Étiquette : parloirs

  • Conditions de parloirs : de pire en pire depuis le Covid – Gilets jaunes : retour sur un mouvement social et sa répression

    Conditions de parloirs : de pire en pire depuis le Covid – Gilets jaunes : retour sur un mouvement social et sa répression

    Émission de l’Envolée du vendredi 2 octobre 2026.

    Ce soir on rediffuse une partie de notre émission du.. 12 novembre 2021 !

    • Interview de deux compagnes de prisonniers qui dénoncent les conditions de parloirs, largement dégradées sous prétexte du Covid… Ces interviews nous rappellent à quel point les parloirs empirent depuis… avec une accélération sous l’influence QLCO. L’AP brise de plus en plus brutalement les liens avec les proches, qui sont pourtant vitaux et ont été sujet de luttes importantes.
    • Interview de Mélanie, Isaac, Casti et Vanessa, qui reviennent sur le mouvement des Gilets Jaunes, ses forces, sa répression, et la création du collectif des Mutilé.e.s pour l’exemple.
      En ce moment de grand mouvement social, il nous semble important de réécouter ce récit et ces réflexions.

    Les 16 et 17 octobre, venez causer avec l’Envolée et ses invité-e-s, à Montreuil… contre les QLCO, la torture carcérale et la fascisation générale !

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
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  • « L’AP se croit au-dessus des lois » – ELSP et chiens aux parloirs aux Baumettes – Mobilisations pour El Hacen Diarra, tué par des policiers

    « L’AP se croit au-dessus des lois » – ELSP et chiens aux parloirs aux Baumettes – Mobilisations pour El Hacen Diarra, tué par des policiers

    Émission de l’Envolée du vendredi 3 avril 2026

    AU PROGRAMME :

    Lettre de Lucas au QD (quartier disciplinaire) : des blocages du mitard aux recours contre la CEDH, se bouger contre l’arbitraire de l’AP qui piétine les droits au quotidien, et les espoirs de sortir de prison…

    Lettre d’Aurélie au CP (centre pénitentiaire) de Rennes : parvenue au bout de sa période de sûreté, elle attend encore et toujours le compte-rendu d’expertise psychiatrique, ce qui lui empêche d’accéder au droit d’avoir des permissions de sortie. « Et à part ça il paraît qu’il faut respecter les lois, mais l’AP se croit au dessus des lois »

    Durcissement des conditions au parloir aux Baumettes (MA de Marseille) : une chronique publiée le 27 mars par le PNP Les Baumettes dénonce la présence quotidienne au parloir des ELSP accompagnés de chiens, et des difficultés nouvelles pour faire rentrer du linge. Pendant le procès actuel de membres supposés de la « DZ mafia » à Marseille, le prétexte de lutte contre le grand-méchant-narco sert encore de prétexte pour déployer ici ou là les pratiques employées dans les QLCO (quartiers de lutte contre la criminalité organisée) pour terroriser prisonniers et proches.

    Récit de Moussa du collectif Justice pour El Hacen Diarra, tabassé et tué par des policiers. Suivi d’une discussion avec Moussa et Fatou du Réseau d’Entraide Vérité et Justice, sur le harcèlement et les violences policières à l’encontre des réfugiés et des personnes racisées, sur les mobilisations en cours contre les violences et le racisme d’état, et sur la nécessité du soutien financier aux familles de victimes.
    Retour sur la mobilisation du 14 mars : marche des solidarités « Contre le racisme, les fascistes et les violences d’État ».

    + d’infos sur les collectifs et cagnottes de soutien évoqués pendant l’émission :

    • Le collectif PNP les Baumettes tient une permanence pour les proches des détenu.e.s… contre toutes les prisons !
      Visitez leur insta PNP les baumettes
      Donnez leur des nouvelles : +33 7 73 07 35 65
    • Justice et vérité pour El Hacen Diarra
      Instagram : @justice_pour_elhacen
      Assemblée ouverte un mardi sur deux (prochaine réunion les 14 et 28
      avril) au Foyer des Mûriers 16 Rue Fernand Léger dans le 20e
      arrondissement de Paris.
      Cagnotte de soutien aux obsèques et rapatriement d’El Hacen Diarra :
      Possibilité de récupérer des t-shirts de soutien au foyer !
    • Réseau d’Entraide Vérité et Justice
      Instagram : @reseau_entraide_et_verite_
      Facebook : reseauveriteetjustice
      Campagne de soutien 1 euro contre les violences policières :
      Explication de la campagne ici
      Lien pour donner

    AGENDA

    Samedi 4 avril à 14h, devant la mairie de Saint-Denis, rassemblement
    contre le racisme et les discriminations
    , suite aux attaques racistes à
    la télévision contre les habitant·es et leur maire après les élections
    municipales.

    Samedi 18 avril à partir de 13h30 à la Chapelle à Toulouse, aprèm et
    soirée concert contre l’antitsiganisme et les violences d’État.

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  • Passer les fêtes au QI : lettres de Kémi

    Passer les fêtes au QI : lettres de Kémi

    Auteur du texte « Santa Muerte » sur la prison de Saint-Maur et le QI (quartier d’isolement), Kémi dit dans ces six lettres comment la dureté de l’isolement déteint sur son moral. Après un Noël 2021 solitaire, Kémi est enfin sorti du QI en janvier comme on peut le lire dans les deux dernières lettres. Cependant, à l’heure où nous publions ces lettres sur le site, l’AP (administration pénitentiaire) a déjà remis Kémi à l’isolement pendant l’été 2022.


    « Je m’en suis pris à l’AP et maintenant j’en paie le prix fort »

    Lettre lue pendant l’émission du 10 décembre 2021.

