une proche, entre gérer les enfants, les parloirs (et les suspensions arbitraires de permis de visite), le linge, les allers retours etc.

    • Bref retour sur la situation a Mayotte quelques jours après le début de l’opération policière.

    A-genda : Appel a la manif de dimanche 7 mai a 15h place de la réunion, après que la police du 20e ait renversé 3 petits sur un scoot.

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    Le n° 56 vient de sortir, abonnez vous et proposez-le à vos proches enfermés !

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  • Mickaël G. est en danger à la centrale de Saint-Maur ! Communiqué de ses proches

    Mickaël G. est en danger à la centrale de Saint-Maur ! Communiqué de ses proches

    Nous relayons ici le communiqué du comité des proches de Mickaël G. alias Kémi, dont ils ont donné des nouvelles à chaque émission depuis fin septembre 2022 concernant les conditions de détention insupportables qu’il subit. Merci de le faire circuler au maximum ! Contactez-les !

    [ Actualisation quelques jours plus tard : Kémi a été transféré ! ]

    Le 28/10/2022,

    Depuis des semaines, nous soutenons notre proche, Mickaël G., enfermé au quartier d’isolement de la maison centrale de Saint-Maur, alors qu’il subit des traitements inhumains, une pression constante qui le pousse à bout.

    Son avocate a déposé plusieurs plaintes et recours en justice. De nombreuses fois, nous avons alerté la prison, le SPIP, la direction interrégionale, la direction de l’administration pénitentiaire. Quand on nous répond, au mieux, on nous dit : « Ne vous inquiétez pas, nous faisons le nécessaire ».

    Nous avons saisi divers associations et organismes soi-disant compétents : défenseur des droits local et national, Contrôleur des lieux de privation de liberté (CGLPL), Observatoire international des prisons (OIP). Sans réaction.

    Mickaël est au quartier d’isolement (QI) de Saint Maur depuis juin 2022 et ses conditions de détention empirent. Au QI les prisonniers ne peuvent voir ou parler avec aucun autre prisonnier. Ils restent en cellule toute la journée sauf quand ils ont droit à une « promenade » dans une cour grillagée et grande comme une cellule. Ils ne voient que le personnel pénitentiaire et sont donc à leur merci. Dans cette histoire, comme souvent, c’est la parole d’un prisonnier contre celles d’agents assermentés.

    Le 19 septembre, Mickaël a été passé à tabac par des surveillants du QI. Il a perdu connaissance et s’est retrouvé à l’hôpital. Mais en commission de discipline (prétoire), c’est lui qui est condamné à 10 jours de mitard (quartier disciplinaire), sanction transformée en « confinement » car son état de santé est incompatible avec le mitard. Sous prétexte de confinement, il est placé en cellule sécurisée, ses affaires personnelles lui sont confisquées, et une partie ne lui a toujours pas été restituée. Ses communications avec l’extérieur sont rendues extrêmement compliquées : ses courriers sont bloqués, ses appels téléphoniques mystérieusement coupés toutes les minutes. La plupart de ces mesures dérogent au règlement ou en abusent arbitrairement.

    Et l’acharnement s’intensifie. Sans raison, il est placé en « gestion menottée » (ses rares déplacements en détention se font menotté), dans une cellule avec sas grillagé derrière la porte, ses repas sont passés par une trappe. Quand il demande la notification officielle de telles mesures ultra-sécuritaires, la seule réponse qu’il obtient est : « Tu n’auras pas de notification, tu es notre jouet ».

    Par ailleurs, il subit diverses commissions de discipline farfelues… et les sanctions qui vont avec.

    Lors d’un déplacement, Mickaël, menotté, est violemment bousculé dans le dos par un surveillant et heurte le mur. Un médecin constate ses ecchymoses… après plus de 24h et grâce à l’insistance de son avocate.

    Depuis le 23 octobre, toutes les deux heures, les surveillants ouvrent la porte et il doit faire acte de présence, par exemple se lever du lit. Et cela JOUR ET NUIT toutes les deux heures. Pour cela non plus il n’a reçu aucune notification, on lui a juste dit verbalement « tu es statut DPS ». Ce statut, « détenu particulièrement signalé », ne justifie en rien d’empêcher un être humain de dormir pendant des jours.

    Il subit régulièrement des insultes racistes et des menaces de la part des surveillants, en particulier de la part d’une équipe de nuit. Il subit du chantage pour faire retirer ses plaintes. Quand il demande à se faire dépanner du tabac, on lui a répondu « Va te pendre ».

    Actuellement il dit que son corps est en train de le lâcher. Il est extrêmement fatigué car il ne dort presque plus depuis le 23 octobre, et qu’il subit une pression constante depuis plus d’un mois. Ayant déjà subi des violences, il a de plus en plus peur de certains surveillants et craint pour sa vie. Notre ami est en danger, comme beaucoup d’autres en prison, malheureusement. Mais sa seule chance est que, quand la ligne n’est pas mystérieusement interrompue, il peut nous raconter au jour le jour ce qui lui est fait. Ayant connaissance de la situation, son avocate a entamé de nombreux recours… restés sans suite actuellement. Des certificats médicaux attestent des mauvais traitements qu’il subit. Elle a réclamé des images de caméras de vidéo-surveillance qui n’ont jamais été fournies.

    Il veut partir de Saint-Maur mais ce transfert lui est refusé depuis des mois. La juge d’application des peines ne trouve rien à redire aux traitements qu’il subit et lui demande de fournir des preuves de ses accusations. Mais comment fournir des preuves quand les compte rendus d’incident sont écrits par les surveillants qui tapent et insultent, quand les mesures sécuritaires et répressives ne sont jamais notifiées par écrit et motivées ? comment fournir des preuves quand on est seul au fond d’un QI, à la merci de ses bourreaux ?

    Nous demandons à toute personne qui refuse que les prisons françaises soient des Guantanamo, cachés à notre vue, où des surveillants violentent des prisonniers, couverts par leur hiérarchie, de faire savoir par tous les moyens que :

    Mickaël est en danger,
    Mickaël n’est pas suicidaire,
    Mickaël allait très bien jusqu’au 19 septembre 2022,
    Nous demandons que Mickaël soit immédiatement transféré dans la prison demandée, où il pourra se réinsérer,
    Nous exigeons la fin des violences ! Et la fin de la répression, dont l’unique but est d’empêcher Mickaël de les dénoncer !

    Ils en ont marre qu’on les appelle, qu’on leur écrive ? Continuons !
    Tout soutien est le bienvenu, si vous les contactez, contactez-nous aussi !

    Comité des proches de Mickaël
    lesamisdemickaelg@gmail.com