Archives de catégorie : Courriers de l’intérieur des prisons

« Nous sommes traités comme des chiens : ils nous amènent dans des cages au tribunal » Lettre collective du centre de rétention de Vincennes, mars 2019

Suite à la grève de l’infirmerie, de l’association, et de la cantine, qui a commencé jeudi 21 mars à la prison pour étrangers de Vincennes et au cours de laquelle les prisonniers ont dormi tous ensemble dans la cour pour éviter d’être de nouveau divisés dans les chambres, nous relayons ici une lettre collective écrite par un groupe des prisonniers en lutte :

Salutations,

Nous, les retenus du centre administratif de Vincennes CRA 1,  nous permettons de vous écrire afin de vous parler de notre galère physique et psychique.

Nous commençons par parler de la maltraitance des policiers,  agression physique à chaque fois que nous parlons avec eux  de nos droits humains : des retenus blessés et il y a aucun traitement pour les soigner.

Des insultes chaque jour même avec un mot que nous ne comprenons pas et des actes de discriminations et du racisme qui accentuent notre souffrance (“sale arabe”, “fils de pute”, …).

Quant  à la nourriture,  elle est vraiment  inconsommable : nauséabonde qui donne envie de vomir.  La majorité  des retenus souffrent de la malnutrition et des effets des produits emballées (gale, problèmes digestifs).

Il y a parmi nous des retenus malades qui souffrent de problèmes mentaux, d’autres qui ont la tuberculose, la gale. Nous  avons l’impression qu’ils nous préparent un  lieu favorable par la contagion. Le médecin du centre ne  croit pas qu’il y ait vraiment des retenus malades. Il fait que  leur donner des calmants, sans aucun traitement avec aucune intention de les soigner.

Les chambres ne sont pas stérilisés. Donc plusieurs maladies se répandent rapidement dans le centre. Humainement, c’est injuste d’emprisonner les étrangers pendant trois mois pour décider leur déportation ou pas. Nous ne sommes pas des criminels pourtant nous sommes traités comme des chiens: imaginez, ils nous amènent dans des cages au tribunal.

Merci

Lettre collective de prisonniers du CRA 1 de Vincennes

Communiqué du CRA 1 de Vincennes en lutte, 23 mars 2019

Jeudi 21 mars, des prisonniers du bâtiment 1 du centre de rétention de Vincennes ont entamé une grève de la faim, de l’infirmerie (pour dénoncer le manque d’accès aux soins et traitements alors qu’au moins une personne a du être hospitalisée d’urgence), et de l’ASFAM (l’association présente dans le CRA).

Le mouvement a mobilisé la quasi totalité des prisonniers du bâtiment 1 et plusieurs dizaines d’autres dans le bâtiment 2.

Nous relayons ici un des communiqués écrits collectivement et sortis à l’occasion de cette grève, le 23 mars 2019.

Le week-end suivant, des copain.e.s sont allé.e.s montrer leur solidarité au pied des murs du CRA de Vincennes lors d’un parloir sauvage. Deux compagnons ont été arrêtés violemment dimanche et placés dans ce même centre de Vincennes le lendemain. Ils y sont depuis toujours enfermés …

Solidarité avec tou.te.s les enfermé.e.s, liberté pour tou.te.s!

On va dire ici les objectifs de la grève de la faim. Les 3 mois ici c’est pire que la prison, nous on est dans un centre de rétention et c’est pire que la prison. Parce qu’ici on a un pied dedans et un pied dehors, parce qu’à tout moment on peut nous expulser. Y en a ca fait plus de 60 jours qui sont là… c’est trop.

Ceux qui sont dehors il faut vraiment manifester pour ça.

Les sanitaires c’est dégueulasse, la bouffe c’est immonde, la façon dont on nous ramène au tribunal dans des cages c’est pas possible Les gens malades sont là… laissez tomber c’est déplorable.

C’est un centre de merde, on nous a mis dans ce centre de rétention de merde ici.

Nous sommes dans un centre ou on ne dit pas que c’est pas une prison, mais on dirait que c’est pire. On a pas le droit à nos téléphones, juste les téléphones sans photo. On peut même pas communiquer avec whatsapp qui Ils nous ont privé de tout ça. Nous mangeons trop mal, nous buvons l’eau de leurs robinet. Leurs fontaine d’eau sont pleine de rouille.

Y a des gens de malade, de la tuberculose, du sida, hépatite… y a tout ici. Y a un petit qui est ici qui est fou.

On a pas le droit de manifester ici, y a des gens ils sont censurés on les a envoyé de leurs pays. On leurs met des scotch sur la bouche, on les attache et tout ça. On les envoie forcé quoi. Avant de monter dans l’avion on leurs met le scotch, on leurs le masque. On a l’info par les copains qui sont au pays. Y en a d’autre qui ont quand même qui ont réussi au CRA.

Y en a un ils l’ont tapé, alors qu’il est même pas envoyé au pays. Ils l’ont tapé parce qu’ils ont pas réussi.

On utilise une tondeuse pour 100 personnes , 1 coupe ongle pour tous le monde.

Ici y a beaucoup de vols, d’argent et tout.

Même au centre y a de la discrimination, on dirait qu’il nous mette en conflit entre les arabes et les noirs. La manière dont on les traite les noirs.

On mets plus les noirs dans un secteur, dans une même chambre. Ca a créé des conflits, un des nôtres a été emmené à l’hôpital même, et changer de CRA. C’est la stratégie de la police de nous mettre en conflit. Quand on veut revendiquer ils nous permettent pas. Rien n’est de leurs fautes, y a une hiérarchie et ils sont obligé d’éxécuter. Les juges font partie de l’équipe de la préfecture, parce que quand tu prends un privé (avocat) t’es libéré, mais quand c’est d’office y a pas de libération.

La nourriture n’est pas hallal.

Tout le monde se plaint de la même chose, quand les délais arrivent à leurs fin ils créent quelque chose (genre aller voir ton ambassade) et comme ça t’es prolongé. Comme ça tu prends la peine maximale. Quand ils voient qu’il te reste un ou deux jours, ils te font quelque chose comme ça le juge te prolonge en disant qu’ils ont pas eu le temps de te faire voyager mais que c’est en cours.

