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ILS SONT EN TRAIN DE TUER FABRICE BOROMÉE

Solidarité avec Fabrice Boromée

L’administration pénitentiaire veut éliminer Fabrice Boromée alors qu’il ne fait que demander un transfert en Guadeloupe pour être rapproché des siens.

Comme plus de 500 prisonniers originaires des DOM-TOM, Fabrice Boromée purge une peine en métropole, loin de ses proches. Il réclame son transfert en Guadeloupe depuis 2011. L’administration pénitentiaire (AP) fait la sourde oreille, et l’empêche même de se rendre à l’enterrement de son père en septembre 2012. Il tente alors de se faire entendre en « prenant en otage » un maton de Condé-sur-Sarthe avec Rachide Boubala. Il réitère cette tentative de prise de parole à la centrale de Arles en 2014 : la justice qualifie de nouveau son acte d’« agression » et de « tentative de prise d’otage ». En septembre 2015, alors qu’il fait le tour des quartiers d’isolement (QI) des prisons françaises depuis trois ans et demi, le directeur de Vendin-le-Vieil lui fait miroiter sa sortie de l’isolement, mais il change d’avis à son retour de vacances et envoie son sous-directeur lui annoncer qu’il va y être maintenu : Fabrice retient le sous-fifre pendant deux heures. La justice répond systématiquement à toutes ses tentatives pour se faire entendre par des peines supplémentaires. Entré en prison pour une peine de huit ans, il en a maintenant plus de trente à faire. L’AP lui fait payer sa détermination en refusant de lui faire rejoindre la détention dite normale. Maintenu à l’isolement, sans cesse transféré (Fleury-Mérogis, Clairvaux, Lannemezan pour la seule année 2016, et maintenant St-Maur), entravé dans tous ses déplacements en prison (y compris lors de la distribution des repas), il fait l’objet d’insultes racistes et de passages à tabac de la part des matons.

Fabrice Boromée vient d’être transféré à la centrale de Saint-Maur, il est toujours à l’isolement, sauf que là l’administration pénitentiaire a transformé sa cellule en mitard en ajoutant une grille devant la porte. Il n’a pas de parloirs, les matons ont dissuadé l’aumônier de venir le voir en lui faisant croire qu’il était dangereux et qu’il s’en prendrait à lui en lui jetant de l’urine à travers la grille. La psychologue refuse d’intervenir au prétexte de conditions indignes et incompatibles avec l’exercice de ses fonctions. Le docteur, obligé de passer vérifier s’il est toujours vivant, se contente d’un « ça va » et repart. Son avocat se sent dépassé par la situation. Bref, au moment où tout ce petit monde devrait se réveiller, personne ne bouge.

Il est privé de toute activité, même de sport. Il est interdit de promenade le week-end sous prétexte que le chef de détention n’est pas là. Il est menotté et entravé, encadré par plusieurs surveillants armés de boucliers pour les rares mouvements qu’il fait en dehors de sa cellule, comme pour aller à la douche ; douche qui lui est aussi refusée le week-end. Les matons lui jettent sa gamelle à travers la grille comme à un chien.

Pour protester contre ces mesures, le 21 mai Fabrice a refusé de se laisser menotter et de remonter en cellule. Il a bloqué la douche de 9 heures à 15 heures pour demander son transfert immédiat en Ile-de-France.

L’administration pénitentiaire l’a averti : rien ne changera d’ici son probable transfert pour Réau en novembre. Associations, contrôleur des lieux de privation de liberté, etc., tous sont informés, mais aucune réponse de leur part à ce jour.

L’administration pénitentiaire de Saint-Maur cherche méthodiquement à éliminer Fabrice Boromée, dont elle ne sait que faire : cette torture a pour but de le pousser à bout jusqu’à ce qu’advienne l’irréparable et que l’administration puisse le tuer en toute légalité ou l’envoyer à vie en hôpital psychiatrique.

