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  • QLCO : À QUI PROFITE LE CRIME ? premiers échos de Condé et Vendin

    QLCO : À QUI PROFITE LE CRIME ? premiers échos de Condé et Vendin

    Début 2025, Darmanin a annoncé la création des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) et les a inscrits dans la loi dite « narcotrafic ». Six mois après l’ouverture du QLCO de Vendin-le-Vieil et trois mois après celle de Condé-sur-Sarthe, des informations concrètes commencent à sortir sur la réalité de ces endroits et sur leur véritable fonction. Les QLCO servent les intérêts de toute la chaîne pénale : ceux du ministre évidemment, mais aussi ceux des juges et des enquêteurs, des matons et de leurs syndicats, et puis de l’administration pénitentiaire (AP). Pendant ce temps, les prisonniers et leurs proches font les frais de ce régime de détention épouvantable.

    Pour se faire entendre « dans le saloon de la démocratie », suffit de « tirer deux coups au plafond », explique le petit shérif. Plus qu’une mauvaise blague, c’est une stratégie politique : les annonces outrancières permettent d’obtenir moins, tout en donnant l’impression d’avoir négocié. Le cow-boy a d’abord exigé que les prisonniers soient placés au QLCO pour cinq ans ; et quand les parlementaires ont finalement voté un placement d’un an, il a pu ricaner : « On s’en fiche, puisque c’est renouvelable ! »

    La création des QLCO sert la communication du ministre dans sa course à la présidentielle. Ça fait maintenant plus d’un an que L’Envolée raconte comment Darmanin fait sa campagne sur le dos des prisonnier·es, avec l’interdiction des activités ludiques et la chasse aux téléphones portables… Ces nouveaux quartiers, c’est sa vitrine, le symbole du message de fermeté qu’il veut incarner. Et c’est pas fini : il accélère encore la cadence avec l’annonce de l’ouverture de nouveaux QLCO à Aix-Luynes, Valence et Réau dès 2026.

    LES JUGES D’INSTRUCTION SE FROTTENT LES MAINS…

    Derrière le nom mensonger de loi contre le « narcotrafic » se cache un outil pour enfermer la « criminalité organisée », ce qui revient en fait à la quasi-totalité des délits et des crimes pour peu qu’ils soient commis à plusieurs. On a vite fait de se retrouver avec une association de malfaiteurs sur le dos, ou une circonstance aggravante de bande organisée… Les prisonniers du QLCO sont sous le coup de diverses accusations et condamnations, du trafic de stup au banditisme en passant par le vol de voiture. Ça causait des « cent plus gros narcos », mais au bout du compte , il suffit d’être soupçonné d’entretenir des liens avec tel ou tel réseau – ou même juste avec l’extérieur – pour être envoyé à Condé ou à Vendin.

    80 % des prisonniers en QLCO sont en détention provisoire. La fonction de ces quartiers est avant tout de faire avancer les instructions en poussant les prévenus à cracher le morceau. Ce dispositif est inspiré du statut de repenti tel qu’il est pratiqué dans les prisons italiennes sous le régime 41bis : pour en sortir, il faut balancer et mettre quelqu’un à ta place ! Jusqu’ici peu utilisé en France, le statut de collaborateur de justice a d’ailleurs été élargi par la loi « narcotrafic ». Les QLCO deviennent ainsi un maillon central de l’appareil judiciaire : il s’agit de faire subir des conditions horribles aux prisonniers pour leur arracher des aveux.

    ET LES MATONS FONT CE QU’ILS VEULENT

    Le QLCO est aussi un cadeau fait aux matons, qui ont désormais les coudées franches. Tout le savoir accumulé au fil des années en termes de torture blanche peut y être mis en pratique et amélioré. D’après les informations qui nous sont parvenues, la déshumanisation qui était déjà à l’œuvre à Condé – centrale ultra-sécuritaire ouverte en 2013 pour mater les prisonniers récalcitrants – y est poussée à l’extrême.

    Au QLCO de Condé, les prisonniers ne sont que trente-sept, et de toute façon, ils ne peuvent pas croiser plus de quatre autres personnes en promenade. Les cantines sont extrêmement réduites. L’administration a inventé des règles inédites : pas plus de six paires de chaussettes, de six caleçons… Les prisonniers ont froid car le chauffage n’est que rarement allumé. Pour avoir un nouveau gel douche, il faut rendre le précédent – et donc attendre une semaine l’arrivée de la prochaine cantine.

