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  • « Mon chagrin doit se transformer en action et en lutte » – Contre-enquête des proches d’Idir Mederres sur sa mort au mitard de Lyon Corbas

    « Mon chagrin doit se transformer en action et en lutte » – Contre-enquête des proches d’Idir Mederres sur sa mort au mitard de Lyon Corbas

    A l’occasion des journées nationales contre les violences pénitentiaires qui auront lieu du 29 au 31 mai (+ d’infos à venir) nous republions cet article paru dans le journal l’Envolée n°64, qui résume la contre-enquête réalisée par les proches d’Idir.

    Idir est mort à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas le 9 septembre 2020. Ses proches n’ont jamais cru à la version de l’administration pénitentiaire (AP) qui leur a dit que c’était un suicide : il devait sortir deux semaines plus tard, et il avait expliqué qu’au quartier disciplinaire (QD), il était maltraité par certains agents. Najet, sa mère, a immédiatement porté plainte pour meurtre et créé l’association Idir espoir et solidarité, qui mène un combat pour la vérité, contre les violences pénitentiaires et pour la fermeture des mitards. Après avoir bien laissé traîner l’enquête, la juge d’instruction a fini par rendre un non-lieu en juin 2025, abandonnant toute poursuite au prétexte du manque d’éléments. Les proches ne se sont pas laissé abattre : ils ont fait appel, mais surtout, en septembre 2025, lors d’un week-end de commémoration (lien), ils ont publié une contre-enquête démontrant le manque de sérieux de l’enquête qui n’a visé qu’à valider la version officielle.

    Contre-enquête sur la fabrique du non-lieu

    Dans un mémoire présenté en conférence de presse, les proches d’Idir et leur avocat, Olivier Foray, ont rendu publics les éléments qui permettent d’affirmer que ce non-lieu est typique des façons dont la justice étouffe la vérité dans les affaires de violences d’État. On voit que les trois juges qui se sont succédé à l’instruction ont tous et toutes ignoré l’obligation d’enquêter en cas de mort suspecte en détention, et soigneusement mis de côté tout ce qui aurait pu incriminer l’administration ou ses agents. Avant de prononcer le non-lieu, la troisième juge d’instruction a refusé de nombreuses demandes de l’avocat des parties civiles : à quoi bon enquêter puisqu’on a déjà décidé de l’issue ? Le travail de décryptage de l’association permet de dénoncer la machine à blanchir les uniformes en cas de violences policières et pénitentiaires. Cette machine s’est mise en marche dès la mort d’Idir : les gendarmes appelés pour les premières constatations travaillent avec les surveillants de Corbas au quotidien, ils risquaient pas de les dénoncer…

    Témoins inutiles ou ignorés, voire bâillonnés

    Le 6 octobre 2020, un prisonnier a publié sur les réseaux une vidéo dénonçant les violences subies au mitard par Idir et un compagnon de galère ; ce dernier les lui avait racontées lors d’une brève sortie du QD. La juge n’a pas daigné entendre ces témoins clés ni même essayé de les identifier. Elle a auditionné une surveillante absente le jour des faits, mais ceux qui étaient là le 9 septembre n’ont pas tous été identifiés ni entendus. Ainsi, le surveillant du matin n’a pas été auditionné alors qu’« on le voit paniqué sur la vidéo, multipliant les allers-retours ».

    Ça traficote la vidéosurveillance OKLM

    Les proches d’Idir ont constaté de nombreuses incohérences entre les déclarations des surveillants, les relevés d’interphonie et les images de vidéosurveillance – d’ailleurs saisies seulement dix jours après les faits. La vidéo censée montrer le mitard et l’intervention des surveillants le 9 septembre 2020 comporte des anomalies flagrantes ; la juge l’a pourtant retenue comme authentique. Aucun des nombreux points soulevés par la partie civile n’a été pris en compte par l’instruction. Un surveillant a soutenu qu’il était passé à 15 h 20 et qu’il avait vu Idir debout derrière la grille de sa cellule, mais ce n’est pas sur les images. Une porte opportunément ouverte juste devant la caméra masque largement les allées et venues, mais on voit tout de même passer cinq ou six surveillants, ce qui est inhabituel. Un chariot qui surgit comme par magie, une porte qui bouge toute seule… tout ça suggère qu’il y a eu montage. Le mémoire souligne qu’« une cheffe de quartier est visible en train de rire devant le corps d’Idir avec un autre surveillant, ce qui pose des questions graves d’éthique, de respect du défunt, et confirme un climat d’impunité ».