Il est important de lui écrire pour le maintenir en vie : autant pour lui témoigner de la solidarité, lui donner du courage, que pour montrer à l’administration pénitentiaire qu’il n’est pas seul et qu’elle ne peut pas faire ce qu’elle veut. Une carte postale, quelques mots suffisent.

Adresse : Fabrice Boromée, Maison centrale Bel Air, 36 255 Saint-Maur cedex

« Tout ça commence à aller trop loin » Fabrice Boromée en grève de la faim au quartier d’isolement de Lannemezan

Solidarité avec Fabrice Boromée
Solidarité avec Fabrice Boromée

Comme plus de cinq cent prisonniers ultra-marins, Fabrice Boromée purge une peine en métropole, loin de ses proches. Depuis 2011, il réclame son transfert en Guadeloupe. L’administration pénitentiaire (AP) fait la sourde oreille et ne lui permet pas de se rendre à l’enterrement de son père en septembre 2012.

Il tente alors de se faire entendre d’une autre manière : avec Rachide Boubala -un co-prisonnier qui exige un rapprochement lui aussi- ils prennent en otage un maton de Condé-sur Sarthe. Il réitère cette tentative de prise de parole à la centrale de Arles en 2014 – qualifiée de nouveau en « agression » et «  tentative de prise d’otage ». Alors qu’il fait le tour des QI des prisons françaises depuis trois ans et demi, en septembre 2015 le directeur de Vendin-le-Vieil lui fait miroiter une sortie de l’isolement. En revenant de vacances, ce dernier change d‘avis et envoie un subalterne lui annoncer la nouvelle. Fabrice retient le sous directeur pendant deux heures. Nous avions alors publié une lettre de Fabrice qui expliquait son geste quelques jours avant son procès.

A ces tentatives pour se faire entendre, la justice réponds systématiquement par des peines supplémentaires. Entré en prison pour une peine de 8 ans, il a maintenant plus de 30 ans à faire. L’administration pénitentiaire lui fait payer sa détermination en refusant de lui faire rejoindre la détention dite normale. Maintenu à l’isolement, transféré sans cesse (Fleury-Merogis, Clairvaux, Lannemezan pour la seule année 2016) , entravé dans tous ces déplacements en prison (y compris lors de la distribution des repas), objet d’insultes racistes voire de passage à tabac de la part des matons, Fabrice Boromée et continue de réclamer son transfert en Guadeloupe. Comme il le faisait déjà il y a des années, en témoigne cette interview à France 1.

Le premier courrier que nous publions nous est parvenu il y a une semaine. Il annonce qu’il a entamé une grève de la faim au mitard de la centrale de Lannemezan où il est actuellement . Dans la seconde lettre -écrite au QI de Fleury Mérogis en mars 2016-, il revient sur «sa vie de taulard ».

Mitard de Lannemezan

Le 17 Janvier 2017

Là, je suis au cachot parce que j’ai agressé un surveillant. Je passe au prétoire mardi pour cela et je sais que je prendrai 30 jours de cachot. Tout ça parce que je demande le papier du ministère de la justice où est écrit que je suis transféré de Lannemezan à Paris pour être plus près d’un ami qui vient me voir au parloir. Il habite à Lille et Lannemezan est trop loin pour lui. Je vois que le ministère n’en a rien à foutre et tout ça m’a énervé.

Je fais la grève de la faim, je ne mange pas au cachot. J’en ai marre de tous ces injustices. Maintenant, on est en 2017. Et toujours avec les matons casqués et les menottes au cachot pour tous mes mouvements. Tout ça commence à aller trop loin, je me demande jusqu’à quand cette souffrance va continuer. (…)

J’espère que, un jour, je rentrerai chez moi en Guadeloupe et voir mes proches. J’attends toujours le jugement de la centrale de Arles, cela fait deux ans et un mois maintenant et je trouve ça long. Mais que veux tu, c’est la vie qui veut ça. Je ne baisse pas les bras et je fais face à tous ces humiliations loin de chez moi.

Christine est libre, ça me fait très plaisir pour elle après tant d’année d’humiliation et souffrance qu’elle a subie et là elle est bien et s’occupe de ses brebis.