    Tout est fait pour désorienter complètement les prisonniers. Le jour, il n’y a pas de lumière à cause des caillebotis aux fenêtres ; et la nuit, jamais d’obscurité complète, mais une lumière basse constante, et une lumière forte qui réveille les prisonniers toutes les deux heures. Il n’y a pas d’horaire fixe : il faut toujours être à l’affût, à attendre que les matons viennent dire de se préparer. S’ils « oublient » de te prévenir, pas de promenade : « t’étais pas prêt ! » – de toute façon, la promenade est souvent supprimée pour des motifs bidon…

    Les agents sont tous cagoulés. Les prisonniers ne voient pas d’autres visages que ceux des quatre autres qu’ils croisent en promenade. Lors de chaque mouvement en détention, les prisonniers sont escortés par trois à huit agents. À chaque arrêt, ils doivent se mettre la tête contre le mur. Dans les cellules, à deux mètres de la porte, une ligne rouge tracée au sol indique l’endroit où ils doivent se tenir les bras en l’air ; en cas de refus, pas d’ouverture de la cellule. Sous prétexte de protéger les matons des agressions, les portes sont équipées d’arrêtoirs, et ils les bloquent systématiquement à 45 degrés ; elles sont équipées d’un système de fermeture brutale… Bref les prisonniers sont traités comme des animaux enragés. Les fouilles à nu sont quotidiennes. Pas le droit de parler, ni même de répondre aux matons. Face au mur, le prisonnier doit leur tendre lentement chaque vêtement, soulever ses testicules, et se faire passer une lampe entre les fesses. À chaque fois, il doit repositionner ses mains contre le mur. Cette fouille particulièrement ritualisée est réglée pour faire péter les plombs. Un prisonnier a raconté avoir été tabassé pour avoir fait une remarque aux surveillants lorsqu’ils lui ont demandé pour la cinquième fois de montrer ses oreilles : cinq matons se sont mis sur lui et il a pris des coups, y compris dans les parties.

    D’autres prisonniers ont déjà été passés à tabac. Chaque fois qu’ils n’obéissent pas, ou pas assez vite, les matons appliquent toujours la même technique : doigts dans la bouche et dans les yeux, placage au sol, écrasement des parties génitales, torsion des bras et des jambes provoquant l’asphyxie. Le matin, les prisonniers au mitard sont réveillés par des matons qui crient : « Ici, c’est chez nous ! Ici, c’est le IIIe Reich ! Les nazis, c’est nous ! » Tout est fait pour briser les liens avec les proches. Les prisonniers n’ont pas accès aux unités de vie familiale. Ils ne peuvent utiliser la cabine que deux fois deux heures par semaine, souvent au moment où les gens travaillent et où les enfants sont à l’école. En plus de l’hygiaphone qui interdit tout contact, les proches subissent un traitement déshumanisant : des matons cagoulés palpent les enfants, et ils font sauter les parloirs pour des motifs bidon – même pas besoin que le portique sonne, il suffit qu’ils décident que le scanner millimétrique a détecté quelque chose, ou qu’ils décrètent arbitrairement qu’il fallait arriver encore plus en avance.

    LES SYNDICATS EN EMBUSCADE

    Comme à leur habitude, les syndicats de matons défendent la ligne la plus dure. Le QLCO est l’aboutissement de pas mal de leurs revendications. Toutes visent à l’effacement des acquis des luttes des prisonniers, comme l’obtention dans les années 1980 de la fin des parloirs hygiaphones qui – après leur grand retour pendant le covid – sont désormais normalisés dans les QLCO. Les syndicats résistent au moindre assouplissement de ces conditions déshumanisantes, forçant par exemple la direction de Condé à faire marche arrière lorsqu’une note a préconisé d’ouvrir les portes des cellules à 90 degrés. En plus, tous les personnels de Condé et de Vendin reçoivent une prime mensuelle au titre de la « dangerosité » des prisonniers. Interrogée sur les mauvais traitements infligés aux prisonniers, l’administration répond tranquillement qu’ils ont appris ces gestes professionnels dans une formation spéciale QLCO – ou quand la violence devient une pratique professionnelle labellisée et la torture blanche une norme sécuritaire…

    Lorgnant sur Condé, les syndicats des futurs QLCO d’Aix-Luynes, de Valence et de Réau font leur petit shopping, histoire d’obtenir des promesses. Ils rivalisent de demandes extravagantes : hygiaphones ultra renforcés, boucliers stroboscopiques – pour éblouir et désorienter –, et, vas-y, un dojo pour la formation continue des matons… Sans compter, évidemment, la généralisation de la « prime QLCO » à tous les personnels. Ils s’inquiètent même qu’à Condé le courrier soit géré à l’aide d’un chariot mobile, « objet roulant pouvant être utilisé contre les agents ». On imagine bien comment cette compétition décomplexée peut pousser à la dégradation de conditions de détention déjà atroces, au QLCO et ailleurs. À la moindre petite innovation chez le voisin, les syndicats font pression sur leur direction pour obtenir la même chose chez eux. Avec une petite touche expérimentale côté matons : à Condé, ils testent la ligne rouge en cellule, qui n’existe pas à Vendin. Les conditions du QLCO commencent à se répandre dans d’autres quartiers de la détention – au quartier d’isolement de Condé en détention « normale », juste à côté, les matons enfilent déjà des cagoules à l’instar de leurs collègues.

