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  • 5 podcasts sur le procès en attendant le délibéré pour les matons tueurs de Sambaly Diabaté

    5 podcasts sur le procès en attendant le délibéré pour les matons tueurs de Sambaly Diabaté

    Du lundi 29 novembre 2021 au mercredi suivant, les sept matons qui ont causé la mort de Sambaly à la Maison Centrale de Saint-Martin-de-Ré en août 2016 comparaissaient devant le tribunal correctionnel de La Rochelle. Il est mort par asphyxie dans les mains des matons. Nous étions présent·e·s au procès pour soutenir les proches de Sambaly. Ces 5 heures d’audio, en cinq parties, c’est un montage de nos retours à chaud, après chacune des trois journées d’audience où nous avons accompagné les proches de Sambaly Diabaté.

    Faisons un maximum de bruit sur cette nouvelle mascarade judiciaire.
    Force et courage à Oumou Diabaté et à ses proches !

    Procès des matons homicides, part. 1 – L’Envolée
    Procès des matons homicides, part. 2 – L’Envolée
    Procès des matons homicides, part. 3 – L’Envolée

    Procès des matons homicides, part. 4 – L’Envolée
    Procès des matons homicides, part. 5 – L’Envolée

    Pour plus d’infos lisez aussi l’appel à se rassembler pendant le procès : À la mémoire de Sambaly, tué par les matons et en soutien à ses proches.

    Mise à jour suite au délibéré du jeudi 27 janvier 2022 :

    Quatre peines de douze à vingt-quatre mois de sursis ont été prononcées contre les surveillants, dont une est accompagnée d’une interdiction d’exercer pendant cinq ans. Les trois autres condamnés n’auront pas de restriction pour exercer leur métier à Saint-Martin de Ré. Trois autres accusés sont simplement relaxés. No comment.

  • Lettres des QI – Hommage à Zineb Redouane – Procès des matons meurtriers de Sambaly – Révoltes et répression dans les CRA

    Lettres des QI – Hommage à Zineb Redouane – Procès des matons meurtriers de Sambaly – Révoltes et répression dans les CRA

    Émission de L’Envolée du 10 décembre 2021.
    • Pièce de théâtre en un acte sur l’UCSA (le médical en détention) envoyée par Libre Flot depuis le quartier d’isolement de Bois d’Arcy pour parler notamment de l’absence de secret médical en prison, et aussi plus largement du rôle des médecins dans la détention.
    • Lettre écrite à la radio par Mickaël, maintenu à l’isolement depuis deux ans et qui nous écrit depuis de longs mois du QI de Saint Maur dont l’administration pénitentiaire refuse toujours de le faire sortir. On avait notamment publié son texte Santa Muerte dans le numéro 52 du journal et sur le site.
    • Appel de G. depuis Marseille pour parler des différents rassemblements et actions en hommage à Zineb Redouane tué par une grenade jetée chez elle par un CRS, il y a trois ans. Retour aussi sur le mois organisé contre les violences policières et pénitentiaires dans la ville.
    • Suite et fin du retour sur le procès des matons qui ont causé la mort de Sambaly Diabaté à Saint Martin de Ré qui s’est déroulé du 29 novembre au 1er décembre à la Rochelle. Discussion sur les réquisitions de la proc’ qui s’est employée à défendre son institution et les personnels à qui elle confie régulièrement des prisonniers. Elle transforme la déshumanisation de Sambaly par ses meurtriers en des « œillères professionnelles » qui les disculpent de toute « volonté manifeste de lui nuire » (sic). Force à Oumou et la famille de Sambaly, dont vous pouvez écouter l’appel à cette antenne dans l’émission de la semaine dernière.

    Des podcasts ont été fait à chaud chaque soir du procès par des membres de l’Envolée qui y assistaient en soutien à la famille Diabaté. Pour celles et ceux qui voudraient entendre plus de détails sur le déroulé des audiences, les enregistrements sont disponibles sur le site : récap’ à chaud du premier jour d’audience, du deuxième jour et du dernier jour, qui a été décidé à la dernière minute. Délibéré le 27 janvier 2022.

    • Retour sur les révoltes dans différents centres de rétention (des infos plus précises et des paroles de l’intérieur sont régulièrement publiées sur abaslescra.noblogs.org et crametoncra.noblogs.org) : au Mesnil-Amelot, des prisonniers ont accroché une banderole demandant leur libération et d’autres sont montés sur les toits. A Vincennes, un bâtiment a été quasiment détruit lors d’une révolte collective pour essayer d’empêcher une expulsion groupée. D’autres prisonniers ont refusé d’intégrer le réfectoire pour protester contre la mise à l’isolement de l’un des leurs. A Lyon, des nouveaux cas de Covid ont été avérés mais le centre de désemplit pas et aucune mesure sanitaire n’est prise. La grève de la faim a été réprimé très violemment, à coup de matraque et de lacrymo.

