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  • L’AP donne l’exemple : mensonge, violence et contournement du droit – Mobilisation hommage à Dylan, tué par un agent de la BAC en civil

    L’AP donne l’exemple : mensonge, violence et contournement du droit – Mobilisation hommage à Dylan, tué par un agent de la BAC en civil

    Émission de l’Envolée du vendredi 4 septembre 2026.

    AU PROGRAMME :

    « Des surveillants de la centrale de Moulins-Yzeure poussent un prisonnier au suicide », puis l’administration pénitentiaire (AP) le punit pour ça… et délégitime ses revendications : lecture d’une lettre de Kémi et d’un texte de ses proches.

    Lettre de Laurent, à la Maison centrale d’Arles : quel sens a l’enfermement, quand l’exemple donné par les représentants de la justice est la violence, le mensonge et le non-droit ? Laurent critique les longues peines, l’isolement, les fouilles à nues, le contournement permanent des lois par l’AP… Un débat suit sur l’idée selon laquelle les prisonniers coûteraient de l’argent au contribuable : selon nous c’est l’État qui dépense le fric dans la répression tout en massacrant nos droits sociaux, et les prisonniers ne sont que des boucs-émissaires.

    – Laurène présente la mobilisation depuis la mort de son frère entre les mains d’un policier de la BAC en civil, le 5 septembre 2025 à Pontoise. Alors qu’il se rendait suite à un braquage, Dylan a subi, longuement, la même technique de pliage (bien connue pour être mortelle) qui a tué Georges Floyd et Lamine Dieng. Depuis, ses proches animent un comité pour établir vérité et justice.

    Annonce d’une mobilisation pour le 5 septembre et discussion avec Fatou du comité Vérité et justice pour Lamine Dieng, et du Réseau entraide vérité et justice.

    –> plus d’infos sur les pages « Justice pour Dylan » sur Insta, TikTok et FB.

    Mobilisations les 19 et 20 septembre contre le projet de loi « permis de tuer » pour la police : avec cette loi, un cap serait franchi et les policiers n’auraient même plus à rendre des comptes quand ils tirent… déjà qu’ils étaient plutôt peinards en cas de décès entre leurs mains.

    AGENDA

    Samedi 5 septembre : Rassemblement en hommage à Dylan – 13h gare de Pontoise

    Dimanche 6 septembre à 14h devant la mairie de Margny-lès-Compiègne (60) : Marche vérité et justice pour Paul Tancre, dit Lapin, tué lors d’une intervention de la police municipale dans l’Oise. Plus d’infos sur la page instagram de Ritchie Thibault.

    Justice pour El Hacen Diarra : soirée de soutien pour sa famille, le 5 septembre à partir de 16h, au Chair de Poule, 141 rue Saint-Maur, Paris 11ème.

    Samedi 12 septembre : commémoration pour Idir, mort au mitard de la prison de Lyon-Corbas. Occupation festive de la place Mazagran à Lyon 7ème, de 17 à 20h. (Plus d’infos : page instagram noussommesidir69)

    … Et réservez les 16 et 17 octobre, pour causer avec l’Envolée et ses invité-e-s, à Montreuil… contre les QLCO, la torture carcérale et la fascisation générale !

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • Les 16 et 17 octobre 2026 : Contre la torture en prison

    Les 16 et 17 octobre 2026 : Contre la torture en prison

    JOURNÉES DE DISCUSSIONS CONTRE LES QLCO à Montreuil.

    Texte de présentation :

    Les 16 et 17 octobre 2026, le collectif anticarcéral de L’Envolée invite à un week-end de discussions contre les QLCO (quartiers de lutte contre la criminalité organisée) : de nouveaux quartiers de haute sécurité qui durcissent encore l’appareil répressif. L’Envolée et ses invité.es – ancien·nes prisonnier·es, proches, militant·es associatif·ves, avocats… – proposent de faire entendre la voix sans cesse réduite au silence des prisonnier·es, pour comprendre ensemble de quoi la prétendue « guerre au narcotrafic » est vraiment le nom, et pour imaginer ensemble les moyens de lutter contre les QLCO.

    En avril 2025, le vote à la quasi-unanimité de la loi « Narcotrafic » s’est accompagné d’un méga battage médiatique autour de la prétendue « mexicanisation de la France », incarnée par l’image du grand méchant trafiquant. Encore une figure du monstre qui aggrave la stigmatisation raciste, l’enfermement massif des plus précaires et l’allongement de toutes les peines. Non seulement cette loi renforce l’extension tous azimuts des pouvoirs de la police, de la justice et de l’administration pénitentiaire, mais elle instaure un nouveau régime de détention : les quartiers de lutte contre la criminalité organisée.