    LA PÉNITENTIAIRE SE COUVRE

    L’AP ne cesse d’être hantée par le spectre des luttes collectives contre l’isolement. Entre 1975 et 1982, elles avaient conduit à la fermeture des quartiers de haute sécurité – certes vite remplacés par les quartiers d’isolement. On se souvient de la mutinerie de 1987 à la centrale de Saint-Maur – le plus grand quartier d’isolement de France ! – au cours de laquelle quatre cents prisonniers ont pris directeur, matons et enseignants en otages. Les luttes de 2001 à 2005 méritent aussi d’être rappelées (voir encart)… À mesure que l’individualisation des régimes de détention progresse, les recours juridiques des prisonniers se multiplient. Ils ont fini par obtenir quelques victoires ponctuelles sur des placements illégaux ou des maintiens à l’isolement hors délai, ou encore sur l’usage de l’isolement en préventive. La création des QLCO remet les compteurs à zéro, puisque légalement, ces lieux ne sont pas des quartiers d’isolement. La preuve : chaque prisonnier en croise quatre autres une heure par jour ! Cette pirouette permet à l’AP d’arguer que les conditions de détention en QLCO sont bien meilleures qu’à l’isolement. La magistrature suit : tous les référés ont été rejetés, et les recours seront examinés dans des mois, voire des années. De toute façon, le flou des critères d’affectation – quasiment pas explicités dans la loi – a été entériné par le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État : le ministère et l’administration ont donc les mains libres. Les QLCO s’inscrivent dans la logique plus ancienne de la multiplication des régimes d’isolement qui ne disent pas leur nom : les quartiers maison centrale, l’étage zéro ou encore « la gestion isolée »…


    Les luttes dans les QI (2001-2005)

    Moben, mange ta peine, éditions du Bout de la ville, 2025

    « Entre 2001 et 2005, il y a eu de grandes luttes collectives au sein des QI. À chaque fois, ça se passait à peu près comme ça : on commençait toujours par aller voir le surveillant pour lui exposer le problème qu’on avait ; là il y avait plusieurs cas de figure. Le plus souvent ça se passait sans violence, le surveillant faisait remonter l’information et on pouvait discuter et négocier avec la direction et le problème était résolu. Mais quand on avait affaire à une sourde oreille, on s’organisait pour tout bloquer. Ça voulait dire que le soir on bouchait l’œilleton qui sert aux surveillants à regarder à l’intérieur de la cellule, ce qui les oblige à appeler le gradé et à s’équiper (c’est-à-dire mettre du matériel anti-émeute) pour ouvrir la porte. On « bloquait » aussi les promenades : ça veut dire qu’ils nous descendaient quatre par quatre, chacun dans une petite promenade et au moment de remonter on refusait, ils mettaient des fois trois heures à nous rentrer en cellule ou ils appelaient les Éris. Et là, y avait bagarre ! Bref, le QI était mis hors service. Il ne pouvait plus fonctionner normalement : les surveillants étaient obligés de faire des comptes rendus d’incident (CRI) tous les jours, ça remontait aux directions interrégionales, et le directeur de la taule se faisait taper sur les doigts. Et nous, on était envoyés au mitard après s’être fait tabasser. On n’avait pas grand chose à perdre alors on a fait ça pendant des années et on a fini par obtenir pas mal de choses ; notamment des plaques chauffantes et des frigos. Nous avons aussi obtenu des salles de sport, c’est-à-dire une cellule avec dedans une barre fixe, un vélo ou un tapis de course, parfois les deux. On a obtenu le droit de prendre des douches après le sport, et non plus seulement deux à trois fois par semaine. On a obtenu la télé pour ceux qui n’ont pas d’argent. On a aussi obtenu de vraies bibliothèques …


    En août 2025, un mois après l’ouverture du QLCO de Vendin, les prisonniers ont entamé des mouvements collectifs. Ils se sont organisés pour inonder les coursives, taper dans les portes et tenter d’obtenir des extractions médicales. En septembre, plusieurs dizaines d’entre eux ont fait une grève de la faim. À Condé aussi, les prisonniers ont commencé des mouvements. En janvier, ils ont tapé et inondé les coursives, et la direction a décidé de couper l’eau aussi sec. Certains rendent d’eux-mêmes tout ce que l’AP pourrait leur enlever – télé, frigo… –, ou même arrêtent de cantiner pour réduire le pouvoir de l’administration en lui retirant tout moyen de pression. En septembre à Vendin, en janvier à Condé, les prisonniers ont fait sortir des communiqués dénonçant l’arbitraire de ce régime de détention et son impact sur leurs proches.

    SUPER CARTEL DE VENDIN-LE-VIEIL

    Grève de la faim à partir du 1er septembre 2025

    Nous, détenus, annonçons aujourd’hui une grève de la faim à compter du 1er septembre 2025. Notre mouvement n’est pas dirigé contre nos conditions de détention mais contre les conditions inhumaines imposées à nos familles.

    Nos familles paient le prix fort.

    * Elles parcourent des centaines de kilomètres pour venir nous voir, parfois au détriment de leur santé, de leur travail, de leur équilibre.

    * Au parloir, elles se retrouvent derrière un hygiaphone, dispositif justifié officiellement pour éviter l’introduction

    d’objets illicites. Pourtant, chacun sait qu’un portique à ondes millimétriques détecte déjà tout objet interdit. Même les surveillants témoignent que ce système sert avant tout à « casser psychologiquement » détenus et familles.