    L’Envolée est une émission pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. L’Envolée est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.

    Direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne et MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le lundi soir à 23h, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Podcasts disponibles sur toutes les plateformes !

    Pour nous joindre : 07.53.10.31.95 (whatsApp, telegram, signal, appels et textos). Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée, 1 rue de la solidarité, 75019 Paris, ou encore à contact@lenvolee.net et sur instagram, twitter, facebook & snapchat.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers et les prisonnières. Les abonnements du dehors permettent ça. La censure qui frappe le numéro 52 ne concerne « que » ce numéro en détention. Contactez-nous !

    Notre bouquin pour troubler la fête du quarantième anniversaire de la prétendue abolition de la peine de mort est sorti ! Une manière parmi d’autres, que nous espérons nombreuses, de faire entendre quelques voix dissonantes dans l’écœurante auto-célébration du pouvoir.

    Ce livre réunit des paroles de prisonniers, de prisonnières et de proches publiées dans le journal depuis sa création en 2001 qui nous rappellent avec force qu’en réalité c’est seulement la guillotine qui a été supprimée en octobre 1981.

    Il est disponible dans toutes les bonnes librairies et sur la boutique de nos ami.e.s des éditions du bout de la ville.

    Il est gratuit pour toutes les personnes enfermées : écrivez-nous à contact@lenvolee.net pour que nous puissions le faire parvenir à vos proches emprisonné.e.s !

    Communiqué du collectif clandestin de la centrale d’Arles, octobre 2001

    « Comme toujours, la parole n’a pas été accordée aux principaux intéressés, à ceux et celles pour qui le quotidien est l’infamie carcérale, c’est à dire les détenus eux-mêmes !
    La parole ne nous est pas donnée. Jamais . C’est pourquoi nous avons décidé de la prendre, ici et maintenant.
    C’est particulièrement au nom des détenus « longues peines » que nous nous exprimons, nous, les laissés pour compte, ceux pour qui l’horizon n’est que désespoir et haine.
    Nous sommes là, face à vous, pour exiger que nous soient appliquées des mesures justes, équitables, qui nous permettent de croire que nous n’avons pas été condamnés à la mort lente, à des peines qui ne sont qu’un substitut à la peine de mort. »

  • Des prisonniers racontent la mort de Youssef – Procès des tueurs de Sambaly – Expulsion violente en CRA

    Des prisonniers racontent la mort de Youssef – Procès des tueurs de Sambaly – Expulsion violente en CRA

    Emission de l’Envolée du vendredi 4 décembre 2021

    • Retour sur le procès de 7 matons qui ont tué Sambaly en août 2016 à la prison de Saint Martin de Ré, qui a eu lieu du 29 novembre au 1er décembre à la Rochelle. Appel et discussion avec Oumou, soeur de Sambaly.

    Des podcasts ont été fait à chaud chaque soir du procès par des membres de l’Envolée qui y assistaient en soutien à la famille Diabaté. Pour celles et ceux qui voudraient entendre plus de détails sur le déroulé des audiences, les enregistrements sont disponibles sur le site :
    1er soir :
    https://lenvolee.net/proces-des-matons-homicides-de-saint-martin-de-re-compte-rendu-a-chaud-jour-1/
    2e soir : https://lenvolee.net/proces-des-matons-homicides-jour-2/
    3 soir : https://lenvolee.net/proces-des-matons-homicide-j3/

    • Diffusion d’un enregistrement envoyé par l’assemblée d’Ile de France contre les centres de rétention (abaslescra.noblogs.org). Une personne récemment expulsée en Guinée, sans avoir fait de test PCR, revient sur son passage en CRA et la violence des expulsions.

    L’Envolée est une émission pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons. L’Envolée est aussi un journal d’opinion de prisonniers, de prisonnières et de proches.

    Direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne et MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le lundi soir à 23h, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Podcasts disponibles sur toutes les plateformes !

    Pour nous joindre : 07.53.10.31.95 (whatsApp, telegram, signal, appels et textos). Pour écrire : Radio FPP – L’Envolée, 1 rue de la solidarité, 75019 Paris, ou encore à contact@lenvolee.net et sur instagram, twitter, facebook & snapchat.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers et les prisonnières. Les abonnements du dehors permettent ça. La censure qui frappe le numéro 52 ne concerne « que » ce numéro en détention. Contactez-nous !

