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Pour la libération des prisonnier-e-s gravement malades

Lettre des prisonniers politiques basques de Moulins-Yzeure

Nous publions ci-dessous une lettre que des prisonniers de la centrale (prison pour longues peines) de Moulins nous ont demandé de faire circuler. Ils annonçaient des initiatives du Collectif de  Prisonnier-e-s Politiques Basques pour demander la libération des prisonnier-e-s gravement malades. La « loi Kouchner » de 2002 prévoit des suspensions de peine pour raisons médicales, mais elles ne sont que très rarement accordées, même lorsque des experts affirment que la situation d’une personne est incompatible avec la détention, même lorsqu’elle ne peut pas être soignée correctement en prison, même lorsqu’elle est sur le point de mourir. Ainsi, beaucoup de prisonnier-e-s meurent encore en prison, isolés. Et souvent mal soignés. Contrairement à ce qu’estiment souvent les politiques ou JAP (juge d’application des peines), ceux et celles qui sont passés par là savent très bien qu’on est souvent très mal soigné en prison, et qu’on y meurt parfois par manque de soins. Des services de soins palliatifs ont même été créés au sein d’unités hospitalières pénitentiaires afin de justifier les décisions de ne pas laisser sortir de prison des malades sur le point de mourir.

Cette mobilisation des Basques rappelle deux tristes histoires – parmi tant d’autres !- que nous avons relayées récemment : celle de Béa, décédée d’un cancer à la prison de Rennes et celle de Rachid, décédé à la centrale de Lannemezan. Tous deux étaient dans des états de santé très graves et demandaient depuis longtemps une suspension de peine, un codétenu de Rachid avait tenté d’alerter l’opinion et de lancer une pétition*.

Liberté pour les prisonnier-e-s gravement malades !

Liberté pour tous et toutes !

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« Depuis la prison de Moulins-Yzeure, le 14 novembre 2016,

Il y a 370 prisonnier(e)s politiques basques incarcéré(e)s en France et en Espagne. Dix d’entre eux sont très gravement malades : Josetxo Arizkuren, Garikoitz Arruarte, Inaki Etxebarria, Aitzol Gorgotza Otaegi, Ibon Iparragirre Burgoa, Jose Ramon Lopez de Abetxuko, Txus Martin, Gorka Fraile, Jagoba Codo et Ibon Fernandez Iradi.

Ce dernier incarcéré en France depuis 13 ans se trouve actuellement à la maison centrale de Lannemezan (65). Il a été condamné à 30 ans d’emprisonnement (assortis d’une peine de sûreté de 20 ans). Atteint d’une sclérose en plaques, il a fait une demande de suspension de peine en Janvier 2013. La lenteur de la procédure est à souligner. Les premiers symptômes de la maladie remontent à fin 2010, mais le diagnostic n’a été fait qu’en janvier 2013. Ibon Fernandez Iradi a dû attendre juin 2014 pour que le Tribunal d’Application des Peines se prononce contre sa sortie, malgré que durant la procédure deux médecins experts sur trois se soient prononcés sur la non compatibilité de son état de santé avec son maintien en détention. Son maintien en détention a pour conséquence une évolution plus rapide de sa maladie. Maladie qui ne peut être efficacement combattue que s’il est libéré et bénéficie de tous les soins et attention que nécessite son état de santé.

Finalement, la cour de cassation a cassé le jugement de Juin 2014. La procédure de demande de suspension de peine est ainsi relancée. Et l’espoir renaît. Une audience est prévue le 24 novembre 2016.

La volonté de la société civile au Pays Basque et de ses élu(e)s est claire. Au-delà des différences d’approches des uns et des autres, il est demandé et attendu de l’État français qu’il s’engage en faveur du processus de paix. Un jugement qui irait à l’encontre de la demande d’Ibon, non seulement irait à l’encontre des exigences humanitaires les plus élémentaires, mais encore viendrait en opposition à la demande massivement exprimée en Pays basque. Nous attendons une décision qui permette la libération immédiate d’Ibon, de façon qu’il puisse bénéficier des soins médicaux appropriés à son état de santé.