    Maison centrale de Saint-Maur, quartier d’isolement,

    Novembre 2021

    Bonsoir chers auditeurs,

    Là il est 23 h et je tourne en rond dans ma cellule, donc je prends ma plume pour vous donner de mes nouvelles. La semaine dernière, j’ai enfin vu la directrice de Santa Muerte, elle a fait une demande de sortie d’isolement, mais je crois que c’était pour m’endormir car pour l’instant, j’y suis encore. En plus, j’ai appris par un pote qui a vu la cheffe et qui lui a dit que ce n’était pas pour tout de suite. Ils sont même pas capables de me le dire en face. Je vois rouge ! Pour les autres détenus, ça prend trois jours, et pour moi ça prend des plombes. J’avoue que mon moral baisse, car les fêtes arrivent, et j’me sens pas capable de les passer à l’isolement. Des envies de suicide me traversent l’esprit, j’essaie de rester combatif, mais imaginez deux ans de quartier d’isolement gratuit, et encore un Noël seul sans parloir, sans rien ni personne avec qui discuter. J’ai beaucoup de lettres qui me donnent leur soutien et je les en remercie, mais je supporte de moins en moins l’isolement social. 23H/24 dans 9 m² pendant deux ans, ça laisse des traces indélébiles. Mes enfants me manquent, le contact humain me manquent. Je regarde autour de moi et tout ce que je vois c’est le néant, le vide. Ce soir je regardais un film qui se passait en prison. Dans ce film, il y avait une scène qui m’a rappelé de mauvais souvenirs. C’est un type qui venait d’apprendre le décès de son papa, il avait l’autorisation d’aller aux obsèques, mais à la dernière minute l’administration pénitentiaire (AP) l’en a empêché. Ce qui m’est arrivé, et pour ça faire une prise d’otage en 2016 à la centrale d’Ensisheim en Alsace, ce qui m’a valu huit ans ferme en plus.

    Je regarde autour de moi et tout ce que je vois c’est le néant, le vide

    Depuis tout à l’heure, je suis partagé entre la douleur et la rage – la raison pour laquelle j’écris ce soir en espérant que ça me calme, mais je sais que je suis parti pour une nuit blanche. J’aimerais parler de choses joyeuses, mais j’ai le cœur et les pensées si sombres que cela m’est impossible. Je m’accroche et me dis que peut-être je sortirais de quartier d’isolement dans quelques jours, mais sans grande conviction.

    Je sais que j’ai commis des actes condamnables, mais ça fait dix ans que je suis en prison, et j’en ai encore onze ans sur le papier alors que je n’ai tué personne. Un violeur n’aurait même pas fait la moitié de ma peine. Alors que je n’ai que 32 ans. Je m’en suis pris à l’AP et maintenant j’en paie le prix fort. Ma vie est foutue, je n’ai plus d’avenir. Que vais-je faire à ma sortie après tant d’années passées derrière les barreaux. Dans quel état je vais être, avec toute cette haine et rage qu’ils ont placé en moi ? J’ai fait l’idiot, je l’assume, mais jamais je n’avais eu le cœur aussi noir. J’ai toute une vie à reconstruire car depuis mes 15 ans, je n’ai connu la liberté que pendant une année. Vous vous rendez compte ? J’ai passé plus de la moitié de ma vie en prison, mais on ne veut pas me donner une chance de me racheter. Je suis conditionnable en 2022, mais comment préparer ça dans de telles conditions d’incarcération ? C’est la prison et ses codes qui m’ont éduqué, j’ai appris la vie à l’école du crime. Pour la Justice française, je suis un cas perdu, mais c’est normal si l’AP ne fait rien pour m’aider à devenir autre chose qu’un numéro d’écrou. On me colle des avocats commis d’office, qui ne servent à rien car ils débutent ou que l’on ne peut pas leur donner 3000€ pour défendre nos droits. On nous parle de réinsertion, mais où est-elle ? Je vous pose la question, en prison il n’y a que la répression. Deux ans que je galère comme un chien à l’isolement gratuitement, tout ça parce que l’AP considère que je suis un danger. Mais un danger pour qui ? Je ne suis qu’un simple cambrioleur entouré de meurtriers et de violeurs, alors je suis un danger pour qui ? En bref je suis un danger car toutes les peines internes (23 ans que j’ai pris en plus), je les ai prises car je m’en suis pris à l’AP. Voilà ce qu’est l’administration française : violer nos enfants, on s’en fout, mais ne touchez pas à l’administration.

    Force et courage à toutes et tous, celles et ceux qui sont enfermé·e·s et leurs familles !

    Kémi


    « Je vais encore passer Noël au QI et ça me met un coup au moral »

    Maison centrale de Saint-Maur,

    Le 18 novembre 2021

    Salut L’Envolée,

    Merci pour votre carte, je vous mets un petit dessin avec cette lettre, un truc vite fait… En juin prochain ça fera dix ans que je suis en prison et libérable en 2032, avant ça j’étais en prison de mes 15 ans à mes 22 ans. Ces dix-sept dernières années, j’ai été libre un an avant de retomber en 2012, j’ai littéralement passé la moitié de ma vie en prison et pourtant j’ai que 32 ans ! C’est triste à dire mais c’est la prison qui m’a formé. Je fais partie de la communauté des gens du voyage donc la prison je connais depuis bébé, je suis venu au monde au parloir sérieux. Là le QI a été prolongé jusqu’au 4 février 2022, je vais encore passer Noël au QI et ça me met un coup au moral. Vous inquiétiez pas prenez votre temps pour répondre, je risque pas de bouger de là où je suis lol. Bon je vous laisse car faut que je nettoie la cellule car c’est le bordel.

    En attendant de vos nouvelles, prenez soin de vous les potos.

    Kémi

    Dessin de Kémi, le 18 novembre 2021.