    Notre bouquin pour troubler la fête du quarantième anniversaire de la prétendue abolition de la peine de mort est sorti ! Une manière parmi d’autres, que nous espérons nombreuses, de faire entendre quelques voix dissonantes dans l’écœurante auto-célébration du pouvoir.

    Ce livre réunit des paroles de prisonniers, de prisonnières et de proches publiées dans le journal depuis sa création en 2001 qui nous rappellent avec force qu’en réalité c’est seulement la guillotine qui a été supprimée en octobre 1981.

    Il est disponible dans toutes les bonnes librairies et sur la boutique de nos ami.e.s des éditions du bout de la ville.

    Il est gratuit pour toutes les personnes enfermées : écrivez-nous à contact@lenvolee.net pour que nous puissions le faire parvenir à vos proches emprisonné.e.s !

    Communiqué du collectif clandestin de la centrale d’Arles, octobre 2001

    « Comme toujours, la parole n’a pas été accordée aux principaux intéressés, à ceux et celles pour qui le quotidien est l’infamie carcérale, c’est à dire les détenus eux-mêmes !
    La parole ne nous est pas donnée. Jamais . C’est pourquoi nous avons décidé de la prendre, ici et maintenant.
    C’est particulièrement au nom des détenus « longues peines » que nous nous exprimons, nous, les laissés pour compte, ceux pour qui l’horizon n’est que désespoir et haine.
    Nous sommes là, face à vous, pour exiger que nous soient appliquées des mesures justes, équitables, qui nous permettent de croire que nous n’avons pas été condamnés à la mort lente, à des peines qui ne sont qu’un substitut à la peine de mort. »

  • À la mémoire de Sambaly, tué par les matons et en soutien à ses proches

    À la mémoire de Sambaly, tué par les matons et en soutien à ses proches

    Plus d’infos sur la page de Casse Murailles & là.

    Les 29 et 30 novembre prochains, 7 maton·nes de la maison centrale de St-Martin-de-Ré passeront en procès à La Rochelle. Quatre seront jugé·es pour homicide involontaire, deux pour non-assistance à personne en danger et un·e pour violences volontaires. En plus de ces 7 maton·nes, deux autres figuraient sur la liste des prévenus mais ils se sont suicidés au cours l’enquête, peu avant leurs auditions respectives.

    Ces maton·nes sont jugé·es pour leur responsabilité dans la mort de Sambaly Diabaté – un prisonnier de la prison de St-Martin-de-Ré, décédé au cours d’un transfert à l’intérieur de l’enceinte de la prison le 09 août 2016.
    Les circonstances de sa mort sont plus que suspectes : Sambaly disait savoir beaucoup de choses sur le fonctionnement interne de cette prison, notamment au sujet de trafics entre maton·nes et prisonnier·es. À l’été 2016, sa soeur qui a l’habitude de lui rendre visite est en vacances, sa situation se dégrade. Alors qu’il se sentait menacé, il tombe malade et perd une vingtaine de kilos en 3 semaines. Il est dans un état léthargique et n’a même plus le réflexe d’aller aux toilettes. Il peine à se déplacer comme à parler. Sa soeur lui a rendu visite le 05 août et a eu du mal à le reconnaître tellement il était amaigri et affaibli. Sambaly avait alors déjà appelé sa mère pour lui faire ses adieux en lui disant qu’il serait bientôt tué. Le pensant malade, sa soeur a demandé qu’il soit hospitalisé de toute urgence. Malheureusement, à la veille du week-end, une hospitalisation semblait impossible pour la directrice de la prison, mais elle s’est engagée à le faire hospitaliser le lundi. Quand sa soeur a téléphoné le lundi, on lui a répondue qu’il allait nettement mieux et qu’il n’avait plus besoin d’aller à l’hôpital. Le lendemain elle a reçu un appel lui annonçant la mort de Sambaly. Arrivée sur place avec sa soeur et sa cousine, une matonne s’est précipitée pour leur dire « ils n’auraient pas du faire ça »… La matonne a elle-même tenté de se suicider au cours de l’enquête.