971 Guadeloupe à vie 100%

L ‘ami Fabrice

Vous pouvez écrire ou téléphoner au centre pénitentiaire de Lannemezan, ainsi qu’à la direction de l’administration pénitentiaire pour demander que cesse l’acharnement sur Fabrice Boromée, et appuyer ses demandes :

Fin de l’isolement, retour en détention normale, transfert en région parisienne de manière à pouvoir être visité, en attendant un transfert en Guadeloupe pour être rapproché de sa famille.

Centre Pénitentiaire de Lannemezan, rue des Saligues, 65300 Lannemezan,  Standard : 05.62.50.13.20.

Direction de l’administration pénitentiaire, 13 place Vendôme 75042 Paris Cedex 01

 

Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis,

le 14 mars 2016

Ma vie de taulard

J’avais 16 ans la première fois que je suis tombé pour violence avec arme et vol à main armée, et vu que j’étais mineur j’ai pris huit mois de prison. En prison, j’ai été obligé de me battre pour ne pas me laisser marcher dessus et me faire racketter. Quand je suis sorti, je suis resté quatre mois dehors et j’ai repris trois ans pour vol à main armée et violence. J’en ai fait cinq parce que j’ai pris des peines intérieures pour des bagarres : ils m’ont envoyé avec les majeurs, et là c’était la jungle, la violence a été de plus en plus forte, et je me suis retrouvé au quartier d’isolement (QI).

Quand j’ai été libéré, au bout de deux mois dehors, mon frère Eddy a eu un problème avec un gars et la police l’a arrêté. Ils ont commencé à le frapper à coups de pied alors qu’il était à terre avec les menottes, et ça je ne l’ai pas accepté. J’avais un couteau, j’ai foncé sur la police, dans le fourgon, et j’ai blessé un policier. Là, j’ai pris une balle à l’épaule gauche et ils nous ont mis en prison pour tentative de meurtre sur la police et violence en réunion. Moi, ils m’ont mis en isolement direct, alors que j’étais blessé par balle, et ils ont mis mon frère au quartier normal. Pour cela, au total, j’ai pris onze ans et mon frère a fait six mois tout seul. Je suis sorti en 2010 et j’ai fait dix jours dehors avant de tomber pour vol à main armée et violence avec arme parce que j’ai tiré sur un docteur psychiatre du CHU de Pointe-à-Pitre. J’ai pris huit ans pour cela, et après un mois, suite à une bagarre avec un détenu, le directeur m’a placé à l’isolement.

En 2011, le 8 août, ils m’ont transféré de force en France, à Fresnes, loin de ma famille, et par la suite à la centrale de Saint-Maur. Là, mon calvaire a commencé, avec le racisme… Alors que j’étais aux arrivants, j’ai demandé à un surveillant de regarder sur l’ordinateur si un mandat que mon père m’avait envoyé était arrivé. Ils m’ont envoyé balader en me disant qu’ils n’avaient pas le temps : c’est parti en bagarre, ils m’ont roué de coups de poing et de pied, puis jeté au mitard comme un chien en me traitant de sale nègre, de sale macaque, et en me disant qu’ils allaient me tuer. Pour cela, j’ai pris deux ans de prison, et j’ai été jeté au QI dans une cellule sans armoire et sans chaise. Dans la cellule, il y a une trappe par laquelle on me donnait à manger sur le sol comme à un chien, et pour tous mes déplacements, ils étaient casqués et avaient des boucliers.