    « Le père Noël est passé, l’AP m’a offert une X-box »

    Lettre lue pendant l’émission du 7 janvier 2022.

    Maison centrale de Saint-Maur, quartier d’isolement,

    Le 15 décembre 2021

    Bonjour l’équipe, bonjour à tous,

    Ce soir je prends la plume pour vous montrer toute la gratitude de ce que vous faites pour moi, mais surtout pour vous souhaitez de bonnes fêtes pour cette fin d’année 2021. Moi ça peut aller malgré le refus de ma sortie du QI. C’est bientôt les fêtes, alors j’essaie de me motiver pour essayer de rester positif, car mi-janvier la direction va faire une nouvelle demande. Je reste optimiste… qui sait ? Peut-être que la magie de Noël va frapper ? Quoiqu’il en soit, passez de bonnes fêtes avec vos proches car c’est important. Moi le père Noël est déjà passé, l’AP m’a offert une X-box et va m’apporter un colis de Noël ! Un vrai miracle de Noël MDR.

    Joyeux Noël, et bonnes fêtes à tous,

    Kémi


    « Comme vous devez vous en douter, j’ai passé des fêtes de merde »

    Lettre lue pendant l’émission du 7 janvier 2022.

    Maison centrale de Saint-Maur, quartier d’isolement,

    Le 28 décembre 2021

    Salut L’Envolée,

    Comme je le pensais, la demande de sortie du QI a été refusée, je suis dégoûté. Merci pour votre lettre avec le timbre et l’enveloppe que je viens de recevoir. Comme vous devez vous en douter, j’ai passé des fêtes de merde, seul dans mon 9 m² lol. Mi-janvier une nouvelle demande de sortie du QI va être faite mais bien sûr ça sera refusé 🙁 Sérieusement j’en ai marre d’être isolé, mon mental ne suit plus, je me bats pour ne pas baisser les bras mais c’est dur, surtout quand j’entends les autres détenus parler par la fenêtre de leur parloir ce qu’ils ont eu pour Noël, je t’avoue que ça m’a fait un truc en les entendant ! J’espère que 2022 sera une meilleure année pour moi.

    Bref je vous souhaite à tous une bonne année 2022 et tout ce qui va avec. Hâte d’avoir le nouveau numéro de L’Envolée, bon, il est 3h30 du matin, je vais en rester là car je vais aller faire dodo.

    En attendant de vos nouvelles,

    Prenez soin de vous les potos,

    Kémi

    Dessin de Kémi, le 8 décembre 2021.


    « Enfin la victoire ! »

    Maison centrale de Saint-Maur, en transit au quartier arrivants,

    Janvier 2022

    Enfin la victoire !

    Après deux ans d’isolement gratuit, mon avocate et moi avons gagné au tribunal administratif contre l’AP. Ça fait un mois que je suis sorti du QI, je vais faire la  »formation menuiserie ».

    Ça fait bizarre, après deux ans, de retrouver une détention  »ordinaire »… J’ai encore du mal à me repérer mais tout va bien.

    Aux détenus de France au QI et à leurs familles : ne lâchez rien. Avec un avocat et du calme on peut les faire plier. La preuve : je suis un preneur d’otage, un DPS (détenu particulièrement signalé), un détenu  »difficile », et pourtant mon avocate a gagné un recours, elle les a eus à leur propre jeu ! 

    Je circule en détention normale, je vais où je veux… 

    Gardez la force et le courage !

    Voilà, Kémi est enfin sorti du QI !

    Merci à tout le monde, on reste en contact régulier pour se donner des news ! 

    Kémi


    « Les deux ans de QI que j’ai fait gratuit m’ont rendu plus fort, en vrai »

    Lettre lue pendant l’émission du 4 février 2022.

    Maison centrale de Saint-Maur, quartier arrivants,

    Janvier 2022

    Bonjour à tous,

    Bonne nouvelle : ça fait une semaine que je suis enfin sorti du QI ! Pour l’instant je suis en observation au quartier arrivants depuis une semaine. Encore une, et après ils me disent si je reste à cet étage et bosser comme « auxi peintre » (ça veut dire repeindre les cellules) ou s’ils me jettent dans le bâtiment B dans la jungle. Moi, je veux rester à mon étage, y a pas vingt détenus et c’est que des anciens. Après deux ans de QI gratuit, j’ai besoin de calme, car je sais qu’au bâtiment B je vais m’embrouiller, et obligé quelqu’un va me tester. Et je veux pas retourner au QI. On verra bien, si je vais au B, je vais me mélanger avec personne, parce que sinon je vais en corriger un. Ici au A, je suis posé, je joue au rami avec les anciens, c’est calme, c’est tranquille, c’est ça qu’il me faut. Mais bon, avec mon dossier, ils vont me mettre au B, ils me donneront pas une chance de réinsertion, l’AP on connaît, ça fait dix piges que je les côtoie tous les jours. Je me tiens à carreaux, mais l’AP regarde que mon passé, sans compter sur les histoires que l’ancienne directrice de Saint-Maur m’a faites. Là je profite à fond, c’est pas grave, les deux ans de QI. Les deux ans de QI que j’ai fait gratuit m’ont rendu plus fort en vrai.

    Là j’écoute un peu de son, et je me sens bien. Je suis plus au QI, ça fait trop chelou. Surtout la promenade. Bon là ça caille, donc je sors pas trop, mais j’hallucine quand j’y vais. Je peux marcher dans une vraie grande promenade. Bon je vous laisse, je vous tiens au jus et encore merci à vous, vous êtes des vrais, on lâche rien, y a pas d’arrangement !

