Auteur/autrice : ·

  • Canicule à l’ombre – Lettre sur les UDV – Des proches de prisonniers du QLCO de Condé dénoncent les conditions de parloirs qui leur sont imposées

    Canicule à l’ombre – Lettre sur les UDV – Des proches de prisonniers du QLCO de Condé dénoncent les conditions de parloirs qui leur sont imposées

    Émission de l’Envolée du vendredi 19 juin 2026

    PROGRAMME

    On fait un petit point sur la canicule en prison qui est encore plus insoutenable à l’intérieur : aucun courant d’air en cellule, des fenêtres grillagées qu’on ne peut pas ouvrir complètement de plus en plus doublés de caillebotis … Et les promenades bétonnées sans ombres et sans arbres n’apportent pas non plus de fraîcheur.

    Une lettre d’Étienne, un prisonnier kanak qui nous écrit depuis sa déportation en France il y a deux ans suite aux révoltes en Kanaky. Il est sorti fin avril de l’isolement. Il raconte son passage en unité pour détenus violents (UDV), où on est sous étroite surveillance des psys et de l’administration et avec des restrictions supplémentaires et où on est enfermé quand on pète un câble en prison. Il profite de ce courrier pour saluer les prisonniers des QLCO de Vendin et Condé.

    On lit une lettre collective écrite avec des proches de prisonniers du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé pour dénoncer les conditions de parloirs qui leur sont imposés. Il faut noter l’importance de cette mobilisation collective des proches face à ces nouveaux quartiers sécuritaires qui visent à renforcer encore l’isolement et l’atomisation de la prison. Comme ils le disent bien, le but de l’administration pénitentiaire est de les humilier et de les traumatiser pour les décourager de rendre visite à leurs proches incarcérés pour les isoler encore plus et les faire craquer. On peut retrouver cette lettre sur notre site ici et on invite les personnes à l’extérieur à la faire circuler au maximum.



    On reçoit trois appels de proches de personnes enfermées au QLCO de Condé qui reviennent sur les conditions de parloirs qui leur sont imposées mais aussi les restrictions sur les appels téléphoniques. Pour rappel le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé a été ouvert par Darmanin il y a 6 mois après celui de Vendin à l’été 2025. Deux prisons qui avaient été ouvertes par Taubira il y a plus de dix ans déjà pour mater les prisonniers qui se révoltaient contre l’administration pénitentiaire. Cette fois, sous prétexte d’enfermer le haut du spectre du narcobanditisme, c’est une véritable légalisation de la torture blanche et un retour en arrière sur deux décennies d’acquis des prisonniers à travers leurs luttes : matons cagoulés, parloirs hygiaphones, appels téléphoniques, promenades et cantines limités, fouilles à nu systématiques, ni travail ni formation, etc.


    Les proches racontent notamment comment les enfants sont palpés en plus de leur passage au portail à ondes millimétriques qui sonnent sans raison et fait sauter des parloirs, le contrôle des appels téléphoniques, la destruction de l’abri famille et les coups de pression sur les proches qui traînent sur le parking, ou encore les règles arbitraires pour le linge qu’on est autorisé à apporter.

    AGENDA

    • Journée d’hommage et de commémoration pour les 19 ans de lutte et de mémoire après l’assassinat de Lamine Dieng par la police. Rendez-vous le samedi 20 juin, de 13h à 21h, à la Parole Errante à Montreuil, avec des ateliers et des discussions sur les violences policières et le racisme systémique.
    • Manif contre tous les racismes et l’extrême droite le dimanche 21 juin à 14h, au métro Barbès à Paris.
    • Rendez-vous à Saint-Étienne dès midi, le dimanche 21 juin, à La Tablée pour la cantine pour cantiner, une cantine de soutien ce mois pour jeune Algérien de 19 ans incarcéré à la Talaudière.
    • Dimanche 28 juin 2026 à 14h, devant la prison des Baumettes à Marseille : rassemblement de soutien aux prisonniers et prisonnières. Puis, de 19h à 21h, écoute d’un podcast sur l’isolement carcéral dans les années 1980 à Radio Galère, à la Friche de la Belle de Mai.
    • Soirée de lancement de la revue Al Wada, un magazine de littérature carcérale palestinienne, avec des discussions et un concert. Rendez-vous le 10 juillet dès 18h30, au 78 rue de Compans, dans le 19e arrondissement de Paris.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • LES PROCHES DES PRISONNIERS DU QLCO DE CONDÉ-SUR-SARTHE DÉNONCENT DES MALTRAITANCES VISANT À DÉTRUIRE TOUT CONTACT HUMAIN

    LES PROCHES DES PRISONNIERS DU QLCO DE CONDÉ-SUR-SARTHE DÉNONCENT DES MALTRAITANCES VISANT À DÉTRUIRE TOUT CONTACT HUMAIN

    Lettre collective écrite avec des proches de prisonniers du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe pour dénoncer les conditions de parloirs qui leur sont imposées. Il faut noter l’importance de cette mobilisation face à ces nouveaux quartiers ultra sécuritaires qui visent à renforcer encore l’isolement et l’atomisation de la prison. Comme ils le disent bien, le but de l’administration pénitentiaire est de les humilier et de les traumatiser pour les décourager de rendre visite à leurs proches incarcérés, afin d’isoler encore plus les prisonniers et de les faire craquer. Cette lettre a été lue et discutée avec certains des proches dans cette émission. On invite les personnes à l’extérieur à la faire circuler au maximum.

