Étiquette : justice anti-terroriste

  • Mobilisations contre les violences et les crimes d’État – Procès en appel du 8/12 : qui terrorise qui ?

    Mobilisations contre les violences et les crimes d’État – Procès en appel du 8/12 : qui terrorise qui ?

    Émission de l’Envolée du vendredi 10 avril 2026

    On passe des prises de sons réalisées lors des rassemblements annuels contre les violences et le racisme d’état à Paris et à Lyon, dans la suite de l’émission de la semaine dernière, où on revenait avec Moussa du collectif Justice pour El Hacen Diarra, tabassé et tué par des policiers et Fatou du Réseau d’Entraide Vérité et Justice, sur le harcèlement et les violences policières à l’encontre des réfugiés et des personnes racisées, sur les mobilisations en cours contre les violences et le racisme d’état, et sur la nécessité du soutien financier aux familles de victimes.

    Alors que le procès en appel de l’affaire dite du 8/12 commence le mois prochain à Paris, on passe une émission de Minuit Décousu qui accueille l’un des inculpés et des soutiens pour parler du rôle de la justice antiterroriste dans la répression des militant.es.

    « Après leur interpellation le 8 décembre 2020 et leur incarcération, 7 personnes dont Svink sont inculpé·es pour « association de malfaiteurs terroristes » et passent en correctionnelle à l’automne 2023. A l’issue du procès, toustes seront condamné·es lourdement, à partir d’un dossier monté de toute pièce par la DGSI sur base de notes blanches. Dans cette 2ème et dernière partie d’émission, on prend du recul avec Svink, Klo et Maé pour comprendre comment l’État utilise l’antiterrorisme pour étouffer les luttes sociales.
    On appelle à être nombreux’ses avec les inculpé’es du 4 au 22 mai à Paris et devant tous les tribunaux au moment de l’appel de l’affaire. D’ici là, il faut continuer à construire la lutte contre la normalisation des lois d’exception qui tentent de s’en prendre aux luttes sociales. Et ça commence en allant éplucher le super blog des comités de soutien des inculpé’es du 8/12 !! https://soutienauxinculpeesdu8decembre.noblogs.org/ !! »

    AGENDA

     »Ras le Bol » organise une cantine en soutien à Moben et contre l’isolement carcéral, à la Relâche de la Chapelle le lundi 13 avril 2026, avec les Éditions du bout de la ville et L’Envolée, à Toulouse.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • Le journal l’Envolée n°64 : présentation et lectures à la radio

    Le journal l’Envolée n°64 : présentation et lectures à la radio

    Émission de l’Envolée du vendredi 27 mars 2026

    AU PROGRAMME :

    Pour cette émission hors-les-murs, on vous présente le numéro 64 du journal l’Envolée : lecture des articles et rediff de lectures de lettres ou prises de paroles de prisonniers, prisonnières ou leurs proches. Bonne écoute !

    AGENDA :

    Faire face à la police : Événement en soutien au collectif Justice pour Rayana, tuée par la police le 5 juin 2022 à Château Rouge.
    Jeudi 2 avril à 19h – Le Bar Commun – Paris 18e

    Et pour finir, on écoute les revendications du Réseau entraide vérité et justice, énoncées le 14 mars à Paris, à la fin de la marche des solidarités « Contre le racisme, les fascistes et les violences d’État ».

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  • Le journal l’Envolée n°64 est sorti !

    Le journal l’Envolée n°64 est sorti !

    Janvier 2026.

    Abonnement gratuit pour les prisonniers et prisonnières. Disponible pour 2 euros dans de nombreux points de distribution (voir ici), en abonnement de soutien pour 15 euros par an.

    Sommaire :

    • Edito : Ça fait mal ? C’est normal…
    • Strasbourg : fausse évasion, vraie répression (Lettre du QI)
    • La fabrique de la culpabilité terroriste. Compte-rendu du procès de l’attentat de Condé-sur-Sarthe.
    • « Je les maudis tous » : lettre de Claudette, mère de Patrice, prisonnier longue peine.
    • QLCO : à qui profite le crime ? Premiers échos de Condé et de Vendin.
    • « Le QLCO n’est qu’une vengeance personnelle contre les détenus » : deux communiqués de prisonniers.
    • Mange ta peine, de Moben. Un livre de recettes de cuisine à l’isolement.
    • « Mon chagrin doit se transformer en action et en lutte ». Contre-enquête des proches d’Idir Mederres sur sa mort au mitard de Lyon-Corbas.
    • « On est au club Med de l’enfer ». Lettre de Kémi à la centrale de Moulins-Yzeure.
    • Brèves : solidarité avec Fabrice ; un guide pour les proches ; l’Envolée contre la censure ; des JAP spéciaux pour mieux prolonger les peines ; Libérez Ali !
    • « Je croise de plus en plus de jeunes en centrale avec des peines de dinosaures ». Lettre de Kémi.

