Archives de catégorie : textes d’ailleurs

Inonder l’AP de courrier, pour aider Fabrice Boromée, transféré à la centrale de Saint-Maur

Fabrice Boromée a quitté l’isolement à la centrale de Lannemezan, pour être transféré à la centrale de Saint-Maur (à côté de Châteauroux). Il y est déjà passé il y a quelques temps et redoutait ce transfert. Comme à son habitude, l’AP n’a pas même feint de prendre en compte les demandes de Fabrice : il se bat toujours pour son rapprochement familial en Guadeloupe, et sachant que l’attente peut être encore longue, il aimerait au moins être transféré en région parisienne de manière à être visité. Il a besoin de notre aide depuis dehors. Ecrire à l’AP est une des formes très concrètes que peut prendre notre solidarité à toutes et tous. Pour soutenir Fabrice, les animateurs et animatrices du collectif Prison par terre ont écrit un courrier type que nous publions ici. Vous pouvez vous en inspirer ou l’imprimer tel quel afin de l’envoyer aux différents échelons hiérarchiques de l’AP dont vous trouverez les adresse en fin de courrier. A vos imprimantes ou à vos stylos. Gageons que la direction de Saint-Maur sera au moins surprise par un afflux de courrier en soutien à un prisonnier à peine arrivé et qu’elle pense isolé.

A L’ATTENTION DE LA DIRECTION DE L’ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE,

Madame, Monsieur,

Nous, collectif Prisons par terre, sommes particulièrement inquiets quant à la situation de Monsieur Fabrice Boromée, c’est pourquoi nous vous écrivons. Condamné à une peine de 34 ans, en ayant purgé 7 ans dont 6 en métropole, nous estimons que le parcours de Fabrice vous est parfaitement connu, depuis sa première incarcération à l’âge de 16 ans, jusqu’aux peines qui lui sont infligées encore aujourd’hui. Il nous semble ici inutile de vous résumer les faits, la justice et la direction de l’administration pénitentiaire se plaisent à les rappeler et à les communiquer lors de tous ses passages au tribunal.

Depuis ses 16 ans, il a passé moins de sept mois en liberté ; aujourd’hui, à 28 ans, il lui reste au minimum quinze années à purger.  Il dénonce depuis toujours les conditions de détention que vous lui imposez ; son combat a suffit pour enclencher et justifier un harcèlement permanent. Privations, isolement, gamelle jetée au sol « comme pour des chiens »… autant de violences qui laissent transparaître la volonté de l’isoler et le briser. Sa résistance a été réprimée par de nouvelles années d’enfermement. Ce que vous imposez à Fabrice n’est rien d’autre qu’une mise à mort sociale.

Aujourd’hui, et à la suite d’une grève de la faim, Fabrice appelle à ce que des solidarités s’expriment et soutiennent son combat. Il n’a qu’une seule demande : être transféré en Guadeloupe. En ne cessant de lui refuser ce droit, l’Etat crée les conditions de ce qu’elle qualifie d' »incidents », mais qui ne sont pourtant que de légitimes revendications. Ses décisions attisent les tensions et cherchent à casser les liens de solidarités créés avec Fabrice, en même temps qu’elles impactent sa famille et ses proches en Guadeloupe. Nous avons une pensée pour eux.

Face a cette situation, nous demandons:
– que Fabrice Boromée soit transféré en Guadeloupe près de sa famille et ses proches ;
– qu’il soit, d’ici là, immédiatement transféré en région parisienne, de manière à ce qu’il puisse avoir un parloir régulier avec son ami en métropole.

Notre solidairté avec Fabrice est sans faille ; vos barreaux n’y changeront rien.

