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« LES LAMES DE RASOIR, ÇA SE DIGERE BIEN »

Conférence de presse le 27 septembre devant les Baumettes à 11h

 

 

Le 10 août 2017, lendemain de son arrivée aux Baumettes, Bilal Elabdani est retrouvé mort dans sa cellule. La veille, lors de la comparution immédiate, les magistrats avaient décidé de ce placement en détention provisoire alors qu’ils demandaient en même temps une expertise psychiatrique. La famille avait alerté du danger que représentait cette mise en détention, avec dossier médical à l’appui. L’administration pénitentiaire se disculpe en prétendant n’être au courant de rien, ce qui est évidemment invraisemblable.

D’autres décès ont eu lieu ces derniers mois aux Baumettes. Ces actes désespérés résonnent dans les motivations de détenus qui s’opposent à l’administration pénitentiaire. C’est le cas d’Abdelhalim qui a débuté une grève de la faim et de la soif le 22 août, rejoint en solidarité par Samy, son cocellulaire, le 26 août. Vu son état de santé trop critique, Samy y met fin le soir du 31 août pour continuer la lutte autrement, avec des soutiens extérieurs. Ils dénoncent une prison insalubre et délabrée (escaliers et plafonds qui s’écroulent, y compris dans les cellules), la non-conformité aux normes européennes, des maladies (gale, staphylocoques), des cafards, des rats, des champignons, et bien sûr… des matons violents et leurs abus de pouvoir. Lorsqu’ils ont commencé leur grève, l’administration pénitentiaire leur a délibérément coupé l’eau et a retiré le frigo de leur cellule, en pleine canicule.

 


« Ils m’intimident et je ne peux même plus aller à l’infirmerie par crainte de représailles de ces mêmes surveillants. »

Samy


 

Samy Miout est originaire de Nantes. Alors qu’il est incarcéré, l’hôpital l’informe du prochain décès de sa mère. Il fait envoyer à l’administration pénitentiaire un certificat de fin de vie en date du 15 avril 2017 pour retourner la voir dans sa ville d’origine… Sa demande n’a pas été prise en compte. Elle décède le 6 mai, et il n’a pas pu assister aux obsèques. Samy demande un transfert pour rapprochement familial dans la région nantaise.

Le 1er août, il est agressé par des matons lors de son retour de l’ucsa (unité de consultations et de soins ambulatoires). Il demande un rendez-vous à l’infirmerie pour faire constater ses lésions et obtenir un certificat médical. Ce rendez-vous est accordé pour le 3 août mais, à l’heure dite, les matons refusent de l’extraire de sa cellule et de l’accompagner à l’infirmerie. En réaction, il bloque sa cellule et détruit le lavabo. Il restera toute la nuit dans la cellule inondée et ses appels à l’aide ne recevront aucune réponse. Le 8 août, il porte plainte et demande une protection judiciaire mais, en l’absence de certificat médical, cette plainte reste à ce jour sans suite. Le 28 août, alors qu’il est en grève de la faim et de la soif depuis 2 jours, il n’avait toujours pas vu de personnel médical malgré son état de santé qui se dégradait, et n’avait pas reçu de formulaire de grève. Il subit de plus l’ironie des matons. Pour ne citer qu’un exemple, suite à une tentative de suicide, on lui dira : « Les lames de rasoir, ça se digère bien. »

 

Abdelhalim Trazie-Bi, quant à lui, est actuellement au seuil de la mort du fait de la déshydratation. Placé en réanimation le 25 août, il sera ramené peu après en prison. Il arrache alors ses perfusions et recommence sa grève de la faim et de la soif. Abdelhalim devait être libéré en juin dernier, mais le juge d’application des peines procède à une révocation de trente mois de sursis cumulés. Abdelhalim n’a pas pu assurer sa défense puisque ni lui ni son avocat n’avaient été informés de l’audience. Ce dernier a aussitôt déposé une plainte contre x pour « faux et usage de faux », considérant, documents à l’appui, que la signature figurant au bas de la convocation n’est pas celle de son client. Puis, se rendant compte, début août, que le Parquet général n’a pas été saisi de sa plainte, pourtant enregistrée au greffe du tgi de Marseille le 12 juillet 2017, son avocat s’est adressé directement à plusieurs procureurs-adjoints. Abdelhalim a fait trois tentatives de suicide en l’espace d’un mois. À chaque fois il a été remis dans sa cellule alors qu’il pouvait à peine se tenir debout, et aucun soutien psychologique ne lui a été apporté.