    Édito : Ça fait mal ? C’est normal…

    Quand les flics cagoulés de l’ICE – qui raflent les exilé·es dans les rues états-uniennes – abattent deux personnes blanches venues protester, la gôche s’alarme de la fascisation de l’autre côté de l’Atlantique, la droite déplore les excès mais pas la méthode, et les fachos de chez nous ne voient pas le problème. En tout cas, tous font comme si Frontex n’était pas l’équivalent européen de l’ICE, avec ses agents qui coulent des embarcations, causant des centaines de morts par noyade depuis 2004. La violence, d’abord surtout raciste et dirigée contre les étranger·es, s’étend à toujours plus d’indésirables et se transforme même en argument de vente. Du coup, les tortionnaires – militaires, flics, matons, miliciens… – deviennent les héros d’un sadisme revendiqué par les politiques et les éditorialistes réactionnaires. Un membre du Conseil d’État peut déclarer à la télé : « C’est compliqué de se débarrasser de tous les asociaux qui sont OQTF, […] il faut organiser, comme fait Trump avec l’ICE, de grandes rafles un peu partout. » Là, on franchit un cap : ça fait mal ? C’est normal !

    En prison, avec l’ouverture de quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) à Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe, on passe aussi un cap dans l’horreur carcérale. Pas d’UVF, peu d’appels téléphoniques, pas de confidentialité des courriers aux avocats et pas de contact physique avec les proches à cause des parloirs hygiaphones. Tout pour couper les prisonniers du monde ! En plus d’intensifier la torture blanche, cet isolement laisse les mains libres aux matons. Et au mitard du QLCO de Condé, le matin, les prisonniers entendent des matons gueuler : « Ici, c’est chez nous ! Ici, c’est le IIIe Reich ! Les nazis, c’est nous ! » Alors là, du fin fond des prisons, on sent bien que le fascisme est déjà là.

    Beaucoup de médias se félicitent à longueur d’antenne des traitements inhumains infligés aux prisonnier·es, et le sort fait aux personnes enfermées au QLCO est carrément élevé au rang de vengeance légitime : celle des honnêtes gens contre les indéfendables. Au-delà des QLCO, entre les « fouilles XXL » lancées fin 2025 et le plan « zéro portable en prison » début 2026 – qui finance à coups de millions des portails à ondes millimétriques, des brouilleurs, des filets anti-drones, etc. –, l’offensive générale continue, et les médias se régalent ! « Nous ne sommes pas faits pour la prison, nous ne sommes pas des animaux », déclare pépère à la télé un sale riche ému par les vingt jours de taule de Sarko. En disant que la prison n’est pas faite pour les bourgeois, il affirme en fait que les prisonnier·es et toutes celles et ceux qui pourraient le devenir sont des bêtes, et qu’on peut les brutaliser. Malheureusement, sur ce dernier point, il n’a pas tort. Les personnes incarcérées, en particulier dans les cellules mortifères du mitard, en font chaque jour la cruelle expérience.

    Il faut prendre la mesure du niveau de férocité qui règne dans les QLCO et de l’incidence qu’elle a sur l’ensemble des détentions, et donc de la société. L’État et ses défenseurs se sont employés à refermer les brèches ouvertes par les luttes passées : leur transmission est limitée, dedans comme dehors, par l’individualisation et l’isolement qui entravent les mobilisations collectives. Qui se rappelle des luttes des années 2000 dans les QI ? Pourtant, même dans les oubliettes modernes que sont les QLCO, les prisonniers parviennent à s’organiser et à faire sortir des communiqués. Dans ce numéro, en mettant en avant les échos des luttes qui parviennent à franchir les murs de ces nouveaux quartiers, on veut montrer leur importance et inviter à soutenir ces combats. Il est d’autant plus nécessaire de diffuser cette parole collective qu’il est difficile et dangereux pour les personnes enfermées de la faire sortir.