    Nous sommes des filles, fils, mères, pères, frères et sœurs de personnes enfermées au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de la centrale de Condé-sur-Sarthe. Nous traversons régulièrement la France pour rendre visite à nos proches au parloir, où nous sommes séparés d’eux par une vitre hygiaphone.

    L’administration pénitentiaire se défend d’interdire tout contact (parloirs, cabine téléphonique) avec les proches, mais il est clair que les maltraitance décrites ici visent à rendre les visites aussi contraignantes et traumatisantes que possible pour nous décourager de venir voir les prisonniers et pour leur faire péter les plombs.

    Ils sont prévenus ou condamnés, mais pas nous. Pourtant, nous aussi, nous sommes punis, et nous faisons les frais de la politique sécuritaire de l’administration pénitentiaire et de son ministre Darmanin. Les parloirs hygiaphone qui rendent tout contact direct impossible portent déjà atteinte à nos besoins humains fondamentaux, mais en plus de cette torture légalisée par la création des QLCO, nous subissons toutes sortes de maltraitances arbitraires, tolérées – voire encouragées – par l’administration.

    Comme l’abri famille a été détruit pendant les travaux d’aménagement, nous devons attendre une heure dehors, qu’il pleuve ou qu’il vente. Sur le parking, les proches subissent des coups de pression des surveillants, qui vont parfois même jusqu’à appeler la police ; il y a des fouilles de voiture et les personnes qui se servent de leur téléphone sont menacées au prétexte qu’ils prendraient l’établissement en photo… Certains visiteurs se sont vu suspendre leur parloir pour ce genre de motifs.

    L’entrée au parloir nous est refusée pour toutes sortes de motifs absurdes, alors qu’on a fait des centaines de kilomètres. La durée des parloirs a été réduite mais on nous demande d’être présents une heure à l’avance, et pour cinq minutes de retard (c’est-à-dire cinquante-cinq minutes avant le parloir) on nous refuse l’entrée ; ou alors c’est un numéro de carte d’identité qui ne correspond pas à celui du permis de visite, même si la visiteuse montre d’autres documents prouvant son identité – et la personne a encore été refoulée au rendez-vous suivant alors que la Spip l’avait assurée que la rectification avait été faite.

    Au QLCO, les surveillants sont tous cagoulés. Devons-nous laisser traumatiser nos enfants qui veulent voir leur père ou leur oncle ? Comment supporter de n’être en contact qu’avec des individus au visage masqué ? C’est d’autant plus absurde que certains d’entre nous qui venaient déjà au parloir avant l’ouverture du QLCO reconnaissent les surveillants. Les enfants font beaucoup de cauchemars après les visites, d’autant que certains cagoulés effectuent des palpations sur de très jeunes enfants au prétexte que le portique à ondes millimétriques serait inefficace sur les « individus de moins de 100 cm ».

    En effet, en plus du contrôle drastique – avec passage au détecteur de métaux et aux rayons X – dont les visiteurs font déjà l’objet dans toutes les prisons, nous devons en plus inaugurer cet autre appareil détecteur d’objets illicites… alors que nous restons toujours séparés de nos proches par une vitre. Ce portail donne encore lieu à d’autres renvois arbitraires : un visiteur s’est vu refuser l’entrée à cause de son capteur pour le diabète, et ses parloirs ont été suspendus pour « tentative d’introduction de denrée alimentaire » à cause des bonbons qu’il doit toujours avoir sur lui en cas de crise d’hypoglycémie. Comme le portail à ondes millimétriques ne fait que désigner des « zones » corporelles où il croit détecter des anomalies, sans plus de précisions, au moins deux femmes en période menstruelle se sont vu refuser l’entrée au parloir à cause de leurs protections périodiques.

    En théorie, dans les autres établissements, les prisonniers peuvent appeler de la cabine téléphonique quand ils veulent. Au QLCO, les appels sont limités à quelques heures par semaine sur des créneaux restreints, qui changent régulièrement – mais toujours en pleine journée, quand les enfants sont à l’école et nous au travail ; rarement le week-end. C’est pourtant vital de pouvoir communiquer avec ceux qu’on aime, et ça prend un tour dramatique quand un petit est malade et qu’on ne peut pas donner de ses nouvelles à son père. Nous payons l’option « lettre suivie » de la Poste pour être sûrs que nos courriers parviennent à nos proches, et même comme ça, nos lettres mettent des semaines à arriver – quand elles ne sont pas retenues par la prison.

    Pour apporter des vêtements aussi, Le règlement est encore plus compliqué qu’ailleurs : il faut annoncer par téléphone à notre proche ce qu’on va lui apporter pour qu’il fasse une demande écrite à l’administration, et parfois c’est impossible à coordonner du fait de la restriction des communications. Les habits que les surveillants ne transmettent pas aux prisonniers finissent dans un mystérieux vestiaire au lieu d’être restitués à la famille.

    A cause des interdictions arbitraires, nous conduisons des heures sur des centaines de kilomètres, nous payons l’essence, les péages, le train, le taxi et les nuits d’hôtel pour voir nos proches…. sans jamais savoir si on nous laissera entrer ou non. Ça nous met la boule au ventre. Pour nous décourager d’aller voir nos proches, ils nous traitent comme des chien, et ces conditions risquent de s’étendre à toutes les prisons si nous laissons faire. Ils veulent nous briser, ils veulent nous isoler, mais l’union fait la force – et nous nous unissons pour dénoncer tout ça.