Au premier jugement on te dit la peine maximale de 28 jours, alors après ils font pour te prolonger.

Quand t’es un français quand on te dit peine maximale, c’est la fin. Pas pour nous.

On leur demande d’améliorer la situation des détenus, que les choses se fassent dans des brefs délai. On a pas besoin de 3 mois pour quitter un territoire.Même 28 jours pour quitter un territoire, C’est pour ça qu’on fait la grève de la faim, on préfère mourir qu’attendre leurs chose. On se dit que c’est un centre où y a pas de délai.

On est là dans une condition déplorable, inhumain. On peut pas supporter 3 mois. C’est pour ça qu’on est entrain de grever.

Communiqué des prisonniers du CRA 1 du 23 mars 2019

DEUX LETTRES pour continuer une discussion : Le journal, le courrier, et Hafed …

Durant l’émission du 15 février, on répondait aux courriers qui nous demandent pourquoi il n’y a pas de nouveau journal depuis longtemps. On citait Hafed notamment, et on rappelait que le journal ne se nourrit que des paroles de l’intérieur. On a reçu depuis deux lettres qui prolongent un peu cette discussion. On les republie ici.

 

Le 25 février 2019

Salut Camarades,

Je m’appelle Christine. Je suis abonnée depuis longtemps. J’ai découvert l’Envolée en 2003. Je vous avais alors passé un texte écrit après la visite à mon compagnon enfermé à Valence qui a été publié sous le titre « Récit d’un parloir qui se passe mal » en une double page. Ensuite, je lisais le journal environ trois fois par an. En novembre 2012, c’est moi qui ai été enfermée. Je continuais à recevoir le journal et à le faire découvrir à mes voisines en promenade. De nombreux extraits de lettres, écrites à Elsa ou Anaïs en particulier ont été publiées durant 4 ans. Depuis ma sortie, il y a  un peu plus  de2 ans, l’abonnement n’a pas suivi à mon adresse dans la colline mais je trouvais l’envolée sur des lieux militants, notamment lors de la tournée de « Pisser dans l’herbe… » où on assurait la promotion et vente (si je ne me trompe pas, les 5 tournées vous ont permis de récolter près de 500 euros). J’ai aussi appris que je pouvais écouter l’émission de radio, que je n’avais jamais entendue en taule ou avant, via l’ordinateur.

Donc aujourd’hui, je branche l’ordi et vais sur le site. Je lis les résumés des émissions que je n’ai pas écoutées et me branche sur la dernière mise en ligne, celle du 15 février. Là, vous reconnaissiez ne pas avoir été foutu de sortir un journal depuis un an et, malhonnêtement, vous appeliez un mort à la rescousse pour vous dédouaner, nous accusant, nous, de ne pas écrire! C’est dégueulasse comme façon de faire!

A l’intérieur, on n’entend pas la radio, je vous l’ai déjà dit, même à Fleury ou à Réau, les taules de la région parisienne où j’ai été envoyée. Donc, vous arrêtez sans nous prévenir. L’honnêteté de base aurait été de faire un court journal, même qu’un 4 pages, pour expliquer votre flemme, vos dissenssions ou je ne sais quoi qui vous arrête, et de relancer l’appel à courrier. On est plusieurs à écrire dedans, mais l’AP connaît l’adresse et des lettres sont « perdues par la poste ». La solution c’est d’écrire à des proches potes qui relaient à l’Envolée. Pour ça c’est à vous de bosser, de ne laisser personne sans réponse, de relancer si une baisse de moral ou un transfert a coupé la communication. Bien sûr certains d’entre nous ont la flemme d’écrire, mais en général on aime recevoir du courrier et ça nous donne le courage d’y répondre (si vous mettez des timbres avec). Le journal tourne dans le cours de promenade et des demandes d’abonnement sont mal traitées par vous / ou / et censurées par l’AP). Merde, ce n’est pas nous les responsables ! Nous sommes isolés, ils nous séparent, nous transfèrent. Nous n’avons pas accès aux courriers des autres, c’est vous qui devez les centraliser et nous informer des transferts.

Nous n’avons pas accès à une imprimerie, c’est vous seuls qui pouvez vous coller à ce boulot. Le journal est un outil de lutte (rien que de le recevoir nous signale à l’AP comme un.e emmerdeur.se potentiel.le) que nous ne pouvons pas faire. Et c’est dégueulasse de nous en priver, surtout sans nous prévenir / expliquer !

J’en avais discuté un peu avec Floréal le 8 décembre mais il m’avait dit que vous aviez une réunion pour vous remotiver. Il semblerait que ça n’ait pas marché… Perso, je sais l’utilité de l’Envolée papier. Je sais le besoin d’avoir du courrier de camarades. Je sais le travail que ça a été pour que l’AP ne le censure presque plus. Il ne faut pas perdre ça.

J’ai maintenant un num de tel et toujours un stylo. Je veux bien aider à répondre aux courriers des enfermé.e.s, à relancer ceux qui n’écrivent plus (Fabrice, Rachide par exemple), à maintenir le lien avec ceux qui écrivent (Maite et Marina par exemple). Je peux même écrire moi-même : je réfléchis beaucoup en ce moment à la sortie à long terme, aux conséquences psy et physiques de ce qu’on a subi dedans …

Bref, relancez, relancez moi, assumez, mais ne lâchez pas, surtout comme des lâches!

Salut

Christine

Et la deuxième …

23/02/19

L’envolée,

Faut en finir avec ces prisons

Je vous écris ce courrier, je m’appelle Bragonça de Almeida Julien, ma mère est présidente du syndicat PRP pour les détenus. Elle m’a ramené au parloir le livre d’Hafed Benotman « Ca ne valait pas la peine mais ça valait le coup ».

