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L’envolée n° 35 téléchargeable en PDF (Procès de la belle de Moulins-Yzeure, editorial et sommaire)

Comme prévu, le numéro 35 du journal est entièrement consacré au réçit et à l’analyse du procès de l’évasion de Moulins.

Vous le trouverez dans les librairies dont la liste est consultable sur le liste (rubrique « le journal »). Si il n’y est pas, faites le nous savoir… et abonnez vous en nous envoyant un mail, voire un chèque de 15 euros.

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Droit d’expression qu’ils disent…

Paru dans le Numéro 3 de l’Envolée, octobre 2001

Comme c’est étrange, le numéro 2 de l’Envolée n’est pas parvenu à tous les prisonniers abonnés, sans qu’aucune raison ne soit officiellement donnée. Aux alentours du 20 septembre, une semaine après l’envoi, nous savions que les directions de Clairvaux, de la Santé, de Fleury et de Fresnes bloquaient la distribution. Nous leur avons téléphoné et leur unique réponse fut qu’ils n’avaient pas noté de mention de dépôt légal. Les prenant au pied de la lettre, nous leur avons faxé l’attestation du TGI de Paris qui aurait dû suffire à les convaincre de leur erreur. Ils nous avaient d’ailleurs assurés que dès la réception du fax, ils régulariseraient la situation. Ce qui fut dit ne fut pas fait. Quelques jours après, un prisonnier du centre de Salon nous informait de l’existence d’une circulaire ministérielle datée du 6 octobre qui interdisait purement et simplement le journal. Très étonné que le directeur de publication n’en ait pas été informé, nous avons entamé un marathon téléphonique de plusieurs semaines pour s’entendre finalement dire que le Ministère de la Justice ne savait rien et que la direction de l’AP ne retrouvait pas la trace ni les motifs officiels de cette décision arbitraire. Ils nous proposaient de leur adresser un courrier auquel ils ne manqueraient pas de répondre dès qu’ils auraient mis de l’ordre dans leurs paperasses. Et pour cause! Cette prétendue circulaire ministérielle n’est en fait qu’une simple note de service (N°00476 du 05/10/2001) respectée ou non selon le bon vouloir de chaque direction d’établissement: il arrive que dans une même taule certains bâtiments tolèrent l’entrée du journal et d’autres non. Il arrive même que seuls quelques prisonniers l’obtiennent alors que la décision de telle prison est d’opter pour la censure. Ils cherchent tout simplement à gagner du temps, essayant de ne pas faire trop de vagues en espérant trouver un motif légal d’empêcher la circulation de l’Envolée en détention. Peut-être pensaient-ils avoir à faire à des interlocuteurs soumis, avalant toutes les couleuvres administratives… Rien ne permet de justifier une interdiction: à moins que le fait de révéler quelques vérités comme le cas de mort inexpliqué du jeune Ralphe Hamouda dans la prison de Grasse, ou de dépeindre le véritable visage de la nouvelle politique d’application des peines ne constituent un délit. Si c’était le cas, il faudra qu’ils s’en expliquent. Nous avons déposé un premier recours auprès de la direction de l’AP exigeant la remise immédiate des numéros de l’Envolée aux abonnés ainsi qu’une somme de 100000F pour dédommagement du préjudice. Ils ont deux mois maximum pour répondre, après quoi nous irons devant le tribunal administratif. Quelques prisonniers ont fait de même, envoyant le même type de courrier en recommandé-accusé de réception. Nous avons alerté toutes les organisations politiques, associatives, médiatiques qui s’étaient mises en avant pour dénoncer il y a un an les conditions de détention et en particulier l’absence de droit d’expression (OIP, MRAP, groupe Miallet, syndicat de la magistrature, commission justice du PCF, AFC, LDH, Libération, le Monde, Le Canard Enchaîné…). Deux mille exemplaires du numéro2 ont été distribués, il y a désormais environ 300 abonnés : il n’est pas question de céder à des pressions si prévisibles de la part d’un pouvoir qui ne supporte pas d’être exposé à la lumière, car il sait que sa tranquillité repose sur l’opacité et le silence. Comme d’habitude ils interdisent d’abord

Qui sommes-nous ?

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L’Envolée est un journal qui parait quatre fois par an. Il publie les lettres de prisonniers que nous recevons, des compte rendus de procès auxquels nous assistons, et des analyses sur la société et ses lois.

Le journal prolonge le travail mené par des émissions de radio indépendantes qui maintiennent un lien entre l’intérieur et l’extérieur des prisons, en dehors du contrôle de l’administration pénitentiaire.

Le journal est réalisé par des ex-prisonniers et des ex-prisonnières ou des proches de prisonniers qui pensent qu’il est primordial de publier des textes venus des prisons et des textes contre les prisons. Prisonniers et prisonnières décrivent leur quotidien, dénoncent leurs conditions de détention, se battent contre l’enfermement. Ils et elles le feront toujours mieux que tous ceux qui veulent parler à leur place (journalistes, sociologues, experts, militants).

Une parole de prisonnier qui sort et attaque l’administration pénitentiaire ou la justice, qui plus est quand cette parole est collective, constitue un acte politique qui dérange  l’ordre des choses. L’Envolée se veut porte voix des prisonniers et prisonnières qui luttent contre le sort qui leur est fait ; mais nous ne sommes ni les porte parole, ni un syndicat de prisonniers. Cela ne nous empêche pas, bien sur, de soutenir et d’aider des prisonniers qui sont proches de nous ou qui nous demandent d’être solidaires.

Nous espérons toujours que les mots inspirent des luttes contre la justice et l’enfermement. Pour nous, la liberté est un rapport entre les gens qui se battent ensemble pour la gagner.

Le journal s’inscrit dans l’histoire de la critique sociale abordée sous l’angle du droit et de la justice. La prison est le ciment nécessaire à l’Etat pour permettre au  capitalisme de se développer. Prisons et Justice servent principalement à enfermer la misère. L’enfermement carcéral joue un rôle social de repoussoir : il produit une peur nécessaire au maintien de cette société.

Ainsi la prison sert aussi à enfermer dehors. Les familles et les proches de prisonniers et de prisonnières le savent bien.

Ce journal survit maintenant depuis plus de 15 ans malgré les censures de l’administration pénitentiaire, malgré les poursuites récurrentes pour diffamation, malgré nos faibles moyens. Nous ne comptons que sur l’argent des abonnements et des évènements que nous organisons pour financer la sortie régulière du journal. Donc n’hésitez pas à écrire, à vous abonnez et à abonner des prisonniers en faisant parvenir leur numéro d’écrou (l’abonnement est gratuit pour les prisonniers).

Si vous souhaitez écrire à un prisonnier ou une prisonnière dont vous aurez lu un courrier dans le journal ou sur ce site, nous pouvons vous faire parvenir son numéro d’écrou – si la personne nous a donné son accord pour le faire.

A bas les prisons, toutes les prisons… soyons solidaires des enfermés qui refusent de se résigner, solidaires des familles et des amis qui se démènent tous les jours pour ne pas lâcher face à une administration oppressante.