  • Lettres de longues peines – Le CPIP ne fait rien  – Soutien à Moben et aux prisonniers du QLCO de Condé

    Lettres de longues peines – Le CPIP ne fait rien – Soutien à Moben et aux prisonniers du QLCO de Condé

    Émission de l’Envolée du vendredi 6 juin 2026

    PROGRAMME

    LETTRES

    Des nouvelles de Pascal, un prisonnier longue peine et correspondant régulier de l’Envolée, qui a enfin été transféré à Saint-Martin-de-Ré après avoir poireauté des mois à Réau en sortant du centre national d’évaluation (CNE). S’il est maintenant moins loin de ses proches, il raconte que cette déjà sinistre centrale a bien changé depuis son dernier passage.

    Une lettre d’un autre prisonnier longue peine qui fait la tournée des centrales de France pour refuser de se plier devant l’administration pénitentiaire. Il explique comment ses bagarres lui coûtent ses aménagements de peine et ses perspectives de sortie.

    Une lettre du centre pénitentiaire d’Orléans qui donne un nouvel exemple des manières dont l’administration et ses agents maintiennent sous pression les personnes enfermées grâce à leur mainmise sur les relations avec les proches à l’extérieur. Alors que son dernier mouvement de revendication l’a amené au mitard, il évoque le dernier blocage des matons qui, eux, n’ont subi aucune sanction.

    SOIRÉE DE SOUTIEN A MOBEN ET CONTRE LES QLCO

    On passe l’enregistrement d’une discussion avec des membres de l’Envolée et des Éditions du bout de la ville qui ont édité le livre de recette Mange ta peine, pour lequel Moben a été transféré au quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe. Cet échange a eu lieu à l’occasion d’une cantine en soutien à Moben qui s’est tenue à Toulouse en mars dernier et au cours de laquelle deux cents personnes ont pu déguster des recettes directement inspirées du livre.

    On a profité de ce moment pour présenter également les QLCO, leur fonctionnement et leur rôle dans la détention et dans la société, et relire les deux communiqués sortis par des prisonniers à Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe après l’ouverture des deux premiers QLCO.

    L’enregistrement ayant été réalisé avec un téléphone dans une chapelle, on s’excuse par avance de la qualité audio et on espère qu’elle ne gène pas trop la compréhension.

    AGENDA

    Rassemblement pour le procès en appel de la mère d’Idir Mederess, mort au mitard de la prison de Lyon-Corbas le 9 septembre 2020, et de son avocat. Rendez vous le jeudi 18 juin à 11 au Palais de justice des 24 colonnes à Lyon.

    Rendez-vous dimanche 28 juin 2026 à 14h devant la prison des Baumettes puis de 19h à 21h écoute d’un podcast sur l’isolement carcéral dans les années 80 à Radio Galère à la Friche avec apéro et moment convivial. Plus d’infos ici.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • Être « Voyageur » et en plus au « chtar »…

    Être « Voyageur » et en plus au « chtar »…

    En tant que voyageur yénich, Kémi raconte la répression et le surenfermement subis par les voyageurs. Il a écrit cette lettre depuis la centrale de Moulins, et nous l’avons lue dans l’émission l’Envolée du vendredi 6 juin 2026, consacrée à cette question.

    Ecoutez l’audio de cette lettre ici ou lisez la ci-dessous :


    Mesdames, Messieurs,


    Et oui, je suis voyageur yénich et je vais essayer de vous raconter mon parcours et de vie, en espérant que ça vous aidera à comprendre ce que l’on subit en silence… J’ai 37 ans cet été, ça fait 15 ans que je suis incarcéré, donc je vais vous raconter ma vie du dehors mais aussi celle en tant que détenu longue peine, car la répression et le racisme contre nous les voyageur-euses est publique à l’extérieur des prisons mais aussi à l’intérieur des prisons !
    Oui, quand j’étais dehors je partais « tchor », « voler » pour nourrir mes enfants… Vous allez me dire que j’ai qu’à trouver un job, mais le problème… c’est que les gadjes n’embauchent pas « les voleurs de poules » !


    Petit, j’ai vécu une descente de CRS et du PSIG sur le terrain, qui m’a marqué à vie ! J’étais tout gamin, et un matin, on a vu 2 bus débarquer à fond, suivis de 4 Mégane… D’un coup, ils sont sortis avec les armes en main. Ils nous ont tous braqués, même nous, les gosses ont été allongés sur le ventre ! Et tout ça pour quoi ? Ils s’étaient trompés de « camps », comme ils disent…
    Tous les garçons vont se reconnaître dans le prochain souvenir que j’ai, qui m’a marqué et coûté 48 heures de garde à vue… Encore une fois, c’est une histoire de « tchor ». Ma daronne était partie « tchor » dans les magasins pour de la nourriture. Un jour, les deux vigiles lui demandent de les suivre, je me suis mis entre et j’ai demandé pourquoi. Ces fous m’ont poussé et ont agrippé la daronne et lui ont dit : « On va te fouiller à poil. » Eh bien, j’ai sauté sur eux, un gadgé a appelé les « clistes » (keufs), j’ai fini en gav, mais la daronne est rentrée avec la bouffe qu’elle avait tchor. … 🙂 …


