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DEUX LETTRES pour continuer une discussion : Le journal, le courrier, et Hafed …

Durant l’émission du 15 février, on répondait aux courriers qui nous demandent pourquoi il n’y a pas de nouveau journal depuis longtemps. On citait Hafed notamment, et on rappelait que le journal ne se nourrit que des paroles de l’intérieur. On a reçu depuis deux lettres qui prolongent un peu cette discussion. On les republie ici.

 

Le 25 février 2019

Salut Camarades,

Je m’appelle Christine. Je suis abonnée depuis longtemps. J’ai découvert l’Envolée en 2003. Je vous avais alors passé un texte écrit après la visite à mon compagnon enfermé à Valence qui a été publié sous le titre « Récit d’un parloir qui se passe mal » en une double page. Ensuite, je lisais le journal environ trois fois par an. En novembre 2012, c’est moi qui ai été enfermée. Je continuais à recevoir le journal et à le faire découvrir à mes voisines en promenade. De nombreux extraits de lettres, écrites à Elsa ou Anaïs en particulier ont été publiées durant 4 ans. Depuis ma sortie, il y a  un peu plus  de2 ans, l’abonnement n’a pas suivi à mon adresse dans la colline mais je trouvais l’envolée sur des lieux militants, notamment lors de la tournée de « Pisser dans l’herbe… » où on assurait la promotion et vente (si je ne me trompe pas, les 5 tournées vous ont permis de récolter près de 500 euros). J’ai aussi appris que je pouvais écouter l’émission de radio, que je n’avais jamais entendue en taule ou avant, via l’ordinateur.

Donc aujourd’hui, je branche l’ordi et vais sur le site. Je lis les résumés des émissions que je n’ai pas écoutées et me branche sur la dernière mise en ligne, celle du 15 février. Là, vous reconnaissiez ne pas avoir été foutu de sortir un journal depuis un an et, malhonnêtement, vous appeliez un mort à la rescousse pour vous dédouaner, nous accusant, nous, de ne pas écrire! C’est dégueulasse comme façon de faire!

A l’intérieur, on n’entend pas la radio, je vous l’ai déjà dit, même à Fleury ou à Réau, les taules de la région parisienne où j’ai été envoyée. Donc, vous arrêtez sans nous prévenir. L’honnêteté de base aurait été de faire un court journal, même qu’un 4 pages, pour expliquer votre flemme, vos dissenssions ou je ne sais quoi qui vous arrête, et de relancer l’appel à courrier. On est plusieurs à écrire dedans, mais l’AP connaît l’adresse et des lettres sont « perdues par la poste ». La solution c’est d’écrire à des proches potes qui relaient à l’Envolée. Pour ça c’est à vous de bosser, de ne laisser personne sans réponse, de relancer si une baisse de moral ou un transfert a coupé la communication. Bien sûr certains d’entre nous ont la flemme d’écrire, mais en général on aime recevoir du courrier et ça nous donne le courage d’y répondre (si vous mettez des timbres avec). Le journal tourne dans le cours de promenade et des demandes d’abonnement sont mal traitées par vous / ou / et censurées par l’AP). Merde, ce n’est pas nous les responsables ! Nous sommes isolés, ils nous séparent, nous transfèrent. Nous n’avons pas accès aux courriers des autres, c’est vous qui devez les centraliser et nous informer des transferts.

Nous n’avons pas accès à une imprimerie, c’est vous seuls qui pouvez vous coller à ce boulot. Le journal est un outil de lutte (rien que de le recevoir nous signale à l’AP comme un.e emmerdeur.se potentiel.le) que nous ne pouvons pas faire. Et c’est dégueulasse de nous en priver, surtout sans nous prévenir / expliquer !

J’en avais discuté un peu avec Floréal le 8 décembre mais il m’avait dit que vous aviez une réunion pour vous remotiver. Il semblerait que ça n’ait pas marché… Perso, je sais l’utilité de l’Envolée papier. Je sais le besoin d’avoir du courrier de camarades. Je sais le travail que ça a été pour que l’AP ne le censure presque plus. Il ne faut pas perdre ça.

J’ai maintenant un num de tel et toujours un stylo. Je veux bien aider à répondre aux courriers des enfermé.e.s, à relancer ceux qui n’écrivent plus (Fabrice, Rachide par exemple), à maintenir le lien avec ceux qui écrivent (Maite et Marina par exemple). Je peux même écrire moi-même : je réfléchis beaucoup en ce moment à la sortie à long terme, aux conséquences psy et physiques de ce qu’on a subi dedans …

Bref, relancez, relancez moi, assumez, mais ne lâchez pas, surtout comme des lâches!