    Toutes ces circonstances troublantes ont été confirmées par un autre prisonnier, Jean- Christophe Merlet, témoin du transfert de Sambaly vers l’autre quartier de la prison. Dans les jours qui ont suivis, JCM a voulu parler : le 21 août, la même équipe de maton·nes a cherché à le faire taire en le rouant de coups. Elle n’a pas eu le temps d’arriver à ses fins du fait de l’irruption inattendue d’un autre maton, mais JCM en est tout de même ressortit avec de lourdes atteintes physiques, neurologiques et respiratoires. Il a perdu l’usage de ces jambes dans cette agression. Depuis, il réclame à se faire auditionner pour témoigner des circonstances de la mort de Sambaly. Il tente aussi que les maton·nes soient poursuivi·es mais l’administration pénitentiaire met tous ses moyens en oeuvre pour étouffer sa parole. D’ailleurs, elle
    s’acharne pour ne pas le libérer, alors que son état de santé a été déclaré incompatible avec la détention – déjà au printemps 2017 puis à l’été 2020. L’administration a réussi à le maintenir en détention – et donc loin des micros et caméras – par le biais des procédures kafkaïennes qui lui sont propres.

    L’histoire de Sambaly n’est pas rare : la prison tue chaque année près de 130 prisonnier·e·s et les circonstances de ces morts sont toujours obscures. La parole de la matonnerie est la seule à pouvoir sortir des taules et elle sera toujours validée par la hiérarchie. À l’heure où l’État célèbre les 40 ans de la suppression de la guillotine et où ce procès risque d’être la démonstration que l’institution pénale couvrira toujours l’horreur carcérale, soyons nombreux·ses devant le tribunal de La Rochelle pour dénoncer cette mascarade et soutenir la famille Diabaté dans son combat pour éclaircir les circonstances de la mort de Sambaly.

    RASSEMBLEMENT AU TRIBUNAL DE LA ROCHELLE LES 29 ET 30 NOVEMBRE 2021 À 08h30
    12, rue du Palais

  • Lettres de l’intérieur – interview de la sœur de Sambaly Diabaté, tué par des matons en 2016 – Marches contre les violences d’Etat

    Lettres de l’intérieur – interview de la sœur de Sambaly Diabaté, tué par des matons en 2016 – Marches contre les violences d’Etat

    Emission de l’Envolée du 19 Mars 2021
    • Lettre de Y. enfermé à la Maison d’Arrêt d’Angoulême.
    • Lettre de N., de la MAF des Baumettes :
    • Extraits de lettres de Mickaël, au QI de Saint Maur, et de l’Infâme, au QI de Valence.
    • Enregistrement d’une discussion avec la soeur de Sambaly Diabaté, mort dans un fourgon dans les mains de surveillants de Saint Martin de Ré le 9 août 2016. Elle revient sur la longue lutte judiciaire toujours en cours.
    • Appel aux marches du 20 mars contre les violences d’Etat, les violences policières et pénitentiaires.
    • Enregistrement de Najet, la mère d’Idir, mort au mitard de Lyon Corbas en septembre 2020.
    • à Arles, les ERIS sont intervenus plusieurs jours de suite après des blocage de promenade pour protester contre une fouille à nu abusive suite à un parloir. Et déjà des transferts disciplinaires …

    FERMETURE DES MITARDS ET DES QUARTIERS D’ISOLEMENT, ABOLITION DES BRIGADES PÉNITENTIAIRES CAGOULÉES (ERIS ET ELAC) !

    L’Envolée est une émission pour en finir avec toutes les prisons. Elle donne la parole aux prisonniers, prisonnières et leurs proches & entretient un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur des prisons de toute sorte. L’Envolée est aussi un journal d’opinion de prisonniers et leurs proches.

    Direct chaque vendredi de 19 à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne et MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, jeudi à 17h30 à Toulouse sur Canal Sud 92.2,et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h). Podcasts disponibles sur toutes les plateformes.

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  • AFDP, une asso pour les proches de prisonnier.e.s – « On est au Club Med de l’enfer »

    AFDP, une asso pour les proches de prisonnier.e.s – « On est au Club Med de l’enfer »

    Émission de l’Envolée du vendredi 17 octobre 2025

    AU PROGRAMME :

    Lettres de prisonniers et prisonnières :