J’ai commencé le tour des QI et j’ai atterri à la centrale de Clairvaux où le directeur m’a mis au QI et au mitard sans raison. Le 17 septembre 2012, alors que j’étais au mitard, ils sont venus me dire avec un grand sourire que mon père était mort. Je leur ai demandé si je pouvais aller à l’enterrement, et comme ils m’ont dit non, j’ai frappé avec une grande rage, et j’ai pris quinze mois. Et j’ai recommencé les tours de QI pour atterrir au QMC (quartier maison centrale) de Réau. Quand j’ai eu un contact avec une détenue, on a demandé un parloir interne que le directeur a refusé, alors qu’il l’avait accepté pour un autre détenu : j’ai pété les plombs sur un surveillant avec qui j’avais déjà eu un problème et j’ai pris un an de prison. Et j’ai recommencé les tours des QI…

J’ai atterri à Lannemezan : il y avait une trappe à la porte de ma cellule, les matons étaient casqués et avaient des boucliers, et pendant quatre mois, j’ai été menotté pendant tous mes déplacements et traité comme un chien. Après, ils m’ont transféré à Condé-sur-Sarthe dans un QHS (quartier haute sécurité) où j’ai rencontré Rachide Boubala. Nos conditions de détention ne nous plaisaient pas : pas d’activité, pas de travail, les matons qui parlaient mal aux détenus… On a donc décidé le 30 décembre 2013 de faire une prise d’otage dans la salle d’école qui se trouvait au socio. On a pris le surveillant en otage pendant près de cinq heures, et à 1h30 du matin, les cagoulés nous ont transférés, moi à Rennes et Rachide à Rouen, au QI.

Quand je suis arrivé, il n’y avait rien dans la cellule, pas de matelas, pas de produits d’hygiène, pas de télé; rien, quoi. A 8 heures du matin, les matons ouvrent la porte, je leur demande de quoi me brosser les dents, et ils me répondent : « Tu vas payer pour la prise d’otage du collègue à Condé » ; c’est parti en bagarre; ils m’ont roué de coups de poing et de pied, et, avec les casques et les boucliers ils m’ont jeté au mitard pendant trois mois, menotté. Je ne pouvais même pas aller au téléphone pour appeler mon frère en Guadeloupe, et j’étais traité comme un chien lors des repas qui étaient jetés à terre par la trappe. Par la suite, j’ai recommencé les tours des QI pour atterrir à la centrale d’Arles où j’ai encore subi le racisme, et où tout ce que je demandais était refusé par la directrice : le sport, les activités comme le cheval, le travail. J’avais un régime spécial pour mon repas: à chaque fois, il manquait ma barquette. Ca a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : le matin du 2 décembre 2014, j’ai tenté une prise d’otage…

J’attends mon procès pour tentative de prise d’otage et agression avec arme. Le tour des QI a recommencé, et j’ai atterri au QI de Vendin-le-Vieil. Au bout de quatre mois, le directeur me dit : « Comme vous êtes arrivé au mois de mars 2015, vous sortirez le 15 septembre 2015. » Le 8 septembre au soir, le sous-directeur me dit que je ne sors plus le 15 septembre mais le 15 novembre, vu ma dangerosité. Je n’ai pas dormi de la nuit et j’ai décidé que le 9 septembre au matin, je prendrais le directeur en otage pendant quatre heures dans la salle d’audience, parce ce qu’on m’a pris pour un con et un rigolo; j’ai donc pris six ans de prison.

Je ne crois plus à aucune parole d’aucun directeur de l’administration pénitentiaire.

Je suis rentré pour une peine de huit ans et je me retrouve à devoir faire trente-quatre ans de prison parce que je veux rentrer chez moi en Guadeloupe, voir ma famille et surtout mon frère Eddy, pour ne plus subir le racisme, la méchanceté et la persécution des matons… La preuve, c’est que cela fait cinq mois que je suis au QI de Fleury-Mérogis en MAH (maison d’arrêt des hommes), alors que j’ai une peine de centrale.

