Communiqué de l’Infâme : appel à son procès du 13 novembre 2018

 


Communiqué de l’Infâme
Appel à soutien pour son procès

 

CONDAMNE A L’AVANCE POUR L’EXEMPLE

Pour dire non à la connerie humaine

Soutien à Karim au TGI de Melun

Le mardi 13 novembre 2018 à 9h30 salle C

Venez nombreux et nombreuses

Certains de ceux et celles qui me connaissent m’appellent l’Infâme, d’autres m’appellent Boubou, ou encore Papier. Pour d’autres, ceux qui ne me connaissent pas, c’est Karim. Mais pour les tribunaux, mon nom est synonyme de haine, de rage, et de combat perpétuel. Ce sont les sentiments qui m’animent lorsqu’on me parle de la prison et des cons qui s’y trouvent. Qu’ils soient surveillants ou détenus. Je vais passer devant le juge pour que l’on me fasse verser des dommages et intérêts que j’estime totalement indus. Ces dommages et intérêts me seront apparemment donnés pour un montant afin de faire de moi un exemple. A cela je m’y refuse totalement sans me battre, même si sincèrement je n’ai aucun doute sur le fait que je vais me faire allumer.

Il m’a fallu faire une prise d’otage. Ce qui a fait passer des heures pénibles aux agents impliqués. Ce qui est malheureusement tout à fait logique et que je peux comprendre. Car ne plus avoir de dignité en se faisant dessus juste parce que j’avais selon lui, un regard belliqueux, qui sentait la mort. Donc selon le ressenti du surveillant au moment où, en pleurant, assis sur sa chaise, il nous a dit tout simplement, ‘j’ai peur’. Mais comme on le dit chez moi, c’est pas une fois que t’as chié dans ton froc qu’il faut serrer les fesses, garçon ! Des mois durant, j’ai subi des coups et blessures venant des surveillants et des chefs de Réau. Réau la centrale. La centrale pénitentiaire de Réau. J’en ai subi des violences : les insultes de ces mêmes agents, une lourde agression qui a eu lieu au quartier disciplinaire afin de me tuer et qui m’a provoqué un AVC, des missions punitives en service de nuit, et j’en passe.

Je n’ai jamais prétendu être un ange, loin de là. J’aspire juste à un minimum de respect, des conditions de détention acceptables, vu que jamais de la vie, ni dans ce monde, ni dans l’autre, nous n’aurons ne serait-ce qu’une fois en France une prison qui soit « humainement viable ». Faire mon temps et sortir le plus rapidement possible. Voilà ce à quoi j’aspire. Mais à croire qu’à l’intérieur, y a toujours et encore et toujours la pénitentiaire pour nous détruire la vie. J’ai décidé une nouvelle fois de dire non.

J’ai besoin de votre soutien, à vous qui vous bougez pour moi, pour nous aider, nous détenus, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui en entendant mon histoire auraient envie de se mobiliser pour me soutenir. A toutes celles et ceux qui se sentent impliqués, je leur dis un grand merci à vous.

Je ne suis pas un voyou ni quelqu’un de très connu du milieu ou encore un caïd. Je suis juste un jeune trou du cul de 35 ans, respectueux et calme, si tant est qu’on m’apporte le minimum de respect qu’un être humain doit avoir, ou plutôt a le devoir d’avoir de plein droit. Et je suis aussi ce genre de mec qui n’aime pas qu’on le fasse chier, qu’on le malmène gratuitement, sur lequel on peut se défouler en toute impunité. Et pour rétablir la balance, à hauteur de combien ils me punissent, ou pour protéger ma vie, celles de ma famille, de mes amis, de ma femme, que tout le monde sache – qu’il soit surveillant, détenu, directeur de prison, ou toute autre personne liée à cette catégorie de gens – que je serai, même si je devais être seul contre tous, celui qui sera toujours là pour leur faire barrière, tout le temps que j’en aurai la force, que ce soit intelligemment ou alors par des actions violentes. Puisque malheureusement je n’ai pas le choix. Je l’ai dit et toujours dit, c’est nous contre eux.

Alors mesdames et messieurs, j’espère que vous viendrez tous nombreux, et merci à toutes celles et ceux qui font s’élever ma voix, Rendez-vous le 13 novembre 2018 pour faire la guerre cette fois ci avec le cerveau et non pas avec les bras.

Venez comme soutien. Merci à vous tous.