Donc moi j’ai 22 ans le 26 mai 2019 et le livre m’a ouvert encore plus les yeux. Ce qui se passait en 2000, 2001, 2002 se passe encore en 2019. Depuis mes 14 ans, je fais de la prison. Comme Hafed disait, je ne suis pas un voyou. Je suis un voleur. Et aujourd’hui j’aimerais écrire un ou des livres sur la prison, sur ma vie, etc. Pour que notre combat contre les prisons et la justice puisse se finir et qu’on sera gagnant. A l’âge de 13 ans, j’étais en CER (Centre Educatif Renforcé). A 14 ans rebelotte. A 15 ans ils me mettent en CEF (Centre Educatif Fermé), puis a 16 ans la prison a Bourges les Bondio (18), puis Tours (37). Après je suis reparti en CER sur un bateau pendant 4 jours et là on m’a envoyé en EPM (78) qui est une prison pour mineur. Je suis passé majeur et j’ai été incarcéré un an au Craquelin jusqu’en 2016. Puis je suis sorti 3 mois et on m’a renvoyé 4 ans et 8 mois. Avec toutes les petites peines je me retrouve à 8 ans.

Depuis ma peine, je suis resté 6 mois au Craquelin (36). On m’a transféré à Orléans Saran (45). Je suis resté 5 mois puis envoyé à Chateaudun (28) pendant 10 mois et là je suis à Doux la ville (89), ça fait 8 mois. 8 mois de mitard et d’isolement. Là je vous écris du mitard. J’ai pris 30 jours depuis le 30 janvier. Ma famille vient me voir en parloir hygiaphone sans raison.

Force à l’envolée et tous ceux qui nous aident. Force à vous. J’aimerais qu’on m’aide pour écrire un livre, s’il vous plaît. Si vous avez besoin de photos, témoignages, tout ce qui est de mon possible je vous aiderai. Et si je peux avoir l’abonnement à l’envolée, ce serait bien.

Je suis à l’intérieur mais je suis là pour l’extérieur, pour que le combat continue.

Et si on peut m’aider pour mon livre, ce serait sympas.

Merci à vous tous de votre compréhension.

On m’a graille la gamelle, ça m’a fait les dents.

Force à l’envolée

Et grosse pensée pour Hafed

Force à vous tous

Bragança

PS: la juge me juge, m’enferme mais je reste libre, libre d’être moi, libre de respirer et libre de les emmerder.

CA BOUGE TOUJOURS A MESNIL AMELOT : COMMUNIQUE D’UN GROUPE DE PRISONNIERS

Depuis le 8 janvier la lutte dans le centre de rétention de Mensil Amelot est devenue plus collective. D’abord au CRA2 avec une grève de la faim suivi par presque l’ensemble des batiments (plus de 80 personnes) pendant 3 jours. Avec aussi des communiqués régulièrement, des tentatives de lutter contre les déportations par vols cachés et les violences policières.

Au CRA3 aussi il y a eu des grèves de la faim, des communiqués.

Depuis le 8 janvier c’est au moins aussi 4 manifs/parloirs sauvages devant ou derrière le CRA du Mesnil-Amelot !

On relaye ici le communiqué des prisonniers du CRA3:

Nous sommes au centre de rétention de Mesnil Amelot. Nous sommes ici, nous sommes révoltés ! Nous voulons manifester pour que nos droits soient respectés. Pour cela nous avons certaines revendications qui sont les suivantes.

Ici nos droits ne sont pas respectés.

D’abord concernant les décisions de justice, parce que les décisions de justice nous sont toujours défavorables.

Nous n’avons jamais compris la raison pour laquelle c’est comme ça. Car il y a des jours où les retenus passent devant la juge, il y a parfois 20 retenus qui passent devant le tribunal et il n’y a pas une personne qui est libérée. Alors quand nous on voit les retenus revenir dans les centres, nous n’avons même pas un brin d’espoir de sortir d’ici.

Alors c’est pourquoi nous voulons que nos droits soient respectés concernant les décisions de la justice, qu’elles ne soient plus défavorables à notre égard.

Pour chaque retenu qui passe devant les juges, les requêtes sont toujours rejetées de manière systématique. Les dossiers ne sont pas étudiés avec du sérieux, tout est rejeté de manière systématique. Ils ne sont pas traités d’une manière sérieuse.

Vos intérêts requis ne sont pas appliqués.

C’est pourquoi toutes ces choses là, c’est un peu compliqué pour nous.

Et nous ne pouvons pas accepter cela. Car nos droits de défense sont massacrés. Nous pensons que les articles des droits de l’Homme ne devraient pas être massacrés de la sorte. Nous ne sommes pas en prison. Nous sommes en rétention, nous avons le droit à un minimum de confort. Selon la déclaration européenne des droits de l’Homme, nous faisons appel à l’article 6 qui énonce que toute personne a droit à ce que son cas soit entendu devant la justice de façon équitable et impartiale.

Ici nous n’avons pas le droit à des bons plats à manger. Ici la qualité elle est pas appréciable. Il y a un bon nombre de personnes qui sont couchées, qui ont la gastro, et ça nous pensons que c’est la provenance des aliments qui ne sont pas de bonne qualité.

Donc il s’agit de ça. Nous n’acceptons pas de vivre comme ça. Parce qu’en fait nous vivons dans une obligation et dans une contrainte, on nous laisse pas le choix des repas ou le choix de faire nous-même notre propre cuisine. C’est quand même contraire à la déclaration des droits de l’Homme. Nous n’avons pas commis de crime, nous sommes là dans un cas de non régularisation. Donc si on est pas régularisé, ce n’est pas un crime, ce n’est pas comme si on avait détruit le monde. C’est une situation administrative qui peut éventuellement se régler par un retour dans son pays ou par un suivi au quotidien d’une manière un peu correcte. Ça aussi nous n’acceptons pas.