 


Aux dernières nouvelles, Samy a été placé au quartier disciplinaire. Abdelhalim continu sa grève de la faim. Huit prisonniers se sont solidarisés, ils ont été mis à l’isolement…

Conférence de presse le 27 septembre devant les Baumettes à 11h !

 


Déroulement de la conférence :
-Communiqué de presse sur la situation de Samy Miout et Abdelhalim Trazie-bi par le Collectif Soutien aux Détenus en France harcèlement moral et physique avec Maître Tarrasconi (Baumettes historique)
-Communiqué de presse sur l’histoire de Bilal Elabdani par l’émission de radio Passe-Muraille, avec la famille de Bilal Elabdani et son avocat – Maître Pouillaude (Baumettes II)

 


Pour leur écrire :

CP des Baumettes historique, Samy Miout 184 030, Bâtiment A, 213 chemin de Morgiou, 13404 Marseille Cedex 20
CP des Baumettes historique, Abdelhalim Trazie-Bi 183 546, Bâtiment A, 213 chemin de Morgiou, 13404 Marseille Cedex 20

 

Organisé par le collectif Casse-muraille et le collectif soutien aux détenus de France ( harcèlement moral et physique)

 

ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 24 FÉVRIER 2017

 

  • Courriers : Michèle, prisonnier sorti récemment (MA de Nîmes, CP de Béziers et Montpellier) / Lettre d’une famille d’un prisonnier « suicidé »
  • Tel : Olivier, pour Roger Knobelspiess, braqueur, acteur et écrivain, mort cette semaine

Knobelspiess-Honfleur

  • Chronique de Steph : Texte de loi sur la sécurité publique, condamnation des parloirs sauvages, l’amendement de Buffet, doublement des délais de prescription pénale (programme Fillon)
  • Brèves : Sur les manifs
  • Annonce : Rassemblement le 11 mars devant la maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis (RDV 11h30 porte d’Orléans pour faire la balade en groupe)

Zics : Less’ Du Neuf feat Ekoue et Casey – La valse des enragés

/ TonyToxik (L’uZine) – Depuis / Fliptrix – War To Your Door


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ÉMISSION DE L’ENVOLÉE DU 13 JANVIER 2017

 

  • Courriers : Kamel (poème), Mohamed (CP de Condé-sur-Sarthe), Michel (MA de Châlons-en-Champagne)
  • Tel : Christian, le père de Geoffrey Tidjani, mutilé au visage par un tir de LBD en 2010 lors du mouvement des retraites, nous parle du procès en appel qui s’est tenu cette semaine
  • Brèves : Manif de surveillants du CP de  Condé-sur-Sarthe en soutien à leur collègue maton en garde-à-vue pour avoir fait une balayette à un prisonnier / Mutinerie à la MA de Saintes : un des « meneurs » de 21 ans transféré au CP de Gradignan est retrouvé pendu dans sa cellule avec sa couverture…
  • Tel : Nadia nous parle de son neveu Ibrahim et ce qu’il subit au CP de Gradignan

Zics : Calavera – Casse-muraille / Adam Reverie – Detroit Muscle / Skalpel – Mémoires Des Lutte


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Pour la libération des prisonnier-e-s gravement malades

Lettre des prisonniers politiques basques de Moulins-Yzeure

Nous publions ci-dessous une lettre que des prisonniers de la centrale (prison pour longues peines) de Moulins nous ont demandé de faire circuler. Ils annonçaient des initiatives du Collectif de  Prisonnier-e-s Politiques Basques pour demander la libération des prisonnier-e-s gravement malades. La « loi Kouchner » de 2002 prévoit des suspensions de peine pour raisons médicales, mais elles ne sont que très rarement accordées, même lorsque des experts affirment que la situation d’une personne est incompatible avec la détention, même lorsqu’elle ne peut pas être soignée correctement en prison, même lorsqu’elle est sur le point de mourir. Ainsi, beaucoup de prisonnier-e-s meurent encore en prison, isolés. Et souvent mal soignés. Contrairement à ce qu’estiment souvent les politiques ou JAP (juge d’application des peines), ceux et celles qui sont passés par là savent très bien qu’on est souvent très mal soigné en prison, et qu’on y meurt parfois par manque de soins. Des services de soins palliatifs ont même été créés au sein d’unités hospitalières pénitentiaires afin de justifier les décisions de ne pas laisser sortir de prison des malades sur le point de mourir.