    Kémi


  • La CEDH donne raison aux prisonniers de Condé – Kémi raconte son transfert à Moulins – Des nouvelles d’Aurélie – Une appli de covoiturage pour aller en parloir

    La CEDH donne raison aux prisonniers de Condé – Kémi raconte son transfert à Moulins – Des nouvelles d’Aurélie – Une appli de covoiturage pour aller en parloir

    Émission de l’Envolée du vendredi 3 mai 2024

    • Un appel de Benoît David qui revient sur la victoire à la cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de plusieurs prisonniers, dont Romain Leroy. Ils avaient déposé un recours suite au blocage de Condé sur Sarthe pendant 20 jours par les matons en 2019 pour dénoncer les traitements inhumains et dégradants durant cette période. Cinq ans après, un tribunal leur a enfin donné raison, même s’il estime que les témoignages des prisonniers ne constituent pas des preuves suffisantes et s’il refuse de condamner l’utilisation des Eris pour faire tourner la prison pendant le blocage.
    • Lettre de Kémi qui raconte son transfert depuis Arles avec les Eris suréquipés et son atterrissage aux arrivants à Moulins, où il n’a ni son paquetage, ni une partie de son pécule, ni des affaires suffisamment chaudes pour pouvoir sortir en promenade.
    • Des nouvelles d’Aurélie qui nous écrit toujours depuis Poitiers-Vivonne. Elle parle notamment des prisonnières et prisonniers transférées depuis la prison de Saintes que les inondations rendent régulièrement invivables.
    • On discute de l’application JailCar, qui organise des trajets de covoiturage pour les proches qui vont au parloir avec son initiateur, Diouldé, lui-même ancien prisonnier et proche. On sait à quel point ça peut être la galère de se rendre dans des tôles toujours plus éloignées des centres-villes et le poids financier que cela peut représenter et on peut que saluer ces formes de solidarité.

    L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.

    Le journal numéro 57 est dispo !

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    Direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne !
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h) ! Dispo sur toutes les plateformes de podcast.

    Pour nous joindre : 07.53.10.31.95 (appels et textos).
    Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée, 1 rue de la solidarité, 75019 Paris

    contact@lenvolee.net 
    et sur instagram, twitter, facebook

  • Lettre sur les UVF – Lettre de Rédoine Faïd – Appel d’une proche d’un prisonnier de Condé

    Lettre sur les UVF – Lettre de Rédoine Faïd – Appel d’une proche d’un prisonnier de Condé

    Émission de l’Envolée du vendredi 22 mars 2024

    • Lettre d’un prisonnier de Condé, « une question de respect », qui parle de l’accueil des familles qui viennent en UVF.
    • Lettre de Rédoine Faïd qui revient longuement sur ce que font la prison et l’isolement aux prisonniers.
    • Appel de la proche d’un prisonnier de Condé pour parler de l’enfer que l’administration pénitentiaire fait subir à son mari. Il est notamment confronté à des refus de soin ou des soins au rabais alors qu’il est malade et handicapé. Elle raconte aussi les galères qu’elle doit affronter dehors pour continuer à voir son mari.

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  • Lettre de Kémi sur la censure – Mohamed en grève de la faim contre son maintien au QI – La répression coloniale continue à Mayotte

    Lettre de Kémi sur la censure – Mohamed en grève de la faim contre son maintien au QI – La répression coloniale continue à Mayotte

    Émission de l’Envolée du vendredi 5 mai 2023

    • Lettre de Kemi sur la censure, l’absence de soin (ou le soin très tardif), et le quartier d’isolement (QI). Kemi est un correspondant de longue date de l’Envolée en ce moment enfermé à la centrale d’Arles où ses échanges avec l’extérieur sont particulièrement contrôlés et souvent censurés. On peut écouter plusieurs de ces lettres dans les émissions précédentes.

    • Appel de la compagne de Mohamed, prisonnier longue peine actuellement incarcéré a Bourg en Bresse, et enfermé au QI depuis 15 mois. Mohamed est ciblé par les matons et subit l’acharnement de l’AP depuis une mutinerie contre les brouilleurs il y a plus d’un an. Il est en grève de la faim depuis plus de 32 jours pour exiger sa sortie du QI. Il faut relayer cette histoire au maximum pour que la lutte de Mohamed ne reste pas étouffer dans ce quartier d’isolement.
    • Sa compagne raconte aussi le quotidien d’une proche, entre gérer les enfants, les parloirs (et les suspensions arbitraires de permis de visite), le linge, les allers retours etc.

    • Bref retour sur la situation a Mayotte quelques jours après le début de l’opération policière.

    A-genda : Appel a la manif de dimanche 7 mai a 15h place de la réunion, après que la police du 20e ait renversé 3 petits sur un scoot.

    L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.

    On manque parfois de forces pour faire tourner l'émission comme on le voudrait en ce moment : 
    que vous soyez prisonnier·e·s, proches, ou révolté·e·s contre l'enfermement et l'AP, n'hésitez pas à nous contacter & à passer le mot !

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  • Du son contre les prisons – Faire un journal en taule – Conf’ dérangée d’un prisonnier longue peine et ses proches – Manifs contre les CRA

    Du son contre les prisons – Faire un journal en taule – Conf’ dérangée d’un prisonnier longue peine et ses proches – Manifs contre les CRA

    Émission de L’Envolée du vendredi 3 mars 2023

    Une émission enregistrée en direct le 24 février sur Radio Dio à Saint-Étienne, avec beaucoup de monde autour de la table ! On en a profité pour vous présenter ce qu’il se passait contre la taule dans le coin ce week end-là.

    • Nabil, qu’on connaît bien à cette antenne, nous parle de montages sonores qu’il a réalisés, « Bruits de coursives ». Ils vont être diffusés le lendemain soir à la Gueule noire à Saint Etienne pendant une soirée contre la taule. Il explique qu’il a voulu passer par un média audio parce que les bruits de la taule l’ont marqué à vie et qu’il a fait ce montage pour lancer une discussion et une réflexion contre les prisons. On en écoute un extrait, c’est pas encore dispo sur internet.