    • Kemi à la centrale de Moulins : il est placé en « gestion individualisée », ce régime d’isolement au sein de la détention ordinaire qui permet d’étendre toujours plus cette torture blanche. Il dénonce aussi la manière dont l’étiquetage des prisonnier.e.s (« radicalisé », « extrême gauche »…) permet à l’AP de les réprimer à très long terme, et critique le mépris social envers la population carcérale, qui justifie son écrasement : « Les bobos disent qu’on est au Club Med, et ben vous savez-quoi ? On est au Club Med de l’enfer »
    • Fabrice au CP de Valence : une instruction a été ouverte suite à sa plainte contre des surveillants de Saint-Maur qui avaient jeté en 2017 une grenade assourdissante dans la douche de laquelle où il était, ce qui lui a causé de graves séquelles. Il exprime un espoir de pouvoir enfin être entendu, alors qu’il va aussi lui-même subir un procès pour cette histoire, les agents de l’état violents se couvrant toujours en accusant leurs victimes. Nous savons qu’il sera très difficile pour lui d’être écouté par la justice… Force et courage à lui !
      Pour en savoir plus : écouter ici ou lire là
    • Aurélie au CP de Rennes face à l’arbitraire des règlements pénitentiaires et de leur application : courriers bloqués, virée de formation pour n’apprendre par assez vite, interdiction d’avoir plus de 30 photos en cellule…
    • Valentin à la MA de la Santé : incarcéré pour « violence contre personnes dépositaires de l’autorité publique » (en manif), une accusation qui « masque une foret de vies brisées » par les violences policières et pénitentiaires, violences économiques, violences d’état raciste…

    • Entretien avec Nina, ancienne prisonnière et membre de l’AFDP, Accompagnement des familles de détenu(e)s et prévention : association fondée en juin 2025 qui propose informations et aide aux proches de prisonnier.e.s, face à la difficulté de prendre la parole et de trouver de l’aide et de l’info. L’association vise aussi à chercher l’empathie de l’opinion publique face à un « système contre-productif ». Elle agit au travers d’une cagnotte de soutien, d’un groupe de soutien Whats app, de lives et pages d’infos sur Tiktok…
      –> plus d’infos et tous les contacts ici : https://www.helloasso.com/associations/afdp
      … Nina est aussi l’autrice des musiques diffusées dans cette émission 😉

    Actus :

    • Résultat du recours en appel au tribunal administratif contre la censure des numéros 55 et 56 de l’Envolée… (écouter plus de détails dans notre émission du 3 octobre) : nous pouvons annoncer officiellement que nous avons perdu… quelle surprise ! Ce que nous retenons, c’est que selon la justice : « La vérité au sujet de la violence pénitentiaire systémique est diffamatoire, donc censurable, même si tu prouves que ce que tu dis es vrai ». Les notes d’audience du procès des surveillants qui ont tué le prisonnier Sambaly Diabaté à Saint-Martin de Ré attestent qu’ils ont dit à la barre que les techniques qui ont entraîné la mort leur ont été enseignées au sein de l’AP à Fleury Merogis… Mais on a pas le droit de le dire et de le dénoncer dans un journal lu par des prisonnier.e.s.
    • Annonces de Darmanin sur l’ouverture de quatres QLCO (Quartiers de lutte contre la criminalité organisée) supplémentaires : les gouvernements passent, les darmadingueries restent. Ils prévoient une extension rapide et flippante d’une usine mortifère, des quartiers où l’isolement et la destruction des liens avec les proches sont poussés à leur paroxysme. Nous rappelons qu’il n’y a pas d’ »erreur de casting » : ce régime est ultra brutal et personne ne devrait le subir.

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  • Lettre du CNE de Réau – « TranSperce la taule » : Appel à contribution – La censure de l’Envolée validée en appel

    Lettre du CNE de Réau – « TranSperce la taule » : Appel à contribution – La censure de l’Envolée validée en appel

    Émission de l’Envolée du vendredi 3 octobre 2025

    • On lit une lettre de Pascal que l’administration pénitentiaire (AP) continue de faire galérer au centre national d’évaluation (CNE) de Réau, en attente de son transfert à la centrale Saint-Martin-De-Ré ; avec en prime pas de taf, de formation ou d’activité.
    • On relaie « TranSperce la taule », un appel à contribution pour les personnes trans qui subissent l’enfermement pour fabriquer un manuel d’autodéfense face à la prison pour les personnes transfems et leurs proches. On peut retrouver le texte d’appel en entier notamment ici. Et on peut réécouter l’émission de janvier dernier où on avait reçu un appel d’Arlette pour parler de ce projet et des violences particulières que subissent les personnes transfems à l’intérieur de la part des maton.es et du personnel médical.
    • On revient sur l’audience en appel qui s’est tenue le 25 septembre 2025 pour le recours de l’Envolée contre la censure par l’AP des n°55 et 56. Sans grande surprise, la justice administrative a validé le droit de l’administration a censurer un journal sur la seule base d’une menace pour le bon ordre des établissements pénitentiaires, l’équivalent à l’intérieur de la menace à l’ordre public dehors. Et peu importe finalement pour les juges que les écrits incriminés – le récit du procès des matons qui ont tué Sambaly Diabaté à Saint-Martin-de-Ré en 2016 – soient vérifiés.
    • On discute de l’actualité : un ancien président avec un mandat de dépôt à effet différé, les médias de gauche qui défendent l’idée d’une justice qui s’appliquerait à tous – alors qu’on sait ici que les prisons et les juges servent avant tout à enfermer les pauvres (on peut relire l’édito du n°62 à ce sujet).