    Depuis l’ouverture du premier QLCO à Vendin-le-Vieil en juillet 2025, le ministre de la justice et ses complices se félicitent de la sévérité du traitement infligé aux enfermés. Torture de l’isolement poussée à l’extrême, déshumanisation des prisonniers et des proches, surveillants cagoulés en permanence : tel est le quotidien dans ces quartiers ouvertement destinés à faire souffrir le plus possible. Au QLCO de Condé-sur-Sarthe (ouvert en octobre 2025), les matons entonnent des chants racistes et brutalisent les prisonniers ; sur le mur d’une salle des gradés, on peut lire : « Si tu parles, c’est que tu respires ! », en référence à la suffocation provoquée par les techniques de « pliage ». Difficile d’imaginer que ça va mieux se passer au QLCO de Réau (ouvert en août 2026), et bientôt à Valence et Aix-Luynes…

    Dès l’ouverture de Vendin et de Condé, les prisonniers et leurs proches ont cherché à faire entendre par tous les moyens qu’un cap avait été franchi en termes de torture carcérale. Malgré la rigueur du dispositif, les prisonniers se sont organisés collectivement pour faire sortir des communiqués, inonder les coursives et entamer ensemble des grèves de la faim. En mai dernier, les prisonniers de Condé ont mené un mouvement de blocage pendant plus de quinze jours, et leurs proches ont publié un texte pour dénoncer des humiliations systématiques (voir aussi ici et nos émissions radio de 2025-2026). En juin, des prisonniers ont déposé une plainte groupée pour violences et harcèlement ; quelques jours plus tard, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié un rapport accablant faisant état de « violences systémiques » au QLCO. C’est dans ce contexte que le tribunal de Caen a fini par rendre le 18 juillet une ordonnance intimant enfin au ministère de faire cesser certaines de ces pratiques déshumanisantes.

    En fait, c’est le sort de tous les prisonnier·es qui dépend de ces bagarres contre les QLCO, car les pratiques mortifères de ces quartiers sont déjà en train de contaminer toutes les autres prisons. Tandis que dehors on parle de fascisation, les prisonniers des QLCO et leurs proches vivent déjà le fascisme. Se battre à leurs côtés, c’est lutter contre le glissement de toute la société.

    Y a pas d’arrangement !

    (mis à jour le 4 septembre)

    VENDREDI 16 OCTOBRE – 19h

    Présentation du livre « Crever le silence : Comité d’action des prisonniers, 1972-1980 ».

    Lieu : Librairie Michèle Firk (9 rue François Debergue, Montreuil)

    SAMEDI 17 OCTOBRE – dès 13h

    Deux discussions animées par l’Envolée et ses invité.e.s :

    14h – Derrière la guerre aux narcotrafiquants, la guerre aux quartiers

    Avec : Fabrice Olivet, militant de ASUD (association auto-support des usagers de drogues) et auteur de « Guerre à la drogue, guerre raciale ? » ; une ancienne prisonnière ayant subi le régime carcéral « 41 bis » italien, qui a inspiré les QLCO ; Libre Flot, prisonnier ayant subi le régime d’isolement en France pendant sa détention préventive.

    16h – La bagarre contre les QLCO

    Avec : des paroles de prisonniers du QLCO et de leurs proches, sur le fonctionnement de ces quartiers et les mouvements de protestations qu’ils ont menés ; un avocat qui mène des actions en justice contre les QLCO ; interventions d’anciens prisonniers sur l’isolement et ses évolutions.

    19h – Repas à prix libre,

    de la cantine des Pyrénées

    20h – « Dans l’ombre, la lumière »

    Spectacle de Khaled Miloudi et Raphaël Goldman

    22h-0h – DJ set : Manu Makak

    Lieu : La Parole errante, 9 rue François Debergue, 93100 Montreuil – Métro 9 (Croix de Chavaux)

    Entrée gratuite.

  • Moben est sorti de l’enfer du QLCO !

    Moben est sorti de l’enfer du QLCO !

    Communiqué des éditions du bout de la ville, 29 août 2026. Première décision de justice exigeant la sortie d’un prisonnier du QLCO !

    Nous avons le soulagement, la joie, de vous annoncer que, le 19 août dernier, Moben a quitté le QLCO (Quartier de lutte contre la criminalité organisée) d’Alençon-Condé-sur-Sarthe où il avait été transféré en novembre 2025 pour avoir osé écrire un livre, Mange ta peine, recettes du prisonnier à l’isolement. Son livre n’avait pas plu au ministère de la Justice, alors en pleine campagne de communication sécuritaire et de promotion de ces quartiers expérimentaux censés « vaincre le narcotrafic » (voir nos précédents communiqués ici et ).