Nous demandons par ailleurs la libération immédiate de tous les prisonnier(e)s basques gravement malades. Ainsi une manifestation est prévue pour le samedi 19 novembre à Bayonne. De notre part, le collectif des Prisonnier-e-s Politiques Basques EPPK va entamer une série de mobilisations durant cette semaine, du 14 au 19 novembre, dans toutes les prisons espagnoles, françaises, portugaises, ou suisses où nous nous trouvons dispersés et prises en otage. Ici au CP de Moulins-Yzeure, nous allons refuser le repas de la prison durant cette période.

Pour avoir plus d’informations sur la situation précise de tous nos camarades gravement malades vous pouvez consulter le rapport de l’association d’aide médicale aux prisonnier-e-s JAIKI HADI que vous trouverez normalement sur internet ou bien à la page web de l’association Bagoaz ou Etxerat. »

 

Post- scriptum de la rédaction :

Après une grande manifestation ayant réuni 2000-2500 personnes à Bayonne le 19 novembre et réclament la libération des prisonnier-e-s basques gravement malades, et plus particulièrement de Ibon, après un appel de 180 personnes du corps médical qui réclament une suspension de peine à son égard, la commission qui examinait son cas a refusé , mi-décembre, de lui accorder une suspension de peine (Voir ici).

* Pour en savoir plus :

« Les prisonniers ont raison de se révolter! » Novembre 2016 Sortie de l’Envolée N°45

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PDF du Numéro 45, Novembre 2016

L’article qui suit est extrait du N°45 du journal qui vient de paraître. Il revient sur les nombreux mouvements qui ont secoué les prisons durant les quatre derniers mois… dans l’indifférence quasi générale. Dehors, ça bouge ; dedans ça bouge… mais rien entre les deux, ou si peu.

Nous en profitons pour vous rappeler que nous organisons un apéro de sortie du journal ce samedi 19 novembre à partir de 18heures au Bar des 3 gares, 27 boulevard Poniatowski 75012, arrêt porte de Charenton, métro ligne 8 ou tram 3a. Acheter le journal dans sa version papier, s’abonner, venir en causer lors de cette soirée publique, c’est nous permettre de continuer cette aventure et d’abonner gratuitement les prisonniers et prisonnières qui en font la demande.

Cet été, les prisonniers se sont révoltés dans plusieurs taules, déclenchant une vague de mouvements comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. Malgré leur importance, ces mouvements sont restés cantonnés aux colonnes « faits divers » de la presse. Quasiment sans aucun relais ou écho en dehors des canaux officiels : pas de proches de prisonniers qui s’expriment, pas de comités de soutien, aucun rassemblement. Rien. La consigne du pouvoir à la presse semble avoir été claire : pas une parole de prisonniers – même pas de ceux qui ont contacté par téléphone le torchon local. Les seules voix que l’on a pu entendre sont comme d’habitude celles des procureurs locaux et des matons syndiqués. Le syndicat de surveillants SPS résume ainsi la situation : « Les détenus ne sont pas dupes et ont bien conscience que le manque d’effectifs leur est favorable pour imposer leur loi. » Face à ce bruit de fond qui couvre les mouvements, reprenons les choses au début en commençant par dire : « Nous sommes d’accord avec les prisonniers. »

Le 17 juillet, à la maison d’ arrêt d’Osny, une centaine de prisonniers ont refusé de remonter de cellule et ont caillassé les matons. « Pas de revendications » d’après la presse.

Le 24 juillet, 81 d’entre eux ont refusé de remonter en cellule et ont brûlé des draps en hommage à Adama Traoré tué par des gendarmes le 19 juillet. Ils ont exprimé de manière exemplaire leur conscience de la continuité qu’il y a entre la gestion policière des quartiers populaires et la violence quotidienne exercée par la justice à l’intérieur des prisons.