    Une mise en scène indigne

    * Les familles, y compris des enfants, sont accueillies par des agents cagoulés censés les impressionner. Pourtant, en détention même, les agents ne portent pas de cagoule.

    * Les appels téléphoniques sont limités à deux fois par semaine, sur des créneaux restreints (8h-12h, 14h-16h). Or, à ces heures, les proches travaillent et les enfants sont à l’école.

    * Rappelons que nos proches n’ont commis aucune faute : ils ont un casier vierge, ils paient leurs impôts et n’ont évidemment aucun numéro d’écrou.

    La vérité contre les mensonges

    Nous ne sommes pas violents avec les agents, seuls quelques individus isolés et déséquilibrés le sont. La vérité, c’est que les agents sont en sous-effectifs, et non 250 comme l’affirme le ministre de la Justice, Monsieur Gérald DARMANIN. DARMANIN ment. Le délégué syndical David LACROIX ment.

    Notre position

    Votre rêve est de nous pousser à la violence. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Notre résistance sera pacifique mais déterminée. Le 1er septembre 2025, nous entamerons une grève de la faim pour défendre la dignité de nos familles.


    À GÉRALD DARMANIN (ALIAS MOUSSA DE SON VRAI PRÉNOM)

    Je fais ce courrier de la part de tous les détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe.

    À partir de cet instant, c’est-à-dire le 5 janvier au soir, nous entamons des mouvements de protestation contre le QLCO qui instaure ses propres règles à l’instar du QLCO de Vendin-le-Vieil qui parait beaucoup plus souple : deux heures de promenade, lecteur DVD en cellule, pas de marquage au sol à suivre (une ligne par terre). Ici à Condé, les requêtes ne sont pas prises en compte, les détenus sont 23 heures sur 24 en cellule et pour la plupart (pour ne pas dire tous) n’ont rien à faire dans un QLCO.

    Le QLCO n’a aucune vocation si ce n’est une vengeance personnelle sur les détenus, nous regrettons l’opacité des procédures pour affecter les détenus : si l’ensemble des dossiers était traité avec discernement, aucune des personnes détenues à l’instant n’aurait suffisamment de motivations pour y être affectées.

    Les QLCO ont été créés juste pour assouvir les ambitions politiques du ministre de la justice, à part ça, ça sert à rien : les agents sont des cagoulés alors que j’étais incarcéré dans cette prison il y a 40 mois en arrière, je les connais tous, c’est une mascarade.

    Pour finir, l’ensemble des détenus du QLCO de Condé-sur-Sarthe est déterminé à protester, on attend des changements ainsi que de pouvoir s’entretenir avec le chef d’établissement pour améliorer nos conditions de détention.

    Signé : L’association de bien-fêteurs de Condé-sur-Sarthe.

  • « On mange du poison à la centrale de Moulins-Yzeure »

    « On mange du poison à la centrale de Moulins-Yzeure »

    Communiqué de proches de prisonniers à la prison de Moulins

    Depuis des mois, au sein du quartier maison centrale (QMC) de Moulins-Yzeure, les conditions d’hygiène relatives à la nourriture sont tout simplement inhumaines et dégradantes.

    Les gamelles, sorties de frigos régulièrement en panne, sont servies pourries, « avec une odeur du fumier » comme en témoigne l’un des prisonniers du QMC. L’odeur des plats est plus pestilentielle encore que l’usine de croquettes pour chiens attenante à la prison.

    Les légumes en boîte qui y sont servis sont périmés depuis 2 ans, mais continuent à être servis. Même chose pour les desserts, systématiquement périmés depuis plusieurs jours.

    Bien entendu, il ne vient pas à l’esprit du personnel de l’administration pénitentiaire d’avoir la décence de resservir une autre gamelle – saine ! – dès qu’un prisonnier se retrouve confronté à l’une de ces gamelles au fumier. De nombreux prisonniers se retrouvent donc à ne plus être en mesure de se nourrir.

    Le risque est d’autant plus grand que dès que l’on tombe malade à cause de la gamelle, il n’y a aucun docteur disponible pour apporter le moindre soin. Et bizarrement, lorsque des prisonniers, pour alerter sur leur situation, écrivent à leur avocat·e – en principe sous pli confidentiel – les courriers « disparaissent » dans la nature… Même chose pour les appels aux avocat·es, qui semblent étrangement fuiter.

    La cheffe de la cuisine est clairement responsable de tels dysfonctionnements. Le fait qu’elle bombarde ses gamelles à l’arôme de purin d’épices cheloues ne change rien à la teneur du plat. Et comme plusieurs prisonniers l’ont constaté eux-mêmes : « En plus, Madame se permet de toucher la bouffe sans gants. Elle se gratte les fesses puis trempe ses doigts dans les plats. »

    Livrer de tels repas aux prisonniers est absolument indigne, en plus d’être particulièrement dangereux. Instaurer un climat de pression à l’encontre des prisonniers souhaitant alerter avocat·es et juridictions compétentes est intolérable.