S’agissant des conditions d’accueil dans le CRA, il est dit dans le règlement intérieur qu’une personne au CRA a droit à un lit tout seul et un matelas tout seul. Mais ici, durant leur séjour, il y a des retenus qui dorment par terre, il y a des retenus qui dorment dans le salon, dans la pièce où on regarde la télé normalement, mais ces personnes passent toute leur vie dans cette pièce, car les chambres sont blindées, 3,4,5 par chambre, alors que normalement c’est deux personnes par chambre pour pouvoir profiter de la superficie. C’est ça que nous vivons. Ça aussi nous n’acceptons pas.

Aussi ils ont mis à notre disposition une machine qui change de la monnaie, qui permet de nous rendre la monnaie pour acheter des trucs dans le centre. La machine est en panne depuis longtemps. Et ce n’est pas dans leur projet de la réparer. Ce n’est qu’une machine, c’est éphémère, mais c’est quelque chose en plus de tout le reste dont on a parlé.

Enfin le point des 90 jours. C’est lourd 90 jours, même pour la préfecture, même pour l’administration. C’est la nouvelle loi. Peut être certains et certaines à l’extérieur ne savent pas.

Nous voulons vraiment un changement total dans le CRA !

Aussi il y a les cas des santés de certaines personnes qui sont malades, vraiment malades car le stress, c’est une maladie, nous vivons avec, nous passons le temps avec, et pour les autres maladies, il n’y a pas de médicaments.

Les toilettes ne sont vraiment pas appréciables. Il y a un service de nettoyage, mais il ne passe pas tout le temps. Dans tout le centre, nous avons que deux toilettes donc faut attendre que l’autre soit sorti pour passer après l’autre.

Donc nous réclamons un changement total, au niveau administratif, au niveau de la justice, au niveau du centre, qu’on soit au moins bien traité, que ce soit pris en compte, on ne doit pas se servir de nos erreurs pour nous presser comme des citrons, pour nous faire vivre en cage, pour qu’on serve de cobayes.

https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/02/10/ca-bouge-toujours-a-mesnil-amelot-communique-dun-groupe-de-prisonniers/

 

COMMUNIQUE DU CRA 2A DE VINCENNES

Actuellement à l’heure à laquelle on est entrain de vous parler, on est toujours retenu au centre de rétention de Vincennes 2 bâtiment 2. Nous sommes pour certains des pères des familles, des travailleurs et d’autres avec des projets de mariages.

Ici au centre nous sommes tout le temps menottés lorsque nous avons une visite ou lorsque nous allons au coffre quand ils doivent nous convoyer chez le juge ou à l’ambassade nous sommes convoyés dans des véhicules dont on voit même pas l’extérieur. Même à l’intérieur du véhicule nous sommes dans des cages. Au niveau de la nourriture, nous ne mangeons que pour la plupart du temps des légumes et des pates parfois nous ne connaissons même pas ce que nous mangeons. Concernant le médecin et les infirmières bon ils ne sont pas là en permanence. Le médecin ne fait que des consultations mais pas de traitements. Les seuls médicaments qu’ils donnent ici c’est dafalgan et un autre pour le sommeil. Il faut noter également que pour les personnes qui viennent nous visiter ils les font patienter 2 heures de temps. Et parfois les policiers ne sont même pas commodes avec eux. Nous ne méritons pas d’être ici. Nous exigeons notre liberté. C’est un peu ça.

On demande notre liberté. On a souvent des papiers qui attestent qu’on a de la famille ou un toit mais malheureusement on nous libère pas. D’autres dans le même cas on les libère donc on comprend pas.

Et on parle pas dans ce texte des vols cachés. L’isolement ça sert à punir. Quand y’avait les grèves de la faim ils utilisaient ça pour essayer de nous forcer à manger.

Y’a des gens on les envoie pas dans les bons pays. Y’a quelqu’un ils veulent le renvoyer au panama. C’est pas son pays et y a la guerre là-bas.

Communiqué écrit par des prisonniers du 2A le 09.02.19

https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/02/10/communique-de-prisonniers-du-2a-des-nouvelles-de-la-lutte-a-linterieur/

 

Communiqué du CRA de Mesnil en lutte du 25 janvier 2019

Depuis début janvier, des luttes reprennent dans les prisons pour étrangèr.e.s, différentes pratiques et modes de luttes sont utilisés par les prisonnier.e.s enfermé.e.s !

La semaine dernière, des retenus du Mesnil-Amelot 2 ont continué leurs réflexions sur leurs conditions d’enfermements, sur ce système qui construit prisons, CRA, HP et enferment le plus possible.. Nous relayons ici un communiqué du CRA de Mesnil Amelot 2, écrit le vendredi 25.01.2019.

 

Ici à Mesnil Amelot 2, nous les retenus nous plaignons des problèmes suivants :

1. Le tribunal et les avocats

Ici il y a l’annexe du TGI de Meaux. Le centre de rétention a un tribunal à l’intérieur, c’est tellement facile comme ça ! Dès que tu es resté un jour ici, tu es sûr que tu vas rester pour au moins 28 jours. Quand on te ramène au tribunal le premier jour, la juge des libertés et des détentions n’écoute personne, donne à tout le monde 28 jours de rétention. Elle regarde même pas que tu as une carte de séjour en cours de validité d’un pays d’Europe, le but c’est de te renvoyer au pays. L’avocat d’office, dans une journée il aura dix cas, il ne sert à rien. Parfois on te donne à signer des papiers, tu comprends même pas ce que c’est, et ils ne donnent pas à tout le monde les interprètes dont ils auraient besoin. De toute façon, l’avocat d’office, le juge, les flics ils sont tous pareils, ils manigancent tout à l’intérieur juste pour que tu restes enfermé et que tu sois déporté après.

Les retenus qui ont la possibilité de payer un bon avocat sont vite libérés, parce que si tu as un vrai avocat il va signaler un vice de procédure. Dans quasiment tout les cas il y a des vices de procédure, ils respectent pas leurs propres règlements. Si on regarde chaque détenu, au cas par cas, la procédure n’est jamais vraiment respectée. Souvent l’administration fait des magouilles avec les papiers, change les dates et les déclarations comme ça les arrange. Mais la plupart des détenus n’ont pas du tout les moyens d’avoir un avocat, alors ils vont rester enfermés ici à attendre l’expulsion. Ce n’est pas du tout les détails de ta situation qui comptent après tout, c’est juste l’argent qui fait la différence.