    Big up à toutes les prisonnières, tous les prisonniers et à leurs proches !

    Force, courage et détermination à celles et ceux qui se bagarrent malgré tout à l’intérieur, et y a pas d’arrangements !

    Télécharger le journal en cliquant ici

    Écoutez les articles de l’Envolée n°64 lus dans l’émission de radio du vendredi 27 mars 2026.

  • Comment les États répriment (Tapages)

    Comment les États répriment (Tapages)

    Émission de l’Envolée du vendredi 20 février 2026

    AU PROGRAMME :

    On rediffuse une émission Tapage de novembre 2025, diffusée sur radio Canal sud à Toulouse et sur la Sellette, blog de chroniques de la violence judiciaire (récits et analyses).

    Intitulée « Comment les États répriment, entretien avec Vanessa Codaccioni »

    Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférence à l’université Paris 8, travaille depuis 20 ans sur la justice pénale, la criminalité et la répression. Elle est venue à la librairie Terra Nova (Toulouse) présenter son dernier livre Comment les États répriment. Une courte histoire du pouvoir de punir (Divergences, 2025). Cet ouvrage retrace l’histoire des répressions d’État – de la protection de la « chose publique » à la lutte antiterroriste, en passant par la gestion carcérale de la délinquance ordinaire – en montrant comment les cibles de la répression se multiplient, tout comme les manières de réprimer.

    Dans le cadre d’une série d’émissions sur la justice antiterroriste, Tapage a notamment abordé avec elle l’action de l’État dans ce domaine, qui se caractérise par sa dimension préventive : l’objectif de l’Administration, du Renseignement et des services de police est de neutraliser les personnes avant qu’elles passent à l’acte. Cette logique contamine la justice : plutôt que de punir des actes effectivement commis, la justice peut condamner des intentions. Ce qui pose la question de l’administration de la preuve et des droits de la défense : comment prouver une intention et comment s’en défendre ?


    Sur la violence judiciaire ordinaire : le livre Sur la sellette, chroniques de comparutions immédiates… est gratuit pour les prisonnier.e.s !

  • « De plus en plus de jeunes avec des peines de dinosaure » – Le renseignement pénitentiaire, Genesis et la fabrique de la culpabilité.

    « De plus en plus de jeunes avec des peines de dinosaure » – Le renseignement pénitentiaire, Genesis et la fabrique de la culpabilité.

    Émission de l’Envolée du vendredi 12 décembre 2025

    AU PROGRAMME :

    Lettre de Kémi, à la centrale de Moulins, qui nous raconte un coup de pression des ELSP : « Ils disent que je suis intolérant à la frustration, mais c’est à la connerie que je suis intolérant. » Il parle aussi des très longues peines et de la réinsertion inexistante : « Je croise de plus en plus de jeunes en centrale, avec des peines de dinosaures ».

    Darmanin, Super héros de l’ordre et de la sécurité, épisode 333. Encore des rafales d’annonces médiatiques toutes plus brutales les unes que les autres contre les prisonniers et prisonnières : enfermement massif même pour les peines de quelques semaines, extension de l’isolement et des QHS modernes, menaces sur les remises de peines, « opérations zéro téléphone »…

    Comment fonctionne le renseignement pénitentiaire ? Retour du procès de l’attentat de Condé-sur-Sarthe.
    Dans notre émisison du 19 septembre 2025, nous avions raconté le procès de M.Chiolo, condamné à la perpétuité incompressible pour avoir attaqué des surveillants de Condé-sur-Sarthe en 2019. Trois de ses quatre co-accusés avaient aussi subi de très lourdes peines, justifiées par quelques éléments qui ne sont que des pratiques banales en détention. Pratiquer des sports de combat ensemble, chuchoter, donner des vêtements, avoir des compagnes qui s’entraident, etc., constitueraient des preuves de leur complicité, traduite pénalement par le crime d’ « association de malfaiteur terroriste ».