    Il devient urgent que cela cesse immédiatement. Nous appelons toute personne choquée par la situation actuelle à appeler la prison :

    • Tél. : 04.70.35.15.00.
    • Adresse postale : Direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, 21 rue de Millepertuis, BP 24, 03401 Yzeure Cedex
  • Lettres de Saint-Martin-de-Ré – Lutte contre les conditions d’enfermement au QLCO de Condé

    Lettres de Saint-Martin-de-Ré – Lutte contre les conditions d’enfermement au QLCO de Condé

    Émission de l’Envolée du vendredi 6 février 2026

    Une lettre de Joseph depuis la centrale de Saint-Martin-de-Ré. Il raconte comment il se fait balader de quartiers d’isolement en quartiers disciplinaires et l’administration pénitentiaire (AP) s’acharne contre lui. Il rend hommage à des personnes décédées entre les mains des surveillants et revient sur les multiples agressions qu’il a subi de leur part. Il cite également d’autres prisonniers longues peines qui sont comme lui incarcérées en métropole alors qu’ils viennent de colonies française. On lit également une lettre d’un prisonnier proche de Joseph qui le soutient.

    On revient ensuite sur le quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe d’où est sorti un communiqué annonçant le début d’une lutte collective des prisonniers le 5 janvier 2026. A partir de récits de l’intérieur, et malgré les efforts de l’AP pour empêcher toute information de sortir de ces quartiers, on essaie de décrire les conditions d’enfermement horrible instaurées par les matons : matons cagoulés, ligne au sol où se mettre pour l’ouverture de la porte, réveil nocturne toutes les deux heures avec des lumières fortes, fouilles à nu prolongées et systématiques, passage à tabac ritualisé dès que les règles sont questionnées, cantines très limitées, palpations des enfants aux parloirs, etc.

    On revient sur l’histoire des différents quartiers de haute sécurité – QHS, QI, QMC – et des luttes de prisonniers et prisonnières qui ont permis d’y obtenir des aménagements. Il faut comprendre les QLCO comme un retour en arrière par rapport à tous ces acquis et un condensé de toutes les pratiques de tortures blanches développées par l’administration et ses agents depuis deux décennies. D’ailleurs, on voit déjà que les syndicats de matons se tirent la bourre pour obtenir le maximum de moyens dans les taules où les futurs QLCO vont ouvrir : Réau, Valence, Luynes.

  • « La moitié de la prison est malade » – Conditions de merde à la MA de Lille-Séquedin – Kémi en grève de la faim – Encore des dingueries de Darmanin

    « La moitié de la prison est malade » – Conditions de merde à la MA de Lille-Séquedin – Kémi en grève de la faim – Encore des dingueries de Darmanin

    Émission de l’Envolée du vendredi 30 janvier 2026

    Une lettre d’Aurélie du CD de Rennes pour souhaiter la bonne année : « la moitié de la prison est malade », et elle attend toujours le rapport d’un expert pour espérer une permission.

    On lit un message qui dénonce les conditions de détention à la maison d’arrêt de Lille-Séquedin : pression psychologique, surpopulation, insalubrité, nourriture insuffisante et dégueu, dégradation des sens. On peut lire l’intégralité du texte sur le site le collectif lillois À l’Arrache ici. On peut aussi écouter leur émission de radio contre les prisons une fois par mois sur Radio Campus Lille.

    On revient sur la lutte que mène Kémi à la centrale de Moulins-yseure pour obtenir la fin de sa gestion isolée et son transfert en centre de détention (CD). Le jeudi 22 janvier, il s’est mis en grève de la faim et des proches ont fait tourner ses revendications à l’extérieur (on peut retrouver le texte de soutien sur notre site ici). Sa gestion isolée a finalement été levée et il a été reçu par la direction qui lui a promis que son statut de DPS serait levé et qu’ils soutiendraient une demande de transfert. À suivre …

    On finit en discutant des dernières dingueries de Darmanin pour son projet de loi pour des « sanctions sûres et efficaces ». Cette fois il ressort et déforme la vieille idée du numerus clausus et veut encore raboter et conditionner les aménagements de peine.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • « Y a aucun respect de la vie humaine » – Message de Fleury-Mérogis

    « Y a aucun respect de la vie humaine » – Message de Fleury-Mérogis

    On relaie un message envoyé par un prisonnier de Fleury-Mérogis qui dénonce les conditions de détention. A faire tourner au maximum !

    Nous, actuellement à Fleury-Mérogis, il y a tellement de violences de l’administration pénitentiaire, tellement de maltraitances, nos cellules sont remplies de cafards… Nos conditions de vies sont invivables, les cantines alimentaires, on se les fait voler, sans parler même des violences verbales, sans parler des menaces, sans parler des détenus qui peuvent pas se défendre, qui ont même pas la capacité de se plaindre. Concrètement, y a des surveillants ou drogués ou alcooliques complètement désœuvrés, qui savent même pas faire leur métier, ils sont agressifs, autoritaires. Là, à cette heure-ci, je suis dans une cellule, j’ai pas de fenêtre, je peux pas les fermer, j’ai pas de lumière, j’ai pas de cabine téléphonique – je suis obligé de trouver un téléphone de manière illégale pour appeler et pouvoir faire passer cette info.