En plus, les retenus qui sont là, quand ils ont rendez-vous au tribunal à 8h ils peuvent rester là-bas jusqu’à 22h, juste à attendre une décision pour être libérés ou faire 28 jours ici – et la plupart du temps c’est 28 jours. La nourriture qu’on te donne là c’est juste 2 petits pains, un yaourt, une petite bouteille d’eau, une petite salade, et aussi dégueulasse qu’en CRA.

Aussi, il arrive tout le temps que l’audience au tribunal et le vol soit programmés le même jour, alors parfois on pense aller voir le juge et en fait on est ramené à l’aéroport !

2. Les papiers d’autres pays européens et les visas ne sont pas pris en compte.

Il y a tout le temps des gens qui ont des titres de séjours européens qu’on veut pas prendre en compte. Juste ces derniers jours, des personnes qui ont montré de titres italiens ou hongrois, on a quand même essayé de les renvoyer direct dans leur pays d’origine, alors que selon la loi ils devraient pouvoir rester en Europe. Soit on calcule pas ces titres de séjour, soit parfois les flics te les prennent et on te les rend plus jamais.

Aussi, il y a des gens qui arrivent à l’aéroport avec un visa français, pourtant ils sont mis en ZAPI et après envoyé en CRA. Alors, ça veut dire quoi ? Que la France ne reconnaît pas les papiers délivrés par ses propres représentants à l’étranger ? Qu’elle révoque ses ambassadeurs dans ce cas-là !

Les gens qui arrivent avec un visa et veulent faire une demande d’asile, on leur donne pas le droit de le faire en liberté. Et en plus ici, quand on fait la demande d’asile en CRA on devrait avoir cinq jours pour pouvoir compléter son dossier et apporter les éléments. Mais maintenant on ne respecte plus du tout ça, on déporte des gens qui viennent tout juste de faire leur demande.

Et quand tu veux voir la Cimade, c’est juste une heure par jour et ils font rentrer deux ou trois personnes, pas plus, c’est pas assez vu les situations compliquées de chacun !

3. Les intimidations et les provocations

Les flics nous provoquent tout le temps, ils cherchent tous les prétextes pour nous faire réagir, pour ensuite invoquer n’importe quel règlement et nous sanctionner. Les règles changent tout le temps, et à l’intérieur et pour les parloirs, rien n’est clair, c’est fait exprès pour que tu pètes les plombs. Tu leur dis bonjour, ils t’appellent « madame » alors que t’es un homme, juste pour t’énerver. Ils font des fouilles pour nous intimider, et nous obligent à rester dehors dans le froid. Aujourd’hui, sous prétexte de nettoyage, on nous a fait sortir de nos chambres dehors, sous la neige, pendant presque une heure. Et on n’a même pas vraiment nettoyé – tes draps ne sont jamais changés pendant tout le temps que tu passes en CRA !

C’est les mêmes personnes qui nous donnent à manger et qui nettoient, alors que normalement c’est des entreprises différentes. Nous on pense qu’il y a anguille sous roche, parce que ces gens aussi cherchent à nous provoquer et balancent tout aux flics. Il y a quelques jours, pendant la grève de la faim, on a fouillé dans les cellules et on a confisqué tous les petits bouts de pain que certains cachaient (ils en avaient besoin pour prendre certains médicaments), pour les obliger de prendre le repas à la cantine.

Pourquoi ils interdisent les smartphones ? La seule raison c’est la peur de la vérité ! Les flics ont peur que, si on filme, tout le monde va savoir ce qui se passe à l’intérieur. Les smartphones c’est notre seul moyen de nous défendre contre les abus et les provocations, ils veulent pas nous laisser cette défense !

4. Il y a plus de gens que des places

On arrête pas de ramener de nouvelles personnes, alors il n’y a même plus assez de nourriture. Les retenus ne mangent pas tous le même repas. La nourriture pour un repas n’est pas suffisante, alors les derniers qui arrivent reçoivent de la nourriture moins bonne. Le CRA reçoit toujours la même quantité de nourriture, mais à l’intérieur il y a plus de gens que le nombre maximum de places.

A ce moment même, ils sont en train de chercher des matelas pour les nouveaux parce qu’il y en a plus assez. Déjà depuis un moment il n’y a plus assez de lits, des gens dorment par terre sur un matelas, sans même un oreiller. Maintenant même les matelas vont manquer.

5. Les conditions de vie inhumaines

La bouffe qu’on nous donne ici est dégueulasse, et même si tu veux en acheter aux machines, elles sont cassées depuis longtemps et on les répare jamais. Et maintenant, souvent, on n’autorise plus les colis de nourriture et boisson qu’on nous apporte de l’extérieur.

On n’a rien à faire toute la journée, ils nous laissent même pas le droit d’avoir un ballon pour jouer au foot dans la cour ; ils nous ont donné des balles en mousse pour bébé, on nous respecte vraiment pas ! Les télés sont cassées, pareil on les répare pas.

Il fait tout le temps très froid, surtout chez les femmes, alors qu’il y a souvent des femmes enceintes en CRA. C’est inhumain de leur faire subir ça ! Et les couvertures, en plus d’être sales, ne sont pas suffisantes pour l’hiver.

6. L’acharnement des autorités

Ici, tous les gens sont différents mais les autorités s’en fichent de leur histoire et ne cherchent pas à comprendre les problèmes ou la vie de chacun. La seule chose qu’on a en commun, pourquoi on est mis là, c’est qu’on veut se débarrasser de nous et nous déporter. Au lieu d’essayer d’aider chaque personne dans sa situation, on essaie de nous bloquer pour qu’on sorte plus jamais avant qu’on soit déportés. Déjà c’est inacceptable que beaucoup d’entre nous enchaînent les séjours en CRA, ou le CRA direct après la prison. Parfois tu as fait tes 45 jours de CRA et on a pas réussi à te déporter, alors on invente quelque chose pour te mettre en garde à vue et te renvoyer à nouveau en CRA après. Même il y a des fois où ça leur sert à rien, ton consul ne veut pas donner le laisser passer, mais eux ils veulent te garder enfermé quand même ! Pour ceux qui sortent de prison, ils ont déjà payé pour ce qu’ils ont fait, alors pourquoi les enfermer à nouveau ? Et en plus, parfois tu penses sortir de la prison et ils te ramènent au CRA sans même te prévenir à l’avance, alors que tu croyais être libre !