Le collectif Prison Par Terre

Les trois adresses auxquelles vous pouvez adresser ce courrier :

Direction Interrégional des services pénitentiaire de Dijon Centre

72 a rue d’Auxonne

BP 13331

21033 Dijon Cedex

Tel : 0380725000 / Fax : 0380672055

Direction de la maison centrale de Saint-Maur

Bel Air

36255 Saint-Maur Cedex

Tel : 0254082900

Direction de l’Administration Pénitentiaire, Philippe GALLI , directeur de l’Administration Pénitentiaire

13 place Vendôme 75042 Paris Cedex 01

 

 

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Lourdes peines et répression des soutiens au procès de la deuxième mutinerie au QMC de Valence

Vendredi 10 mars 2017 se tenait le procès de deux prisonniers, Romain Leroy et José Torres, accusés d’être les auteurs de la mutinerie du 27 novembre 2016, au sein du Quartier Maison Centrale du nouveau centre pénitencier de Valence. En l’espace de deux mois, fin 2016,  deux mutineries éclataient et révélaient les conditions de détention drastiques et inacceptables, que subissent les prisonniers longues peines stockés par l’AP dans ces nouveaux QMC. Comme au premier procès, le tribunal est bouclé et les soutiens empêchés de rentrer. Pire qu’au premier procès, les deux accusés mangent de lourdes peines. Eléments de non compte-rendu… encore un.

Appel à solidarité avec les mutins et rendez-vous devant le tribunal

Adeline, la compagne de R. Leroy avait appelé à un large soutien notamment lors d’entretiens téléphoniques avec les radios de l’Envolée et Papillon (vous pouvez écouter l’émission de l’Envolée du 20 janvier et celle de Papillon du 2 février ). On y entendait sa détermination, son envie de lutter  : elle refusait que son compagnon et son co-accusé ne se fassent massacrer. Le jour du procès, elle a les yeux qui brillent, elle a même la pêche car c’est « son jour à elle aussi », son jour de lutte partagée contre la pénitentiaire. Elle s’est bougée pour réunir ce monde en soutien. Devant le tribunal, nous rencontrons la famille de José . Dès l’arrivée du fourgon où se trouvent les prisonniers, toute une équipe de cousins, sœur, père montent au portail qui sépare la rue de la cour du tribunal pour se faire entendre de José. Ils arrivent même a prendre une photo.

Un procès public transformé officieusement en huis-clos

Comme au procès de la première mutinerie, c’est une armada de flics sur-armés qui bloquent l’entrée du tribunal. Il nous est impossible de passer la porte, encore moins d’accéder à la salle d’audience.  A moins d’avoir la carte de presse des médias à la botte de l’Etat, un écusson de l’administration pénitentiaire, ou un bête uniforme bleu. Seuls quelques proches des prisonniers pourront rentrer en prouvant leur lien familial avec une carte d’identité. Les flics laissent planer le doute sur le fait de laisser entrer à l’audience Adeline, la compagne de Romain Leroy pour affirmer leur autorité et faire monter la pression sur elle, sur lui et enfin sur nous … Le procès commence, elle ne peut toujours pas entrer dans la salle d’audience. Les flics ont bien vu qu’elle était accompagnée d’un soutien anticarcéral ! On imagine très bien Romain Leroy cherchant inquiet, stressé, énervé de ne pas trouver sa femme à l’audience. Pour J.Torrés, les flics de l’escorte appliquent un autre stratagème pour le faire monter en pression. Ils prétextent que la sœur filme le procès avec son téléphone et vont le rapporter au juge, qui la fait sortir définitivement de la salle. Une manière bien sale de punir les mots de soutien clamés par la famille lors de l’arrivée au tribunal des deux inculpés .

Les autres personnes qui sont là pour apporter leur soutien, entendre et relayer la parole des prisonniers, ne peuvent pas rentrer. Sans explication, ou plutôt avec des prétextes différents : un coup le tribunal est plein, un autre coup c’est un simple « non, vous vous ne rentrerez pas », une autre fois c’est ordre du procureur général… bref l’accès au tribunal est interdit. Ce procès comme le précédent est censé être public, mais une fois de plus, la justice fait ce qu’elle veut, la police travaille pour elle et pour que la parole des prisonniers en lutte ne sorte pas…

Mise en scène caricaturale de la « dangerosité » des prisonniers et du soutien extérieur.