    Je ne suis jamais allé à l’école, et je ne regrette pas car j’ai fait l’école de la vie…. À 14 ans j’ai pris mon indépendance car j’allais être papa… Au début j’ai cherché un job honnête mais j’étais pas narvalo, je savais qu’avec mon âge je n’aurais pas de contrat donc j’allais dikav chez les chefs de chantiers pour savoir s’ils ne cherchaient pas de la petite main-d’œuvre au black pas chère, mais à chaque fois que je disais que je vivais sur le terrain ils m’envoyaient chier et me prévenaient que s’il manque un truc sur le chantier ils envoient les clistes ! Donc je suis allé chercher les « lovés » (argent) là où ils se trouvaient… je suis allé me servir, je me suis fait prendre et à 14 ans je suis entré en prison avant la naissance de mon fils… À cette époque-là (2004) c’était pas comme maintenant, on en prenait plein la gueule par l’administration pénitentiaire mais ils le faisaient discrètement… La loi française dit qu’un mineur incarcéré ne peut être placé au quartier disciplinaire avant 16 ans, eh bien moi je l’ai connu à 14, 15, 16, 17, 18, etc. Un voyageur, s’il veut bosser en prison c’est compliqué : soit tu galères plusieurs mois voire années pour avoir un poste convenable, soit c’est le voyageur qu’on envoie ramasser leurs poubelles, ou carrément ils te donnent rien, ce qui arrive plus souvent !


    En 2011 quand je suis sorti, un soir je me suis fait contrôler par le PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie). Quand ils m’ont vu, ils m’ont cash demandé « quelle famille », « sédentaire ou sur le camps » ? J’ai donné mon nom en pensant qu’on est connu dans le coin, ils vont faire tranquille et vite, et ben non :
    – Papiers de la bécane.
    – Je les ai pas.
    – Assurance ?
    – J’en ai pas.
    – Ça fait longtemps que t’es sorti ? Tu l’as volée ?
    – Non, elle est neuve, j’ai tous les papiers sur le terrain !
    Dans vos gueules !!! C’est un cadeau de mon vieux (paix à son âme), ils m’ont quand même plaqué contre l’auto et menotté… je leur ai dit de taper la plaque au fichier et ils verront que c’est bien la mienne !!!! J’ai fini à la gendarmerie et mon vieux a dû venir à 2h, 3h du matin pour amener les papiers.


    Ensuite en 2012, je suis condamné à 4 ans ferme pour cambriolage puis ma peine est prolongée car j’ai pris ce qu’on appelle des « peines internes », en gros ma peine est passée de 4 ans à plus de 20 ans pour des violences sur surveillant et deux prises d’otages pour essayer de me faire entendre et faire respecter mes droits ! En 2016 mon vieux est parti et la juge a refusé que je participe à la cérémonie car d’après elle « trop risqué » en « vue du nombre de famille de la communauté des gens du voyage » prévue, mais pour éviter toute frustration du détenu elle m’autorise « la mise en bière » assistée du noyau dur de la famille, mais l’escorte du PSIG en a décidé autrement ! Ils ont refusé que mes proches soient avec moi pour dire adieu à mon vieux. Quand j’ai vu ça j’ai cash compris, j’ai voulu approcher mon vieux pour l’embrasser mais les clistes m’ont chopé, jeté dans la voiture et ramené au chtar, ça a duré 5 minutes ! J’ai fini par faire une prise d’otage !


    Ici quand je vais à la douche certains ont osé me dire « on vérifie si tu voles les tuyaux en cuivre », c’est malheureux… Mais maintenant plein de voyageurs finissent en prison ou sous terre pour tchi (rien) ! Faut que l’on se réveille, faut arrêter de subir en silence ! Crions ensemble, stop au racisme contre les voyageurs(euses) et le racisme pur et simple ! Faisons-nous entendre et montrons-leur que nous ne sommes pas des statistiques et des faits divers, montrons-leur que nous sommes des êtres humains comme n’importe lesquels ! Petit message pour les gadgés : arrêtez de regarder Incroyable Vie ou Mariage des gitans, c’est du « fake », et oui, Love Story c’était plus sérieux !


    Ce que je veux dire par là c’est : ne vous arrêtez pas aux préjugés ou clichés. Nous sommes mis à l’écart de la société, à côté d’une déchetterie ou d’un cimetière, et ça ne choque personne ? Le pays du soi-disant droit de l’homme qui tente d’exterminer une minorité et tout le monde ferme les yeux ! À la place de vous tirer dans les pattes, unissons-nous toutes et tous : gitans, roms, Roms, yéniches, tsiganes, manouches, Algériens, Marocains, Tunisiens, Chinois, Gaulois, toutes celles et ceux qui subissent le racisme de l’État, faisons force unie (pacifiquement) et faisons-nous entendre ! Paix aux âmes de ceux qui nous ont quittés sous les balles ou les coups des clistes… Force et honneur à ceux et celles enfermés, on est increvables ! Le niglo la braise nous attend ! Merci d’avoir pris le temps de lire ou d’écouter cette petite lettre d’un yénich au chtar ! Dédicace à l’équipe et aussi à mon pral Ritchy ! Big up à vous, tchoums !
    ps : je conseille de lire le livre « Voleurs de poules » écrit par Ritchy Thibault, un voyageur qui se bat pour nous, je suis fier de le connaître et d’être son pral !