Nous voulons que les gens sachent que ce qui se passe ici ce n’est pas juste notre problème, c’est un problème de toute la société. Il faut comprendre que si aujourd’hui en France on accepte que des personnes soit traitées comme ça, c’est toute la société qui devrait être transformée !

Le 25.01.2019

 

 

Nouveau Communiqué du Centre de Rétention de Oissel

Le 17 janvier, des prisonniers du centre de rétention de Oissel nous ont contacté pour nous prévenir qu’ils partaient en grève de la faim. Depuis ils sont 13 (sur une trentaine de prisonniers administratifs) a être en grève de la faim.
Parce que la préfecture ne réagit pas, parce que les keufs s’en foutent, ils ont décidé de faire sortir un communiqué expliquant leurs revendications. Nous le relayons ici:

 

Communiqué des retenus de Oissel en grève de la faim depuis 3 jours !

Ici y a des étrangers de l’union europeenne qui ont même pas passé 3 mois en France !
Ici c’est pas un centre de rétention c’est une prison. La cours est miniscule. Ca ne peut être qu’une prison.
Ici c’est un truc de fou les policiers sont racistes avec nous.
Ca fait trois jours que plus de treize d’entre nous ne mangeons pas.
On réclame notre liberté et la fin des interdictions de séjour dans l’espace Schengen. On a ces interdictions parce qu’on a été contrôlé dans la rue. La question c’est pas si on a commis des délits ou des crimes.
Ici un gars s’est fait violé pendant la fouille. Ils lui ont mis un doigt dans le cul, pendant 4 jours il a pas pu dormir.
Et tout ça, il faut pas que ça reste entre nous et les flics.
Ici les demandes d’asiles ils s’en foutent, que t’ais des cicatrices, des preuves ils s’en foutent. Quand t’es ménacé de mort au pays, ils s’en foutent aussi.

On fait un appel a la solidarité a l’extérieur !

Les 13 grévistes de la faim de Oissel le 20/01/2019

 

 

MORTS A FLEURY : LETTRE OUVERTE D’UN PRISONNIER DE LA PLUS GRANDE PRISON D’EUROPE

Alerte dans les prisons françaises : les prisonniers et prisonnières meurent dans l’indifférence totale de l’Etat.

 

Madame, Monsieur,
Je vous écris ce jour pour vous alerter sur les conditions dramatiques de détention dans notre pays. Dans de trop nombreux établissements et en particulier à Fleury-Mérogis pour mon cas, les conditions de détentions, bien au-delà de la simple privation de liberté, sont plus que jamais assimilables à de la torture physique et psychologique. Ce n’est plus seulement un simple fait de surpopulation carcérale. Avec un taux d’occupation de 180 %, la capacité d’accueil de cette maison arrêt est dépassée depuis longtemps, comme dans tant d’autres Prisons Françaises.

Dans cette société qui joue à guichet fermé dans ses prisons, les activités sont remplacées par des cachets. Surtout tout dépend de la volonté de la direction, qui choisit pour nous : soit la réinsertion, soit la sur-condamnation. Ici, ce n’est pas la réinsertion qui est visée, nous vivons l’absence de justice dans un endroit qui est pourtant censé la rendre. La prison punit plus qu’elle ne devrait par certains comportements de l’administration, et par les surveillants et surveillantes, dont le comportement et les paroles sont totalement déplacés. Quelques soit les pires injustices qu’elle produise, la prison a toujours raison aux yeux des juges et de la société.

Quant à l’application des peines et la détention qui en découle, on a l’impression que la machine est bloquée, qu’elle se trouve à l’arrêt. Alors qu’un JAP devrait répondre à une demande d’aménagement de peine dans les 4 mois, ici, c’est plutôt 8 à 12 mois… Que dire, aussi, des délais d’attente des transferts pour rapprochement familial…

Comment imaginer que l’on devienne meilleur en nous torturant alors même que nous allons tous sortir un jour de vos prisons. Soit on est cassé à vie et plus bon à rien. Soit, on est encore pire qu’avant et endurci à cause de la haine que l’on nous a injectée par le non respect de l’état de droit.

Les événements tragiques survenus ces dernières semaines auraient dû mobiliser et interpeller les plus hautes autorités. 11 personnes sont mortes à Fleury : 8 prisonniers l’ont été annoncé dans la presse. Pour les 3 autres (un albanais, une femme turc et son mari quelques jours plus tard) c’est silence radio. Est ce parce qu’ils ne sont pas ressortissant que ces morts n’ont pas été dévoilées ?

Aujourd’hui je dénonce le traumatisme de certains prisonniers, qui le 08/06/2018 ont vécu le pire moment de leur vie, quand un surveillant chef s’est rendu coupable d’avoir demandé à un prisonnier de détacher un autre prisonnier qui s’était pendu quelques heures plus tôt. Où est passé le protocole à ce moment là ?

C’est l’administration pénitentiaire qui a tué cet homme avec ses violences physiques, psychologiques et ses négligences.
Quand la justice va-t-elle se saisir de ces « suicides » ? La justice sera-t-elle assez lente pour laisser l’administration masquer toutes les preuves ?

Pour faire simple, les détenus vont mal au sein de cette administration pénitentiaire ! Aujourd’hui, je m’expose à une multitude de sanctions, mais ne rien dire me rendrait complice, alors je préfère ne pas rester qu’un délinquant qui subit, mais aussi qui dénonce.

Je dénoncerai toujours ce que nous subissons mais la liste est extrêmement longue !

Cordialement, un prisonnier de Fleury-Mérogis.