    Son retour au quartier maison centrale de Moulins-Yseure fait suite à une ordonnance du tribunal administratif de Paris, statuant en urgence, datée du 3 août 2026. Cette décision a suspendu les effets de la décision du Ministre de la Justice de placer Moben en QLCO et lui a donné l’obligation de le réaffecter à Moulins-Yzeure dans un délai de quinze jours.

    Trois juges ont retenu qu’il y avait bien urgence à suspendre cette décision en raison :

    • de la situation à la prison de Condé-sur-Sarthe et des traitements inhumains et dégradants auxquels y sont soumis les détenus ;

    • de l’atteinte portée à la vie privée et familiale de Moben, du fait de l’absence d’unités de vie familiale et de l’impossibilité d’appeler ses proches plus de deux heures par semaine ;

    • du manque absolu d’activités proposées en détention et de possibilités de travailler, ainsi que la remise en cause du projet d’aménagement de peine qu’il avait construit dans son précédent lieu de détention.

    Les juges ont ensuite retenu qu’aucun élément présenté par le ministre de la Justice n’était de nature à établir que Moben entretiendrait des liens avec la criminalité organisée depuis sa dernière condamnation pour des faits commis il y a plus de dix ans.

    Cette décision intervient alors que ces quartiers expérimentaux ont été largement contestés et dénoncés sur différents fronts ces derniers mois : pendant plus de quinze jours, au mois de mai, les prisonniers ont mené un courageux mouvement de blocage tandis que leurs proches publiaient un communiqué dénonçant les humiliations qu’ils et elles subissent ; en juin, six prisonniers ont déposé une plainte groupée à l’encontre de la direction et des personnels pour violences et harcèlement moral ; à quelques jours d’intervalle, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) publiait en urgence un rapport accablant qui dénonçait des « violences systémiques » au sein du QLCO.

    S’appuyant sur ces différents éléments, le tribunal de Caen publiait le 18 juillet une ordonnance qui intimait aux ministères de faire cesser les agissements et pratiques déshumanisantes.

    Torture de l’isolement, pratiques arbitraires et dégradantes, humiliations des proches : tel est le quotidien de ces nouveaux quartiers dédiés tout à fait officiellement à la plus grande souffrance possible des prisonniers. Les surveillants y revendiquent leurs opinions suprémacistes et mettent à nu le seul projet politique de l’extrême droite : le spectacle de la cruauté, la punition, la haine raciste… la mort. Au mur d’une salle des officiers, cette terrible formule : « Si tu parles, c’est que tu respires ! »

    La décision qui permet à Moben de quitter cet enfer fascisant est d’autant plus importante qu’elle est la première à avoir une issue positive, mais aussi car elle se base pour l’essentiel sur des éléments qui pourront être mobilisés par d’autres prisonniers.

    Un an après la création de ces nouveaux quartiers de haute sécurité, les prisonniers et leurs proches ne sont pas décidés à garder le silence. En nous tenant à leurs côtés, nous vous invitons à poursuivre la bataille contre les QLCO dont la logique mortifère et les pratiques sont déjà en train de contaminer l’ensemble des détentions en France (voir ici).

    Les éditions du bout de la ville, le 26 août 2026

    Pour en savoir plus :

    La recette ultra-simple : un gâteau basque sans four.

    Mange ta peine, les recettes d’un prisonnier à l’isolement, livre de MOBEN et Gaëlle Hoarau.

    La prison bâillonne ! (émission Au poste !)

  • De la torture carcérale à la fascisation générale : Y A PAS D’ARRANGEMENT !

    De la torture carcérale à la fascisation générale : Y A PAS D’ARRANGEMENT !

    Du 16 au 18 octobre 2026, trois jours de rencontres pour les 25 ans de L’Envolée

    à la Parole errante (Montreuil, 93)

    À l’occasion de leur vingt-cinq ans d’existence– et d’agitation –, le journal et l’émission de radio pour en finir avec toutes les prisons de L’Envolée vous invitent à un week-end de discussions contre les QLCO, les quartiers de lutte contre la criminalité organisée.

    Il y a un an, le ministre de la justice a fait beaucoup de bruit autour de l’ouverture des premiers de ces quartiers d’isolement à grande échelle, à Vendin-le-Vieil et à Condé-sur-Sarthe. Les prisonniers et leurs proches ont très vite cherché à faire entendre par tous les moyens qu’un cap avait été franchi en termes de torture carcérale.

    L’Envolée et ses invité·es proposent trois journées pour discuter de ce durcissement de l’appareil répressif, pour comprendre de quoi la prétendue « guerre au narcotrafic » est le nom, pour faire résonner la censure de la parole des prisonnier·es avec celle qui est imposée à certaines luttes sociales du dehors, pour saisir ensemble en quoi la déshumanisation des personnes enfermées nous renseigne sur la fascisation de nos sociétés.