Salut

Christine

Et la deuxième …

23/02/19

L’envolée,

Faut en finir avec ces prisons

Je vous écris ce courrier, je m’appelle Bragonça de Almeida Julien, ma mère est présidente du syndicat PRP pour les détenus. Elle m’a ramené au parloir le livre d’Hafed Benotman « Ca ne valait pas la peine mais ça valait le coup ».

Donc moi j’ai 22 ans le 26 mai 2019 et le livre m’a ouvert encore plus les yeux. Ce qui se passait en 2000, 2001, 2002 se passe encore en 2019. Depuis mes 14 ans, je fais de la prison. Comme Hafed disait, je ne suis pas un voyou. Je suis un voleur. Et aujourd’hui j’aimerais écrire un ou des livres sur la prison, sur ma vie, etc. Pour que notre combat contre les prisons et la justice puisse se finir et qu’on sera gagnant. A l’âge de 13 ans, j’étais en CER (Centre Educatif Renforcé). A 14 ans rebelotte. A 15 ans ils me mettent en CEF (Centre Educatif Fermé), puis a 16 ans la prison a Bourges les Bondio (18), puis Tours (37). Après je suis reparti en CER sur un bateau pendant 4 jours et là on m’a envoyé en EPM (78) qui est une prison pour mineur. Je suis passé majeur et j’ai été incarcéré un an au Craquelin jusqu’en 2016. Puis je suis sorti 3 mois et on m’a renvoyé 4 ans et 8 mois. Avec toutes les petites peines je me retrouve à 8 ans.

Depuis ma peine, je suis resté 6 mois au Craquelin (36). On m’a transféré à Orléans Saran (45). Je suis resté 5 mois puis envoyé à Chateaudun (28) pendant 10 mois et là je suis à Doux la ville (89), ça fait 8 mois. 8 mois de mitard et d’isolement. Là je vous écris du mitard. J’ai pris 30 jours depuis le 30 janvier. Ma famille vient me voir en parloir hygiaphone sans raison.

Force à l’envolée et tous ceux qui nous aident. Force à vous. J’aimerais qu’on m’aide pour écrire un livre, s’il vous plaît. Si vous avez besoin de photos, témoignages, tout ce qui est de mon possible je vous aiderai. Et si je peux avoir l’abonnement à l’envolée, ce serait bien.

Je suis à l’intérieur mais je suis là pour l’extérieur, pour que le combat continue.

Et si on peut m’aider pour mon livre, ce serait sympas.

Merci à vous tous de votre compréhension.

On m’a graille la gamelle, ça m’a fait les dents.

Force à l’envolée

Et grosse pensée pour Hafed

Force à vous tous

Bragança

PS: la juge me juge, m’enferme mais je reste libre, libre d’être moi, libre de respirer et libre de les emmerder.

Emission Passe-Muraille à Marseille

JEA-PRI-90-326-32a“Quelles leçons on nous enseigne ? En prison, on nourrit de beignes. De l’isolement, les mecs en saignent.” Les meufs idem…
(Les Baumettes, 2014)

Les aminches, des deux côtés du mur, si vous voulez vous bagarrez contre la taules ; si vous voulez prendre des nouvelles du placard ; si vous voulez en donner depuis l’intérieur des geôles ; et particulièrement si vous êtes dans le coin de Marseille… écoutez radio galère. Il y a une nouvelle émission anticarcérale. C’est des poteaux, des poteaudes, des proches de prisonniers. Et c’est du bon. Depuis fin 2015, c’est tout les mois autour du 20 que c’est audible. Pis sur le web bien sur. https://passemuraille.noblogs.org/

Du son contre la prison #4

Du son contre la prison est un concert hip hop qui aura lieu à Ursa Minor (11 rue de l’égalerie, quartier Bellevue à Saint-Etienne) le vendredi 9 mai de 21h à minuit, et retransmis en direct sur des radios associatives locales, un peu partout en France et en Belgique (voir une liste non-exhaustive en fin d’article), pour pouvoir être écouté à l’intérieur des lieux d’enfermement.du son contre la prison #4
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Le combat sans fin de Chloé, transsexuelle incarcérée

Chloé est incarcérée au centre de détention (CD) de Caen ; depuis 2004, elle se bat pour se faire reconnaître en tant que transsexuelle. Ce combat pour exister en tant que femme se situe à tous les niveaux, vis-à-vis de l’administration pénitentiaire (AP), du corps médical, des prisonniers et de la société en général. Lire la suite