    Prenez soin de vous les amis, grosse pensée à toute l’équipe, on lâche rien, y’a pas d’arrangement !


    Kemi, voyageur et fier de l’être !
    Mika – 29/04/26

  • Mouvement des prisonniers au QLCO de Condé – Surenfermement des Voyageurs

    Mouvement des prisonniers au QLCO de Condé – Surenfermement des Voyageurs

    Émission de l’Envolée du vendredi 6 juin 2026

    • Discussion sur le mouvement en cours à la prison de Condé-sur-Sarthe au QLCO (quartier de lutte contre la criminalité organisée) : face aux conditions de détention infernales et malgré leur isolement, les prisonniers se mobilisent.
      Par leurs refus de cantiner, de payer les télés, de sortir en promenade, de se placer en silence sur une ligne rouge pour tout mouvement, etc., ils demandent la mise à l’écart des surveillants les plus violents et radicalisés, que les conditions de communication avec leurs proches soient un minimum possibles… Officieusement pour le moment, le directeur commence à lâcher sur quelques points. A suivre…

    –> Il est possible d’appeler l’administration pénitentiaire et de lui écrire pour lui signaler qu’on est au courant de ce qui se passe et solidaires des prisonniers et de leurs proches (quelques contacts ici)

    –> Pour en savoir plus : Émission sur les QLCO ; Communiqué des prisonniers du QLCO de Condé (janvier 2026) ; Communiqué en solidarité avec Moben et les prisonniers en lutte au QLCO de Condé (les éditions du Bout de la ville, juin 2026).

    • Criminalisation et surenfermement des Voyageurs : discussion avec Ritchie Thibault sur les logiques de surenfermement des voyageurs, les illégalismes vivriers, la criminalisation de leurs modes de vie, la surveillance et l’acharnement policier, les camps… et comment la prison et la police tuent particulièrement les Voyageurs.

    + Lecture d’une lettre de Kémi sur l’enfermement des voyageurs (à lire bientôt sur ce site).

    + Appel d’Aurélie Garand qui donne des nouvelles de son combat depuis que des policiers du GIGN ont tué son frère Angelo en 2017 : « Comme le système protège les tueurs, on est bien obligés de faire le procès du système » (Son livre a été réédité et complété d’un nouveau chapitre)

    • 8 juillet 13h30 devant le tribunal judiciaire de Paris : prises de paroles à l’occasion d’un procès contre Rithchie Thibault ; avec Aurélie Garand.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • En solidarité avec Moben et les prisonniers en lutte à la prison de Condé-Sur-Sarthe

    En solidarité avec Moben et les prisonniers en lutte à la prison de Condé-Sur-Sarthe

    Cher·es ami·es, éditeurs, éditrices, libraires, journalistes, militants et militantes associatifs, cuisiniers, cuisinières, lecteurs, lectrices,

           En novembre dernier, nous faisions paraître Mange ta peine, recettes du prisonnier l’isolement, écrit par Moben un prisonnier qui a passé onze années en quartier d’isolement. Quelques jours plus tard, nous apprenions son transfert disciplinaire à la prison de haute sécurité d’Alençon-Condé-sur-Sarthe pour y être placé au nouveau QLCO (Quartier de lutte contre la criminalité organisée). Son livre n’avait pas plu au ministère de la Justice alors en pleine campagne de communication sécuritaire (voir notre communiqué ici).

          Vous avez été nombreuses et nombreux à témoigner de votre solidarité avec Moben en achetant son livre chez des libraires qui l’ont mis en avant, en passant des commandes groupées ou en cuisinant ses recettes lors de grands banquets. La censure et les hauts murs ne parviennent jamais tout à fait à étouffer la voix d’un enfermé.

        Cela fait plus de six mois que Moben subit le régime déshumanisant de ce nouveau quartier de haute sécurité (QHS) : surveillants cagoulés 24 h/24 dont les ordres se réduisent à de simples mots : « Ligne / Bras / Reculer… » ; au sol de la cellule, une ligne rouge sur laquelle se tenir, bras en l’air dès que les surveillants en donnent l’ordre ; fouille à nu quotidienne dans des conditions extrêmes ; appels téléphoniques restreints et rendus quasi impossibles ; horaires changeant en permanence ; aucun contact physique avec les proches à cause des parloirs hygiaphones… En plus d’intensifier la torture blanche, cet isolement d’un nouveau genre laisse les mains libres aux surveillants les plus radicalisés : des prisonniers se font réveiller aux cris de « Ici, c’est chez nous ! Ici, c’est le IIIe Reich ! Les nazis, c’est nous ! ». 

         En mai, la moitié des prisonniers du QLCO ont entamé un mouvement de protestation en cessant de louer postes de télévision et frigos, en refusant de se rendre en promenade, en déposant un recours collectif. Ils exigent que soit mis fin aux abus de pouvoir répétés de certains surveillants ainsi que des aménagements de la vie en détention pour le sport, la scolarité, la pratique religieuse, les cantines et les contacts téléphoniques avec les proches, dont certain·es commencent aussi à s’organiser dehors.