Cette mobilisation des Basques rappelle deux tristes histoires – parmi tant d’autres !- que nous avons relayées récemment : celle de Béa, décédée d’un cancer à la prison de Rennes et celle de Rachid, décédé à la centrale de Lannemezan. Tous deux étaient dans des états de santé très graves et demandaient depuis longtemps une suspension de peine, un codétenu de Rachid avait tenté d’alerter l’opinion et de lancer une pétition*.

Liberté pour les prisonnier-e-s gravement malades !

Liberté pour tous et toutes !

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« Depuis la prison de Moulins-Yzeure, le 14 novembre 2016,

Il y a 370 prisonnier(e)s politiques basques incarcéré(e)s en France et en Espagne. Dix d’entre eux sont très gravement malades : Josetxo Arizkuren, Garikoitz Arruarte, Inaki Etxebarria, Aitzol Gorgotza Otaegi, Ibon Iparragirre Burgoa, Jose Ramon Lopez de Abetxuko, Txus Martin, Gorka Fraile, Jagoba Codo et Ibon Fernandez Iradi.

Ce dernier incarcéré en France depuis 13 ans se trouve actuellement à la maison centrale de Lannemezan (65). Il a été condamné à 30 ans d’emprisonnement (assortis d’une peine de sûreté de 20 ans). Atteint d’une sclérose en plaques, il a fait une demande de suspension de peine en Janvier 2013. La lenteur de la procédure est à souligner. Les premiers symptômes de la maladie remontent à fin 2010, mais le diagnostic n’a été fait qu’en janvier 2013. Ibon Fernandez Iradi a dû attendre juin 2014 pour que le Tribunal d’Application des Peines se prononce contre sa sortie, malgré que durant la procédure deux médecins experts sur trois se soient prononcés sur la non compatibilité de son état de santé avec son maintien en détention. Son maintien en détention a pour conséquence une évolution plus rapide de sa maladie. Maladie qui ne peut être efficacement combattue que s’il est libéré et bénéficie de tous les soins et attention que nécessite son état de santé.

Finalement, la cour de cassation a cassé le jugement de Juin 2014. La procédure de demande de suspension de peine est ainsi relancée. Et l’espoir renaît. Une audience est prévue le 24 novembre 2016.

La volonté de la société civile au Pays Basque et de ses élu(e)s est claire. Au-delà des différences d’approches des uns et des autres, il est demandé et attendu de l’État français qu’il s’engage en faveur du processus de paix. Un jugement qui irait à l’encontre de la demande d’Ibon, non seulement irait à l’encontre des exigences humanitaires les plus élémentaires, mais encore viendrait en opposition à la demande massivement exprimée en Pays basque. Nous attendons une décision qui permette la libération immédiate d’Ibon, de façon qu’il puisse bénéficier des soins médicaux appropriés à son état de santé.

Nous demandons par ailleurs la libération immédiate de tous les prisonnier(e)s basques gravement malades. Ainsi une manifestation est prévue pour le samedi 19 novembre à Bayonne. De notre part, le collectif des Prisonnier-e-s Politiques Basques EPPK va entamer une série de mobilisations durant cette semaine, du 14 au 19 novembre, dans toutes les prisons espagnoles, françaises, portugaises, ou suisses où nous nous trouvons dispersés et prises en otage. Ici au CP de Moulins-Yzeure, nous allons refuser le repas de la prison durant cette période.

Pour avoir plus d’informations sur la situation précise de tous nos camarades gravement malades vous pouvez consulter le rapport de l’association d’aide médicale aux prisonnier-e-s JAIKI HADI que vous trouverez normalement sur internet ou bien à la page web de l’association Bagoaz ou Etxerat. »

 

Post- scriptum de la rédaction :

Après une grande manifestation ayant réuni 2000-2500 personnes à Bayonne le 19 novembre et réclament la libération des prisonnier-e-s basques gravement malades, et plus particulièrement de Ibon, après un appel de 180 personnes du corps médical qui réclament une suspension de peine à son égard, la commission qui examinait son cas a refusé , mi-décembre, de lui accorder une suspension de peine (Voir ici).