    J’ai des cafards dans ma cellule, j’ai même pas accès à la douche. Moi-même qui suis handicapé, j’ai de gros problèmes de santé. À l’heure d’aujourd’hui dans la prison, pour ceux qui ont des problèmes de santé, il est très difficile d’avoir accès au médical. Mais, par contre quand vous arrivez au bout d’une heure, vous avez une ordonnance pour avoir des antipsychotiques, des neuroleptiques et des somnifères, ça on vous en donne directement. Sans parler de la violence pénitentiaire qu’on vous fait subir là, de toute façon quand vous demandez des choses, les surveillants, ils nous donnent aucune réponse. De toute façon, c’est simple, on peut sortir qu’une heure par jour ici, donc c’est comme ça la gestion des détenus. 

    Vous entendez le tapage de porte là ? C’est un détenu qui conteste ça fait trois heures qu’il conteste, ça fait trois heures qu’il demande juste à avoir du PQ – qu’on doit lui ramener. Le surveillant, il en a rien à foutre, il est dans son bureau, il répond pas. Le chef, moi ça fait cinq jours que je suis sans fenêtre, je peux pas les fermer, ça fait cinq jours que j’ai pas de lumière, ça fait cinq jours que j’ai pas de télé – alors que concrètement j’ai de l’argent sur mon pécule on peut pas me dire le contraire – ça fait cinq jours que j’ai pas de cabine et il m’a dit quoi le surveillant ? Il m’a dit « ben t’iras quand tu seras en promenade », mais en promenade, j’ai pas de cabine, je peux pas appeler.

    J’ai pas de moyens d’appeler mon avocat, j’ai pas de moyens de revendiquer mes droits. Quand je demande aux surveillants de manière normale à avoir accès à mes droits, j’ai aucune réponse cohérente. Donc concrètement, aujourd’hui, la population pénale, elle en peut plus. Là de plus en plus, y a des tests de stupéfiants et d’alcoolémie pour les surveillants qui sortent de détention mais si les gens s’informent, ils verront bien que les taux étaient positifs alors même qu’ils viennent de sortir de détention, ces surveillants-là, ils seront positifs aux stupéfiants ou à l’alcool, alors que bon…

    Nous, on demande la stricte application des normes européennes en matière de conditions de détention. On demande le respect de nos droits, le respect de notre vie humaine. On demande des caméras, comme ça on peut être sûr que l’intervention, elle sera être sécurisée, pour eux et nous-mêmes surtout. Surtout nous-mêmes parce que eux parlent de manque de moyens, mais si on leur donne des caméras, est-ce qu’ils voudront accepter de porter des caméras ? Étant donné qu’on connaît bien les pratiques illégales envers les détenus, on voit très bien les comportements…

    Nous, à cette heure-ci, on demande des lois, on demande que les politiques prennent à bras-le-corps le sujet. On nous dit à la télé, les surveillants parlent qu’il y a une surpopulation, ils parlent qu’il y a pas de moyens, ils parlent qu’ils sont en danger alors que c’est faux. On le sait très bien. Nous, on demande des caméras sur les surveillants, on demande des caméras sur les surveillants dans les quartiers dédiés tels que les UDV (Unité pour détenus violents) qui ne sont rien de moins que des QHS (Quartier haute sécurité), où là on met des violences et des piqûres ++, on demande des caméras aux surveillants des quartiers disciplinaires, afin de voir réellement qui acte la violence et qui est à même de condamner qui, et qui est à même de juger qui. On demande la stricte application de transferts pour les détenus qui ont eu des rapports disciplinaires dans certains établissements pénitentiaires afin de garantir l’intégrité pour eux-mêmes et pour l’intégrité physique des surveillants pénitentiaires afin que ce soit du 50/50, étant donné qu’à l’heure d’aujourd’hui, on ne peut pas contester le fait que la seule entité française de l’administration, c’est l’administration pénitentiaire, qui est la seule autorité à ne jamais être contestée, à ne jamais être surveillée, à ne jamais devoir répondre de leurs actes, alors qu’on sait très bien que nous, détenus, on le voit tous les jours : le taux de violence est énorme, et non pas de la part des détenus sur l’administration, mais bien de l’administration sur les détenus.

    Il y a tellement de choses qui sont inexplicables et qui sont même pas entendables pour les gens normaux qui sont dehors, qui n’ont pas commis de délit ou qui sont pas en prison… que c’est même pas entendable de les exprimer là en deux minutes. Ce serait même pas entendable. Pourtant toutes les familles de victimes, de détenus qui sont décédés au mitard, toutes les familles qui voient des détenus au parloir… Combien de gens ici par semaine à Fleury-Mérogis, on leur dit « mais non, votre fils n’est pas venu au parloir », « mais non, votre mari n’est pas venu », alors que le détenu on lui dit « non c’est papa qui est pas venu »… Des deux côtés, on leur dit la même chose, et il y a pas de parloir. Y a aucun respect de nous, y a aucun respect de la race humaine, y a aucun respect de la vie humaine, alors l’école du crime, bah tu l’apprends ici, tu l’apprends de la part du surveillant. Tu l’apprends de la part du surveillant quand il te dit « ferme ta gueule » quand il t’a volé tes cantines, quand il t’a fermé la porte… T’as appris une chose. T’as appris que l’autorité, elle garantit qu’une chose, la criminalité. Voilà ce que t’as appris. C’est pour ça qu’on demande des caméras afin de sécuriser autant la population pénale que l’administration pénitentiaire, afin de condamner les deux en cas de nécessité, et afin de garantir l’État de droit. Et on demande la stricte application du droit européen en matière de conditions de détention. Voilà.

