EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 12 FEVRIER 2016

  • Brèves (Corse – pétition)
  • Téléphone : Benoît David (avocat de Fabrice Boromée, retour sur le procès)
  • Djamel
  • Lettre de Kamel
  • Téléphone : Rosa (Kamel + Radio Passe Muraille – Marseille)
  • Brèves (Flash Ball – Ivry, Billal – Pantin)

Musiques : Billie Brelok – Bâtarde ; R.E.P. feat KD’conscience, Resistance ;  on_oublie_pas_ft_3eme_releve_and_movez_lang ; MF Doom – That’s that

L’envolée n°42

Le dernier numéro est paru en octobre 2015… on vous l’annonce un peu en retard !

42couvWeb

JAP A DIT : « PERSONNE NE SORT! », LES PRISONNIERS RÉPONDENT / À VENDIN-LE-VIEIL, PRISE D’OTAGE = PRISE DE PAROLE / À CHATEAUROUX : CONDAMNÉ POUR UNE PERM’ SANS RETOUR / CHRISTINE RACONTE SES BATAILLES CONTRE L’AP…

SOMMAIRE :

Enfin pisser dans l’herbe
Christine, un mouton noir de la pénitentiaire

Prise de parole à Vendin-le-Vieil
Fabrice Boromée exige son rapprochement familial

JAP a dit : « Aucun retard ne sera toléré »
Compte-rendu du procès de Nabil

Poudre aux yeux
Lettres de prisonnières de Fleury

JAP a dit : « Fais moi de la peine »
On sait quand on rentre mais on ne sait pas quand on sort

JAP a dit : « Personne ne sort »
Pétitions anti-JAP de partout en France

JAP a dit : « Même dehors, c’est pas fini »
Rassemblements de solidarité à Valence

« Revoir les barreaux de cette centrale n’est pas une grande joie »
Lettre de Philippe, enfin à Lannemezan

Complicités chez les sorcières ?
Lettres de la maison d’arrêt des femmes de Poitiers-Vivonne

Coups de coeur, coups de poing
Infos et publications à ne pas rater

 

Où trouver l’Envolée ? la liste des bonnes crèmeries ici

Pour vous abonner, écrivez-nous ! Joindre un chèque de 15 euros (ou plus). Gratuit pour les prisonniers et prisonnières.

L’Envolée, 43 rue de Stalingrad, 93 100 Montreuil
mail

 

 

 

 

EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 29 JANVIER 2016

  • Lettres : Gaëtan (Centre pénitentiaire de Lannemezan)

Daniel (Maison centrale d’Ensisheim)

Hugues (Centre de Détention de Nantes)

  • Téléphone : Amal Bentounsi (Retour sur le procès du flic dans l’affaire d’Amine Bentounsi à la Cour d’assise de Bobigny)
  • L’Etat d’Urgence + Taubira
  • Nouvelles de Calais (Manifestation de soutien aux migrants du 23-01-2016)

Musiques : Trafic de C.Sen ; La police veille au grain d’O.P.A. ; Un jour de plus de Nedoua ; Christo Redentor de Busta Rhymes

EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 22 JANVIER 2016

  • Lettres : Yann Tenière (refus de rentré de permission pour un aménagement de peine)

Mobilisation des prisonniers corses (à la suite d’une mise au mitard abusive le 12 janvier 2016 des trois prisonniers corses Cédric Courbet, Xavier Ceccaldi et Nicolas Battini)

  • Invité : Damien,  sorti récemment (correspondant de l’Envolée et prisonnier politique anarchiste)
  • Retour sur le procès du flic dans l’affaire d’Amine Bentounsi  (Cour d’assise de Bobigny)
  • Retour sur le procès de Fabrice Boromée (Cour d’appel de Douai)

Musiques : Ball And Chain de Big Mama Thornton ; Old Boy de Hugo TSR ;  36 Quai des horreurs de Jeff le nerf

EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 15 JANVIER 2016

 

  • Nouvelles : Procès du flic dans l’affaire d’Amine Bentounsi  (procès à la Cour d’assise de Bobigny)