    Nous avons suivi et raconté ces semaines d’audience car c’était aussi le procès du fonctionnement de la prison de Condé-sur-Sarthe, conçue dès son ouverture en 2014 comme une prison ultra-sécuritaire. Nous revenons aujourd’hui plus en détail sur ce que ces semaines ont révélé au sujet d’une institution méconnue, le renseignement pénitentiaire, et sur son rôle de surveillance généralisée, et sur ses interprétations arbitraires mais imparables, éléments-clés de la fabrication d’une « association de malfaiteur terroriste ». Nous parlons aussi des usages du logiciel Genesis, base de donnée sur les prisonniers et prisonnières dans laquelle chaque travailleur de l’AP peut noter ses remarques à leur sujet. Subjectives et éventuellement fondées sur des « on dit », leur inscription dans ce logiciel construit une étiquette qui va coller à la peau des enfermé.e.s… et justifier les répressions futures.

    Mange ta peine ! Un point sur les colis de Noël, rare moment de joie partagé au travers les murs… mais aussi gros moyen de chantage de l’AP. Puis dernières news de Moben, auteur d’un livre de recettes de cuisine, transféré récemment au QLCO de Condé-sur-Sarthe. On lit quelques extraits de son livre, dans lequel il raconte la prison, l’isolement et les enjeux de la nourriture dans ce contexte…

    AGENDA :

    Mega zonzonde de fin d’année : « De dédicaces en dédicaces, on casse l’isolement ! » Toute la soirée du 24 décembre, une émission de messages et dédicaces, pour les personnes enfermées et leurs proches. Plus d’infos ici.

    Cantine pour cantiner le 21 décembre à midi à Saint-Etienne : repas en soutien à une personne enfermée. Vegan et prix libre, à la Tablée au 15 rue Robert. Plus d’infos ici.

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  • L’association de malfaiteurs terroriste : un procès d’intention

    L’association de malfaiteurs terroriste : un procès d’intention

    Émission de l’Envolée du vendredi 5 décembre 2025

    AU PROGRAMME :

    On rediffuse une émission Tapage de novembre 2025, diffusée sur radio Canal sud à Toulouse et sur la Sellette, blog de chroniques de la violence judiciaire (récits et analyses).

    Intitulée « L’association de malfaiteurs terroriste : un procès d’intention », cette émission revient sur « l’affaire du 8 décembre » (ou 8-12).

    L’un des inculpés raconte son arrestation, sa garde à vue et sa condamnation pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste »… tout ceci malgré l’absence de projet concret, et encore moins de passage à l’acte, mis en lumière après 3 ans d’instruction et 3 semaines de procès. Ce récit permet de décrypter certains rouages d’une machine à punir basée sur la supposée intention des accusé.e.s., et contribue à une analyse de la justice anti-terro. Présentée comme « exceptionnelle » en droit, car répondant à des enjeux « exceptionnels », elle est aussi malheureusement exemplaire de ce que subissent ceux et celles qui sont soupçonnés de terrorisme ou d’intention, mais aussi plus largement du délit d’ »association de malfaiteur » (terroriste ou pas), qui permet d’arrêter et punir des personnes sur la base d’intentions et de leurs relations, ainsi que sur les mécanismes de la garde-à-vue comme machine à arracher des paroles malheureuses…

    N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences et réactions pour alimenter ces analyses…

    En savoir plus sur l’affaire du 8 décembre :

    Sur la violence judiciaire ordinaire : livre Sur la sellette, chroniques de comparutions immédiates… gratuit pour les prisonnier.e.s !

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  • Sports de combat, chuchotements et dons de vêtements : la fabrique de la culpabilité terroriste

    Sports de combat, chuchotements et dons de vêtements : la fabrique de la culpabilité terroriste

    Retour du procès de l’attentat de Condé-sur-Sarthe

    Émission de l’Envolée du vendredi 19 septembre 2025

    AU PROGRAMME :

    En juin 2025, nous avons suivi le procès de l’attentat qui avait eu lieu à la prison de Condé-sur-Sarthe en 2019. Pendant une UVF (unité de vie familiale), le prisonnier Michaël Chiolo et sa compagne avaient blessé au couteau deux surveillants avant de se retrancher et de revendiquer leur acte au nom de l’État islamique. Le RAID était intervenu, avait blessé et arrêté M.Chiolo et tué par balle sa compagne.