  • DES SURVEILLANTS DE MOULINS-YZEURE INCITENT AU SUICIDE

    DES SURVEILLANTS DE MOULINS-YZEURE INCITENT AU SUICIDE




    Alors qu’il entame sa quinzième année de prison, Mickaël Gilgenmann continue à subir l’acharnement de l’administration pénitentiaire (AP) et des surveillants de la prison de Moulins-Yzeure. Après de nombreuses années en prison, et alors qu’il est aménageable depuis plus de cinq ans, aucune perspective de sortie n’est envisageable, tant que Mickaël reste enfermé en maison centrale plutôt qu’en centre de détention (prison aux mesures moins sécuritaires) et inscrit au répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS).

    Dans la nuit du 3 au 4 août 2026, notre ami Mickaël a fait une tentative de suicide quelques heures après qu’un des surveillants de Moulins-Yzeure lui a dit : « vas-y fous toi en l’air, t’as plus que ça comme solution ».
    Mickaël n’est pas suicidaire et n’a pas envie de mourir. Les maltraitances et la violence qu’il subit au sein de la prison de Moulins-Yzeure l’ont amené à s’ouvrir les bras, le ventre et à faire une tentative de suicide. Il n’avait jamais attenté à sa vie jusqu’ici.

    La direction et les surveillants de Moulins-Yzeure lui refusent des soins décents en l’abandonnant dans sa cellule alors qu’il est blessé, ou en le recousant sans anesthésie.

    Ils l’empêchent de prendre des douches et d’aller en promenade.

    Ils l’isolent en coupant de façon intempestive ses appels sur la cabine.

    Ils l’infantilisent et le menottent à chaque mouvement.
    Ils l’humilient avec des propos racistes à l’encontre des Voyageurs.

    Ils lui refusent un transfert vers un centre de détention.

    Ils n’ont jamais demandé sa désinscription au registre des DPS, contrairement à ce qu’ils promettent depuis un an.

    Ils utilisent des motifs bidons tels qu’un dessin d’hélicoptère dans l’un de ses courriers pour prolonger de telles mesures.

    Ils donnent des coups de pied dans la porte de sa cellule pour l’empêcher de dormir la nuit.

    Ils ne lui délivrent pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance.

    Ils ne prennent aucun rendez-vous médical pour la pose de ses prothèses auditives, malgré une prescription médicale hospitalière urgente en ce sens.

    Ils veulent le laisser devenir sourd, alors que c’est le coup de pied d’un maton dans son tympan qui a provoqué sa surdité.

    Ils lui nient sa dignité.
    Et suite à tout ça, il a failli mourir.

    Nous tenons et tiendrons entièrement responsable la prison Moulins-Yzeure de toute éventuelle atteinte à la santé et à l’intégrité physique et mentale de Mickaël.

    Mickaël Gilgenmann exige :

    – la fin de toutes les brimades et humiliations que les surveillants de la prison de Moulins-Yzeure lui font subir, ainsi qu’aux autres prisonniers ;

    – que la direction de la prison de Moulins-Yzeure et l’administration pénitentiaire respectent leurs engagements ;

    – la levée de son statut DPS ;

    – son transfert vers un centre de détention.

    Des proches de Mickaël Gilgenmann

    P.-S. : Nous invitons toute personne à manifester son soutien auprès de Mickaël en envoyant un courrier à la direction de l’administration pénitentiaire. Ci-dessous leur adresse et, si besoin, un modèle de lettre à leur faire parvenir.

    Direction de l’administration pénitentiaire

    13, place Vendôme

    75042 Paris Cedex 1

    Objet : Alerter de toute urgence sur le risque vital encouru par M. Mickaël Gilgenmann

    Madame, Monsieur,

    Je vous écris car, en tant que proche ami de M. Mickaël Gilgenmann, je suis aujourd’hui particulièrement préoccupé par sa situation. Il est actuellement incarcéré à la prison de Moulins-Yzeure.

    M. Gilgenmann est incarcéré depuis 2012. Sa date de sortie est fixée à janvier 2032. Il entre dans sa quinzième année d’emprisonnement et, bien qu’il n’ait jamais été condamné par une cour d’assises, aucune réelle perspective de réinsertion ne lui a jamais été proposée. Cela fait plus de cinq ans qu’il pourrait en principe bénéficier d’un aménagement de peine.

    Pourtant, il y a un an, la direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure s’était formellement engagée auprès de M. Gilgenmann à envisager son transfert vers un centre de détention et sa désinscription du répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS). Ces deux promesses ne se sont jamais concrétisées ; or vous n’êtes pas sans savoir que le statut DPS et le maintien en maison centrale plutôt qu’en centre de détention ne peuvent que peser très défavorablement sur le parcours d’exécution de peine d’un prisonnier et sur ses démarches de réinsertion. M. Gilgenmann a déjà passé de très nombreuses années en maison centrale sous le statut DPS. Les faits qui lui sont reprochés à l’appui de ces mesures spécifiques à son encontre sont anciens, et M. Gilgenmann n’a aucune raison de récidiver.