Je tiens à remercier l’Envolée pour le travail qu’ils font pour les détenus. Courage et force,

Boromée Fabrice

 

Solidarité

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Des prisonniers de Chateau-Thierry dénoncent collectivement leurs conditions d’enfermement et exigent leur transfert

La prison endommagée par des bombardements... mais pas récemment malheureusement
La prison endommagée par des bombardements… mais pas récemment malheureusement

Nous venons de recevoir une pétition datée du 10 mai en provenance de la taule du centre pénitentiaire de Chateau-Thierry. Cette prison comprend une partie centre de détention (CD) de 33 places et un quartier maison centrale de 101 places. Trés vieille prison, elle a été plusieurs fois menacée de fermeture, mais elle enferme encore dans des conditions toujours plus dures. Des prisonniers exigent donc collectivement leur transfert. Ils le crient mais sans prise d’otage cette fois alors la presse s’en fout… Comme toujours, à l’inverse du sort réservé au « cri d’alarme » des matons. Matons qui, soit dit en passant, réclament plutôt de leur côté l’affectation dans cette taule, comme le rapport du Contrôleur de lieux de privation de liberté le disait en 2009.

Faisons circuler la parole des prisonniers et soutenons les. Plus que jamais, leur liberté est la notre.

« Je tiens à vous remercier de votre journal, lequel nous tient informés, à l’état brut, du réel de la détention. Je vous envoie cette pétition émanant de Château-Thierry, mais les signatures ne sont pas communicables. Peut-être pourriez-vous faire écho à ces demandes. Merci à vous L’Envolée. »

PETITION DES PERSONNES DETENUES

DE CHATEAU-THIERRY

Les personnes détenues de Château-Thierry réclament majoritairement leur transfert dans un autre établissement pour exécuter ou finir leur temps de détention. En cause, les conditions de détention plus que difficiles et le séjour long.

L’emplacement appelé « quartier maison centrale » n’est pas adapté à l’exécution des longues peines, ni des longs séjours, en cause :

– La vétusté ainsi que l’exiguité des cellules. Les fenêtres sont situées en hauteur, la vision s’arrête aux murs, renforçant une forte sensation de claustration.

– Enfermement cellulaire 21/24.

-Peu d’activités permettant de ne pas rester cloîtré.

-Pas d’eau chaude ni de frigidaire malgré les cantines de produits frais.

-Pas de salle d’activité (gourbi) permettant de se réunir comme dans de nombreuses autres centrales.

-Pas de réel espace sportif, même pour courir. Votre vue s’arrête toujours aux murs.

-Pas de cantine extérieure comme dans la plupart des centrales.

-Environnement médicalisé, normalement pour séjour temporaire. Or nous sommes maintenus en ce lieu des années contre l’avis des médecins-psychiatres.

« Il y a toujours de quoi s’énerver. D’abord être enfermée, ensuite de voir le comportement de l’AP »

Voici quelques nouvelles de Christine, transférée de Rennes à Fleury, régulièrement en conflit avec l’AP et son personnel, ce qui rallonge sa peine (voir aussi ici). Elle se bouge contre ce qu’elle ne supporte pas : par exemple le fichage à l’entrée en détention, et les fouilles et palpations corporelles répétées. Dans ses lettres, Christine décrit la détention et certains de ses combats, voici quelques extraits de courriers postés ces derniers mois.

 » J’ai des oppositions basiques, instinctives, au flicage, que ça soit pour moi, mes potes ou mes brebis. J’aime aussi, tout simplement, dire « non » à ceux qui me disent « tu n’as pas le choix ». »

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Extrait d’échanges avec Catherine, la compagne de Rachide Boubala