Le 28 août – faisant suite à un précédent blocage fin juillet – cent prisonniers de la maison d’arrêt de Villepinte ont bloqué la promenade, vraisemblablement pour dénoncer la gestion des cantines par la Gepsa.

Le 4 septembre, à la maison d’arrêt d’Angers, une soixante de prisonniers ne sont pas remontés de promenade. Ils ont appelé Ouest-France : « On bloque la prison. Les conditions de détention sont devenues inhumaines. Même un chien ne vivrait pas ici. »

Le 7 septembre, au centre de détention d’Aiton près de Grenoble, huit prisonniers cassent les toilettes et le téléphone public dans la cour.

Le 16 octobre, 50 cellules de cette prison ont été saccagées et une trentaine de prisonniers ont mis le feu à leur matelas. Une partie de la prison a été évacuée. « Pas de revendication » d’après la presse.

Le 12 septembre, au centre pénitentiaire de Vivonne, une soixantaine de prisonniers ont mis le feu à leur cellule ; un bâtiment a brûlé entièrement, le système électrique a cramé et celui de vidéosurveillance a été mis hors circuit. Les prisonniers ont été transférés dans les taules des départements voisins. Une prisonnière de Vivonne nous a écrit à propos de cette mutinerie :

« Par rapport à la mutinerie qui a eu lieu la semaine dernière au CDH, presque tout ce que nous avons su c’est par les médias, que le mec qui a déclenché la mutinerie avait vu sa perm’ refusée par le directeur alors que le juge lui avait accordée. Qu’ils ont pris les clés à un surveillant, qu’ils ont ouvert les portes des autres prisonniers, qu’ils ont fait sortir les choses et ils ont mis le feu. Que les flics sont rentrés et qu’ils ont « fait le nécessaire » pour stopper la mutinerie. Peut-être deux infos que personne n’a entendu dans les médias : il y a des doutes sur le pourquoi de l’hospitalisation du mec. C’est à cause de la fumée ou à cause des nombreux coups qu’il a pris quand les super flics ont « fait le nécessaire » ? Apparemment on a vu des prisonniers couverts de sang sortir du bâtiment. C’est intéressant de remarquer également que les prisonniers-ères qui étaient témoins dans les cellules étaient contents de voir cet acte de rébellion. Ça a crié, beaucoup et fort, des insultes contre l’AP et la police et des cris de solidarité envers les mutinés. C’était vraiment beau à voir et entendre. Nous sommes convaincu(e)s qu’il y aura des représailles avec le temps. Et pour ceux qui ont fait la mutinerie, la punition va être lourde, ça tout le monde le sait, force et courage les mecs ! Ils utiliseront le prétexte de la mutinerie pour mettre en place d’autres mesures répressives, ou nous enlever des droits, mais nous aurons toujours en nous le plaisir de savoir que Monsieur le directeur a été humilié (leur super prison de haute sécurité célèbre pendant quelques jours parce qu’il y a eu un gros bordel) et peut-être il se souviendra toujours que l’animal humain n’est pas si facile à dresser.»

Le 25 septembre, au centre pénitentiaire de Valence, trois prisonniers ont volé les clefs de surveillants et ouvert des portes de cellules. Quelques matelas ont brûlé, déclenchant un incendie.

Le 18 octobre, une trentaine de prisonniers ont refusé de remonter en cellule suite à une fouille au centre pénitentiaire de Liancourt. Ils ont rendu « inopérant le système de vidéosurveillance et ont allumé plusieurs incendies sur la coursive. Ils ont également bloqué les grilles d’accès à l’étage dans le but de retarder l’intervention des personnels.» Les syndicats réclament des poursuites pénales contre « les meneurs de ce mouvement collectif ».