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    Et sur toutes les plateformes de podcast.

  • La censure de l’Envolée validée au TA – Mort de Karima : un maton condamné mais pas viré – Gaëtan dénonce l’enfer de Fleury

    La censure de l’Envolée validée au TA – Mort de Karima : un maton condamné mais pas viré – Gaëtan dénonce l’enfer de Fleury

    Émission de l’Envolée du vendredi 6 décembre 2024

    On revient sur les recours qui avaient été déposés contre les censures du journal l’Envolée par l’administration pénitentiaire (on en avait déjà parlé dans cette émission et celle-ci). Sans surprise, les recours ont été rejeté. On aura quand même pu reparler un peu de la mort de Sambaly Diabaté entre les mains des matons à Saint Martin de Ré en 2016, comme le récit de leur procès avait été un des motifs de censure par l’AP.

    En 2020, Karima, incarcérée à la MAF de Fresnes, subit la vengeance d’un gradé et se retrouve au mitard malgré son état psychologique plus qu’inquiétant. Elle y met fin à ses jours. Le maton responsable, aujourd’hui directeur de taule, était jugé la semaine passée et a été condamné à deux ans de sursis, sans que cela ne l’empêche de continuer à exercer.

    On discute avec Gaëtan qui sort tout juste de Fleury et qui parle des violences pénitentiaires quotidiennes, de la complicité du médical pour cachetonner les prisonniers, des étiquettes qu’on te colle à tour de bras : « le lundi on te déclare schizophrène, le mardi criminel, et le mercredi suicidaire ». Il dénonce également la puissance des syndicats de matons qui décident des transferts. Enfin il raconte l’enfer du mitard de Fleury, une vraie prison dans la prison avec 120 places.

    On annonce une émission de message organisée par Zonz’onde qui sera diffusée le 24 décembre au soir sur plusieurs radios en France pour les personnes enfermées.

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
    Et sur toutes les plateformes de podcast.

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  • L’Infâme is back – Répression pénitentiaire à Mayotte – L’Envolée vs censure pénitentiaire

    L’Infâme is back – Répression pénitentiaire à Mayotte – L’Envolée vs censure pénitentiaire

    Émission de l’Envolée du vendredi 15 novembre 2024

    Dans cette émission :

    • Lettre de l’Infâme, qui nous raconte sa détention depuis qu’il est à la centrale d’Arles : après des promesses mensongères (typiques) de la part de l’AP, il a de nouveau subi son acharnement (typiques) sous toutes ses formes. Alors l’Infâme part au combat sur le versant procédurier. Forces à notre poto, on se tient au courant, écrivez-lui !
    • Répression contre les prisonniers de Majicavo à Mayotte suite à la mutinerie du 28 septembre : surpopulation et conditions de détention innommables, quelques news du procès des accusés de la mutinerie, transferts punitifs = déportations. Évidemment hésitez pas à nous transmettre des news et paroles directes de l’intérieur !
    • AP vs L’Envolée, x-ième round : retour de l’audience d’aujourd’hui au tribunal administratif, où on faisait un recours contre notre censure par l’AP, qui ne supporte pas que nous démontrions que la prison brutalise et tue. Sans surprise : la justice d’état va confirmer que c’est naturel pour l’AP de fermer la bouche des prisonnier.e.s et de les infantiliser, donc… on va continuer de faire circuler et soutenir leurs paroles !
      -> n’hésitez pas à relire et faire circuler le compte-rendu du procès des surveillants qui ont tué Sambaly Diabaté, article du n°55 de l’Envolée, qui avait particulièrement dérangé les geôliers.

    Agenda :

    L’abonnement au journal est gratuit pour les prisonniers
    et les prisonnières.