    De plus, le personnel pénitentiaire du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure provoque systématiquement M. Gilgenmann. Les brimades, humiliations et vexations sont quotidiennes : l’accès à la douche lui est refusé, il fait l’objet de remarques discriminatoires à l’encontre des gens du voyage, la nuit les surveillants donnent des coups dans la porte de sa cellule pour l’empêcher de dormir, on ne lui remet pas les médicaments qui lui sont pourtant prescrits par ordonnance, ses communications depuis la cabine téléphonique sont interrompues par des coupures intempestives, aucun rendez-vous médical n’est prévu pour la pose de ses prothèses auditives malgré une prescription médicale hospitalière en ce sens, etc.

    M. Gilgenmann a alerté les chefs de détention et la direction du centre pénitentiaire, mais ses signalements n’ont été suivis d’aucun effet. À la fin du mois de juillet et au début du mois d’août 2026, M. Gilgenmann s’est automutilé, et ses blessures nécessitaient la pose de points de suture sur ses bras et son ventre ; ce qui n’a été fait que partiellement et sans anesthésie. Dans la nuit du 3 au 4 août, quelques heures après qu’un surveillant lui a dit : « Vas-y, fous-toi en l’air, t’as plus que ça comme solution », il a fait une tentative de suicide. Jusqu’à ce jour, il n’avait envisagé d’attenter à sa propre vie à aucun moment de son parcours en détention.

    Il convient de rappeler que M. Gilgenmann a entamé le 26 janvier 2026 une grève de la faim et de la soif qu’il n’a interrompue qu’après que la direction de Moulins-Yzeure a renouvelé sa promesse d’envisager la levée de sa gestion isolée et de son inscription au répertoire DPS, et un transfert en centre de détention. Vous ne pouvez ignorer ces faits que nous avons déjà porté à votre connaissance sur le moment.

    En tant que proche de M. Gilgenmann, je suis tout à fait conscient de l’impasse dans laquelle la direction et le personnel du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure le place en toute connaissance de cause ; il va donc sans dire que je considérerai l’administration pénitentiaire pleinement responsable de toute atteinte à sa dignité, à sa santé et à son intégrité physique et mentale.

    Par la présente, M. Gilgenmann et moi-même rappelons la direction du centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure et, par voie de conséquence, la direction de l’administration pénitentiaire, à leurs propres engagements.

    En vous remerciant par avance pour l’attention que vous voudrez bien porter à ce sujet grave, et dans l’attente d’actes clairs et rapides de votre part,

    Cordialement,

  • La répression acharnée à Moulin-Yzeure

    La répression acharnée à Moulin-Yzeure

    Mickaël Gilgenmann, prisonnier à la centrale de Moulins-Yzeure, a été appelé à témoigner lors du procès de Ritchy Thibault le 8 juillet dernier. L’administration pénitentiaire s’était engagé à fournir les moyens pour réaliser son témoignage en visioconférence depuis la prison. Cependant, Mickaël n’a finalement pas été autorisé à témoigner. Imaginant une censure possible car celle-ci est quotidienne en prison, il s’était assuré que sa parole puisse être entendue en cas d’annulation. Le témoignage de Mickaël avait été recueilli en amont durant un appel téléphonique avec Ritchy.

    Le procès a été reporté et le témoignage de Mickaël n’a pas pu être écouté lors de celui-ci. Pourtant l’administration pénitentiaire a tout de même décidé de couper la ligne téléphonique entre Ritchy et Mickaël (étant sur écoute), de le convoquer au prétoire (pour lui donner 10 jours de confinement sans télé ni plaque chauffante) et de lui adresser trois Compte-Rendu d’Incident (CRI) dont deux pour « propos outrageants à l’encontre du président de la République et incitation à la rébellion », sur la base du témoignage qu’il n’a pas pu diffuser.

    Le personnel pénitentiaire a par la suite décidé de ne plus donner à Mickaël les médicaments dont il avait besoin, en dépit de l’ordonnance médicale dont il dispose. Il coupe également les appels téléphoniques sur sa cabine en prétextant des coupures d’électricité. Le personnel pénitentiaire l’humilie à chaque mouvement et l’empêche d’accéder à la douche. Pour finir, il le réveille chaque heure de la nuit pour l’empêcher de dormir.

    En outre, la prison de Moulins-Yzeure continue de servir aux prisonniers des gamelles avec de la nourriture avariée bien que cela ait été signalé depuis plusieurs mois.