Le gouvernement s’est servi de ces mouvements pour légitimer sa politique de surpénalisation. Au-delà de la traditionnelle logique sécuritaire des périodes électorales. D’après lui, la surpopulation serait à l’origine de tous les problèmes ; ce serait même le bouillon de culture de la radicalisation en prison, qui met en danger non seulement le personnel pénitentiaire mais la société toute entière. Et ils projettent évidemment la construction de 24 000 nouvelles places… Quelle blague ! Les prisonniers, eux, ne veulent pas plus de prison : ils en veulent moins. Ils veulent pouvoir sortir. Leurs mouvements sont l’expression de leur refus de la politique de (non) aménagement des peines. Déjà à l’été 2015, les prisonniers de Réau, Toulon, Tarascon et Nantes, entre autres, avaient fait circuler des pétitions et des plates-formes : ils dénonçaient une politique qui vise à ce que « plus personne ne sorte ». Nous en avons été les relais dans les précédents numéros. La colère face à ces refus systématiques de transferts, de sorties en permission ou en conditionnelle n’a pas été entendu, et s’est logiquement traduit en mouvements. Le ton s’est durci. Ces mouvements affirment tous une évidence : quand il y a un refus systématique de toute demande par l’administration pénitentiaire, la seule arme qui reste c’est la violence, entre autres brûler sa prison. Si les prisonniers prennent de tels risques – tabassages, transferts, peines supplémentaires… – ce n’est pas par désespoir mais bien pour se faire entendre hors des murs de leur prison. Ces mouvements sont des appels qui cherchent des destinataires. Mais personne ne répond. Pourtant, quand quatre dockers du Havre sont placés en garde à vue pour violences contre flics pendant une manifestation contre la loi travail, le port est immédiatement bloqué, des centaines de personnes protestent devant les commissariats des grandes villes françaises. Quand huit ouvriers de chez Goodyear prennent en otage leur patron et passent en correctionnelle, la CGT pénitentiaire demande la relaxe des huit militants qui ont pris vingt-quatre mois en première instance et déclare : « Les patrons peuvent jeter les travailleurs vers la misère. Mais quand des travailleurs relèvent la tête et ne se laissent pas faire, c’est la prison. » On pense à Fabrice Boromée ou Rachide Boubala qui prennent des peines infinies pour avoir séquestré leur « patron » – en l’occurrence le sous directeur de Condé-sur-Sarthe : quand ce sont les prisonniers qui relèvent la tête, qui ne se laissent pas faire, ils sont certains de prendre des années de prison supplémentaires.

On se souvient aussi du déménagement de la prison du centre-ville de Poitiers à Vivonne en 2009 : une manifestation avait cassé et tagué les vitrines. « Coucou, c’est nous », disaient des manifestants. Aujourd’hui, c’est au tour des prisonniers de Vivonne de dire à toute une société : « Coucou, on est là ! »

À quand une conscience commune que nos existences sont liées à la prison ?… Comment ne pas comprendre que la prison n’est pas une institution à part, mais qu’elle est au contraire la réponse de l’État à toutes les luttes, à tous les refus qui prennent un peu d’envergure. Le durcissement des mouvements répond au durcissement des conditions faites aux prisonniers, ils sont le reflet grossi du durcissement actuel des rapports sociaux en général. Il y a une quinzaine d’années, trois prisonniers de la centrale d’Arles s’adressaient à l’ensemble de la société dans un communiqué clandestin à l’occasion de la commémoration de la prétendue abolition de la peine de mort. Ils concluaient leur texte ainsi :

« Enfin, nous souhaitons adresser un message à tous les jeunes des cités, à tous les enfants du prolétariat et du sous-prolétariat, à tous ceux et celles appartenant à la classe des sacrifiés du système. Hier, vos parents et grands-parents, nos parents et grands-parents, étaient transformés en « chair à canon », envoyés au front pour y crever en défendant des intérêts qui n’étaient pas les leurs. Aujourd’hui, c’est le destin de « chair à prison » qui nous est offert, qui vous est offert. Refusez cette tragédie, refusez cette logique. Prenez conscience de tout cela avant qu’il ne soit trop tard. Car les portes de prison se referment de plus en plus sur vous et de plus en plus longtemps, alors que les véritables délinquants, ceux qui vivent sur le dos de la misère, de notre misère, de toute leur arrogance, se goinfrent en rigolant de nos malheurs, de nos vies sacrifiées. »