         Comment accepter qu’un bébé de deux ans (« enfant de moins de 1 mètre ») soit palpé par des hommes muets et cagoulés avant de retrouver son papa derrière une vitre ?

        La contrôleuse des lieux de privation de liberté vient d’y dépêcher une visite en urgence. Tandis que quelques articles sont sortis dans la presse (Médiapart ici ou Libération ).

        Dehors nous pouvons nous aussi dénoncer ce régime expérimental qui, n’en doutons pas, préfigure le futur de l’ensemble des prisons de France. Nous pouvons nous adresser à l’administration pénitentiaire pour condamner la déshumanisation et l’indignité de ces prisons qui enferment en notre nom. Vous pouvez aussi continuer à faire connaître les recettes de Moben et nous faire parvenir des courriers, des dessins, des photos que nous lui transmettons. 

    Les éditions du bout de la ville, le 28 mai 2026
    Contact@leseditionsduboutdelaville.com
    Bout de la ville
    3 place du Champ de Mars, 09290, le Mas d’Azil



    Pour contacter la prison et l’Administration pénitentiaire :


    Centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-Sur-Sarthe
    À l’attention du directeur, 
    Monsieur Vincent Vernet

    Route du pont Percé – RD 112
    BP 850 61041 Alençon Cedex

    Tel : 02 50 51 10 00 / 02 50 51 10 11
    Mail : Sec.cp-alencon-conde-sur-sarthe@justice.fr

    ** **

    Direction interrégionale des services pénitentiaires Grand-Ouest-Rennes
    À l’attention du directeur interrégional, 
    Monsieur Pascal Vion

    18 bis rue de Châtillon
    CS 23131 35031 Rennes Cedex

     

    Tel : 02 99 26 89 00
    Mail : sve.disp-rennes@justice.fr

  • Contre l’enfermement psychiatrique et ses violences (2ème épisode)

    Contre l’enfermement psychiatrique et ses violences (2ème épisode)

    Émission de l’Envolée du vendredi 29 mai 2026

    PROGRAMME

    Cette émission fait suite aux réflexions amorcées dans l’émission du 20 mars 2026.

    Lettre d’Aurélie au Centre pénitentiaire de Rennes, au sujet des expertises psychologiques, psychiatriques et des « examens de personnalité », qu’on doit subir lors des procès, des demandes d’abaissement de période de sûreté, pour les aménagements de peine et les perm’ : « De toutes façons face à un expert, nous serons pour eux dangereux. Si seulement ils essayaient de comprendre »…. Ou comment ces psy supposément indépendants sont un rouage de la machine à enfermer.

    • La violence des « soins » : obligations de soins, chantage à la prise de médocs, effets secondaires, contention, isolement, électrochocs…
    • Le fichage : « Mon espace santé » et France travail contribuent au fichage et la divulgation des données sur les personnes psychiatrisées. Et quand le fichage des personnes hospitalisées sous contraintes (HOPSYWEB depuis 2019), déjà bien flippant, est croisé au fichage des personnes soupçonnées de radicalisation… ça fait un cocktail bien raciste.
    • Violences policières (souvent racistes) subies par les personnes psychiatrisées.
    • Maltraitances et morts suspectes dans les établissements psy (Melun, Guadeloupe…), conjuguées au défaut de soins pour d’autres pathologies (« c’est dans leur tête », évidemment).


    BREVES

    • Déjà la canicule : courage dans les fournaises pénitentiaires !
    • Zouzou est sortie sous bracelet et Pascal a enfin obtenu son transfert !
    • Fête de l’Aïd au placard : pensées à ceux et celles qui vivent chaque « fête » loin de leurs proches.

    AGENDA

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • Double peine et guerre à la drogue au tribunal – la CEDH : mécanismes et fantasmes (Tapages)

    Double peine et guerre à la drogue au tribunal – la CEDH : mécanismes et fantasmes (Tapages)

    Émission de l’Envolée du vendredi 22 mai 2026

    PROGRAMME

    Émission préenregistrée à partir du travail des camarades de la Sellette, dont on peut retrouver les chroniques d’audience, les émissions, et les analyses sur leur blog ici. La Sellette est un collectif qui observe les violences judiciaires depuis les tribunaux.

    On lit trois chronique d’audience en comparution immédiate, là où sont prononcées plus de la moitié des peines d’incarcération chaque année. Ces passages au tribunal de Toulouse montrent crûment la justice de classe et le mécanisme de la double peine avec des personnes étrangères doublement punies. On y voit aussi les conséquences quotidiennes de la guerre à la drogue menée par Darmanin et l’État avec de nombreux contrôles et inculpations pour stups pour quelques grammes de shit ou la revente de paquets de cigarettes. On peut retrouver ces chroniques ici, ici, et .

    En parlant de guerre à la drogue, un mouvement de lutte est en cours parmi les prisonniers du quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe et des proches de personnes enfermées dans ces nouveaux quartiers. On en reparle dans une prochaine émission.

    On passe ensuite la première partie de l’émission de la Sellette, Tapages, qui analyse la cour européenne des droits de l’homme (CEDH), son histoire et son fonctionnement, en discutant de situations dont celle de Kamel Daoudi, assigné à résidence par l’État français depuis 18 ans.