Christine Ribailly (nouveau procès le 12 février à Orléans)

Fabrice Boromée (procès le 20 janvier à la Cour d’appel de Douai)

  • Invitée : Leyla (compagne de Younesse Bambara du QD de Fleury-Mérogis) + François Korber de l’association Robin des Lois

EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 8 JANVIER 2016

 

  • Lettres : Zehra (MAF de Fleury, 19-12-2015)
    Christian Robert (Casabianda)
  • Nouvelles de Erdoğan Çakir (arrêt de sa grève de la faim contre les fouilles à corps)
  • Les conneries du pouvoir (Etat d’Urgence)
  • Annonce du procès d’un flic pour l’affaire d’Amine Bentounsi  (du 11 au 15 janvier 2015 à la Cour d’assise de Bobigny)
  • Nouvelles des sans-papiers (Calais, Seuta 25-12-2015)
  • Invitée : Lucile (témoignage de la MAF de Fleury)

EMISSION DE L’ENVOLÉE DU 18 DECEMBRE 2015

 

  • Lettre de trois prisonniers basques en lutte (maison d’arrêt de Villepinte)
  • El Canero : journal anti-carcéral mexicain
    Lettre de Fernando Barcenas Castillo
  • Invités : proches du prisonnier Erdoğan Çakir en grève de la faim (maison d’arrêt de Villepinte)
  • Etat d’Urgence
  • Téléphone : Mathieu (assignation à residence arbitraire)

 

 

Bonjour le bilan carbone ! lettre d’un assigné à résidence

Un Ariégeois assigné à résidence au motif qu’il aurait « envisagé de rejoindre la région parisienne pendant le déroulement de la COP 21 » publie une lettre ouverte. Il dénonce le sort qui lui est fait mais aussi celui qui est fait à des centaines d’autres femmes et hommes, désigné-e-s « énnemi-e-s interieurs »

Bonjour le bilan carbone !

« Le 26 novembre, à 17h30, les trois gendarmes de mon patelin sont venus chez moi pour me signifier mon assignation à résidence. On m’a laissé un papier, signé du ministre de l’Intérieur. Le texte « légal » invoqué le plus ancien a dix jours, autant dire que c’est du tout frais.

Donc il faut « assurer la sécurité de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques dite COP 21 » ; et, étant donnée « la gravité de la menace terroriste », des « mesures particulières » s’imposent. Et voilà (ce sera la seule justification). Il ne faudrait tout de même pas que des écologistes fous et sanguinaires ne viennent à « détourner » les « forces de sécurité » (forces répressives) qui sont tant et tant occupées à « lutter contre la menace terroriste », c’est à dire, en réalité, à perquisitionner n’importe où et assigner n’importe qui à résidence.

Bon, passons sur les détails. En tout cas, je dois pointer, trois fois par jour, à 18 km de mon domicile, jusqu’au 12 décembre inclus : soit 1 728 km. Bonjour le bilan carbone ! Le reste du temps je ne peux pas quitter mon village. Et mon domicile, de 20 h à 6 h.

Il faut encore montrer que moi, j’en suis un, d’écologiste fou et sanguinaire. Pas de problème, allons-y : « Considérant que M. X (…) envisage de rejoindre la région parisienne pendant le déroulement de la COP 21 ». Alors ça c’est tout de même quelque chose. Envisage ! Et c’est tout, pas de preuve, pas d’indice, rien. Puis vient l’énumération de quelques anciens délits mineurs, déjà jugés ; après quoi on évoque mon milieu : « la mouvance contestataire » (sic) ; sans bien sûr oublier que je fais « partie d’un groupe d’individus » (sic).

Il faut bien dire que l’assignation à résidence, et le contrôle judiciaire trois fois par jour, c’est une peine. Ce n’est pas une mesure préventive, c’est une mesure punitive. Ça s’apparente à une peine d’enfermement ; en fait c’est à peu près comme le port d’un bracelet électronique.