Suite à ces mouvements, il y aura des procès. Nous publierons les dates sur ce site. La moindre des choses est de ne pas laisser ces prisonniers seuls face à des tribunaux qui les condamneront encore et encore… Dans une interview récente, Xavier Mathieu, figure médiatique des Conti, fait le premier pas vers la reconnaissance d’une condition commune entre tous ceux qui se battent contre ce système, libres ou enfermés :

« J’ai été un pacifiste toute ma vie, un non-violent toute ma vie, mais je ne crois plus au pacifisme. Je crois en la violence ; vous voyez, par exemple, on a pété la sous-préfecture de Compiègne ; ça faisait six semaines qu’on réclamait des négociations. Aucune n’était acceptée, on a pété la sous-préfecture et trois heures après on nous accordait ce qu’on demandait. En face, ils n’ont peur que de ça, que de la violence. Et ça ne dessert rien du tout ; quand j’étais convoqué par la police et mis en garde à vue, les Conti sont descendus dans la rue, ils ont attendu deux heures devant le commissariat, on a signé un papier et on est sortis aussitôt. Y a que ça qui leur fait peur. »

« Délinquant », c’est le mot dont se sert l’État pour désigner toutes celles et ceux qui contreviennent à son autorité. Le reprendre communément et stupidement à son compte ne fait que créer des divisions entre femmes et hommes de même condition…

L’Envolée

 

EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 30 SEPTEMBRE 2016

  • Brèves : Mort suspecte d’un homme après son arrestation à Béziers. Prise d’otage à Condé-sur-Sarthe
  • Criminon une branche de la scientologie qui entre en prison
  • Téléphone : La mère de Hocine Bouras, mort pendant un transfert, rappelle les faits et appelle à soutenir leur collectif et « urgence notre police assassine »
  • Téléphone : Kaoutar parle des problèmes depuis sa sortie : pas de préparation, aucune aide du JAP, de l’assistance sociale… message aux prisonniers : préparez votre sortie!
  • Annonce : Soirée de soutien aux inculpés de séquestration à Emmaüs, à la nouvelle rôtisserie

Zics : B. James – Issu D’Une Voie Sans Issue ; San Tièp – Ma prière ; B. James – La police assassine, la justice acquitte Jo Le Pheno – Bavures


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Bernard Ripert répond à l’annonce de sa « radiation »

 

 

 

 » Les cons, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnait »

Vous aviez deviné qu’on avait affaire à « des cons » , ils ont donc osé aller contre la loi, la jurisprudence, la défense, ils m’ont méprisé et vous avec moi.

Ils ont osé prononcer une petite radiation ( 3 ans de suspension dont un avec sursis)! Je me pourvois bien sûr en cassation mais cela ne changera pas grand chose à ma situation…..) je ne sais pas ce que je vais faire professionnellement mais cette nouvelle sanction injuste et illégale sonne à nouveau le glas de ma carrière.

Merci encore pour votre soutien et votre aide; le peuple m’a relaxé et ces O…. seront  cassées, à coup sûr, dans un an et cela me fera une  » belle jambe ».

Je reste à votre écoute et vous adresse mes meilleures salutations.

Bernard RIPERT

 

Soutien à Kamel du 20 au 22 juin à la cour d’assises de Grenoble

Nous appelons à être présents les 20, 21 et 22 juin 2016 à la cour d’assises d’appel de Grenoble qui va décider du sort réservé à Kamel Bouabdallah, 28 ans, condamné en première instance par la cour d’assises de Valence à vingt-cinq ans de prison.