    Suite à cet acharnement, Mickaël s’est ouvert le ventre. Il est arrivé au médical menotté dans le dos et c’est seulement à sa demande que le médecin les a enlevé pour le soigner. Il a été recousu sans anesthésie. Quelques jours plus tard, il s’est à nouveau ouvert le bras. Il a refusé d’être recousu car aucune anesthésie digne de ce nom lui a été proposé.

    Face au racisme, à la répression abusive et la censure, nous ne nous tairons pas ! Que la silenciation de tous les prisonniers et la violence qu’ils subissent au quotidien cesse.

    Tout notre soutien va aux voyageurs, aux prisonniers longue peine et à celles et ceux qui ne se laissent pas faire !

    Nous appelons toute personne révoltée par la situation actuelle à contacter la prison :

    Tél. : 04.70.35.15.00
    Adresse : Direction du Centre pénitentiaire de Moulins-Yzeure, 21 rue de
    Millepertuis, BP 24, 03401 Yzeure Cedex
    Mail : sec.cp-moulins@justice.fr

    Nous partageons ci-dessous le témoignage de Mickaël :

    « Alors bonjour je me présente je m’appelle Kemi, je suis détenu à la centrale de Moulins-Yzeure et j’ai été cité à témoigner au procès de M. Ritchy Thibault, mais comme à son habitude, la soi-disant Justice a tapé fort pour essayer de me censurer. Et oui ! On m’empêche de témoigner car je suis voyageur, longue peine, et en plus, je suis revendicard. Je prends la parole pour dénoncer le racisme, la répression abusive, et la censure, dont nous, personnes racisées, faisons l’objet dans ce pays. J’étais censé témoigner en visio mais la centrale de Moulins-Yzeure est soi-disant dans l’incapacité de le faire. Aujourd’hui, ils vont juger un homme pour ses opinions politiques et parce qu’il a osé défier ce que vous appelez l’État français. Et quand Macron dit qu’il emmerde les Français, rien ne se passe. Et quand il apporte son aide à Israël pour bombarder des écoles à Gaza, rien ne se passe. Par contre, vous sortez toute l’artillerie judiciaire pour juger des hommes, des femmes, ou des ados parce que voyageurs, noirs ou arabes. En 2026, quand on arrive dans une commune, on peut encore malheureusement lire des affiches avec écrit dessus « Interdit aux gens du voyage », c’est du racisme pur et simple. Combien de jeunes arabes sont abattus par la police ? Combien de jeunes voyageurs sont abattus par la police ? Et combien de noirs également sont abattus par la police sans que justice soit rendue ? Beaucoup trop. Combien de femmes et d’enfants sont assassinés et violés sans que la justice ne soit rendue également ? Combien de personnes racisées sont enfermées pour de longues années ? Beaucoup trop. Et aujourd’hui vous gaspillez l’argent des Français pour juger un homme qui ne fait que dire ce qui ne va pas dans ce pays. Aujourd’hui c’est du théâtre politico-judiciaire ce que vous faites. Mais nous on dit stop, stop à cette mascarade. Stop au racisme et stop à l’immunité accordée aux politiciens et à leur bras armé qui assassine nos mères, nos pères et nos frères et sœurs. Aujourd’hui nous sommes un pays qui pratique la dictature dissimulée. Ceux qui gouvernent font tout pour que les personnes racisées soient considérées comme des moins que rien, et ravitaillent Israël […] pour assassiner du musulman. Nous voyageurs, aujourd’hui, nous levons pour dénoncer ce que nous subissons tous les jours. Nous sommes des êtres humains, mais l’État macroniste nous considère comme du bétail à parquer à côté des déchetteries. Réveillons-nous, levons le poing et envahissons les rues pour crier notre mécontentement et faire chuter ce gouvernement qui ne cherche qu’à faire du chiffre et à remplir ses statistiques méprisantes et truquées ! Quand un politicien est condamné à plusieurs années de prison, il n’en fait que quelques mois. Quand une mère de famille a volé à manger pour faire manger ses enfants, elle fait sa peine au maximum et doit fermer sa bouche. Aujourd’hui, un flic peut assassiner un ado et devenir millionnaire grâce à des politiciens qui, soi-dit en passant, sont des fachos revendiqués. Oui, l’État et la police tuent, oui, l’État et la police sont racistes. L’État français place l’argent avant l’être humain. En France, on peut tenir des propos choquants, humiliants, envers des personnes racisées. Mais on n’a pas le droit de dire ce qu’on pense du gouvernement. Le président peut dire qu’il emmerde ses électeurs, mais le simple citoyen n’a pas le droit de dire ce qu’il pense sous peine d’être assassiné ou enfermé. Je termine en disant, ou plutôt en criant : Free Palestine ! Sauvons Gaza ! Ne laissons aucun politicien corrompu choisir pour nous, dicter notre vie et retirons-leur le permis de tuer. »

  • « Repose en paix Papy, tu as enfin quitté ces quatre murs… »

    « Repose en paix Papy, tu as enfin quitté ces quatre murs… »

    Kémi rend hommage à Léon, 72 ans, mort d’une crise cardiaque à cause de la chaleur à la Centrale de Moulins-Yzeure. Il dénonce l’indifférence généralisée pour les mort-es de la canicule en prison. L’occasion de rappeler que les personnes enfermées souffrent particulièrement des vagues de chaleur qui s’enchaînent. Mais comme dehors les pauvres subissent aussi ces canicules de plein fouet, le sort des prisonniers et des prisonnières n’émeut pas grand monde.