    En direct chaque vendredi de 19h à 20h30 sur FPP 106.3 en région parisienne.
    Rediffusions sur MNE 107.5 à Mulhouse, RKB 106.5 en centre-Bretagne lundi à 22h, Radio Galère 88.4 à Marseille le jeudi soir à 20h30, PFM à Arras et alentours 99.9 mardi à 21h30, Canal Sud 92.2 jeudi à 17h30 à Toulouse, L’Eko des Garrigues 88.5 à 12h le dimanche à Montpellier, Radio U 101.1 le dimanche à 16h30 à Brest, Radio d’Ici 106.6 à Annonay mardi à 21h30 et 105.7 FM & 97.0, à Saint-Julien-Molin-Molette dimanche à 20h, Radio FM 43 dimanche à 12h en Haute-Loire, 105.7 FM au Chambon-sur-Lignon, 102 FM à Yssingeaux et 100.3 FM au Puy-en-Velay, sur Radios libres en Périgord, en Dordogne,102.3 FM à Coulounieix-Chamiers jeudi à 20h, sur Radio Alto 94.8 FM sur le massif des Bauges jeudi à 21h, sur Jet FM 91.2FM à Nantes le lundi à 12h, et sur les webradios Pikez (dimanche à 11h) et Station Station (lundi à 13h).
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  • AMNISTIE POUR LES INCULPÉS DE LA RÉVOLTE POPULAIRE !

    AMNISTIE POUR LES INCULPÉS DE LA RÉVOLTE POPULAIRE !

    Police, justice, prison : les maillons d’une même chaîne

    « Moi quand je fous le feu ça fait d’la lumière et j’y vois plus clair ! »
    Hafed Benotman, 2005

    Contrairement à ce que tous les commentateurs serinent à longueur d’émission, les feux de la révolte en cours nous disent beaucoup. Notamment sur le système police-justice-prison, qui est là avant tout pour enfermer les pauvres, notamment les jeunes prolétaires racisés – quand il ne les tue pas. Face aux arrestations de masse de ces derniers jours, se rendre dans les tribunaux qui ont commencé à juger les révoltés – et y porter la revendication d’une amnistie générale –, c’est le moins qu’on puisse faire.

    « Il y a chez eux une dynamique qui les dépasse. En réalité, ils n’obéissent à aucun raisonnement rationnel », assène le substitut du procureur de Nanterre après l’annonce des premières incarcérations. Au-delà d’un mépris social et d’un racisme hélas largement partagés, il est clair que lui a un intérêt direct à dépolitiser, désocialiser et animaliser les révoltés qu’il envoie au trou… puisque l’institution qu’il incarne est une des cibles de cette révolte populaire. On entend beaucoup parler des attaques de mairies, de commissariats et autres Lidl, moins de celles des maisons de justice, de la prison de Fresnes et de Réau, ou encore des bien mal nommés Services de probation et d’insertion pénitentiaire (Spip). A croire qu’« intoxiqués » à GTA ou pas, les gamins en révolte savent bien que la prison est faite pour eux – comme elle l’était pour leur parents qui ont connu le tournant sécuritaire des années 1980 et l’explosion de l’incarcération de masse. A croire que l’« insertion » n’est qu’un autre nom de la mise au travail de la jeunesse des quartiers populaires dans des conditions dégradantes.

    La brutalité d’hommes en armes quadrillant les rues n’est que l’expression la plus visible de la violence d’État. Après le policier, c’est le juge qui prend le relais ; et après le juge, le maton. C’est la chaîne pénale : police-justice-prison. Comme celle de la police, la violence des cours de justice s’abat tous les jours, tranquillement, sur les classes les plus pauvres et les plus stigmatisées des quartiers populaires. « Combien de Nahel n’ont pas été filmés ? »,peut-on lire sur des banderoles. De 2014 à 2019, la police a tué en moyenne 25 personnes par an ; depuis, le nombre des morts entre les mains des forces de l’ordre a encore bondi – jusqu’à 52 décès en 2021, et plus de 40 l’année dernière. Et combien d’autres morts en prison ? Impossible de le dire : là, il n’y a jamais d’images, évidemment. On pense à Sambaly, à Jawad, à Idir, à Alassane, à Jimony, à Taoufik, à Théo, à Gordana et tant d’autres. Prisonnier.e.s et proches le répètent à la radio ou dans notre journal depuis vingt ans : la violence des surveillants pénitentiaires s’abat tous les jours. Ils humilient ; certains tabassent, certains tuent derrière les hauts murs des prisons de France ; tout particulièrement dans les mitards et les quartiers d’isolement. Dans ces lieux, pas d’autres témoins que les caméras de surveillance, et les agents connaissent tous les angles morts. Comme les policiers, ils sont couverts par leur hiérarchie et acquittés par la justice.