    « Basée à Strasbourg et instituée en 1959, la Cour veille à ce que les États signataires de la Convention européenne des droits de l’homme respectent leurs engagements. Justice internationale, la CEDH est depuis des années la cible récurrente de la droite et de l’extrême-droite, en France comme dans d’autres pays européens. Pour essayer de mesurer la portée effective des décisions rendues par la Cour, Tapage examine plusieurs affaires dans lesquelles la France a été condamnée. Ce mois-ci, la liberté d’expression avec l’affaire Jean-Marc Rouillan. »

    on peut retrouver l’émission sur leur site ici.

    AGENDA

    Week-end national des luttes contre les violences carcérales à Lyon le 29, 30 et 31 mai à l’Île égalité le vendredi et le samedi et manifestation le dimanche à 15h place Bellecour.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • « Mon chagrin doit se transformer en action et en lutte » – Contre-enquête des proches d’Idir Mederres sur sa mort au mitard de Lyon Corbas

    « Mon chagrin doit se transformer en action et en lutte » – Contre-enquête des proches d’Idir Mederres sur sa mort au mitard de Lyon Corbas

    A l’occasion des journées nationales contre les violences pénitentiaires qui auront lieu du 29 au 31 mai (+ d’infos à venir) nous republions cet article paru dans le journal l’Envolée n°64, qui résume la contre-enquête réalisée par les proches d’Idir.

    Idir est mort à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas le 9 septembre 2020. Ses proches n’ont jamais cru à la version de l’administration pénitentiaire (AP) qui leur a dit que c’était un suicide : il devait sortir deux semaines plus tard, et il avait expliqué qu’au quartier disciplinaire (QD), il était maltraité par certains agents. Najet, sa mère, a immédiatement porté plainte pour meurtre et créé l’association Idir espoir et solidarité, qui mène un combat pour la vérité, contre les violences pénitentiaires et pour la fermeture des mitards. Après avoir bien laissé traîner l’enquête, la juge d’instruction a fini par rendre un non-lieu en juin 2025, abandonnant toute poursuite au prétexte du manque d’éléments. Les proches ne se sont pas laissé abattre : ils ont fait appel, mais surtout, en septembre 2025, lors d’un week-end de commémoration (lien), ils ont publié une contre-enquête démontrant le manque de sérieux de l’enquête qui n’a visé qu’à valider la version officielle.

    Contre-enquête sur la fabrique du non-lieu

    Dans un mémoire présenté en conférence de presse, les proches d’Idir et leur avocat, Olivier Foray, ont rendu publics les éléments qui permettent d’affirmer que ce non-lieu est typique des façons dont la justice étouffe la vérité dans les affaires de violences d’État. On voit que les trois juges qui se sont succédé à l’instruction ont tous et toutes ignoré l’obligation d’enquêter en cas de mort suspecte en détention, et soigneusement mis de côté tout ce qui aurait pu incriminer l’administration ou ses agents. Avant de prononcer le non-lieu, la troisième juge d’instruction a refusé de nombreuses demandes de l’avocat des parties civiles : à quoi bon enquêter puisqu’on a déjà décidé de l’issue ? Le travail de décryptage de l’association permet de dénoncer la machine à blanchir les uniformes en cas de violences policières et pénitentiaires. Cette machine s’est mise en marche dès la mort d’Idir : les gendarmes appelés pour les premières constatations travaillent avec les surveillants de Corbas au quotidien, ils risquaient pas de les dénoncer…

    Témoins inutiles ou ignorés, voire bâillonnés

    Le 6 octobre 2020, un prisonnier a publié sur les réseaux une vidéo dénonçant les violences subies au mitard par Idir et un compagnon de galère ; ce dernier les lui avait racontées lors d’une brève sortie du QD. La juge n’a pas daigné entendre ces témoins clés ni même essayé de les identifier. Elle a auditionné une surveillante absente le jour des faits, mais ceux qui étaient là le 9 septembre n’ont pas tous été identifiés ni entendus. Ainsi, le surveillant du matin n’a pas été auditionné alors qu’« on le voit paniqué sur la vidéo, multipliant les allers-retours ».

    Ça traficote la vidéosurveillance OKLM

    Les proches d’Idir ont constaté de nombreuses incohérences entre les déclarations des surveillants, les relevés d’interphonie et les images de vidéosurveillance – d’ailleurs saisies seulement dix jours après les faits. La vidéo censée montrer le mitard et l’intervention des surveillants le 9 septembre 2020 comporte des anomalies flagrantes ; la juge l’a pourtant retenue comme authentique. Aucun des nombreux points soulevés par la partie civile n’a été pris en compte par l’instruction. Un surveillant a soutenu qu’il était passé à 15 h 20 et qu’il avait vu Idir debout derrière la grille de sa cellule, mais ce n’est pas sur les images. Une porte opportunément ouverte juste devant la caméra masque largement les allées et venues, mais on voit tout de même passer cinq ou six surveillants, ce qui est inhabituel. Un chariot qui surgit comme par magie, une porte qui bouge toute seule… tout ça suggère qu’il y a eu montage. Le mémoire souligne qu’« une cheffe de quartier est visible en train de rire devant le corps d’Idir avec un autre surveillant, ce qui pose des questions graves d’éthique, de respect du défunt, et confirme un climat d’impunité ».