    Été 2026
    QMC de Moulins-Yzeure


    25 juin 2026, 5h56 du matin,

    J’entends les mecs parler par la fenêtre, et ce qu’ils me disent me glace le dos : Léon, 72 ans, est parti ce matin aux alentours de 6h d’une crise cardiaque à cause de la chaleur. Léon, que tout le monde appelait « le Vieux », cet homme nous a quitté.
    Je suis très triste, mais aussi en colère ! Comment un homme son âge peut encore être enfermé ?
    Comment se fait-il qu’il n’y avait pas surveillance le concernant en sachant la canicule que l’on traverse ? 45°C dans les cellules ! Aucune aération !
    Dans les hôpitaux, c’est pareil. Sérieux ?! On laisse des êtres humains mourir et tout ce que l’on entend c’est « politiquement, la clim, c’est bien ou c’est pas bien ? » En gros, si t’es hospitalisé, ou si t’es vieux, ou en prison, ou en psy, ou en foyer, ben tout le monde s’en bat les couilles ! C’est la dure réalité.
    Moi je raconte la prison, c’est mon quotidien. C’est à la centrale de Moulins-Yzeure que Léon nous a quittés, j’en reviens toujours pas. C’est une honte, laisser un papy s’éteindre seul dans une cellule de 9 m². Ce qui me choque le plus, c’est le silence mortel qui règne depuis ce matin… mais pas par
    rapport à Léon, non, à cause de la chaleur. Tout le monde s’en fout de Léon.
    Rendons hommage à Léon. Paix à ton âme, repose en paix Papy, tu as enfin quitté ces quatre murs…


    Kémi

  • Ça bouge au QLCO de Vendin – L’arnaque de la déradicalisation en taule – Les prisons de l’Europe forteresse

    Ça bouge au QLCO de Vendin – L’arnaque de la déradicalisation en taule – Les prisons de l’Europe forteresse

    Émission de l’Envolée du vendredi 17 juillet 2026

    Des nouvelles des quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) : à Vendin, les prisonniers du QLCO 3 multiplient les actions collectives, malgré le renfort des équipes cagoulées d’ERIS et des placements au mitard, le mouvement s’étend / à Condé, les matons menacent de faire grève suite au rapport de la contrôleuse des lieux de privation de liberté (CGLPL) qui dénonce des « violences systémiques ».

    On rediffuse un extrait de l’émission Bruit de Tôle (on peut retrouver l’intégralité de cette émission ici) pour écouter une discussion avec Nasser qui revient sur les dispositifs de déradicalisation qui lui ont été imposé pendant sa détention. On en avait parlé au sujet de Salim, droit commun enfermé au quartier de prévention de la radicalité (QPR) de la Santé dans cette émission.

    On diffuse ensuite un épisode de Chroniques àMer, l’émission d’Alarm Phone, un collectif qui vient en aide aux personnes rejoignant l’Europe par voie maritime en tenant une permanence téléphonique. Dans cette émission, il est question de la criminalisation des personnes en exil a lieu tout au long des parcours de migrations et de leur enfermement dans des prisons ordinaires (et pas des centres de rétention administrative). On peut retrouver plus d’infos sur Alarm Phone sur leur site ici, et toutes leurs émission ici.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • Les surveillants et la sécurité… contre le soin – News des QLCO – Procès de Ritchie Thibault : peut-on critiquer la justice et l’Etat ? – Psychiatrie : des projets de loi pour enfermer toujours +

    Les surveillants et la sécurité… contre le soin – News des QLCO – Procès de Ritchie Thibault : peut-on critiquer la justice et l’Etat ? – Psychiatrie : des projets de loi pour enfermer toujours +

    Émission de l’Envolée du vendredi 24 juillet 2026

    AU PROGRAMME :

    LETTRES DE PRISON :

    • Des nouvelles de Fabrice au quartier d’isolement de Condé-sur-Sarthe, qui attend des soins et que sa plainte contre des surveillants avance.
    • Aurélie au Centre pénitentiaire pour femmes de Rennes, qui raconte comment la logique sécuritaire et l’idéologie anti-prisonniers conduit à annuler une sortie activité thérapeutique organisée par le SMPR.