    • On parle de la conférence dérangée « Parloir famille » qui a été présentée le soir même, vendredi 24 février, à l’amicale laïque du Crêt de Roch, toujours à Saint-Étienne. Louis, 18 ans de cabane et de nombreuses années d’isolement liées à son statut de DPS, raconte comment ils ont avec d’autres prisonniers tenté de créer un syndicat, puis de faire un journal (qui a duré 12 ans !). Avec Annette, Christine, qui ont connu des années de parloirs, ils passent par la conférence gesticulée pour parler de la conditions des longues peines et de leurs proches en partageant leur propre expérience.

    • Retour sur les manifs contre les centres de rétentions qui ont eu lieu dans plusieurs villes contre la nouvelle loi raciste du gouvernement, samedi 18 février : Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes … Plusieurs groupes ont pu se rassembler devant les CRA et échanger avec les prisonniers et les prisonnières au delà des murs. On peut retrouver plus d’infos sur ces mobilisations notamment sur le blog d’à bas les CRA.

    L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.

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  • Mourir à petit feu : trois lettres de prisonnier·e·s longues peines

    Mourir à petit feu : trois lettres de prisonnier·e·s longues peines

    Trois prisonnier·e·s condamné·e·s à de longues peines disent le temps qui détruit leur vie et celle des autres prisonnier·e·s, ces peines interminables qui dissipent tout idée de « réinsertion », mais surtout, qui tuent à petit feu, anéantissent les facultés physiques et intellectuelles. Cesario en arrive même à interpeller les institutions de l’État pour revendiquer le droit à mourir – comme les dix prisonniers de la centrale de Clairvaux qui écrivaient le 16 janvier 2006 :

    "À ceux de l'extérieur osant affirmer que la peine de mort est abolie. Silence ! On achève bien les chevaux ! Nous, les emmurés vivants à perpétuité du centre pénitentiaire le plus sécuritaire de France (dont aucun de nous ne vaut un Papon), nous en appelons au rétablissement effectif de la peine de mort pour nous."

    La guillotine certes n’existe plus ; mais la peine de prison à vie, c’est-à-dire de prison jusqu’à la mort, l’a remplacée à coups « de mois qui paraissent être un an » comme l’écrit Céline ci-dessous, avec un tranchant tout aussi morbide. Ces courriers font hélas écho aux dits et écrits de prisonnier·e·s rassemblés dans le livre La peine de mort n’a jamais été abolie.


    « La vie continue, mais nous, on stagne au jour de notre incarcération »

    Lettre de Céline

    Publiée dans le numéro 55 de L’Envolée, et lue à l’antenne le 4 février 2022.

    Centre de détention de Rennes,

    Le 19 mars 2022

    Salut l’équipe,

    J’ai encore dix longues années à tenir dans ces lieux. J’en ai effectué que deux et demi sur les seize ans de départ. Je ne serai aménageable qu’en 2026. Le temps est long. Dans ces lieux, un mois paraît être un an, alors je mets à profit ce temps pour comprendre ce qui m’a conduit ici et pour « préparer » tant bien que mal ma sortie.

    Cela fait un an que je suis à Rennes (avant j’étais à la maison d’arrêt pour femmes de Limoges), le plus grand centre de détention pour femmes de France et apparemment d’Europe. Laissez-moi rire. L’administration pénitentiaire est pire que ce que j’ai connu en maison d’arrêt. Voilà deux semaines que j’attends pour enregistrer un numéro de téléphone, cinq mois d’attente et certainement plus pour un droit de visite. Des demandes sans réponses. On m’avait dit, avant mon transfert : « les numéros de téléphone suivent ». Et bien ici, non. Alors qu’à Fresnes, à Jullouville, à Poitiers, et j’en passe, ça suit. Quand je parle aux filles qui ont connu d’autres maisons d’arrêt, d’autres centres de détention, dès lors qu’on est condamné, on n’a plus besoin de fournir de factures pour enregistrer les numéros. Mais ici il le faut. C’est incompréhensible.

    En ce qui concerne le taf, il n’y a pas de travail pour toutes. Il y a une vingtaine de places au façonnage où l’on fait du travail à la pièce, coller des blocs sur des pochettes, plier des documents pour faire des pochettes à rabats ou des dossiers, faire des disques stationnement, enrouler des affiches pour des magasins, mettre des documents sous film. Il y a environ quarante places à la confection : draps, serviettes pour les prisons, uniformes pour les matons, matelas, et quelques commandes pour des entreprises privées. Ensuite, il y a les auxi pour le repas, le ménage, la désinfection. Ensuite, il y a la cuisine et deux ou trois filles pour les cantines. Il y a deux ou trois formations rémunérées. Pour les autres, ce sera soit l’indigence, soit des personnes à l’extérieur s’il nous en reste, quand elles peuvent et qu’elles nous font des virements.

    Comment s’intégrer dans notre famille quand on est au téléphone ?

    Il faut un projet pour la sortie, mais comment mettre un projet en route quand on n’a pas les formations nécessaires ? Comment se renseigner quand on n’a pas accès aux informations ? Quand je vois des filles qui sont là depuis dix, quinze, vingt ans, comment les réinsérer dans un monde qui a totalement changé ? Ces filles qui n’ont pas connu internet et les téléphones portables, comment vont elles être autonomes et se servir de ces technologies qui sont tellement importantes aujourd’hui et pour lesquelles elles ne connaissent rien ? Ça me fait peur pour elles, mais aussi pour moi : dans dix ans, tout aura changé. C’est la vie ! Comment s’intégrer dans notre famille quand on est au téléphone ?