Contrairement au procès de la première mutinerie, ni R. Leroy, ni J. Torres ne sont considérés comme des prisonniers particulièrement dangereux pourtant le dispositif de sécurité est une nouvelle fois impressionnant et démesuré. Il manque juste les tireurs d’élite ! L’accès au tribunal est sous surveillance. D’ailleurs deux caméras globes filment la place en continu… A l’entrée, les flics caparaçonnés sont armés de tasers, de gazeuses, de matraques télescopiques. Ce serait risible s’ils ne s’en étaient pas servis. Une fois la compagne de R. Leroy entrée, les personnes interdites d’accès à l’audience se rassemblent devant l’entrée du tribunal pour montrer leur mécontentement. Une personne se met à chanter une chanson anti-flic dans une autre langue. Et puis, un dialogue s’installe entre le chanteur et une personne passante bien énervée de pas arriver à déposer plainte contre les flics. C’est ça qui les décide à une violente attaque à coups de matraques, de gazeuses, d’étranglements. Ils embarquent deux personnes au comissariat pour une garde à vue d’environ 24 heures. On pouvait lire dans le torchon local (le dauphiné libéré), que suite à une manifestation anticarcérale et des contrôles d’identités se passant mal, les flics ont arrêté deux personnes. Elles sont accusées, comme toujours dans ces cas là, de violences et outrages sur personnes dépositaires de l’ordre public. L’attaque des flics à coups de matraques et gaz au poivre était donc un simple contrôle d’identité ! C’est vrai que par les temps qui courent, les gens devraient savoir que ce sont les pratiques courantes de la police.

 Une mutinerie, le seul moyen de se faire entendre pour dénoncer les conditions impossibles de détention dans ce QMC

Les prisonniers protestaient contre le régime de détention trop strict de la nouvelle prison de Valence.

« Ça fait 10 ans que je suis en prison, et je n’ai jamais vu ça » raconte Romain.

Il parle d’un régime carcéral trop strict, inadapté aux détenus lourdement condamnés, et d’une administration sourde à toute revendication. 

« On demandait simplement à ce que ça fonctionne comme une vraie maison centrale » enchaîne José, l’autre « meneur » de la mutinerie.

Les prisonniers avaient fait part de leurs revendications de manière pacifique à plusieurs reprises auprès de la direction de l’établissement (courriers, refus de réintégration des cellules ou blocages de cour de promenade). Ils avaient alerté l’OIP et le Contrôleur général des lieux de privation de liberté :

« Y a un peu tout qui ne va pas dans cette prison. Le problème est le mauvais fonctionnement de cette maison centrale gérée comme une maison d’arrêt disciplinaire (un seul mouvement à la fois, pas de cuisine), les parloirs se passent mal car ils (les surveillants, NDLR) sont tout le temps sur notre dos. Ils ne sont pas capables de livrer les cantines. On veut fonctionner comme une vraie centrale, avec d’avantage de liberté […] On vous parle de longues peines, de plus de convivialité, du mode de vie […] On a demandé à parler au directeur, on les a saoulés avec ça […] Des surveillants sont même venus nous dire de faire quelque chose », a déclaré José Torres. Et Romain Leroy d’ajouter : « Voilà dix ans que je suis incarcéré. Le système pénitentiaire français se préoccupe plus de la modernité des nouvelles prisons que de la vie à l’intérieur. Je n’ai pas fait cette mutinerie que pour parler de Valence. Ce n’est pas la seule prison de niveau 4 en France. Il y a un gros problème de communication dans ces prisons ».