  • Lettre de Zouzou des Baumettes – Communiqué de Kamel Daoudi – Appel de Djeneba, sœur d’Alassane Sangare mort à Fleury en novembre 2022

    Lettre de Zouzou des Baumettes – Communiqué de Kamel Daoudi – Appel de Djeneba, sœur d’Alassane Sangare mort à Fleury en novembre 2022

    Émission de l’Envolée du vendredi 29 mars 2024

    • Lettre de Zouzou, à qui on refuse sa perm’ au motif que la « tierce personne » est une ancienne prisonnière…
    • Lecture de l’exceptionnel communiqué de Kamel Daoudi, « Tout assigné à résidence aura la vie tranchée », cruel tour d’horizon des absurdités mortifères de la justice.
    • Appel de Djeneba. Son frère Alassane Sangare a été « retrouvé mort » dans sa cellule le 22 novembre 2022. La famille et les proches ne croient pas à la version – tristement habituelle – de l’administration pénitentiaire qui prétend qu’Alassane s’est suicidé, et se bagarre pour faire éclater la vérité. Vous pouvez les suivre sur leurs réseaux : Comité Vérité pour Alassane

    Musique : Jimmy Cliff – « The Harder They Come » (en hommage à l’ami Oliv’, co-fondateur de L’Envolée, parti en cavale éternelle il y a quatre ans déjà) * Shalby Younis et Ghazal Ghrayeb – « ميل على بلدي » * The Como Mamas – « Out of the Wilderness » * Alfredo Bandelli – « La Caccia Alle Streghe (La Violenza)

    L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.

    Le journal numéro 57 est dispo !

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    Direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne !
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h) ! Dispo sur toutes les plateformes de podcast.

    Pour nous joindre : 07.53.10.31.95 (appels et textos).
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  • Lettre du C.P. de Poitiers-Vivonne – Communiqué des prisonniers de Montmédy – Même l’OIP veut la fermeture des mitards

    Lettre du C.P. de Poitiers-Vivonne – Communiqué des prisonniers de Montmédy – Même l’OIP veut la fermeture des mitards

    Émission de l’Envolée du vendredi 23 février 2024.

    • Une lettre d’Aurélie, prisonnière depuis cinq ans au C.P. de Poitiers-Vivonne, et dont on avait déjà lu une lettre dans cette émission. Aurélie nous raconte son arrivée brutale en prison, les refus de soin, les maltraitances médicales mais aussi le traitement des prisonnières considérées comme suicidaires.
    • Ci-gît l’« état de droit ». Toutes nos condoléances : Communiqué des prisonniers du centre de détention de Montmédy qui réagissent aux hommages médiatiques après la mort de Badinter. À retrouver ici !
    • Mitard et sanctions disciplinaires. L’Observatoire international des prisons a publié un long rapport sur la discipline à l’intérieur (qu’on peut retrouver ici) dans lequel il recommande l’abolition du mitard. On est contents que l’OIP reprenne cette vieille revendication des prisonniers, prisonnières et de leurs proches. Surtout que la prison ne peut pas tenir sans le quartier disciplinaire !

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  • CI-GÎT l’«ÉTAT DE DROIT». TOUTES NOS CONDOLÉANCES.

    CI-GÎT l’«ÉTAT DE DROIT». TOUTES NOS CONDOLÉANCES.

    BADINTER EST MORT, MAIS PAS LA PEINE DE MORT.

    Des prisonniers du centre de détention de Montmédy nous ont adressé une lettre ouverte suite à l’annonce du décès de celui dont le nom reste associé à l’abolition de la guillotine.

    « Pour comprendre Robert Badinter, il suffit de remonter le cours de son histoire » dit un des nombreux éloges parus dans la presse. Pour comprendre que la peine de mort n’a jamais été abolie, en revanche, il faut écouter les prisonniers et les prisonnières. Alors que les hommages se multiplient, nous donnons ici la parole à celles et ceux que la justice et la prison ont continué et continuent de tuer.

    Nous vous invitons aussi à lire ou relire dans ce livre que nous avons publié d’autres paroles de prisonnier.es qui dénoncent cette prétendue abolition.

    Communiqué des détenus de Montmédy (55)

    CI-GÎT l’«ÉTAT DE DROIT». TOUTES NOS CONDOLÉANCES.

    Le décès tardif de Badinter a provoqué certains éloges qui eussent gagné à s’exprimer en privé.