    Dehors la vie continue, mais nous on stagne au jour de notre incarcération. Oui, la sortie me fait plus peur que de rester ici, mais pourtant j’ai un désir beaucoup plus grand d’être libre. C’est paradoxal et difficile à vivre.

    En ce qui concerne le CGLPL (Contrôleur général des lieux de privation de liberté), on se tourne vers eux mais si on sait que ça sert à rien, mais surtout parce qu’on ne sait pas vers qui se tourner pour revendiquer ce qui nous semble injuste, ignoble. Alors on écrit au CGLPL ou à l’OIP (Observatoire international des prisons). Si les gens savaient vraiment ce que l’on vit, ce que l’on paie, et le prix, ce que l’on touche… Même ça, est ce que ça aurait un impact ?

    Céline


    « Des vieux que l’on a laissés crever »

    Lettre lue à l’antenne le 10 juin 2022.

    Centre de détention de Bédenac,

    Mai 2022

    Bonjour,

    Je suis dans la prison où il y a eu pas mal de problèmes, avec des vieux que l’on a laissé crever. J’ai vu ce qu’il y a de pire. Et aujourd’hui encore, exemples :

    • un codétenu cardiaque, avec les poumons foutus, et un demi-cœur qui fonctionne, qui n’a aucun suivi depuis un an qu’il est ici
    • un autre, polytraumatisé, avec le cerveau d’un enfant enfermé sans suivi

    Et le pire, c’est que le SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) ne sert à rien, le médical c’est du n’importe quoi depuis que le médecin que l’on avait est parti. Pour savoir ce qu’il s’est passé, vous n’avez qu’à regarder sur le net : Bédenac, CGLPL, « maltraitrance sur les personnes âgées ». Je fais partie de principaux donneurs d’alerte au CGLPL, avec aussi l’ancien médecin du site. J’appelais tous les jours le CGLPL, et avec des courriers de suivi. Du coup, après cette visite de contrôle, du CGLPL, je vous explique pas, je suis très mal vu de la direction. Heureusement que les surveillants me comprennent, sauf deux ou trois qui n’ont rien compris. Mais si je devais recommencer, je le ferai car c’est inhumain ce qu’il se passe. On a été condamnés à la prison, pas à la peine de mort ! C’est que, ici, on peut se poser la question.

    Dans ce pays, il y a un sacré nombre de fachos !

    Vous savez, un autre exemple : un détenu qui me traite de « sale juif », qui fait des saluts nazis, des propos insultants sur les juifs. Et là, personne ne fait rien ! On le laisse faire. Pas besoin de se demander pour qui vote la direction de cette taule. Il ne fait pas bon être juif et étranger ici.

    En gros, c’est la merde totale, sauf les cellules et les bâtiments. En fait, c’est comme les bonbons à l’orange sanguine : l’emballage est beau, mais sans l’emballage c’est amer. C’est pour cela que je n’en peux plus. Je suis triste de cette vie et de ce monde qu’on laisse à nos enfants. On nous abreuve d’informations de guerre, de haine. Dans ce pays, il y a un sacré nombre de fachos ! Et tous ces gens qui crèvent dans le monde de faim, de la guerre, quelle honte !

    Je vous remercie pour votre réponse, à bientôt.


    « La peine de mort ayant été abolie en 1981, une peine de détention jusqu’à la mort a remplacé celle-ci dans les faits »

    Lettre de Cesario

    Lettre lue à l’antenne le 17 juin 2022.

    Dans une prison du sud de la France, quartier d’isolement,

    Mai 2022

    À mesdames et messieurs les représentants de la nation française, élu·e·s aux élections législatives de juin 2022,

    Je rédige ce courrier depuis la cellule d’un quartier d’isolement d’un centre pénitentiaire du sud de la France. J’ai écrit précédemment plusieurs courriers aux différents ministres de la Justice successifs. Au dernier en poste aussi, après la visite qu’il a effectué dans cet établissement quelques semaines en arrière, sans un regard sur ce quartier d’isolement situé à 50 mètres à peine de son parcours balisé ! J’écris donc ce jour à ceux qui véritablement s’intéressent et s’investissent réellement dans la défense des droits et conditions de vie en détention, comme l’OIP-SF et le trimestriel Dedans-dehors, que je lis depuis de nombreuses années. Si ma lettre paraît, vous en prendrez connaissance. La CGLPL recevra une copie de ce courrier. Nous sommes actuellement 501 détenus condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité en France. Pour certains, les plus anciens, la fin de vie est proche mais leur état physique ne leur permet pas une libération, ils attendent la mort dans les « EPHAD » pénitentiaires.

    Tous savent, et moi le premier, que je n’ai désormais plus aucune perspective d’avenir en liberté

    Pour d’autres, dont je fais partie, nous sommes encore en bonne santé apparente. Mon cas personnel est tout de même atypique. Condamné en 1988 à la réclusion criminelle à perpétuité pour des faits datant de 1986. Je fus libéré deux fois en libération conditionnelle, en 2007 puis une seconde fois en mars 2019. En novembre 2019 j’étais à nouveau réincarcéré et je viens de voir ma conditionnelle révoquée en totalité. Sans rentrer dans les détails, tous savent, et moi le premier, que je n’ai désormais plus aucune perspective d’avenir en liberté. À 62 ans et trente-huit années de détention effectives, je souhaite comme certains autres détenus ayant mon profil de peine, que nous soient accordé le droit de partir en bon état, en utilisant un procédé létal et légal de fin de vie. Je suis encore en capacité de faire ce choix, et vous élus du peuple, êtes en capacité de faire adopter une loi le permettant. La peine de mort ayant été abolie en 1981, une peine de détention jusqu’à la mort a remplacé celle-ci dans les faits.