Quand des prisonniers se révoltent et se mutinent … ils prennent des risques énormes. L’un des inculpés, José Torres terminait sa peine de 7 ans et demi de prison ( + 18 mois pris à l’intérieur pour un chargeur de téléphone rentré illégalement, ça fait cher payé le chargeur !). Il devait bénéficier d’un aménagement de peine courant 2017. Romain Leroy remarque :

« Si je casse juste une caméra dans le couloir, on m’enferme au mitard et personne dehors ne saura ce qui se passe ici, alors j’ai tout cassé et voilà, il y a des gens devant le tribunal, voilà la presse qui est venue au procès…» et il conclut que « quand les écrits ne font rien que reste-il à part les actes ? »

Lui, a été transféré à Moulins.

Une proche dira, hors de l’audience :

« c’est pas vrai que les QHS sont fermés depuis les années 80, ou alors ils ont juste changé de nom et s’appelle maintenant les QMC. »

 Un verdict sévère et des magistrats obnubilés par les dégâts

Le tribunal n’entend que l’avocat du centre pénitentiaire qui chiffre les dégâts à 1 696 000 euros. Une somme pareille pour 4 cellules cramées ! Une des proches ajoutera :

«  Vous vous rendez compte a ce prix là, tout ce qu’on pourrait construire ! »

Les dégâts proviennent très majoritairement de l’intervention des pompiers, alors ça aurait été moins coûteux de tout laisser disparaître ! Le procureur N. Julia, après avoir rappeler que les prisonniers encourent une peine de 20 ans, réclame  8 ans de prison ferme… A l’audience, les deux prisonniers ont reconnu s’être emparés des clefs du surveillant mais ont nié les violences. Ils ont reconnu avoir « cassé quelques caméras et ouvert les portes des cellules de 40 détenus », mais ils ont nié avoir incendié les quatre cellules et dégradé du matériel mobilier.

Néanmoins, après 6 heures d’audience, malgré une défense et des prisonniers relatant les conditions de détentions insupportables le verdict est salé : 5 ans de prison ferme pour les deux mutins. Immédiatement, R. Leroy et J. Torres ont fait appel de cette décision.

Le procureur est satisfait, lui qui voulait faire un exemple.

Suite à ce procès et cet appel que demandent les deux mutins, soyons au rendez-vous et restons en contact avec eux. Ne laissons pas l’administration pénitentiaire les isoler, les faire oublier ou tenter de les faire taire.

Solidarité avec les mutins de Valence et leurs proches !

Pour un compte rendu plus détaillé de ce qu’il s’est joué dans la salle, on peut écouter l’émission de l’Envolée du vendredi 17 mars avec Adeline et Michèle.

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« Pisser dans l’herbe… » / un spectacle proposé par le Théâtre du sable et Prison par terre

Mercredi 21 et jeudi 22 décembre 2016 à 20h30 à la Parole errante (Montreuil)

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Nous vous proposons de découvrir la pièce de théâtre « Pisser dans l’herbe… », produite par le Théâtre du Sable, qui sera créée le 21 et 22 décembre prochain à la Parole Errante. Écrite en collaboration avec Christine Ribailly, bergère actuellement détenu-e, ce spectacle s’est aussi nourri de lettres de Philippe Lalouel, actuellement incarcéré à la centrale de Lannemezan, Émilie D. et du livre Pourquoi faudrait-il punir? de Catherine Baker.

« Pisser dans l’herbe… » est interprété par Philippe Giai-Miniet et mis en scène par Marie Paule Guillet. La pièce dresse un tableau qui interroge la justice, l’Administration Pénitentiaire et les modes répressifs préconisés depuis toujours.

Camille: Le maton me reproche de ne pas lui dire bonjour. Si je ne te dis pas bonjour, c’est une forme de respect. Et c’est aussi un refus de l’hypocrisie. Je n’ai aucune envie que tu passes une bonne journée et j’espère bien qu’il y aura des évasions et des mutineries…

Le Collectif Prison Par Terre qui travaille à développer des solidarités avec les prisonniers, assurera une table d’informations et proposera boisson et restauration dont la recette est destinée aux prisonnières et prisonniers.