    Mais d’une manière plus surprenante et plus scandaleuse que de coutume, les médias à tendance gauchiste passive choisissent l’admiration esthétique du plus contestable «socialiste» bourgeois plutôt que le silence ou les injures qui, depuis l’application de la théorie du «droit pénal de l’ennemi» dans le droit français, se trouvent seuls moralement justifiés.

    Entendons-nous: avec l’«abolition de la peine capitale», ce qui était jusqu’alors la part honteuse, occulte de la proclamé démocratie française (torture, assassinats extrajudiciaires, perpétuité réelle…) va être exhibée aux gens du pays, sapant dans ses profondeurs cet «État de droit» qui justifierait qu’on tolère le régime.

    le 16 février 2024.

  • Une nouvelle loi anti-immigration encore plus répressive – Des prisonniers du CRA de Vincennes prennent la parole – Les juges suivent les procs dans l’affaire du 8 décembre

    Une nouvelle loi anti-immigration encore plus répressive – Des prisonniers du CRA de Vincennes prennent la parole – Les juges suivent les procs dans l’affaire du 8 décembre

    Émission de l’Envolée du vendredi 22 décembre 2023

    • Les prisonniers du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes nous appellent de nouveau pour lire un texte collectif qu’ils ont écrit et continuer de dénoncer leurs conditions d’enfermement. Ils avaient déjà appelé la semaine dernière pour dénoncer les violences des keufs.

    • On en profite pour discuter de la dernière loi anti-immigration de Darmanin qui vient renforcer la répression des personnes étrangères et le pouvoir arbitraire des préfectures au nom des principes républicains ou des besoins économiques du patronat. Le texte, voté par la droite et l’extrême droite, prévoit aussi de supprimer l’aide médicale d’état pour les personnes sans papier, de refaire du séjour irrégulier un délit, de conditionner le versement des aides sociales à 5 ans de présence régulière en France, et encore d’autres horreurs.

    • Le verdict pour les 7 inculpé.es de l’affaire dite du 8 décembre est tombé dans une salle agitée : les juges ont largement suivi les réquisitions des proc et sont même allés plus loin en interdisant aux personnes de se voir pendant 5 ans (sachant que si certains ne se connaissaient pas, plusieurs sont meilleurs amis). Six d’entre eux sont inscrits au FIJAIT (pour les auteurs d’infractions terroristes) et doivent donc déclarer leur adresse tous les trois mois et déclarer toute sortie du territoire pendant dix ans. On était largement revenu sur ce procès dans les émissions de septembre et de novembre.

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    On manque parfois de forces pour faire tourner l'émission comme on le voudrait en ce moment : 
    que vous soyez prisonnier·e·s, proches, ou révolté·e·s contre l'enfermement et l'AP, n'hésitez pas à nous contacter & à passer le mot !

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  • Comment l’AP utilise l’HP pour mater les rebellions – Communiqué du centre de semi-liberté de Rennes – Répression judiciaire des révoltes – Résistances aux CRA de Marseille & Vincennes

    Comment l’AP utilise l’HP pour mater les rebellions – Communiqué du centre de semi-liberté de Rennes – Répression judiciaire des révoltes – Résistances aux CRA de Marseille & Vincennes

    Émission de l’Envolée du vendredi 14 juillet 2023

    • Lettre de Kémi qui revient sur ses passages dans des unités psychiatriques. Il décrit les conditions carcérales de ces lieux d’enfermement et la façon dont l’administration pénitentiaire (AP) utilise la psychiatrisation pour mater les rebellions des prisonniers et des prisonnières. Il parle aussi des piqûres que peut t’imposer l’AP ou le médecin.

    • Une lettre reçue en 2020 écrite par une personne enfermée aux Eaux Vives un hôpital psychiatrique d’Île de France. Elle décrit son quotidien -notamment la bouffe dégueulasse voire avariée – et les différentes formes de tortures qu’on y subit : de la fouille à nu à l’arrivée aux camisoles physiques et chimiques, en passant par les cellules d’isolement. Elle explique également l’absence de date de sortie, les méandres judiciaires pour essayer de sortir : « en France, la psychiatrie et la prison c’est la même chose ».

    • Communiqué de prisonniers enfermés au centre de semi-liberté de Rennes. On avait déjà relayé deux communiqués il y a quelques mois que ces prisonniers avaient fait sortir pour protester contre l’état de l’eau qui est impropre à la consommation et remplacée par trois bouteilles d’eau par personnes enfermées. 8 mois plus tard, la situation ne s’est toujours pas arrangée et concerne également plusieurs quartiers du centre de détention pour femmes attenant.

    • Des nouvelles de résistance dans les prisons pour sans papier, aux centre de rétention de Marseille et de Vincennes. Au CRA du Canet à Marseille, dans la nuit du 30 juin, une révolte a éclaté et entraîné un incendie et une personne est morte après avoir été hospitalisée. On peut retrouver des paroles de prisonniers qui racontent ces moments ici et . On peut avoir des infos sur ces CRA sur les blogs d’Abaslescra et de Marseilleanticra.

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