ENCORE UN MORT AU MITARD DE FLEURY : COMMUNIQUÉ DU PRP

Communiqué du Syndicat PRP suite au décés de L.H a Fleury-Mérogis. Le 25 Juillet 2018

 

L.H. avait 21 ans. Il était libérable en septembre 2018. Mais le samedi 21 juillet 2018, après un parloir avec sa maman qui s’est magnifiquement bien passé, L.H. est ramené en cellule dans le bâtiment D4 de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis où il était incarcéré.
D’après les premiers témoignages des prisonniers du D4 et des proches de L.H. a été roué de coups dans sa cellule par des surveillants puis placé au quartier disciplinaire dit le « Mitard », dans une autre division de cette même prison, pour y perdre la vie…

Face à ce qui doit être qualifié de lynchage, lundi, 64 prisonniers ont refusé de remonter de promenade, malgré les risques de transfert disciplinaire ou de mitard. Mardi, une soixantaine de personnes ont décidé de se mobiliser devant Fleury-Mérogis, au risque de se faire déloger du site, aux cris de « Justice pour Lucas ». Parmi les prisonniers qui ont refusé de réintégrer leurs cellules en soutien a L.H., 6 prisonniers ont été placés au quartier disciplinaire à la suite de l’intervention des ERIS. Soyons tous vigilant, au côté des familles et des proches, sur ce qu’il pourrait arriver à ces prisonniers ! Nous sommes là nous surveillons de très prés !

Rappelons enfin que, le 19 Avril 2018, 200 prisonniers de Seysse ont dénoncé dans un communiqué des faits similaires pour le décès de J. au mitard le 14 Avril 2018, que des prisonniers ont entendu être roué de coup pendant 30 minutes.

N’oublions pas qu’il y a quelques années, un prisonnier surnommé Hicham avait porté plainte contre des surveillants du mitard de Fleury-Mérogis pour coups et blessures. Hicham, alors qu’il travaillait dans le domaine sportif, n’a pas pu reprendre son métier à sa sortie à cause de ses blessures… Nous nous souvenons très bien, qu’à l’époque, cette équipe du mitard avait été nommé l’équipe Tyson, par les prisonniers, en référence au boxeur réputé pour sa violence ! A l’époque, ils n’avaient pas été mutés ni suspendus ; seulement éparpillés dans les différentes ailes de Fleury-Mérogis.

La famille et ses proche décrivent L.H. comme étant plein de vie et de joie et qu’il n’aurait jamais laissé sa maman toute seule, étant fils unique. L.H n’était pas suicidaire ! Il lui restait moins de deux mois de détention.

Le syndicat PRP exige que la lumière soit faite sur cette affaire suspecte et qui malheureusement en rappelle tant d’autres.

Par ailleurs, et comme ils en ont l’habitude, les surveillants pleurnichent et délirent alors que la mère de L.H. et ses proches sont en deuil.

FO Pénitentiaire déclare le 24 Juillet 2018 : « les collègues bloqués dans les murs et en dehors !
Pour nous, il s’agit d’une véritable prise d’otage des personnels. »
Ont-ils la mémoire courte ? Entre Janvier 2018 et Février 2018 et durant plus de 15 jours, ils ont bloqué les détentions de toute la France, dont Fleury-Mérogis. Alors, n’ayant pas le courage de s’adresser aux vrais responsables (ministre et supérieur), ils n’ont pas hésité à prendre en otages, les Prisonniers et Prisonnières et leurs Familles, privé de cantine avec un repas froid par jour souvent périmé ! Pas de parloir ! Les familles qui venaient devant les détentions étaient souvent humiliées par ces surveillants ! Pas le droit à la cabine téléphonique ! Sans oublier les dégradations qu’ils ont commis en brûlant des palettes et des pneus ! Ce qui est interdit par la lois  du décret n° 2002-1563 du 24 décembre 2002 ! Et on en passe…

MENSONGES FLAGRANDS, aussi dans une publication sur internet, SLP FO Fleury-Mérogis déclare « 60 individus se sont regroupés devant la taule, certains cagoulés. »

Rassemblement devant la prison de Fleury-Mérogis suite à la mort de Lucas au mitard, juillet 2018

Sont-ils cagoulés ? NON ! Surtout que tout s’est déroulé dans le plus grand calme ! Étonnement cette phrase a disparu dans leur communiqué…

Syndicat pour la protection des prisonniers

14 rue de la bièvre,

36000 Châteauroux.

06.65.25.04.43

syndicat.prp@gmail.com

Encore un mort au mitard : Communiqué de prisonniers de Seysses

Samedi 14 avril, un prisonnier est mort dans le quartier disciplinaire  de la prison de Seysses (31). Depuis, tous les jours, des prisonniers refusent de remonter de promenade malgré l’intervention des ERIS (Equipes régionales d’intervention et de sécurité) ; plus d’une centaine, parfois 200, une banderole a même été déployée dans la détention pour dénoncer ce que tous refusent d’accepter comme un suicide. Le Syndicat pour la protection et le respect des prisonniers qui est né récemment de personnes directement concernées par l’enfermement carcéral et rassemble déjà de nombreux prisonniers et prisonnières (nous donnions la parole aux initiatrices du PRP dans notre dernier numéro : à lire ici) a reçu ce communiqué de l’intérieur de la prison de Seysses. Les prisonniers qui le sortent malgré les risques que cela implique pour eux-mêmes veulent qu’il soit diffusé le plus largement possible afin que la vérité soit dite sur ce qu’il s’est véritablement passé ce jour-là : J. ne s’est pas pendu. Ils y rendent aussi compte  des pressions subies par les témoins  les jours qui ont suivi la mort de J. et sur le quotidien terrible de la détention, particulièrement au mitard, dans la prison de Seysses. Nous appuyons totalement les revendications de ces prisonniers qui ont directement vécu ces moments. Que ceux et celles qui pourraient en témoigner n’hésitent pas à se rapprocher de L’Envolée ou du syndicat PRP. Pour que cette mort plus que suspecte ne soit pas une fois de plus étouffée par l’administration pénitentiaire.