    Au procès, M.Chiolo a revendiqué son acte comme un attentat commis au nom de l’État islamique, ce que nous ne pouvons que désapprouver. Cela dit, dans cette émission, nous racontons et analysons ce procès pour deux raisons. Premièrement le principal accusé ne cesse de dénoncer la violence pénitentiaire et d’affirmer qu’elle a fait de lui ce qu’il est devenu. Deuxièmement, derrière le show médiatico-sécuritaire antiterroriste, cette audience a aussi mis en lumière la prison actuelle, la justice en général et la justice antiterroriste en particulier, qui a permis d’infliger des peines délirantes. ­

    Nous situons l’attentat dans son contexte en rappelant l’histoire de la prison de Condé-sur-Sarthe, cette centrale sécuritaire ouverte en 2013 et qui a toujours infligé des conditions invivables. Les prisonniers y avaient obtenu collectivement quelques assouplissements, puis avaient subi un durcissement après l’arrivée du directeur Chapu (+ d’infos ici). Suite à l’attentat dont nous parlons aujourd’hui, les surveillants avaient protesté en bloquant la détention pendant deux semaines. Punissant ainsi collectivement tous les prisonniers et leurs proches en leur infligeant quinze jours insupportables (voir ici), ils avaient ensuite obtenu de la part de l’AP un nouveau durcissement des conditions de détention, qui ne font qu’empirer avec les projets actuels de QLCO de Darmanin.

    En 2019, l’auteur de l’attentat et ses quatre co-accusés étaient tous prisonniers longues peines et enfermés au QMC 2 (quartier maison centrale) de Condé-sur-Sarthe, cette aile où l’administration pénitentiaire avait décidé de regrouper des prisonniers condamnés pour terrorisme islamiste ou soupçonnés d’être « radicalisés » – parfois sur la base de critère fumeux tels que le fait de s’être converti en prison alors qu’on était déjà musulman.

    Au long du procès, tous les accusés ont régulièrement dénoncé la violence pénitentiaire comme la dénoncent habituellement de nombreux prisonniers et prisonnières. Si Chiolo a expliqué que c’est la prison qui avait fait de lui ce qu’il était devenu, nous ne pouvons que combattre la trajectoire politique qu’il a choisie, qui relève selon nous d’une forme de fascisme. Si nous avons décidé malgré tout de raconter ce procès, c’est parce que ses quatre co-accusés ont systématiquement nié le moindre lien avec cet acte et rejeté une quelconque sympathie avec ses motivations djihadistes, mais aussi parce que la dénonciation de la violence pénitentiaire formulée par les 5 accusés a systématiquement été occultée, sous prétexte de l’accusation de terrorisme.

    Raconter ce procès, c’est enfin et surtout montrer comment la justice et l’administration pénitentiaire (par le biais de ses services de renseignement internes et de son logiciel de fichage Genesis) fabriquent de toute pièce une culpabilité terroriste pour les quatre co-accusés, qui se retrouvent là parce qu’ils se sont fréquentés en prison, alors même qu’ils ne cessent de le répéter : c’est l’AP qui les a enfermés ensemble, et les pratiques présentées par l’accusation comme des preuves de leur « association de malfaiteur terroriste » ou de leur complicité ne relèvent que de conduites ordinaires en détention. Chiolo a pris une peine extrêmement lourde : la perpétuité incompressible, qui n’avait été appliquée jusqu’ici que pour des homicides. Mais ses co-accusés ont aussi reçu des peines délirantes : perpétuité assortie de 30 ans de sûreté pour l’un, 20 et 12 ans pour les autres. Le dernier a été acquitté. Les seuls éléments qui ont justifié leurs peines sont des pratiques banales en détention : pratiquer des sports de combat ensemble, chuchoter, donner des vêtements, avoir des compagnes qui s’entraident, etc. Ces éléments seraient des preuves qu’ils ont constitué un « club des cinq », traduit pénalement par le crime d’ « association de malfaiteur terroriste ».

    C’est une caricature poussée à l’extrême de la manière dont la justice en général construit la « vérité judiciaire » sur la base d’éléments toujours tournés en défaveur des accusés : quoi que l’on ait fait ou pas fait, ce sera toujours retenu à charge. C’est aussi un malheureux exemple de la manière dont tout comportement ordinaire en détention (apprendre la langue des signes, se fréquenter dans un gourbi, prêter sa console de jeux vidéo, etc.,) peut être employé par l’administration pénitentiaire pour imaginer des profils dangereux et les (mal)traiter comme tels.  

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