    Vous pouvez l’ignorer, mais c’est un fait établi dont personne ne parle. N’attendez pas comme d’habitude qu’un très grave fait divers intramuros vous oblige, sous la pression médiatique, à vous pencher sur ce dossier de la fin de vie des très, très longues peines. J’en terminerai en citant Cioran :

    "Je ne vis que parce qu'il est en mon pouvoir de mourir quand bon me semblera : sans l'idée de suicide, je me serais tué depuis toujours."

    Salutations à toutes et tous,

    Cesario

  • « Rejetée et refusée ! » Lettre de J.

    « Rejetée et refusée ! » Lettre de J.

    Nous avons publié dans le numéro 54 du journal et en ligne une lettre de J. qui expliquait que son ancienne co-détenue Kristina avait été enfermée en centre de rétention administrative (CRA) dès sa sortie de taule, puis assignée à résidence dans le département des Alpes-de-Haute-Provence. Étrangères, Kristina et J. demandent toutes deux l’asile en France, mais elles sont sous le coup d’une interdiction de territoire français (ITF), contre laquelle elles ont fait un recours. Depuis, les nouvelles sont mauvaises : leurs demandes d’asile et leurs recours respectifs contre l’interdiction de territoire ont été rejetés et refusés, comme l’explique J. dans une lettre lue à l’antenne le 4 mars 2022, publié dans le numéro 55, et reproduite ci-dessous.

    Centre pénitentiaire de Marseille-Les Baumettes,

    Le 22 février 2022

    Salut L’Envolée,

    Comment vous allez ? Je m’excuse de ne pas vous avoir répondu plus tôt. Il s’est passé tellement de choses que je n’étais pas d’humeur à écrire. Je me suis beaucoup isolée cette fois, mais maintenant je vais mieux ! 🙂

    Bon, concernant ma demande d’asile, elle a été rejetée aussi bien pour moi que pour Kristina. J’ai fait appel à la CNDA (Cour nationale du droit d’asile), maintenant j’attends une nouvelle date pour avoir une nouvelle audience. Quand à l’ITF, ils l’ont maintenue.

    L’audience a été terrible et le juge a été très sarcastique. Pour te donner une idée, il a commencé l’audience en disant : « Madame c’est marrant… tu apportes 30 kg de cocaïne en France et tu demandes l’asile ? » Donc, à partir de là, tu sais déjà !

    En décembre je suis descendue au CD0 (rez-de-chaussée du centre détention) et en janvier je suis montée au CD1. Le CD1 est très bien, parce que c’est portes ouvertes donc je peux me promener dans tout l’étage et le temps passe plus vite.

    Kristina va bien, mais après que l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides, devant lequel on passe pour la première audience d’une demande d’asile) a refusé notre demande d’asile, ils l’ont forcée à signer à nouveau dans le commissariat deux fois par semaine et elle ne peut pas quitter le département 04. C’est à cause de cela que je n’ai plus de parloirs.

    Il y a un grand manque d’information parmi les organisations françaises, c’est le bordel franchement !

    Comme nous avons fait appel avec la CNDA, la CNDA n’a pas prévenu la mairie… alors ils ont stipulé ces obligations pensant qu’elle n’avait pas fait appel. Du coup Kristina essaie de rentrer en contact avec la mairie pour régler ça.

    Cela fait trois ans que je n’ai pas dormi ailleurs que dans ma cellule

    Ce qui est bien avec toutes ces histoires, c’est que je suis au CD1 et début janvier j’ai eu un UVF (Unité de vie familiale) avec Kristina pendant 24 heures. C’était très bien et en même temps très étrange. Bizarre car cela fait trois ans que je n’ai pas dormi ailleurs que dans ma cellule. Les appartements UVF sont grands et comme j’ai l’habitude des 9 m², je pensais que tout était grand et j’ai fini par laisser tous les robinets ouverts ! À Kristina de les éteindre. MDR !

    Concernant la sortie des parcs des Calanques [organisée par la prison], la juge d’application des peines me l’a également refusée à cause de ma confirmation de l’ITF, disant que je m’enfuirais ! Cela n’a aucun sens, sachant que j’ai fait une demande d’asile.

    Ma vie entre novembre et fin décembre était basée sur le « rejetée et refusée » !

    Merci beaucoup pour toutes les lettres que vous m’avez envoyées, même si je n’ai pas répondu, cela fait du bien de savoir qu’il y a des gens qui pensent à nous.

    À bientôt ! 🙂

    J.

  • Hospitalisé et en grève de la faim : lettres de Libre Flot

    Hospitalisé et en grève de la faim : lettres de Libre Flot

    Le 27 février 2022, Libre Flot a entamé une grève de la faim contre son incarcération et sa mise en isolement. Il a exposé ses raisons dans un texte que l’on peut relire ici, puis dans un message publié au 17e jour de sa grève de la faim. Le 24 mars, il a été hospitalisé à l’Établissement public de santé national de Fresnes (EPSNF), autrement dit une prison-hôpital. Le 29 mars, l’AP (administration pénitentiaire) a enfin levé son régime d’isolement, mais il restait incarcéré et dans un état de grande faiblesse.

    Peu avant et pendant son hospitalisation à l’EPSNF, Libre Flot a envoyé plusieurs textes pour donner de ses nouvelles, réagir à certaines émissions qu’il avait écoutées et revenir sur les raisons qui poussent l’État à s’acharner contre lui. Nous reproduisons ces textes ci-dessous.

    Libre Flot a interrompu sa grève de la faim au bout de trente-six jours, et il a obtenu une libération pour « raison médicale » deux jours après. Il est donc dehors, mais toujours en attente de son jugement. Toutes les infos sur les sept personnes mises en cause en même temps que lui, aujourd’hui en liberté surveillée, sont à lire là.