 

ÉMISSION DU 12 OCTOBRE 2018

 

      • Lettres : Aitzol (de Moulins) ; lecture du communiqué de Nantes
      • Appel : L’infâme, pour parler du nouveau plan prison
      • Communiqué : de la famille d’Angelo Garand
      • Brèves et agenda : rappel du nouveau numéro pour les Centres de Rétention Administratif (CRA) : 07 55 96 68 81

Zics : Fanny Polly – J’rentre dans le cypher / Nago – Napologie #3 / Mobb Deep – Shook Ones Pt. 2


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ÉMISSION DU 5 OCTOBRE 2018

 

      • Lettres : Anonyme ; Un texte contre le plan de constructions de nouvelles prisons
      • Appel : Adeline nous parle de Condé-sur-Sarthe
      • Brèves :Verdict pour Alfidel ; Redoine Faid ; textes témoignages d’anciens taulards, publiés dans Jef Klak n5

Zics : Balkanie – Rien du tout / Casey – Je lutte / Guirri Mafia – Cellule / 2 Neg, Mystik – Le temps des opprimés


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ÉMISSION DU 28 SEPTEMBRE 2018

 

      • Loi Asile et Migration : Pico
      • Invitée : Joëlle, sur les centres de rétention et les déportations
      • Enregistrement : Violences policières à Montgenèvre
      • Discussion sur la situation à la frontière franco-italienne et les frontières à Paris
      • Brèves des CRA : Suicide de Karim à Toulouse, évasions à Plaisir

Zics : ZEP – Nique la France / Dadju – Reine / Tiken Jah Fakoly – Ouvrez les frontières ft. Soprano


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ÉMISSION DU 21 SEPTEMBRE 2018

 

      • Invité : Baro Syntax, rappeur
      • Enregistrement : Aurélie Garand à la fête de l’Insurrection Gitane
      • Appel : Lydia donne des nouvelles du syndicat et de prisonniers

Zics : Baro Syntax – Monsieur le juge / Baro Syntax – Gens du voyage ft. Casta Cali / Baro Syntax – Nostalgie


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ÉMISSION DU 14 SEPTEMBRE 2018

 

      • Appel : Malik, fraîchement sorti de Seysses, revient sur la mort de J.
      • Appel : Lydia, empêchée de parloir et poursuivie par l’Etat
      • Brèves : Procès d’Alfidel ; Villepinte pendant la canicule ; Liancourt, blocage contre les fouilles en sortie de parloir…

Zics : Movez Lang – La vie est pleine de surprises / La Canaille – Jamais Nationale / Sofiane – Police Nationale / Z.E.P – Nique la France


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MORTS A FLEURY : LETTRE OUVERTE D’UN PRISONNIER DE LA PLUS GRANDE PRISON D’EUROPE

Alerte dans les prisons françaises : les prisonniers et prisonnières meurent dans l’indifférence totale de l’Etat.

 

Madame, Monsieur,
Je vous écris ce jour pour vous alerter sur les conditions dramatiques de détention dans notre pays. Dans de trop nombreux établissements et en particulier à Fleury-Mérogis pour mon cas, les conditions de détentions, bien au-delà de la simple privation de liberté, sont plus que jamais assimilables à de la torture physique et psychologique. Ce n’est plus seulement un simple fait de surpopulation carcérale. Avec un taux d’occupation de 180 %, la capacité d’accueil de cette maison arrêt est dépassée depuis longtemps, comme dans tant d’autres Prisons Françaises.

Dans cette société qui joue à guichet fermé dans ses prisons, les activités sont remplacées par des cachets. Surtout tout dépend de la volonté de la direction, qui choisit pour nous : soit la réinsertion, soit la sur-condamnation. Ici, ce n’est pas la réinsertion qui est visée, nous vivons l’absence de justice dans un endroit qui est pourtant censé la rendre. La prison punit plus qu’elle ne devrait par certains comportements de l’administration, et par les surveillants et surveillantes, dont le comportement et les paroles sont totalement déplacés. Quelques soit les pires injustices qu’elle produise, la prison a toujours raison aux yeux des juges et de la société.

Quant à l’application des peines et la détention qui en découle, on a l’impression que la machine est bloquée, qu’elle se trouve à l’arrêt. Alors qu’un JAP devrait répondre à une demande d’aménagement de peine dans les 4 mois, ici, c’est plutôt 8 à 12 mois… Que dire, aussi, des délais d’attente des transferts pour rapprochement familial…

Comment imaginer que l’on devienne meilleur en nous torturant alors même que nous allons tous sortir un jour de vos prisons. Soit on est cassé à vie et plus bon à rien. Soit, on est encore pire qu’avant et endurci à cause de la haine que l’on nous a injectée par le non respect de l’état de droit.

Les événements tragiques survenus ces dernières semaines auraient dû mobiliser et interpeller les plus hautes autorités. 11 personnes sont mortes à Fleury : 8 prisonniers l’ont été annoncé dans la presse. Pour les 3 autres (un albanais, une femme turc et son mari quelques jours plus tard) c’est silence radio. Est ce parce qu’ils ne sont pas ressortissant que ces morts n’ont pas été dévoilées ?

Aujourd’hui je dénonce le traumatisme de certains prisonniers, qui le 08/06/2018 ont vécu le pire moment de leur vie, quand un surveillant chef s’est rendu coupable d’avoir demandé à un prisonnier de détacher un autre prisonnier qui s’était pendu quelques heures plus tôt. Où est passé le protocole à ce moment là ?

C’est l’administration pénitentiaire qui a tué cet homme avec ses violences physiques, psychologiques et ses négligences.
Quand la justice va-t-elle se saisir de ces « suicides » ? La justice sera-t-elle assez lente pour laisser l’administration masquer toutes les preuves ?