« Rachide me téléphone au minimum 2 fois par jour. C’est sa seule activité et cela lui donne l’occasion de sortir de sa cellule du quartier d’isolement. Pendant une vingtaine d’années je fus intervenante dans les bibliothèques de la Maison centrale de Clairvaux, et c’est dans le cadre de ce travail que j’ai rencontré Rachide qui végétait dans les QI/QD (une tournée de 84 établissements en 16 ans). Cette rencontre a donné une lueur de vie à Rachide, vite contrarié, puisque depuis 2 ans qu’il réclame de revenir à la MC de Clairvaux pour être près de moi -son seul lien extérieur-, on le fait tourner en bourrique dans d’autres établissements. Forcément, il se révolte et prend des années supplémentaires. L’éloignement a fait qu’il a 10 ans de plus à ses peines; 10 ans de plus pour se rapprocher de moi depuis 2 ans, à l’exemple de ce que vous dénoncez dans votre journal l’Envolée. Moi j’appelle ça de la justice de brousse. Elle fait honte à la France… surtout si elle est la voix de l’opinion publique. Je suis scandalisée par les commentaires d’internautes dans les rubriques de faits divers qui ne sont que haine et frustrations. J’avais entendu parler de l’Envolée à la maison centrale de Clairvaux par des détenus qui sont très soucieux de l’écho de leurs problèmes à travers les médias. Quand je lis ces témoignages, je constate que les mêmes problèmes se répètent, que rien ne bouge et que la mort les lèche tous les jours un peu plus. Rachide est toujours à la Maison d’arrêt de Rouen. Depuis jeudi, il est entré en mode combat. Sa demande d’affectation à Clairvaux (15 km de chez moi) lui a été refusée sans motif par l’EMS. »

avril 2014

A suivre…

A propos de Rachide Boubala : « preneur d’otage » à Condé-sur-Sarthe « pour que ça change pour les longues peines »

Rachide Boubala est un prisonnier longue peine âgé de 37 ans. Sa date de libération est 2038. Pas de peine d’assises mais une série de condamnations en correctionnelle non compressibles, accumulées du fait même de son incarcération et qui lui valent « un CDI avec l’administration pénitentiaire et la moitié de l’année passée au cachot » explique Catherine sa compagne. En effet, il n’a cessé de se révolter contre la routine carcérale, l’arbitraire des matons et les régimes de détentions inhumains supportés. En réponse, les tribunaux condamnent Rachide à des peines supplémentaires sur la base des déclarations de surveillants souvent soufflées ou amplifiées par leurs amis des Syndicats. Quant à l’AP, elle balade Rachide de prison en prison depuis 1997, pour une tournée de 86 établissements à ce jour. La seule dans laquelle l’AP évite de le remettre depuis deux ans, c’est précisément celle que Rachide souhaiterait intégrer pour être proche de sa compagne. Lire la suite

4 lettres depuis le CP de Mont-de-Marsan, prison moderne de merde…

DEPUIS LE CENTRE PÉNITENTIAIRE DE MONT-DE-MARSAN

« Prisons modernes de merde »

Le centre pénitentiaire Pémégnan de Mont-de-Marsan a été inauguré en novembre 2008 par Dati. C’est la taule « pilote » du plan 13200 lancé en 2002. Avec 300 places à la maison d’arrêt (MA), 360 au centre de détention (CD) et un quartier arrivant de 30 places, il permet d’enfermer dix fois plus que l’ancienne prison de Mont-de-Marsan. Lire la suite

Encore un témoignage sur la MA de Seysses, cette fois c’est une ex-prisonnière

Le représentant régional de FO pénitentiaire, Philippe Campagne, fait justement campagne (repris dans un article documenté du site carré rouge) pour redorer le blason de ces collègues de Seysses : les déclarations dans les lettres des prisonnières  de la MA de Seysses ne seraient que des affabulations, la preuve FO a fait sa petite enquête interne et donc, FO envisage de porter plainte pour diffamation.  Lire la suite

Appel des prisonnières de la M.A.F de Seysses

Ce courrier était sorti il y a un mois. Un nouveau vient d’arriver, on le reproduit ici :

MAF de Seysses, le jeudi 30 mai 2013

Madame, Monsieur de la radio Je viens à vous pour dénoncer les maltraitances que l’on subit à la MAF de Seysses, que ce soit en tant que spectatrice qu’en tant que persécutée. Tout d’abord, il y a 4-5 jours, une détenue basque espagnole que les surveillantes provoquent très souvent verbalement ! Donc notre collègue détenue Iti a demandé gentiment aux surveillantes de ne pas la tutoyer, que le respect doit être dans les deux sens, enfin voila le ton est monté et Iti a été passée à tabac, coups de pieds dans le ventre, etc. Lire la suite