Avec l’espoir que « Pisser dans l’herbe… » vous procure des émotions durables et nous offre matière à discuter.

Théâtre du Sable/ Prison Par Terre

Tarifs
Tarif: 10€
Soutien compagnie: 15€
RSA, chômeurs, étudiants … : Prix libre

Si possible, réservez vos places : melodieberger@riseup.net

Lieu
La Maison de l’Arbre / La Parole Errante
9 rue François Debergue
Montreuil (93)
Métro Croix de Chavaux

 

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Quand la justice fait obstacle à l’exécution d’une décision… de justice

A.  passe devant le juge le 13 octobre à 9 heures, au palais de justice de Valence. Elle risque d’être ré-incarcérée : on lui reproche de ne pas avoir exécuté un TIG (travail d’intérêt général)… alors même qu’elle a tout fait pour ! Petit retour sur cette ubuesque histoire. Pour ne pas la laisser seule face à cette drôle de machine, à la fois bureaucratique et vengeresse.

labyrinthe« Voici une histoire parmi d’autres qui montre comment la justice cherche à piétiner celles et ceux qui ne baissent pas la tête.

En 2014, A. est condamnée à 8 mois de prison, pour une récidive de conduite sans permis. Incarcérée à la maison d’arrêt de Valence, elle y subit des violences de la part de certains surveillants. De l’intérieur, elle décide de porter plainte contre eux et de dénoncer leurs agissements. Mais cette plainte est, aujourd’hui, classée sans suite. À sa sortie, elle participe à des rassemblements devant la maison d’arrêt de Valence, ce qui lui vaut un rappel à la loi, des menaces, et des pressions de la part de sa conseillère du Spip Nathalie PERRIN (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) en rapport à son contrôle judiciaire.

En juin dernier (2015), A. est condamnée pour un autre délit antérieur à son enfermement. Elle écope de 105 heures de TIG (Travail d’intérêt général) à faire dans un délai de douze mois. En septembre, elle prend contact avec la conseillère Spip chargée de la mise en place de son TIG. Mais au goût de Mme Perrin, A. n’est pas assez disponible (alors que ça n’empêche pas l’exécution de sa peine), et surtout son attitude n’est pas docile et ça lui déplaît fortement. Elle rédige un rapport négatif à son sujet, puis refuse de la rencontrer à nouveau. Durant l’hiver, le Juge d’Application des Peines, F.Dumas, couvre le comportement de sa subalterne, et menace A. de l’incarcérer – en révoquant le sursis correspondant à la non exécution de la peine, soit 6 mois de prison – au prétexte qu’elle ferait preuve de « mauvaise volonté ».

Depuis lors, A. a effectué d’innombrables démarches : cherché elle-même des structures qui acceptent de la prendre en TIG (l’attestent pas écrit), interpellé la direction du SPIP, écrit plusieurs courriers à son juge pour lui expliquer la situation, demandé à changer de conseillère SPIP puisque Mme Perrin refuse de la laisser faire son TIG dans les structures qui acceptent de la prendre, demandé au juge de convertir les heures de TIG en jour amende, interpellé des médiateurs afin que cette situation trouve une issue…

Mais le temps passe et elle n’a aucune réponse de la part du juge. Celui-ci attendait-il que le délai soit écoulé pour lui reprocher de ne pas avoir exécuté sa peine ? Et ainsi, tenter de l’incarcérer ? Pour cela, A. a l’obligation de se rendre à un débat contradictoire au palais de justice de Valence le 13/10/16, le juge voulant mettre à exécution la peine de 6 mois d’emprisonnement.