Cette peine est prononcée sans instruction, sans jugement, sans preuve, et même sans infraction. On punit un profil (le mien en l’occurrence), c’est-à-dire qu’on ne me sanctionne pas pour quelque chose que j’aurais fait, mais pour ce que je suis (ou ce que je suis supposé être). C’est comme toujours : ces faits mentionnés, ils ont déjà été jugés. On me condamne donc une deuxième fois. Et la prochaine fois, sur le papier, y aura-t-il écrit, en plus : « l’intéressé a fait l’objet d’une mesure d’assignation à résidence du tant au tant » ? En somme, mon cas s’aggrave tout seul…

Un recours au tribunal administratif est possible : la réponse arrive, en moyenne, selon mon avocat, après un an et demi. Donc pour les grossières erreurs de procédure de mon assignation à résidence (par exemple, la contradiction entre l’interdiction de quitter ma commune et l’obligation d’aller pointer dans une autre), je ne peux me « plaindre » à personne : il s’agit d’une sanction sans appel.

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas ici de clamer mon innocence. On le sait, que définir des « innocents » justifie la répression des autres, les « coupables ». Il n’y a pas de coupables, ni d’innocents, et ça n’est pas une parole creuse : quand je pointe à la gendarmerie, il y a d’autres personnes qui sont là aussi, qui ont des barbes, des fichus sur la tête. Je me fous, à ce moment précis, de leur « profil » ; je ne peux voir que la brève condition commune qui nous est faite, à savoir que nous sommes réprimés. La répression ne doit pas nous diviser en coupables et en innocents, mais au contraire être l’occasion de témoigner une solidarité minimale, que ce soit avec les « militants écologistes » ou avec les milliers de musulmans qui subissent un enfer permanent. Si mon cas semble ubuesque, ou arbitraire, ou fou, que dire des centaines de personnes arrêtées, humiliées, assignées, perquisitionnées, enfermées, licenciées, depuis le début de l’état d’urgence ? Et encore, pour moi, ça ne devrait durer que seize jours, mais pour d’autres, l’assignation est sans limite de temps !

La première décision sous l’état d’urgence a été d’interdire les manifestations « revendicatives » (sic) ; mais on maintient les matchs de football, les centres commerciaux restent ouverts, et « de très nombreux chefs d’État » vont se pointer au Bourget. Il s’agit de montrer au monde que tout va bien, ici (en France), que la conférence sur le climat va tout régler, le sort du monde et le reste d’ailleurs, et qu’il ne va rien se passer.

Il s’agit d’un glissement (pour protéger les « libertés », on les abolit ; le « pays des droits de l’homme » décide de « déroger à la convention européenne des droits de l’homme » ; etc.) qui fait passer du supposé « état de droit » à sa version totalitaire et arbitraire, c’est à dire dépourvue de droit (il n’y a aucune exagération). En tous cas, tout ce qui est possible doit nécessairement être essayé, c’est le propre du fonctionnement administratif. Ceci ne veut pas dire qu’il y a des stratégies très élaborées, ou précises, etc., de la part de l’État, c’est même plutôt le contraire qui est vraisemblable.

En tout état de cause, cette logique extensive de la répression est connue. Qu’on se souvienne qu’à l’origine, les prélèvements d’A.D.N. étaient prévus pour les seuls pédophiles, et qu’à présent ils s’appliquent à tout délit. La répression ne peut rester spécifique, elle a toujours vocation à être générale. Qu’on se souvienne que le plan Vigipirate était prévu pour durer quelques mois, et qu’il n’a jamais cessé. La répression ne peut rester temporaire, elle a toujours vocation a être permanente.

Il ne resterait plus qu’à dire que, depuis que des centaines de musulmans ont été arrêtées, il n’y a pas eu d’attentat : ce qui prouve bien qu’il s’agit d’une mesure efficace ! Ne nous habituons pas à la répression. Manifestons. Soyons solidaires.

À bas l’état d’urgence !

Signé : un assigné

 le 29 novembre 2015 »

Pour en finir avec toutes les prisons