    RETOUR DU PROCES DE RITCHIE THIBAULT

    Il devait se tenir le 8 juillet mais a été reporté en dernière minute, au mépris des nombreux témoins qui s’étaient déplacés, dans le but de faire eux-mêmes le procès de la justice raciste et des violences d’état. On raconte un peu ce report, on repasse des extraits de notre émission du 6 juin avec Ritchie et on lit une lettre écrite pas Kémi à cette occasion.

    DES NOUVELLES DU QLCO DE CONDÉ-SUR-SARTHE

    Les surveillants sont mécontents d’avoir été épinglés dans le rapport de la contrôleuse de prisons (voir notre article, notre émission et la page de la CGLPL). Et ils le font sentir ! On donne des news des prisonniers et proches, de comment ça se passe en détention…

    (Cette émission a été enregistrée le 18 juillet, juste avant le mouvement de surveillants qui ont protesté contre ce rapport, choqués que la brutalité systémique des QLCO soit critiquée publiquement).

    L’ENFERMEMENT PSYCHIATRIQUE

    Suite à deux précédents épisodes sur l’enfermement psychiatrique et ses violences (voir ici et ) on revient sur des projets de lois, imprégnés de racisme, qui vont empirer tout ça…

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  • L’ AP s’en fout de la vie des taulards : Léon, mort de la canicule à Moulins / Un prisonnier dans le coma à Lutterbach – Même la CGLPL dénonce des « violences systémiques » au QLCO de Condé

    L’ AP s’en fout de la vie des taulards : Léon, mort de la canicule à Moulins / Un prisonnier dans le coma à Lutterbach – Même la CGLPL dénonce des « violences systémiques » au QLCO de Condé

    Émission de l’Envolée du vendredi 10 juillet 2026

    LETTRES

    • Des nouvelles de Pascal qui revient sur son transfert à St Martin de Ré, l’histoire particulière de cette centrale, les changements survenus ces dernières années en quartier maison centrale, et son parcours de prisonnier longue peine.
    • Kemi rend hommage à Léon, 72 ans, mort d’une crise cardiaque à cause de la chaleur à la Centrale de Moulins-Yzeure. Il dénonce l’indifférence généralisée pour les mort-es de la canicule en prison. L’occasion de rappeler que les personnes enfermées souffrent particulièrement des vagues de chaleur qui s’enchaînent. Mais comme dehors les pauvres subissent aussi ces canicules de plein fouet, le sort des prisonniers et des prisonnières n’émeut pas grand monde.


    Appel de la conjointe d’un prisonnier de Lutterbach qui est dans le coma depuis fin juin après qu’il a été retrouvé inconscient dans sa cellule en pleine canicule. Après avoir été baladée par l’administration pénitentiaire (AP) et l’hôpital qui refusent de communiquer le dossier médical, on lui a dit que la prise en charge a été trop tardive et que les dommages au cerveau sont irrémédiables. Comme d’hab l’AP ment pour se couvrir : elle affirme qu’il était en bonne forme lors de la ronde du matin, 4h avant qu’ils ne le retrouvent inconscient, et elle prétend qu’il s’est drogué, même si les analyses ne révèlent rien. Humiliation supplémentaire : alors que sa mise sous écrou avait été levée, permettant aux proches sans permis de visite de le voir à l’hosto, celle-ci a été réinstaurée par le juge alors que les médecins l’ont déclaré en fin de vie.


    On discute du rapport de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) sur le quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe, qui dénonce des « violences systémiques » et des traitements inhumains et dégradants qu’on racontait déjà dans le numéro 64 du journal l’Envolée (qu’on peut retrouver sur notre site ici) et dans différentes émissions (notamment ici et ). Des proches de personnes enfermées au QLCO de Condé dénonçaient également les conditions de parloirs effroyables qu’elles subissaient dans un texte consultable ici. La CGLPL se montre bien plus directe dans ses observations et ses recommandations qu’à son habitude. C’est que les pratiques qu’elle décrit sont particulièrement horribles : notamment des fouilles à nu humiliantes pouvant mener à des agressions sexuelles et des « pliages » ; ou encore des repas servis dans des paniers suspendus, le prisonnier risquant d’être privé de nourriture ou tabasser s’il touche le panier en prenant sa gamelle. On peut retrouver le rapport en ligne ici.


    On revient brièvement sur le procès de Ritchy Thibault qui devait se tenir le 8 juillet mais qui a été renvoyé. L’occasion de reparler du racisme d’État contre les voyageurs et censure de la parole des personnes racisées dont celle de Kemi, prisonnier longue peine et voyageur, qui devait témoigner à cette audience.


    AGENDA

    Marche pour un 14 juillet internationaliste marche à 15h à Bastille à Paris

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