On utilise malheureusement le même mot : « justice » pour parler d’une valeur idéaliste, pour laquelle on se bat parfois ; et cette institution qui a pour but principal d’apprendre la soumission et de briser celles et ceux qui passent devant les magistrats. Le juge Dumas fera, comme depuis des mois à son sujet et des années au sujet de centaines d’autres personnes, ce qu’il veut de la liberté et de la vie d’A. ; mais cela ne se fera pas dans l’indifférence générale !

Soyons présent/es au palais de justice de Valence

Le 13 octobre dès 9 heures

Des proches de A.

 

 

Soutien à Kamel du 20 au 22 juin à la cour d’assises de Grenoble

Nous appelons à être présents les 20, 21 et 22 juin 2016 à la cour d’assises d’appel de Grenoble qui va décider du sort réservé à Kamel Bouabdallah, 28 ans, condamné en première instance par la cour d’assises de Valence à vingt-cinq ans de prison.

25 ans ! Nous pensons qu’il est vital de visibiliser ce procès comme tant d’autres et d’élargir la solidarité auprès des prisonnières et prisonniers longues peines. Lire la suite

Solidarité avec Kamel Bouabdallah depuis le Mexique… et solidarité avec les prisonniers en lutte au Mexique depuis la France

Des prisonniers mexicains et le journal anticarcéral El Canero  transmettent leurs pensées solidaires à Kamel qui passe en procès en appel aux Assises de Grenoble du 20 au 22 juin prochain. Nous publions ici leur texte. Nous en profitons par ailleurs pour relayer, l’invitation lancée par journal El Canero pour une journée de solidarité avec les prisonniers en lutte au Mexique, le samedi 11 juin 2016  à La Chapelle à Toulouse (lien).

chapelletroisdef

Solidarité avec Kamel Bouabdallah depuis plusieurs coins du monde

« Il y a plusieurs mois, suite à une rencontre avec le collectif de Kamel, « Le collectif Kamel Libre » un échange sincère autour des conditions en prison et de la survie dans ces centres d’extermination a eu lieu.

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Eloge d’un brave homme (pas le commissaire belge, celui qui l’a séché).

En Belgique, la « loi El Khomri » s’appelle « loi Peeters »… peu importe. Là-bas aussi, elle vise à « libéraliser » un peu plus le droit du travail. Là -bas aussi des gens contestent cette énième loi. Là-bas aussi, la police fait son travail : réprimer, arrêter, blesser, tuer. Là -bas aussi des gens la déteste et lui font savoir. Nous publions cette tribune des « amis de Tanguy Fourez », arrêté pour avoir mis le 24 mai une belle droite à un commissaire particulièrement réputé… pour ses exactions  Lire la suite

Communiqué du comité de soutien à Bernard Ripert, le 25 mai 2016

Bernard tire la gueule
Bernard tire la gueule

« Depuis hier matin, Me Ripert vit l’enfer. Cet enfer sans droit ni loi, que l’on réserve à tous ceux que la police, la justice arrêtent dans un cadre légal ou pas.

Les persécutions et le harcèlement contre Me Ripert ont franchi une étape supplémentaire. Me Ripert le savait, dès la semaine dernière il annonçait à ses proches cette étape : c’était la prison ou l’hôpital psychiatrique : l’enfermement. Lire la suite

Lettre ouverte sur la situation de Kamel Bouabdallah (collectif Kamelibre)

