Blocage à Condé-sur-Sarthe contre les profits de la société Eurest

Lundi 9 juin, une dizaine de prisonniers de la nouvelle et déjà tristement célèbre prison de Condé-sur-Sarthe (près d’Alençon), ont bloqué la cour de promenade pendant quelques heures. Il dénonçait notamment la société privée qui a en charge les cantines et le téléphone de ce QHS version 2014. Déjà la semaine précédente, des prisonniers avaient pris à partie des employés de la société Eurest pour leur expliquer de remballer leur camelotte. Ils furent priés de ne réapparaître que lorsque les prix démentiels des produits que les prisonniers sont obligés de cantiner pour tenter d’améliorer quelque peu l’ordinaire seraient revus à la baisse. Inutile de préciser à qui raillerait la soi disant futilité de cette revendication, l’importance de pouvoir téléphoner à ses proches le plus souvent possible ou encore l’importance de pouvoir accéder à quelques marchandises du commerce lorsque la bouffe servie est absolument insipide… et que l’on a 15, 20 ou 25 ans à tirer. Toutes les réponses au questionnaire envoyé il y a peu aux prisonniers de Condé par l’Envolée, l’OIP et Ban public, dénonçaient d’ailleurs les prix exorbitants pratiqués par Eurest (cf N°39 du journal sorti il y’a quelques semaines). Plutôt qu’écorner leurs bénéfices, les marchands d’Eurest firent alors appel aux matons pour les remplacer dans la distribution. Des prisonniers demandent alors aux matons -dont les syndicats sont toujours prompts à dénoncer les partenariat public privé-, s’ils n’ont pas honte de travailler gratos pour les vautours du privé? Pas de réponse là dessus… donc blocage. Donc intervention des Eris. Donc mise au mitard de deux prisonniers considérés comme meneurs. Parmi ces deux « meneurs », Christophe Khider. Les journalistes, si prompts à médiatiser les « prises d’otage » ou le moindre actes de violence individuelle survenu durant l’hiver à Condé, ne se sont pas précipiter pour expliquer ce mouvement… Evidemment nous témoignons toute notre solidarité aux prisonniers qui ont été mis au mitard et nous rappelons à l’AP que nous suivrons avec interêt et feront largement connaître les mesures de rétorsion prises à l’encontre des dits « meneurs ».

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