    Une autopsie qui pose question

    À la morgue, Najet a vu de ses propres yeux des hématomes sur le corps de son fils, et elle les a photographiés. Le rapport du médecin légiste n’en fait pourtant aucune mention alors qu’un médecin indépendant a confirmé que les traces visibles sur les photos suggèrent des coups. Il a aussi relevé des incohérences majeures dans le rapport d’autopsie : les traces de strangulation ne sont pas caractéristiques d’un suicide par pendaison, et la description du corps suggère qu’il était allongé depuis longtemps quand il a été découvert. Le décès a été constaté vers 17 h 20 lors d’une ronde. Comme le geste élémentaire de prendre la température du corps n’a pas été effectué lors de la constatation médico-légale, l’heure du décès est estimée entre 5 heures du matin et 17 heures ! Cette imprécision interdit tout recoupement avec les autres éléments et empêche d’établir qui était présent lors de la mort d’Idir.

    C’est pas fini

    La contre-enquête apporte plus de questions que de réponses, mais elle démontre au moins que c’est une instruction outrageusement bâclée qui a conduit en juin 2025 à l’ordonnance de non-lieu contre laquelle les proches d’Idir ont fait appel. Ils savent que comme de nombreux collectifs mobilisés suite à des violences d’État, ils devront attendre des années un appel – à huis clos, pour que la maltraitance judiciaire reste invisible au public – qui confirmera le non-lieu, avant de saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui finira peut-être par condamner la France. Comme l’a déclaré leur avocat : « si l’enquête sur la mort d’Idir risque de ne jamais aboutir, les mobilisations collectives permettent que le combat de Najet ne soit pas vain ».

    Article complet dans l’Envolée n°64 – écoute audio du journal ici

    Écoutez une émission spéciale de l’Envolée sur les mobilisations de l’association Idir espoir et solidarité ici.

  • Des nouvelles de Kémi – Canicule et piscine : la polémique de l’été –  Idir est mort au mitard de Corbas il y a trois ans – Nasser en grève de la faim à Perpignan

    Des nouvelles de Kémi – Canicule et piscine : la polémique de l’été – Idir est mort au mitard de Corbas il y a trois ans – Nasser en grève de la faim à Perpignan

    Émission du vendredi 1er septembre 2023

    • Deux lettres reçues pendant l’été de Kémi, correspondant de longue date de l’Envolée, enfermé à la centrale d’Arles. Il raconte comment l’AP lui a encore une fois fait miroiter une sortie de l’isolement. Pour rappel, la pénitentiaire le maintient au QI depuis des années pour lui faire payer ses révoltes et prises de parole passées. Il raconte également les chaleurs insoutenables dans les taules pendant les dernières canicules. Une occasion de parler de la polémique de l’été suite à la photo qui a circulé d’une piscine dans une cellule. Le scandale, ce n’est pas cette piscine gonflable, mais bien les conditions ignobles dans lesquelles sont enfermés les prisonniers et les prisonnières dans les prisons de France qui deviennent invivables pendant les canicules.

    • Un appel de Najet, la mère d’Idir, mort au mitard de la prison de Lyon-Corbas le 9 septembre 2020, il y a tout juste trois ans. Elle se mobilise depuis pour rétablir la vérité sur son décès : on ne croit pas à la thèse officielle du suicide car des prisonniers ont raconté qu’il avait été passé à tabac par les matons. Elle se bat également pour la fermeture des quartiers disciplinaires et des quartiers d’isolement où ont lieu trop de « morts suspectes », ainsi que la dissolution des équipes de matons cagoulés, ELAC et ERIS, responsables de multiples violences. On lance aussi un appel à témoignage suite à la mort suspecte d’un prisonnier cet été à la prison de Villefranche.