* Pour en savoir plus :

EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 02 DECEMBRE 2016

 

  • Courriers : Gaëtan (CP de Lannemezan), Béa  dont la lettre a été publié dans l’Envolée n°45 et qui vient de mourir en prison, par manque de soin.
  • Brève : Lynchage à Ivry-sur-Seine.
  • News de Bagui et Youssouf Traoré, les frères d’Adama Traoré
  • Invité : Henriques Makassi, nous présente son ouvrage Les murmures d’un C.R.I..

Zics : NWA – Fuck the police ; Clacy Eccles – Freedom ; EPMD – It’s my thing


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EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 29 AVRIL 2016

  • Lettre de Thierry Chatbi (mars 2001, QI de Fresnes)
  • La prison tue : Kader Mahi, 26 ans, mort à la MA de Seysse ; Mamadou C. , 31ans, mort asphyxié au quartier des arrivants de la prison de Fleury-Merogis ; Jeune de 17 ans suicidé à la MA de Tours ; Raymond Bossin, mort « écrasé » à la MA de Fresnes ; Adil Taychi, 36 ans, mort pour manque de soin à MA de Sequedin
  • Invités : Collectif anti-carcéral à République « Nuit Debout »

–> révoltes, arrestations et violences policières

  • Mouvement des prisonnières à la MAF de Fleury-Merogis

–> rassemblement devant la MAF le 7 mai !


Musiques : Sans-tièp – 3 minutes de silence ; Raoul Vaneigem – La vie s’écoule, la vie s’enfuit ; OG Maco – Undefeated ft. Zip K


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EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 22 AVRIL 2016

  • Lettres de Thierry et de Gaëtan Mangin
  • Brèves : Mort à Poissy, évasion réussite
  • Invités : Collectif anti-carcéral à République « Nuit Debout »

–> rassemblement devant la MAF de Fleury

  • Procès des pirates somaliens
  • Amal Bentounsi (Urgence Notre Police Assassine) à  l’ONU
  • Invitée : Carole, qui vient témoigner pour son fils agressé sexuellement par les matons

Musique : Collectif Mary Read – 5000 Ans D’erreurs ; Déjà Mort – Sous la lune ; Barbara Lynn – I’m a good woman ; Godfather – Trapped


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Editorial et sommaire du numéro 38 du journal, février 2014

Alors quoi?

Dire à un être humain qu’il va rester en prison toute sa vie est une chose; le lui faire accepter en est une autre.

Christophe Khider et Philippe Lalouel ont récemment dit à l’issue de leur procès que les peines auxquelles ils venaient d’être condamnés étaient inacceptables et qu’ils ne les feraient pas; même pas en cauchemar. Certes, dans un éclair de lucidité, des médias, des politiques et certains ­intellectuels ont applaudi la libération de Philippe El Shennawy, âgé de 58ans, après trente-huit ans de prison ! Mais après quels combats ­a-t-il été libéré, et à quel prix? À sa sortie, il dénonce « une ­liberté au rabais»: deux ans de bracelet électronique, dix-huit de conditionnelle, c’est la prison ­dehors ! Et au moindre pet de travers, il retournera derrière les barreaux. Il évoque les milliers d’autres qui attendent la fin d’une peine infinie, empêtrés dans le calcul d’hypothétiques remises de peine, dans les conditionnelles et les périodes de sûreté… sans compter l’administration pénitentiaire qui les cache­tonne pour les faire ­végéter dans l’insupportable et le dénuement.

Nous répétons que l’abolition de la peine de mort en 1981 a abouti, logiquement, à un allongement interminable des peines. Depuis, le code pénal n’a cessé de s’alourdir et les lois sécuritaires s’accumulent. Le droit arrive au bout de l’impasse dans laquelle il s’est engouffré. Ceux qui avaient été condamnés à l’époque à des peines de vingt-cinq ou trente ans les purgent encore aujourd’hui, et ils sont rejoints tous les jours par de nouveaux condamnés jusqu’à la mort. Comment faire exécuter ces peines  ? Comment faire pour que des hommes et des femmes à qui on refuse tout avenir se tiennent tranquilles ? L’État a sa réponse: il construit et expérimente deux nouvelles prisons ultra-sécuritaires. Celle de Vendin-le-Vieil n’est pas encore inaugurée que ça pète déjà à Condé-sur-Sarthe, ouverte il y a dix mois. Alors quoi  ? Lire la suite