    « Merci pour le bordel qui, vous l’avez prouvé, peut être joyeux »

    Lettre lue à l’émission du 1er avril 2022.

    Maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, quartier d’isolement,

    Le 19 mars 2022

    Salut l’équipe,

    Juste un rapide coucou en passant, qui ne reflète pas la gratitude à l’égard du soutien que vous m’apportez. Merci pour cette émission que vous m’avez en grande partie dédiée et pour le bordel qui, vous l’avez prouvé, peut être joyeux. Une petite rectification : hier, je n’ai pas eu d’entretien avec le directeur des détentions. Nous nous sommes juste croisés et avons échangé quelques mots dans le couloir à mon retour de l’UCSA (Unité de consultations et de soins ambulatoires).

    Je voudrais remercier Pierrot pour son introduction et pour son analyse fine. Le rapprochement avec la situation en Ukraine, les volontaires, est quelque chose que je ressens depuis un bout de temps mais que je n’avais pas encore mis par écrit. Ça m’a fait plaisir d’entendre son constat, judicieux.

    Bien qu’en toute franchise, j’ai été ravi de toute cette attention qui me touche réellement, je suis un peu désolé d’avoir tant empiété sur le temps initialement prévu pour les « Grands frères » de Guadeloupe. Mais je n’ai aucun doute que vous transmettrez sous peu leur parole. Je les salue et leur envoie toute ma détermination, ainsi qu’à tou·te·s les enfermé·e·s.

    Salutations & respects,

    Libre Flot


    « À vous, volontaires internationalistes qui partez combattre en faveur de l’autodéfense de l’Ukraine »

    Lettre lue à l’émission du 25 mars 2022.

    Maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, quartier d’isolement,

    Le 21 mars 2022

    À vous, volontaires internationalistes qui partez combattre en faveur de l’autodéfense de l’Ukraine,

    L’actualité en Ukraine et les engagements individuels de certain·e·s résonnent étrangement avec les engagements des volontaires contre Daesh. Je ne m’adresse pas aux militant·e·s d’extrême droite, aux idéologies basées sur la haine de l’autre, mais à vous, volontaires internationalistes qui partez combattre en faveur de l’autodéfense de l’Ukraine par amour de la vie. À vous qui aujourd’hui êtes encensé·e·s par les médias et les politiques, sachez ceci : si vous êtes des militant·e·s politiques, vous êtes les potentiel·le·s terroristes de demain car, à votre retour, tout comme moi qui ai rejoint les Unités de protection du peuple (YPG) et combattu les barbares daeshiens, cette expérience sera une épée de Damoclès que la DGSI et le gouvernement feront planer au-dessus de vos têtes. Vous serez sûrement épié·e·s et surveillé·e·s, toute votre vie pourra être redessinée, réécrite, réinterprétée et de simples blagues pourront devenir des éléments à charge lorsque ces institutions auront décidé de vous instrumentaliser pour répondre aux besoins de leur agenda politique.

    Depuis le 27 février, je suis en grève de la faim pour que l’on cesse de me traiter comme les terroristes contre lesquels j’ai combattu et ce, dans l’indifférence des médias et des politiques, sous une chape de plomb semblable à une pierre tombale. Je finirai par ces mots d’anarchistes ukrainien·ne·s :

    "Liberté aux peuples, mort aux empires !"

    Libre Flot


    « J’espère que la violence absurde, bornée et illégitime que je subis se sache et puisse prendre fin »

    Lettre lue à l’émission du 1er avril 2022.

    EPSNF,

    Le 26 mars 2022

    Salut à vous,

    Je me suis aperçu qu’à l’émission d’hier, vous n’avez pas été informé de mon transfert en hospitalisation à l’EPSNF en date du 24 mars. Je suis toujours dans un statut d’isolement, et reste 24H/24 dans ma cellule car mon cœur n’est pas fiable pour sortir. Je suis toujours en grève de la faim, sous perfusion de sérum physiologique et branché en permanence à un électrocardiogramme pour sonner l’alarme en cas de crise cardiaque. On me donne aussi quelques vitamines.

    En tous cas, le personnel est sympa et bienveillant, même s’iels ne sont pas là et n’ont pas le temps de papoter. C’est agréable en plus de voir des gen·te·s souriant·e·s, être considéré comme autre chose qu’un détenu.

    Le personnel de la pénitentiaire d’ici a réussi a faire ramener mon poste de radio, et cc’est vraiment pas du luxe. Je peux continuer à écouter mes émissions héhé, dont la vôtre. Car même si là, il y a la télé gratos, je n’arrive toujours pas à trouver quoi que ce soit à regarder. Toujours la même chose en boucle, des pubs, et la même chose encore et encore, du superficiel, de l’abrutissement.

    Du coup, ça va, bouquins, radio, méditasiestes en grandes quantités.

    Voilà pour mes nouvelles, j’espère que la censure ou tout du moins le silence médiatique va cesser, et que la violence absurde, bornée et illégitime que je subis se sache et puisse prendre fin.

    Libre Flot


    « Hier c’était rude, aucune énergie »

    Lettre lue à l’émission du 1er avril 2022.

    EPSNF,

    Le 27 mars 2022

    Salut,

    Pfff ! Hier c’était rude. Aucune énergie. Même lire était au-delà de mes forces. J’ai pu recevoir une visite : une seule personne avec pass sanitaire. Trop bien, mais je n’ai pas pu en profiter pleinement vu mon état. J’espère qu’aujourd’hui je serai au moins apte à bouquiner. J’ai cru comprendre que j’allais enfin, après tant de temps, pouvoir écrire, téléphoner, voir une personne, aimer. Quelle hâte !

    Salutations & respects,

    Libre Flot