25 ans ! Nous pensons qu’il est vital de visibiliser ce procès comme tant d’autres et d’élargir la solidarité auprès des prisonnières et prisonniers longues peines. Lire la suite

Solidarité avec Kamel Bouabdallah depuis le Mexique… et solidarité avec les prisonniers en lutte au Mexique depuis la France

Des prisonniers mexicains et le journal anticarcéral El Canero  transmettent leurs pensées solidaires à Kamel qui passe en procès en appel aux Assises de Grenoble du 20 au 22 juin prochain. Nous publions ici leur texte. Nous en profitons par ailleurs pour relayer, l’invitation lancée par journal El Canero pour une journée de solidarité avec les prisonniers en lutte au Mexique, le samedi 11 juin 2016  à La Chapelle à Toulouse (lien).

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Solidarité avec Kamel Bouabdallah depuis plusieurs coins du monde

« Il y a plusieurs mois, suite à une rencontre avec le collectif de Kamel, « Le collectif Kamel Libre » un échange sincère autour des conditions en prison et de la survie dans ces centres d’extermination a eu lieu.

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Eloge d’un brave homme (pas le commissaire belge, celui qui l’a séché).

En Belgique, la « loi El Khomri » s’appelle « loi Peeters »… peu importe. Là-bas aussi, elle vise à « libéraliser » un peu plus le droit du travail. Là -bas aussi des gens contestent cette énième loi. Là-bas aussi, la police fait son travail : réprimer, arrêter, blesser, tuer. Là -bas aussi des gens la déteste et lui font savoir. Nous publions cette tribune des « amis de Tanguy Fourez », arrêté pour avoir mis le 24 mai une belle droite à un commissaire particulièrement réputé… pour ses exactions  Lire la suite

Retour sur l’escalade judiciaire qui a conduit B.Ripert à L’HP

les_juges 2Soyons nombreux et nombreuses jeudi 2 juin au tribunal de Grenoble à 9 heures pour soutenir B.Ripert contre ses juges. Inscrivons cette solidarité dans le cadre du mouvement social en cours. #Toulemondedetestelajustice

Retour sur une escalade judiciaire

Notre ami l’avocat Bernard Ripert a été placé en garde à vue lundi 23 mai. En mode western : cinq voitures de police pour bloquer l’accès à son domicile, dix flics pour venir l’alpaguer l’arme au poing. Cinq en sécurisation dehors, cinq autres pour le menotter dans le dos et le tirer hors de chez lui. « Ça ne s’est pas bien passé. C’est inquiétant, cette façon de procéder », a déclaré son épouse. C’est même intolérable. Lire la suite

Et si tout le monde détestait la justice ?

AFFICHE AMNISTIE 2 WP

 

Amnistie pour tous les prisonniers
et toutes les prisonnières du mouvement social

 

Il y a ce lycéen de Nantes accusé de « complicité de tentative d’homicide » sur un commandant de CRS. Il y a ces quatre manifestants parisiens accusés d’avoir mis le feu à un véhicule de police et poursuivis pour « tentative d’homicide ». Il y a ces dix-neuf rennais accusés de « participation à une association de malfaiteurs » pour des dégradations dans le métro. Il y a ces dizaines de manifestants accusés de violences – sur des biens ou sur les défenseurs de ces biens – qui passent en comparution immédiate et se prennent des peines de prison ferme ou avec sursis. Il y a celles et ceux qui seront cueillis et enfermés dans les semaines à venir au fur et à mesure de l’avancée des procédures…

A chaque fois, nous nous laissons prendre par le fait divers. Nous passons des heures à examiner des vidéos, lire des articles pour reconstituer chaque épisode de ce qu’il s’est vraiment passé : qui a jeté le projectile ? Qui à tapé et quand ? Qui a mis le feu ? Qu’on ait besoin de comprendre, envie d’innocenter, qu’on soit porté par la curiosité ou par l’enthousiasme, ça ne change rien : nous épousons – qu’on le veuille ou non – la logique médiatique, policière et judiciaire qui, elle, a pour but de fabriquer des coupables et de transformer un mouvement social en succession de faits divers.