    Une autopsie qui pose question

    À la morgue, Najet a vu de ses propres yeux des hématomes sur le corps de son fils, et elle les a photographiés. Le rapport du médecin légiste n’en fait pourtant aucune mention alors qu’un médecin indépendant a confirmé que les traces visibles sur les photos suggèrent des coups. Il a aussi relevé des incohérences majeures dans le rapport d’autopsie : les traces de strangulation ne sont pas caractéristiques d’un suicide par pendaison, et la description du corps suggère qu’il était allongé depuis longtemps quand il a été découvert. Le décès a été constaté vers 17 h 20 lors d’une ronde. Comme le geste élémentaire de prendre la température du corps n’a pas été effectué lors de la constatation médico-légale, l’heure du décès est estimée entre 5 heures du matin et 17 heures ! Cette imprécision interdit tout recoupement avec les autres éléments et empêche d’établir qui était présent lors de la mort d’Idir.

    C’est pas fini

    La contre-enquête apporte plus de questions que de réponses, mais elle démontre au moins que c’est une instruction outrageusement bâclée qui a conduit en juin 2025 à l’ordonnance de non-lieu contre laquelle les proches d’Idir ont fait appel. Ils savent que comme de nombreux collectifs mobilisés suite à des violences d’État, ils devront attendre des années un appel – à huis clos, pour que la maltraitance judiciaire reste invisible au public – qui confirmera le non-lieu, avant de saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui finira peut-être par condamner la France. Comme l’a déclaré leur avocat : « si l’enquête sur la mort d’Idir risque de ne jamais aboutir, les mobilisations collectives permettent que le combat de Najet ne soit pas vain ».

    Article complet dans l’Envolée n°64 – écoute audio du journal ici

    Écoutez une émission spéciale de l’Envolée sur les mobilisations de l’association Idir espoir et solidarité ici.

  • Gamelle empoisonnée à Moulins – Prisonniers surexploités et sans droit du travail – Encore un mouvement de m… qui bloquent les prisons

    Gamelle empoisonnée à Moulins – Prisonniers surexploités et sans droit du travail – Encore un mouvement de m… qui bloquent les prisons

    Émission de l’Envolée du vendredi 1er mai 2026

    PROGRAMME

    On lit un communiqué de proches de prisonniers du quartier maison centrale (QMC) de Moulins-Yzeure qui dénonce des gamelles moisies et donc empoisonnées, mettant en danger la santé des personnes enfermées. On en profite pour rappeler l’importance de la bouffe pour tenir en détention comme le montrent bien les bouquins Mange ta peine et Un peu de bon sens que diable !, tous les deux gratuits pour les prisonniers et les prisonnières, n’hésitez pas à nous les demander. On peut retrouver le communiqué sur notre site ici.

    A l’occasion du 1er mai, on revient sur la surexploitation des prisonniers et des prisonnières qui triment derrière les barreaux pour des salaires de misère, sans protection sociale ni aucun droit du travail. A l’intérieur, le taff sert de carotte pour obliger celles et ceux qui en dépendent – pour améliorer la gamelle ou faire bonne figure pour une demande d’aménagement – à se tenir à carreau vu qu’on peut te le retirer au moindre compte rendu d’incident (CRI). Mais en plus dehors, des entreprises affichent leur fibre sociale en revendiquant d’employer des détenu.es (pour 30% du SMIC).

    Lundi 27 avril, à l’appel de plusieurs syndicats de surveillants pénitentiaires, les matons ont bloqué plusieurs dizaines de prisons. Si on a pu faire croire dans les médias qu’ils protestaient contre la surpopulation, il ne faut surtout pas croire à un quelconque humanisme chez ces portes-clefs : ils veulent juste des meilleures conditions, ce qui veut dire plus de moyens et moins de taf. Et comme d’hab ils ne bloquent ni la DAP ni le ministère mais bien des milliers de prisonniers et de prisonnières et leurs proches qui passent une journée sans cantine, parfois sans promenade ni mouvement.

    En attendant le surenfermement de la population est bien réelle : 5000 personnes de plus en taule en un an. Pas très surprenant quand on voit le rythme actuel des lois sécuritaires.

    On en profite pour relire des textes de l’intérieur écrits lors de précédents blocages de matons :

    AGENDA

    Procès du 8/12 : Du 4 au 7 mai se tient la première vague du procès en appel de sept personnes condamnées dans le cadre de  procédures antiterroristes en  décembre 2023, notamment à des peines de prison ferme, à du fichage au niveau européen et à des interdictions de communication. Un appel à soutien a été lancé : rendez-vous tous les matins, du 4 au 7 mai, à la cour d’appel sur l’Île de la Cité, dès 9 h, pour assister au procès. Vous retrouverez la cagnotte de solidarité crée pour occasion sur le site de l’envo ! https://www.helloasso.com/associations/l-asso-lulle-de-feu/collectes/cagnotte-de-soutien-aux-inculpe-es-du-8-decembre Pour suivre l’actu : https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/

    8-9 mai : Vous avez sûrement déjà vu les images de la parade néofasciste réunissant des militants venus de toute l’Europe dans les rues de Paris. Elle se déroule chaque 9 mai en hommage à un militant néofasciste. Pour riposter, un village antifasciste se tiendra le 8 mai de 14 h à 19 h sur la place du Panthéon dans le 5e. Le 9 mai, jour de la parade néofasciste, une manifestation est prévue à 14 h au métro Saint-Michel.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.