Kamel Bouabdallah, 28 ans, en prison depuis l’âge de 15 ans, libérable en 2044… est désormais enfermé à l’UHSA (Unité Hospitalière Spécialement Aménagée) du Vinatier  – unité pénitentiaire au sein d’un hôpital psychiatrique. Il est actuellement enfermé à l’unité C « d’accueil et de soins intensifs » destinée à la gestion des « crises » et des « malades psychiatriques difficiles »  et/ ou ayant des « troubles importants du comportements » : chambre d’isolement, contention, portes des cellules fermées, impossibilité de circuler sans personnel soignant… La « cour » y est semblable à une « cour » de quartier disciplinaire  : un cube de béton de 20m2 avec des grillages au dessus. Les surveillants pénitentiaires s’occupent des parloirs, du courrier… et des « démonstrations de force » (type ERIS) lors d’intervention en « zone de soin », à la demande des infirmiers.
Kamel souhaite que les gens soient nombreux à venir le soutenir lors de son procès  à la cour d’appel de Grenoble le 20, 21 et 22 juin 2016. Nous espérons qu’il sera bientôt transféré à la Maison d’arrêt de Varces (Grenoble). Actuellement il a vraiment besoin de soutien. Si vous souhaitez lui écrire :  Kamel Bouabdallah, n° d’écrou 39126, Maison d’arrêt, 38760 Varces-Allières-et-Risset ou à l’adresse mail de son collectif de soutien : Kamelibre.collectif@gmail.com

Vous pouvez écouter l’interview de Rosa, membre du collectif Kamelibre, dans l’émission L’Envolée du 12 février 2016 (voir ici).

En attendant, nous publions ici la lettre adressée par ses proches  au responsable de l’unité C de l’UHSA, au responsable de l’UHSA et au chef du pôle Santé Mentale des Détenus – Psychiatrie Légale du Centre Hospitalier le Vinatier :

 

Marseille, le 9 février 2016

Madame, Messieurs,

Nous vous écrivons pour vous faire part de notre inquiétude concernant Monsieur Kamel Bouabdallah,  né le 17 novembre 1987, actuellement pris en charge dans votre service, au sein de l’Unité Hospitalière Spécialement Aménagée.
Incarcéré à la Maison d’arrêt de Grenoble – Varces, Monsieur Bouabdallah a été transféré le 30 janvier 2016 au centre hospitalier du Vinatier. Il venait d’apprendre l’imminence de la date de son procès en appel aux assises, le 20 juin. Ré-enfermé depuis cinq ans et sachant qu’il encoure une peine de 30 ans de réclusion, on peut aisément comprendre que cette information tant attendue l’ait secouée et qu’il ait ressenti le besoin d’être aidé.
Le samedi 6 février, sa mère et sa sœur ont pu lui rendre visite à l’UHSA. Elles ont été très choquées de voir l’état dans lequel se trouvait leur proche, n’arrivant même plus à parler ou à effectuer les gestes les plus simples.
En plus des effets secondaires inconfortants, il est probable qu’une dose trop élevée de médicaments provoque ce ralentissement des perceptions et des réactions, cette confusion dans l’espace et le temps. Une médicamentation à outrance, loin d’être une solution thérapeutique idéale, risque d’avoir des conséquences dramatiques, pour son état de santé, son estime de soi, mais aussi concernant sa situation juridique et donc son avenir. A seulement quelques mois de son procès, il est essentiel que Kamel Bouabdallah puisse préparer sa défense avec l’entièreté de ses capacités intellectuelles et cognitives.
Par la présente, nous vous prions de bien vouloir tenir compte de cette situation lors de l’administration de soin à l’intéressé et en conséquence, de baisser les doses de traitement chimiques et d’encourager les alternatives thérapeutiques aux médicaments.

Malgré sa difficulté à parler, Monsieur Bouabdallah a exprimé son souhait de quitter l’hôpital, ce qui rend peu probable le fait que les soins prodigués à l’intéressé l’ait été avec son entière approbation et sans aucune contrainte.
Il nous semble judicieux que l’hospitalisation de Kamel Bouabdallah puisse être levée le plus rapidement possible afin qu’il puisse retourner en maison d’arrêt où il pourra bénéficier de l’appui de ses conseils, Maître Lévy-Soussan et Maître Girault, tous deux exerçant à Grenoble.

Nous vous remercions de bien vouloir faire en sorte que notre proche puisse retrouver la dignité et la force nécessaire pour traverser les dures épreuves qui l’attendent.

Veuillez recevoir nos cordiales salutations,

Famille et amis de Kamel Bouabdallah.