    La phase judiciaire de la répression des mouvements sociaux ne produit pas d’images révoltantes, mais elle n’en est pas moins violente pour autant. Le garde des sceaux Dupont-Moretti a d’ores et déjà sonné la mobilisation générale de la machine judiciaire pour écraser le mouvement. Il y a fort à parier que les chiffres de 2005 (800 révoltés avaient pris du ferme en trois semaines) et ceux des Gilets jaunes (1 500 peines ferme en cinq mois) seront largement dépassés. Sa circulaire à destination des parquets est d’ailleurs le décalque de celle qui visait le mouvement des Gilets jaunes  – avec la criminalisation des parents en prime. Le ministre encourage le recours à l’infraction de « participation à un groupement en vue de la préparation de violences », qui permet de condamner toute personne présente sur les lieux, en l’absence de tout autre élément à charge. Les procureurs sont invités à « déferrer » tout le monde systématiquement, même les mineurs. Ça va entraîner énormément d’incarcérations, car les sanctions pénales qui suivent un déferrement sont généralement plus lourdes et plus brutales. L’augmentation du recours aux comparutions immédiates est exponentielle depuis les grandes révoltes de 2005 ; et lors des mouvements sociaux, elles sont utilisées massivement.

    Le ministre demande aussi de faire remonter les chiffres tous les jours pour faire de la communication – pour éteindre le soupçon de cet introuvable « laxisme judiciaire » qui est invariablement invoqué par la droite et l’extrême droite. Car l’extrême droite armée est à l’offensive dans les médias comme dans les rues : les mêmes syndicats de policiers qui demandent « le respect de la présomption d’innocence » et « l’indépendance de la justice » pour leur collègue exigent en même temps que la justice s’automatise encore plus pour ceux qu’ils qualifient de « nuisibles », de « hordes sauvages », de « chienlit ». Pour les éradiquer, ils exigent une fois de plus les pleins pouvoirs, ils en appellent au « réarmement de la police ». Ce terme avait été utilisé par Marine Le Pen en 2017 après le viol de Théo par d’autres policiers fascistes. Juste avant, des flics avaient manifesté armés non loin de l’Elysée. Ils se chauffaient, à l’époque. Aux élections suivantes, ils manifestaient cette fois devant l’Assemblée nationale pour dénoncer ce chimérique « laxisme judiciaire ». Déjà ministre de l’Intérieur, Darmanin les avait rejoints pour les assurer de son soutien. Forts de ces victoires symboliques successives, les syndicat Alliance et Unsa ont prospéré et assumé leur orientation fasciste au cœur de la police, mais aussi dans l’administration pénitentiaire. Les menaces séditieuses de ces jours-ci sont la suite logique d’une négociation au long cours au cœur de l’État pour qu’il durcisse le régime et arme toujours plus ces hommes déjà en armes. Ce qu’il fait, d’ailleurs, en déployant le Raid et la BRI, qui tirent dans les rues.

    Face à cette prise d’otage de l’Etat et des rues par ces bandes armées, c’est ailleurs qu’il s’agit de construire un rapport de force. S’il y a bien un endroit où il faut se trouver, c’est dans les tribunaux et devant les prisons : pour dire à la justice qu’on n’est pas d’accord, et pour que les gens se sentent moins seuls face à une institution entièrement dirigée contre eux. Déjà des réunions, des collectifs, des rassemblements s’organisent pour faire face à l’immense répression policière et judiciaire que l’État va continuer à déployer. Il y a eu près de 4 000 arrestations en une semaine, et les premières perquisitions ont déjà eu lieu. Soyons nombreux et nombreuses dans les tribunaux et devant les prisons pour que l’autodéfense collective face à la justice fasse partie intégrante du mouvement.

    Il nous faut trouver la force et la détermination nécessaires pour exiger l’amnistie de tous les inculpés, c’est-à-dire l’abandon des poursuites à leur encontre et leur libération immédiate. Celles et ceux qui ont pris part au mouvement social contre la réforme des retraites, celles et ceux qui se mobilisent contre la dissolution des Soulèvement de la terre, les organisations de gauche et de défense des droits de l’homme peuvent trouver là le moyen de se solidariser en actes avec les révoltés. Dans la rue, la révolte populaire a déjà pris pour cible la chaîne pénale qui sert à enfermer principalement celles et ceux qui subissent de plein fouet la violence économique, tout en couvrant la violence de ses agents. Un tel mot d’ordre d’amnistie générale serait un premier pas pour gripper la machine judiciaire qui enferme chaque jour les enfants des colonisés, les étrangers et les pauvres des quartiers de France ; qui tous n’en peuvent plus d’être stigmatisés, emprisonnés et pris pour cibles.

    L’Envolée, 4 juillet 2023.