    • Un appel d’Abdelaziz, membre du comité des proches de Nasser, enfermé à la maison d’arrêt de Perpignan où il est en grève de la faim depuis 73 jours pour exiger sa sortie. Il réclame le droit d’accompagner au dehors sa compagne malade en attendant son jugement mais l’AP s’acharne contre lui. Il est maintenu en préventive depuis deux ans alors que son état de santé s’est fortement dégradé depuis qu’il a cessé de s’alimenter et il est maintenant en fauteuil roulant. Et on sait que les conditions d’enfermement dans cette taule sont particulièrement dégueulasses. Un rassemblement de soutien a été appelé devant le taule le 2 septembre à 14h30.

    • Un non-lieu vient d’être prononcé pour les gendarmes responsables de la mort d’Adama Traoré en 2017. Un message fort envoyé par la justice aux forces de l’ordre : quelle que soit la mobilisation face à eux, les juges n’enverront pas les porteurs d’uniforme derrière les barreaux, même quand ils tuent.

    Le numéro 57 est dispo !

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    L’Envolée est une émission radio pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. C’est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.

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  • Hommage à Romain – Deux ans depuis la mort d’Idir à Corbas – Refus de soin à Condé

    Hommage à Romain – Deux ans depuis la mort d’Idir à Corbas – Refus de soin à Condé

    Émission de l’Envolée du vendredi 9 septembre 2022

    • On continue à rendre hommage à Romain Leroy, prisonnier longue peine et correspondant de l’Envolée, mort le 9 août dernier (voir l’émission de la semaine dernière ici et notre texte ici). Rediffusion du premier appel d’Adeline, sa compagne, à l’Envolée. Retour sur les luttes collectives auxquelles il a participé et son procès suite à la mutinerie de Valence en 2016. Force et courage à Adeline qui continue la lutte (et que vous pouvez soutenir financièrement via une cagnotte en ligne ici).

    • ça fait déjà deux ans qu’Idir est mort au mitard de la prison de Lyon-Corbas et que sa mère et ses proches se battent pour dénoncer les morts en prison. Des banderoles contre la taule et pour lui rendre hommage ont été accrochées à Lyon, Montreuil et Toulouse. Le samedi 10 septembre 2022, le collectif Idir Espoir et Solidarité (dont la page facebook est ici) a organisé une journée pour poursuivre la lutte et continuer à faire vivre la mémoire d’Idid. Le collectif demande la fermeture des quartiers d’isolement et disciplinaire et la dissolution des milices cagoulées – ERIS et ELAC (des infos sur la mobilisation de cette année ici)

    • Lettre d’une proche d’une personne enfermée à Condé sur Sarthe que l’administration pénitentiaire (AP) est en train de tuer faute de soins.

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    Notre bouquin pour troubler la fête du quarantième anniversaire de la prétendue abolition de la peine de mort est sorti ! Une manière parmi d’autres, que nous espérons nombreuses, de faire entendre quelques voix dissonantes dans l’écœurante auto-célébration du pouvoir.

    Ce livre réunit des paroles de prisonniers, de prisonnières et de proches publiées dans le journal depuis sa création en 2001 qui nous rappellent avec force qu’en réalité c’est seulement la guillotine qui a été supprimée en octobre 1981.

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  • Week-end contre la violence pénitentiaire – Procès des matons tueurs de Saint-Martin-de-Ré – Surpopulation carcérale

    Week-end contre la violence pénitentiaire – Procès des matons tueurs de Saint-Martin-de-Ré – Surpopulation carcérale

    Émission de l’Envolée du vendredi 27 mai 2022


    Le numéro 55 de L’Envolée journal est bien arrivé
    chez les abonné⸱e⸱s, dehors et presque partout dedans. L’édito et le sommaire sont dispo !


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