 

 


Communiqué de prisonniers
enfermés à la prison de Seysses :
Encore un mort au mitard

 

 

Maison d’Arrêt de Seysses, le 19 avril 2018.

J. avait 26 ans. Samedi dernier, il était au mitard, dans une  »cellule disciplinaire » de la prison de Seysses. Il y est mort. Les médias relaient une version des faits, une seule : celle des matons, les  »surveillants ». Mais nous, on y vit, dans cette prison. Et on n’est ni sourds, ni aveugles. On sait que sa mort a été provoquée par la violence des matons affectés au mitard. Non, J. ne s’est pas suicidé.

Si plus d’une centaine de prisonniers ont refusé de remonter en cellule plusieurs jours de suite cette semaine, c’est parce que c’est tout ce qu’on peut faire pour protester, ici. J. est mort au mitard, et l’autopsie aurait conclu à un suicide. Mais on sait que ce n’est pas le cas, car il y a des témoins qui étaient présents dans les cellules environnantes lors de son passage à tabac, qui ont tout entendu, qui ont assisté à tout ça. C’est suite à un déferlement de coups que J. est mort samedi. Pensez-vous que nous serions 200 prisonniers à refuser de remonter en cellule et à déployer une banderole dans la cour de promenade si nous n’étions pas convaincus de leurs mensonges ?

Tous ceux qui sont passés par le quartier disciplinaire pourront témoigner des humiliations qu’ils y ont subi, des insultes racistes, des crachats à la figure, des ordres donnés comme si on était moins que des chiens… Là-bas, celui qui a le malheur de « la ramener » peut finir comme J. : pendu. Aucun droit n’est respecté dans ce mitard. Les promenades ont lieu au bon vouloir des surveillants, et en général il n’y en a pas. L’accès au douches nous y est refusé, et il peut se passer quinze jours sans qu’on puisse y aller. Pareil pour l’accès au feu, pour allumer une cigarette : c’est maximum trois fois par jour et ils usent de beaucoup de zèle, il faut presque les supplier. La peur y règne, et y aller est pour chacun d’entre nous, prisonniers, une vraie descente aux enfers.

Cet hiver, plusieurs prisonniers se sont retrouvés dans ce mitard sans matelas, sans couverture et sans vêtements, alors qu’il faisait moins cinq degrés. Juste parce qu’ils avaient tapé sur la grille de leur cellule pour réclamer à manger ou avoir du feu. Ils ont dû dormir par terre, nus, sur un coussin, et manger « la gamelle » dans des barquettes qui arrivaient ouvertes, apparemment déjà utilisées.

J. a été battu par cinq ou six surveillants, pendant plus d’une demi-heure. Puis il y a eu un grand silence, et les surveillants se sont mis à discuter entre eux, à estimer son poids et sa taille pour s’accorder sur une version des faits. Puis ça a été l’heure de la gamelle et, quand sa cellule a été rouverte, ils ont fait mine de le découvrir pendu. Alors le Samu est intervenu et a tenté de le réanimer, en vain. Le lendemain, ils ont libéré tout le monde du mitard et personne n’a été entendu, même pas le chef ni les gendarmes. Ça montre bien qu’ils ont des choses à cacher, qu’on ne vienne pas nous dire le contraire.

Certains d’entre nous (sur)vivent dans cette prison de Seysses depuis plusieurs années, ou y font beaucoup d’allers-retours. Cette situation n’est pas nouvelle, et d’autres « morts suspectes » ont eu lieu ici ces dernières années. Nous avons vite compris que notre parole ne valait rien face à la leur, mais nous savons aussi que beaucoup dehors s’interrogent ou ont déjà compris leur petite mascarade. Qui tue.

Voir la vidéo complète : 14 AVRIL

 

C’est très difficile pour nous de donner des preuves de ce qu’on avance. Ici, nous sommes enfermés, et chaque information qui arrive dehors risque d’avoir de graves conséquences pour nous. Pourtant il faut que ça se sache, car nous sommes en danger de mort. Les surveillants jouent avec nos vies dans ce quartier disciplinaire.
C’est plus que de l’humiliation ; ils nous terrorisent, et ce qui est arrivé à J. pourrait arriver à chacun d’entre nous.

Nous dénonçons aussi les pressions qui sont faites sur les prisonniers qui ont assisté aux faits. Les témoins malgré eux de ce qui s’est passé samedi dernier subissent des pression psychologiques et sont très clairement menacés de transfert. Tout semble mis en place pour les pousser à bout. Ainsi, cinq d’entre nous ont déjà été transférés suite au blocage de la promenade et sont désormais à Lille, Bordeaux, Sedequin… Considérés comme « meneurs », on ne les a même pas laissé embarquer leurs affaires personnelles. C’est comme ça  que la prison est tenue maintenant, en nous menaçant d’un « transfert disciplinaire » qui nous éloignerait encore plus de familles et de nos proches.

Nous exigeons que la direction de la Maison d’Arrêt remplace immédiatement cette équipe de surveillants, il est évident que c’est la première chose à faire. La petite équipe sadique de matons du mitard, nous, prisonniers, la surnommons « l’escadron de la mort ».

Ici, on est spectateurs du désespoir humain, et on sait tous que J. pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Il a été battu à mort parce qu’il tapait dans une porte : il n’en pouvait plus d’attendre, coincé dans la « salle d’attente » de la prison, sans fenêtre. Il voulait juste regagner sa cellule. Ils sont venus et l’ont plié.

On ne soigne pas le mal par le pire. Nous voulons que tout cela cesse.
Que celui qui est condamné à aller au mitard puisse au moins conserver sa dignité et que ses droits fondamentaux soient respectés.

Nous voulons que la vérité soit faite sur la mort de J. et qu’une telle horreur ne puisse plus se reproduire, ni ici, ni ailleurs.
Nous nous associons à la douleur de la famille et sommes prêts à témoigner si elle le désire.

Des prisonniers de la M.A. de Seysses