Nous devons simplement rappeler que des professionnels du maintien de l’ordre caparaçonnés, entrainés militairement, équipés d’armes létales et d’autres dites non-létales (Flash-Ball, bombes lacrymogènes, grenades de désencerclement) traumatisent, étouffent, assourdissent, blessent, éborgnent… et tuent aussi. Ces femmes et ces hommes en armes sont les pions plus ou moins féroces d’un pouvoir politique qui joue sa survie à brève échéance en donnant des consignes strictes pour ne pas lâcher son os. Les syndicats de policiers peuvent bien manifester à leur tour et occuper les plateaux de télé pour dénoncer la « haine » dont ils feraient l’objet, nous ne devons pas les laisser jouer les victimes du mouvement social. Les photos et vidéos qui se multiplient sur Internet montrent simplement qu’il n’y a pas de « bavure » : ce qu’on voit, c’est bien une stratégie qui vise à faire plier la rue en terrorisant tout le monde.

Nous devons aussi dire que la brutalité virile de ces troupes armées n’est que l’expression la plus visible du Droit. D’autres professionnels du droit – ceux qui sévissent en robe noire – prennent immédiatement le relais dans le travail d’éradication de la contestation. C’est la phase judiciaire de la répression. Cette phase est moins spectaculaire, elle produit moins d’images révoltantes, mais sa violence n’est pas moins grande. Comme celle de la police, cette violence des cours de justice s’abat tous les jours, tranquillement, sur les classes les plus pauvres et les plus stigmatisées des quartiers populaires. En ce moment, elle s’attaque aussi à d’autres cibles. Un lycéen qui manifeste peut ainsi se voir accuser d’avoir tenté de tuer un fonctionnaire de police, crime entre tous les crimes, qui peut entraîner la condamnation à la perpétuité réelle. Un chef d’inculpation qui veut dire que l’uniforme de certains – les agents de la défense de l’état – vaut plus que la vie d’un simple quidam, et qui précipite des gens en prison pour toute leur vie, le plus souvent dans l’indifférence générale.

Nous sommes en ce moment des milliers : lycéens, étudiants, travailleurs, travailleuses – avec ou sans emploi – syndiqués ou non. Nous faisons grève, occupons, bloquons et manifestons contre une nouvelle loi et le capitalisme qu’elle sert. Au fil de se mouvement de plus en plus de gens se défendent dans la rue contre des policiers militarisés ou s’en prennent à des symboles de l’économie totalitaire. En cela, il n’y a pas plus de casseurs que de bons manifestants ; il n’y a ni innocents à sauver, ni coupables à condamner, ni martyr à honorer ni barbare à éradiquer. Les balles de lanceurs de 40, elles ne font pas le tri entre les yeux des uns et des autres, et la « tentative d’homicide » arme judiciaire s’utilise désormais contre des manifestants. Ce mouvement contre la « loi travail » permet au moins d’établir clairement que la police et la justice sont deux bras – armés l’un et l’autre – de l’Etat face à nous – qui ne le sommes pas. En cela, nous sommes tous et toutes face au Droit – qui enferme –face aux tuniques bleues et aux robes noires, face à la police et à la justice.

De même que nous avons été beaucoup à crier : « Tout le monde déteste la police », il nous faudra aussi crier : «Tout le monde déteste la justice. » Ce serait un moyen de trouver la force et la détermination nécessaires pour exiger l’amnistie de tous les inculpés, c’est-à-dire l’abandon des poursuites à leur encontre et leur libération immédiate. Porter un tel mot d’ordre serait un premier pas pour gripper la machine judiciaire qui, au delà du mouvement, enferme tous les jours depuis des dizaines d’années : les enfants de colonisés, les étrangers des quatre coins du monde arrivés ici et les pauvres des quartiers de France, qui n’en peuvent plus d’être stigmatisés, emprisonnés et pris pour cible. Si le mouvement se bat contre une « loi El Khomri » qui accentue un peu plus l’exploitation et la chasse aux pauvres, alors il doit se battre aussi contre la justice qui sert à enfermer d’abord et surtout celles et ceux qui subissent de plein fouet la violence économique.

AMNISTIE POUR TOUS LES INCULPÉS !

LIBERTÉ POUR TOUS ET TOUTES !

 

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