Pour faire simple, les détenus vont mal au sein de cette administration pénitentiaire ! Aujourd’hui, je m’expose à une multitude de sanctions, mais ne rien dire me rendrait complice, alors je préfère ne pas rester qu’un délinquant qui subit, mais aussi qui dénonce.

Je dénoncerai toujours ce que nous subissons mais la liste est extrêmement longue !

Cordialement, un prisonnier de Fleury-Mérogis.

ENCORE UN MORT AU MITARD DE FLEURY : COMMUNIQUÉ DU PRP

Communiqué du Syndicat PRP suite au décés de L.H a Fleury-Mérogis. Le 25 Juillet 2018

 

L.H. avait 21 ans. Il était libérable en septembre 2018. Mais le samedi 21 juillet 2018, après un parloir avec sa maman qui s’est magnifiquement bien passé, L.H. est ramené en cellule dans le bâtiment D4 de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis où il était incarcéré.
D’après les premiers témoignages des prisonniers du D4 et des proches de L.H. a été roué de coups dans sa cellule par des surveillants puis placé au quartier disciplinaire dit le « Mitard », dans une autre division de cette même prison, pour y perdre la vie…

Face à ce qui doit être qualifié de lynchage, lundi, 64 prisonniers ont refusé de remonter de promenade, malgré les risques de transfert disciplinaire ou de mitard. Mardi, une soixantaine de personnes ont décidé de se mobiliser devant Fleury-Mérogis, au risque de se faire déloger du site, aux cris de « Justice pour Lucas ». Parmi les prisonniers qui ont refusé de réintégrer leurs cellules en soutien a L.H., 6 prisonniers ont été placés au quartier disciplinaire à la suite de l’intervention des ERIS. Soyons tous vigilant, au côté des familles et des proches, sur ce qu’il pourrait arriver à ces prisonniers ! Nous sommes là nous surveillons de très prés !

Rappelons enfin que, le 19 Avril 2018, 200 prisonniers de Seysse ont dénoncé dans un communiqué des faits similaires pour le décès de J. au mitard le 14 Avril 2018, que des prisonniers ont entendu être roué de coup pendant 30 minutes.

N’oublions pas qu’il y a quelques années, un prisonnier surnommé Hicham avait porté plainte contre des surveillants du mitard de Fleury-Mérogis pour coups et blessures. Hicham, alors qu’il travaillait dans le domaine sportif, n’a pas pu reprendre son métier à sa sortie à cause de ses blessures… Nous nous souvenons très bien, qu’à l’époque, cette équipe du mitard avait été nommé l’équipe Tyson, par les prisonniers, en référence au boxeur réputé pour sa violence ! A l’époque, ils n’avaient pas été mutés ni suspendus ; seulement éparpillés dans les différentes ailes de Fleury-Mérogis.

La famille et ses proche décrivent L.H. comme étant plein de vie et de joie et qu’il n’aurait jamais laissé sa maman toute seule, étant fils unique. L.H n’était pas suicidaire ! Il lui restait moins de deux mois de détention.

Le syndicat PRP exige que la lumière soit faite sur cette affaire suspecte et qui malheureusement en rappelle tant d’autres.

Par ailleurs, et comme ils en ont l’habitude, les surveillants pleurnichent et délirent alors que la mère de L.H. et ses proches sont en deuil.

FO Pénitentiaire déclare le 24 Juillet 2018 : « les collègues bloqués dans les murs et en dehors !
Pour nous, il s’agit d’une véritable prise d’otage des personnels. »
Ont-ils la mémoire courte ? Entre Janvier 2018 et Février 2018 et durant plus de 15 jours, ils ont bloqué les détentions de toute la France, dont Fleury-Mérogis. Alors, n’ayant pas le courage de s’adresser aux vrais responsables (ministre et supérieur), ils n’ont pas hésité à prendre en otages, les Prisonniers et Prisonnières et leurs Familles, privé de cantine avec un repas froid par jour souvent périmé ! Pas de parloir ! Les familles qui venaient devant les détentions étaient souvent humiliées par ces surveillants ! Pas le droit à la cabine téléphonique ! Sans oublier les dégradations qu’ils ont commis en brûlant des palettes et des pneus ! Ce qui est interdit par la lois  du décret n° 2002-1563 du 24 décembre 2002 ! Et on en passe…

MENSONGES FLAGRANDS, aussi dans une publication sur internet, SLP FO Fleury-Mérogis déclare « 60 individus se sont regroupés devant la taule, certains cagoulés. »

Rassemblement devant la prison de Fleury-Mérogis suite à la mort de Lucas au mitard, juillet 2018

Sont-ils cagoulés ? NON ! Surtout que tout s’est déroulé dans le plus grand calme ! Étonnement cette phrase a disparu dans leur communiqué…

Syndicat pour la protection des prisonniers

14 rue de la bièvre,

36000 Châteauroux.

06.65.25.04.43

syndicat.prp@gmail.com

Pour en finir avec toutes les prisons